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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 88

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Chapitre 88

Chapitre 88

Chapitre 88/9593%~7 min de lecture1 250 mots

« Qu-quoi ? Quelles absurdités ! J'ai moi aussi été attaqué par eux ! »

Face à la question qui touchait au cœur du problème de la part de Lord Barba, Thylli manifesta sa colère pour répliquer.

Cette colère trahissait l'impatience de Thylli.

« Thylli, tais-toi. »

« Mais, Père... »

« Je te dis de te taire ! »

La précipitation engendre l'échec.

Le marquis de Bapott a eu raison de faire taire son fils pour l'empêcher de dire quelque chose d'imprudent.

Mais cela ne fonctionnera pas lors de cet interrogatoire.

Alessandro a en main non seulement des témoins, mais aussi des preuves solides.

« …… Alors, entendons maintenant le témoignage du marquis Russell, partie prenante. »

« Oui. »

Répondant à l'appel de Lord Barba, Claude se leva.

Il salua ensuite Alessandro d'une inclinaison de tête.

« Comme vous le savez, j'ai reçu à plusieurs reprises des ordres secrets de Sa Majesté pour enquêter sur ceux qui fomentent la rébellion. Mais à chaque fois, on manquait de peu de les coincer. J'ai eu la certitude que quelqu'un de proche divulguait des informations internes, et j'ai fait circuler de fausses informations auprès de ceux qui me semblaient suspects. Celui qui a agi sur la base de ces fausses informations... c'était le vicomte Amadi. »

« Ce n'est qu'une simple coïncidence. Je suis peiné que tu m'aies suspecté. »

« Comment ne pas te suspecter ? Le vicomte se trouvait à chacun de mes déplacements, comme s'il surveillait mes moindres faits et gestes. Mais tous les ordres secrets dont je viens de parler n'étaient que des leurres. »

« Quoi... ? »

Thylli semblait avoir retrouvé son calme, mais les paroles de Claude lui semblaient incompréhensibles.

Il en allait de même pour les spectateurs, et Claude recommença ses explications.

« Les ordres secrets que j'ai reçus de Sa Majesté avaient déjà été confiés à d'autres serviteurs loyaux plusieurs jours plus tôt, et ils les exécutaient pendant que je les pourchassais en apparence. Mon déplacement signifiait que l'ennemi bougerait aussi. On aurait pu nous accorder un peu plus de délai, ceci dit... »

Il termina en marmonnant, la phrase s'effilochant. Alessandro esquissa un sourire narquois.

Il aurait été plus sûr de donner l'ordre à Claude, une fois son rôle de leurre terminé, mais il ne laissait jamais de marge de manœuvre à ses prédécesseurs.

Il prétendait que c'était pour ne pas se faire repérer, mais il était certain qu'Alessandro s'amusait.

Même cet interrogatoire semblait le divertir.

« Malheureusement, il est indéniable que le vicomte Amadi transmettait des informations aux rebelles. Et j'ai appris par une source qu'un plan existait pour me faire attaquer par des soldats déguisés en bandits. J'ai donc pris les devants et remplacé ces soldats par nos alliés. »

« C-c'est n'importe quoi ! On peut fabriquer autant de faux témoignages qu'on veut ! »

« En effet. Je pourrais faire comparaître comme témoins ceux qui ont reçu l'ordre de m'attaquer et l'ont fait semblant, mais si le vicomte nie, ce ne sera qu'une querelle stérile. Mieux vaut donc présenter des preuves irréfutables. »

À ces mots de Claude, le marquis de Bapott ricana.

Il ne semblait pas croire un instant que des preuves puissent surgir.

Le marquis, prudent, a sans doute détruit toutes les lettres pouvant servir de preuves matérielles, et celles qu'il a envoyées à ses complices ne portent probablement pas de signature.

Lord Barba acquiesça à la proposition de Claude, et tous deux portèrent un regard interrogateur vers Alessandro.

Alessandro hocha la tête sans un mot, donnant son accord.

Furent alors apportés plusieurs registres et deux boîtes à documents.

À la vue des registres, Kohl pâlit encore davantage.

Ce furent les témoins déjà assis qui donnèrent les explications détaillées sur les pièces à conviction.

Ils semblaient dénoncer les crimes des rebelles auprès d'Alessandro, mais en réalité, ils s'adressaient au public pour légitimer cet interrogatoire.

Au fur et à mesure que les preuves s'accumulaient, les rebelles baissèrent les épaules, comme résignés à ne plus pouvoir nier.

À l'inverse, les spectateurs semblaient excités.

Si cette rébellion avait fait couler beaucoup de sang, l'atmosphère aurait peut-être été différente, mais pour eux, cet interrogatoire n'était qu'une affaire étrangère, un spectacle.

Parmi eux, le marquis de Bapott, contre qui aucune preuve n'avait encore été produite, restait impassible, et Thylli l'imitait.

« Passons maintenant aux lettres contenues dans cette boîte à documents. Nous les avons obtenues grâce à la marquise Russell, puis-je lui laisser le soin de les présenter ? »

« Oui, je m'en charge. »

Sur la réplique d'un magistrat, Opale se leva, et la salle s'emplit d'un murmure.

On semblait surpris qu'une femme prenne la parole en ce lieu.

Sans prêter attention à ces réactions, Opale'ouvrit la boîte, en tira les lettres et les brandit de façon à bien montrer les sceaux de cire et les expéditeurs.

Les sceaux étaient bien sûr brisés, mais en les superposant, on distinguait encore les armoiries.

« Toutes ces lettres ont été envoyées par le marquis de Bapott au marquis Seimuz du royaume de Socyu. »

« Absurde ! Ce sont des faux ! »

« Jusqu'à environ un an, le marquis y apposait son sceau, mais récemment, par prudence sans doute, il n'écrit même plus son nom. En revanche, le contenu des lettres indique clairement que l'expéditeur est le marquis. »

Le marquis de Bapott, qui affichait une aisance jusqu'ici, se leva d'un bond comme mû par un ressort et pointa Opale du doigt pour protester.

Mais Opale continua sans s'en soucier.

Face à l'attitude si assurée du marquis, l'entourage, tout comme lui, resta stupéfait et se tut.

« Le contenu concerne la contrebande d'or, ainsi que des demandes d'intervention rapide de renforts en cas de soulèvement. Je ne les lirai pas ici, mais Sa Majesté et les magistrats en ont déjà pris connaissance. Comme je l'ai dit, les plus récentes ne portent pas de nom d'expéditeur et mentionnent même qu'il faut les brûler après lecture, mais le marquis Seimuz n'a pas obéi. Leur relation était de collaboration, mais pas de confiance. Il a sans doute gardé ces lettres pour se prémunir d'un éventuel problème. C'est grâce à cela que nous avons pu mettre la main sur ces preuves. »

« C'est faux ! Je n'ai jamais écrit ça ! C'est l'œuvre de quelqu'un d'autre... Russell, c'est ton complot ! »

« ... Pour vous faire tomber, je n'aurais pas besoin de monter un stratagème si élaboré. »

« Qu'est-ce que tu dis ? »

Refusant obstinément de reconnaître les faits, le marquis de Bapott tenta inexplicablement de rejeter la faute sur Claude.

Mais Claude ne daigna même pas lui répondre.

Le marquis ne comprit pas sur l'instant, resta coi, puis le visage lui devint écarlate.

« Ne te croins pas tout permis, jeunot ! Tu as séduit le vieux fou de Russell, puis tu t'es fait bien voir de Sa Majesté, et maintenant tu as mis la main sur l'or... !? »

Sa rancœur fut interrompue par un registres qui vola vers lui.

Il leva les bras pour protéger son visage in extremis, mais le coin du registre lui heurta le front, et il gémit de douleur.

« Oh, quelle maladresse ! Un registre, pièce à conviction cruciale, qui s'envole ! »

C'est Opale, qui avait lancé le registre, qui feignit la surprise. Les gens autour, y compris les gardes rapprochés, restèrent plantés là, bouche bée, hébétés.

Seuls les rires incontrôlables de Claude et d'Alessandro résonnèrent dans la grande salle.

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