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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 60

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Chapitre 60

Chapitre 60

Chapitre 60/9563%~6 min de lecture1 149 mots

« Opal, tu as un moment ? »

« Oui, ça va. »

Opal, qui écrivait une lettre dans sa chambre, posa sa plume pour répondre à Claude qui entrait.

Cette façon de parler de Claude signifiait qu'il avait une conversation importante à avoir.

Se levant, Opal s'assit aussi à côté de Claude sur la chaise longue où il était assis.

« Tout à l'heure, j'ai reçu une convocation de Sa Majesté. »

« Il s'est passé quelque chose ? »

« Probablement. J'espère que ce n'est rien de trop important, mais je pense que je rentrerai tard. C'est pourquoi je ne pourrai pas t'escorter à la soirée de ce soir. »

« Je comprends. Ce soir, j'y assisterai seule. »

« Désolé. »

« Il n'y a pas de quoi t'excuser. Je me suis habituée à la haute société d'ici, et je peux très bien me débrouiller seule. »

Les événements survenus au royaume de Sosyul s'étaient bel et bien répandus dans la haute société de ce pays, et le contenu des invitations, qui n'étaient que de pure formalité avant le retour, avait complètement changé, au point qu'on pouvait le deviner rien qu'à la teneur des lettres, tant l'accueil était chaleureux.

Malgré cela, elle regrettait d'avoir à y assister seule.

Cachant ce sentiment, Opal répondit avec un sourire radieux, et Claude poussa un soupir.

« Opal est trop fiable, ça me rend parfois seul. »

« C'est moi qui cache ma solitude en faisant la forte. Je sais très bien laquelle des deux priorités choisir. »

« Pardon. C'était un caprice de ma part tout à l'heure. »

Entendant les mots d'Opal teintés de plaisanterie, Claude s'excusa immédiatement.

Si elle avait pu bouder ou se montrer capricieuse ici, ce serait bien, mais pour Opal, c'était un défi de taille.

Alors qu'elle réfléchissait à quoi répondre, Claude l'embrassa soudainement et se leva.

« … Hein ? »

« Oublie le caprice tout à l'heure. Après tout, Opal reste Opal. »

« Qu-Qu'est-ce que c'est que ça ! »

Peut-être parce que la période où ils étaient comme frère et sœur, amis d'enfance, avait été longue, ils n'arrivaient pas à avoir une atmosphère de couple comme les autres.

C'est pourquoi, même embrassée soudainement, sa tête mettait du temps à comprendre.

Laissant Opal dans cet état, Claude se dirigea vers la sortie et se retourna devant la porte.

« Alors, je pars. »

« E-Eh bien, vas-y. »

Quand Opal se leva en hâte pour lui dire au revoir, Claude sourit joyeusement et partit.

Elle réalisa qu'elle aurait dû le raccompagner jusqu'au vestibule, mais le rattraper maintenant serait maladroit.

Tout en fixant la porte close, Opal s'assit à nouveau sur la chaise longue et poussa un grand soupir.

« Je n'arrive toujours pas à m'y habituer… »

Cela fait un peu plus d'un mois qu'elles sont mariées.

Le temps passé ensemble a considérablement augmenté, mais il n'y a habituellement aucune atmosphère douce entre eux deux, alors quand ça arrive par surprise, elle est décontenancée.

Cependant, Claude semble en prendre plaisir, ce qui est vaguement frustrant.

(D'ailleurs, est-ce que Claude ne se sent pas seul pour ce soir… ? Non, impossible.)

Le caprice tout à l'heure devait être une manifestation des sentiments de Claude.

Mais même si tous deux se sentent seuls, il y a beaucoup de choses qu'ils doivent faire séparément.

Opal a la haute société où elle a trébuché au début, et Claude a un travail qu'elle ne comprend pas bien.

Cela dit, même sans qu'il ne lui en parle, elle pouvait à peu près imaginer le contenu du travail de Claude.

Le royaume de Taisei a surmonté la peste et la menace de guerre civile, et est maintenant plus prospère que le royaume de Sosyul, mais il existe encore une faction anti-roi — l'ancien parti princier.

Ces derniers jours, Opal assistait au maximum aux thé et soirées auxquelles elle était invitée.

Là, elle faisait semblant de n'être là que par curiosité.

Les femmes lui apprenaient alors toutes sortes de choses avec joie, mais parmi ces rumeurs, il y en avait beaucoup d'inquiétantes qu'on ne remarquerait pas en les écoutant simplement.

(D'ailleurs, d'où vient la source de financement de la faction anti-roi… ?)

Toute activité nécessite des fonds.

Même s'il y a des nobles qui les soutiennent secrètement dans l'ombre, d'où sortent-ils ces fonds ?

Depuis l'accession au trône du roi Alessandro il y a quatre ans, on aurait dû enquêter pour qu'aucun bien caché n'existe.

(… C'est pour ça que Claude enquêtait sur les bandits du royaume de Sosyul ?)

Les lingots d'or et les bijoux que les bandits auraient volés représentent une somme considérable.

Ils ont peut-être réussi à les faire passer dans le royaume de Taisei, et perdu le reste à s'amuser dans le territoire du marquis Seimz — dans des villes comme Nobori.

De plus, comme les biens volés par Kimont et sa bande n'avaient pas été découverts pendant un moment, on soupçonnait qu'ils servaient de financement à la faction anti-roi, et c'est probablement pour ça que Claude a lancé l'enquête.

(Ce ne sont que des suppositions, mais ça tient la route.)

Dans le carrosse du retour, Opal acquiesça à sa propre réflexion, satisfaite.

Même si elle posait la question à Claude, il ne lui répondrait probablement pas encore, mais il le ferait une fois l'affaire résolue.

Se réjouissant de cette future vérification, Opal rentra au manoir et fut déçue.

Une lettre urgente de Claude était arrivée, disant qu'il ne pourrait pas rentrer pendant un moment.

« "Un moment", c'est combien de temps… ? »

Ce n'était pas ce soir qu'elle pourrait faire la vérification, mais Opal fut fortement déçue.

Demain, ils avaient prévu de discuter de la façon de mener les réformes du duché de Bottzeri, qu'elle venait de recevoir avec le titre de duc.

Le duché possède de vastes terres idéales pour la culture des céréales, mais la modernisation y est en retard, et comme il a servi de source de financement importante lors de la dernière guerre civile, les habitants du territoire semblent épuisés par des impôts excessifs.

(En plus, il y avait plusieurs mines, si je me souviens bien…)

La mine de plomb la plus au nord continue apparemment d'être exploitée à petite échelle, mais vu l'impact de la poussière sur la santé, ce n'est pas rentable, donc mieux vaudrait la fermer.

Elle avait décidé d'aller faire une inspection prochainement, en incluant tout cela.

De la planification à l'exécution, Opal peut tout faire seule.

Elle voulait juste accomplir cela avec quelqu'un — avec Claude.

Mais puisqu'on ne sait pas combien de temps durera ce « un moment » de Claude, Opal n'a d'autre choix que de faire avancer les choses seule pour l'instant.

« Bon. J'avance seule. Parce que c'est mon domaine de prédilection, après tout ! »

Ayant pris sa décision, Opal le déclara haut et fort dans la pièce vide.

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