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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 71

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Chapitre 71

Chapitre 71

Chapitre 71/9575%~6 min de lecture1 068 mots

« Madame... Opale-sama ! »

« Naja ! Tu allais bien ! Tant mieux... »

Le lendemain de l'enfermement d'Opale dans la mansarde.

Naja déboula dans la pièce.

Elle n'avait aucune blessure et avait l'air en pleine forme, aussi Opale fut-elle soulagée et l'enlaça.

Naja lui rendit son étreinte sans retenue, puis lui palpa le corps de tous côtés pour vérifier qu'elle n'était pas blessée.

« Tant mieux. Madame va bien, elle aussi ? Si ne serait-ce qu'un cheveu de Madame avait été abîmé, je n'aurais jamais pardonné à Julian ! »

« Quelle servante intrépide. Tu n'avais pas à t'inquiéter, non ? »

« Comment oses-tu t'adresser ainsi à Madame !? C'est irrespectueux ! »

« C'est bon, Naja. Inutile de te préoccuper de Julian. »

« Mais... »

Naja s'en prit à Julian, qui se tenait adossé au mur près de l'entrée de la pièce.

Opale l'arrêta en lui saisissant le bras, puis sourit à Julian.

« Nous avons des choses à nous dire entre femmes, alors pourriez-vous nous préparer du thé ? »

« ... Soit. Mais ne crois pas pouvoir t'enfuir. »

Avec un sourire narquois, Julian referma la porte de la mansarde.

Immédiatement après, on entendit le bruit d'une clef qu'on tourne.

Ce n'avait pas l'air d'une serrure bien solide, mais si elles essayaient de la forcer pour sortir, le vacarme alerterait les gens de la maison.

Opale vit Naja inquiète et lui tapota légèrement la main.

« Ne t'inquiète pas, tout ira bien. Julian ne nous fera pas de mal. »

« Il ne faut pas faire confiance à un type comme lui ! »

Naja réfuta fermement les paroles d'Opale.

Mais son expression devint aussitôt celle de quelqu'un qui va pleurer.

« Pardon, Madame. C'est moi qui aurais dû me méfier... Vous ne faisiez pas confiance à Julian dès le début, n'est-ce pas... »

« Ne t'en fais pas, Naja. Puisque nous sommes venues en territoire ennemi, ce genre de chose était prévu. Je pensais qu'on ne nous tuerait pas, mais je ne m'attendais pas à être enfermées... »

« C'est bon, Madame. Je trouverai bien le moyen de vous faire évader ! »

« Oh, pas d'imprudence. Pas de souci, Claude viendra à coup sûr nous secourir. D'ici là, efforçons-nous de ne pas lui être un fardeau. »

Tout en répondant sur le ton de la plaisanterie, Opale saisit les deux mains de Naja, la regarda droit dans les yeux et lui parla avec gravité.

Naja acquiesça docilement.

C'est alors que Julian revint, portant habilement un plateau chargé de thé.

« Oh, tu as de la force, toi. »

« Je ne suis pas comme ces nobles qui se contentent de donner des ordres en se pavanant. »

« Madame ne se pavane pas ! Elle agit toujours d'elle-même ! »

« Merci, Naja. Julian a dû grandir en se renfermant sur lui-même. C'est bien malheureux. »

« Taisez-vous. »

Julian renifla dédaigneusement et posa le plateau sur la petite table.

Naja versa immédiatement le thé dans les tasses et y porta les lèvres.

« Il n'y a pas de poison dedans. »

« Même s'il y en avait, tu n'as pas à jouer les goûteuses, Naja. »

« Non, sur ce point je ne cède pas. »

Tout en répondant cela, Naja versa du thé dans une nouvelle tasse.

Apparemment, elle jugea qu'il n'y avait pas de poison.

Tant que Naja serait là pour lui servir de bouclier en cas de besoin, la vie d'Opale n'était pas en danger pour l'instant.

Mais si Naja était rassurée ainsi, tant mieux, pensa Opale en acceptant la tasse.

« Merci. »

« De rien. C'est plutôt bien infusé. »

Opale but une gorgée et hocha légèrement la tête.

On s'attendrait à rien de moins de quelqu'un qui sert dans une maison ducale.

C'était dommage qu'il n'y ait rien de sucré pour accompagner le thé.

Mais il y avait quelque chose de bien plus nécessaire.

Opaleposa sa tasse sur la table et adressa un sourire à Julian, qui la fixait avec ironie.

« Si nous devons passer notre temps ici, dans cette mansarde, apportez-moi des livres pour tuer l'ennui. »

« Tu as une sacrée attitude. Tu connais ta position ? »

« Bien sûr. Je suis votre dernier atout. Si vous me prenez comme bouclier, Claude ne bougera pas, et s'il vous faut de l'argent, mes biens sont à vous. »

« Vraiment, tu es insolente. »

« Oh, ce n'est pas nouveau ? On me le dit souvent depuis longtemps. »

« Bon, soit. Mais ne pousse pas trop l'insolence, hein ? L'atout, c'est toi. La servante là-bas, on s'en fiche. »

« Pourquoi vou... ! »

Ce fut Naja qui faillit répliquer, mais Opale leva la main sur-le-champ pour l'en empêcher.

Julian ricana et quitta la mansarde.

Bien sûr, le bruit de la clef retentit à nouveau derrière lui.

« Madame, pourquoi ne m'avez-vous pas laissé parler !? »

« Parce que Naja est précieuse pour moi. Mais hélas, pour ces gens, c'est comme dit Julian. Je ne veux donc pas prendre de risque. »

« Mais je ne veux pas être un fardeau... »

Pour réconforter Naja, qui était complètement abattue, Opale rit à gorge déployée.

Naja fit une mine surprise.

« C'est parce que tu es là que je peux m'abstenir de faire l'impossible. Claude aussi te sera reconnaissant, j'en suis sûre. »

« Comment ça... Le maître va bien !? »

Naja semblait avoir réalisé, elle aussi, que la faction anti-royale passait à l'action pour de bon.

Opale maintint son sourire et hocha largement la tête.

« Claude va bien. Il viendra nous chercher très vite. Il a l'habitude. »

« Il a l'habitude ? »

« Oui. Petite, on jouait souvent à la princesse captive et au chevalier qui vient la sauver, moi la princesse, lui le chevalier. Mais comme je ne me contentais pas d'attendre et que j'essayais de m'échapper par mes propres moyens, il râlait souvent que c'était encore plus dur. Donc, grâce à toi qui m'empêches de faire des folies, il pourra venir nous secourir l'esprit tranquille. »

« Qu'Oujo-sama était une garçon manqué, Marcia-san me l'a souvent dit, mais c'était vrai. »

Opale cligna de l'œil avec malice, et Naja se mit à pouffer.

Apparemment, ses épaules s'étaient détendues.

Enfin, Opale put elle aussi baisser les épaules, et toutes deux rièrent ensemble.

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