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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 81

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Chapitre 81

Chapitre 81

Chapitre 81/9585%~6 min de lecture1 186 mots

« Alors, on se fait une promenade nocturne pour la première fois depuis longtemps ? »

« Depuis combien d'années ? S'enfuir du manoir la nuit comme ça, ça doit faire plus de dix ans, non ? »

« Ne réfléchis pas sérieusement à ça. »

« Mais je m'inquiète de savoir si mon corps suit encore comme avant. »

« Princesse, je pense qu'il vaudrait mieux ne pas évoquer l'âge, ni l'un ni l'autre. »

« C'est vrai aussi. »

Opal pouffa de rire en serrant la main de Claude.

Cette fois, elles pourraient y aller ensemble.

En y pensant, elle en oublia la situation et son humeur s'envola.

Elle se souvint de son enfance, quand toutes deux s'étaient échappées maintes fois du manoir du comte la nuit.

À l'époque, c'était censé être leur secret à toutes les deux, mais Trevor l'avait apparemment bien découvert.

Mais maintenant, elle était sûre que Connelly ne les remarquerait pas.

Parce que Claude avait sûrement fait les préparatifs nécessaires.

C'est ainsi qu'il était venu la chercher au même moment qu'autrefois, de manière presque ostensible — enfin, pas tout à fait — malgré le territoire ennemi.

Assis en travers du cadre de la fenêtre, Claude lui tenait la main et indiqua le chemin de l'autre.

« On longe par ici, on passe à cet arbre et on descend. Tu peux le faire ? »

« Bien sûr. Moi aussi, je me disais depuis longtemps que cet arbre avait l'air facile à descendre. »

« Alors, ladies first. »

D'ordinaire, c'est peut-être l'homme qui devrait mener la femme par la main, mais Claude savait qu'Opal préférait aller devant.

Opal sourit largement, ravie, et enjamba hardiment le cadre de la fenêtre.

« Ta jupe va se relever. »

« C'est bon, j'ai un pantalon dessous. »

Elle répondit sur le même ton basse à la réplique tout aussi chuchotée de Claude, et un bruit de rire étouffé parvint à ses oreilles.

Elle se retourna un instant : Claude retenait son rire.

Opal, gardant habilement l'équilibre, leva l'index devant les lèvres pour réclamer le silence.

Il semblait qu'il se rappelle aussi leur enfance.

En y réfléchissant, près de vingt ans s'étaient écoulés, et toutes deux étaient devenues duchesse et duc, pourtant elles en étaient là — Opal elle-même en vint à trouver la situation comique.

Pourtant, elle retint son rire, parvint tant bien que mal à longer le mur, gagna le grand arbre qui semblait facile à grimper — facile à descendre — et glissa jusqu'au sol sans peine.

Claude avait l'air de se tenir prêt à l'aider à tout moment, mais ce ne fut pas nécessaire ; toutes deux posèrent le pied à terre saines et sauves.

« Par ici. »

Opal saisit la main tendue par Claude et le suivit en silence.

Mais après s'être un peu éloignée du manoir, elle se retourna.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Il n'y a pas de poursuivants. »

« Mince ! J'ai pas assez soigné la mise en scène ? — Aïe ! »

Claude feignit de déplorer son échec de manière théâtrale, et Opal lui donna un coup de pied dans la jambe.

Le rôle de princesse qu'on n'avait qu'à secourir, elle l'avait assez joué enfant.

Combien de gens du duché faisaient seulement mine d'être du parti anti-royal ? songea-t-elle en marchant aux côtés de Claude qui grommelait.

« — Madame ! Opal-sama ! »

« Najah ! »

Elles sortirent de l'enceinte du manoir, pénétrèrent dans la forêt de chasse et, après avoir un peu avancé, entrèrent dans la cabane de garde qui s'y trouvait. Najah se jeta sur Opal.

Opal, tout aussi ravie, la serra dans ses bras.

« Najah… Je suis si contente que tu ailles bien. »

« C'est moi qui le dis. Quand on m'a séparée de vous, j'ai eu tellement peur, tellement peur… J'ai essayé plusieurs fois de revenir, mais le soldat qui me retenait m'a dit : "Si tu n'es pas sage, Madame aura des ennuis." J'ai cru qu'on me menaçait, alors j'ai marché sur son pied de toutes mes forces. »

Najah s'écarta un peu pour vérifier de la tête aux pieds qu'Opal n'avait rien, puis son regard croisa brièvement celui de l'homme en uniforme rebelle.

Cet homme, qui souriait avec amertume, était le soldat qui avait retenu Najah à l'auberge.

Connaissant le tempérament bien trempé de Najah, Opal ne put s'empêcher de rire, mais Najah gonfla les joues, vexée.

« C'est pas drôle du tout ! »

« Pardon, Najah. Mais parmi les rebelles, Julian était à peu près le seul à savoir à quel point je tenais à toi. C'est sans doute pour ça qu'il nous a séparées, mais je pensais qu'en concentrant l'attention sur moi seule, tu aurais plus de chances de t'enfuir. »

« Alors, quand Julian saura qu'on s'est enfuies, il va se faire engueuler par Connelly-san ! »

« Exact. Bien fait pour lui. »

Alors qu'Opal le disait avec une pointe de méchanceté, Claude pouffa.

Puis il attira Opal à lui, comme pour la reprendre à Najah.

« Bon, je crois qu'il est temps qu'on me rende ma femme ? Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas retrouvées. »

« Bien sûr ! »

Sur ces mots de Claude, Najah illumina son visage et acquiesça.

Mais Opal le toisa d'un regard perçant.

« Toi, tu as pas mal de choses à m'expliquer. »

« Demain, c'est trop tard ? »

« Demain, tout sera réglé, non ? On a tout le temps jusqu'au matin. Alors, avant ça, j'ai une demande. »

« — C'est bon, j'ai compris. »

Claude céda avec résignation, et Opal lui adressa un sourire radieux.

Puis elle se tourna vers Najah.

« Najah, il ne reste pas beaucoup de temps avant le matin, alors tu pourrais aller te reposer tranquillement ? »

« Euh, oui… comprise… »

Face à la contradiction des paroles d'Opal et à l'air désespéré de Claude, Najah quitta la pièce en retenant son rire.

Cette cabane devait être prévue pour une famille, car elle semblait comporter plusieurs pièces.

« Opal, nous, c'est par ici. »

« … C'est charmant. »

« Hein ? »

Après avoir hoché légèrement la tête envers les quelques soldats présents — qui allaient sans doute dormir à la belle étoile —, Claude et Opal se dirigèrent vers une autre porte que celle par où était partie Najah.

C'était ce qui ressemblait à un débarras, mais une échelle menait au fond.

Manifestement, elle montait au grenier — enfin, on pouvait difficilement appeler ça une pièce.

Opal monta la première en riant, et c'était effectivement un grenier utilisé comme entrepôt.

Pourtant, il avait été proprement nettoyé, et bien qu'il n'y ait pas de lit, plusieurs couettes en duvet et coussins d'aspect confortable y étaient posés.

« On dirait une base secrète. »

« Ah. Bon, alors… la énième réunion de stratégie, peu importe le numéro, commence. »

« Compris ! »

Devant cette réplique qui prolongeait exactement leurs jeux d'enfants, Opal exécuta un salut approximatif.

Et toutes deux rièrent ensemble, la voix étouffée.

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