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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 59

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Chapitre 59

Chapitre 59

Chapitre 59/9562%~7 min de lecture1 286 mots

Le soleil commençait à se coucher derrière les montagnes lorsque le navire atteignit le port du royaume de Taisei.

Pourtant, le port fourmillait de monde.

« Y a-t-il une fête au port aujourd'hui ? Il va bientôt faire nuit, pourquoi tant de monde ? »

« Non, ce n'est pas une fête, c'est un accueil. »

« Un accueil ? »

Naja, penchée depuis le pont vers le port, avait murmuré sa question. Claude y répondit, mais Opale, entendant cela, inclina la tête.

Sans s'en rendre compte, elle regarda autour d'elle, se demandant si quelque célébrité ne se trouvait pas parmi la foule.

« Opale, c'est pour nous qu'ils sont venus. »

« Hein ? »

« On a appris au royaume de Taisei que vous formiez un couple merveilleux ! »

Lors de leur précédent débarquement au royaume de Taisei pour leur mariage, ils n'avaient attiré aucune attention particulière.

C'est pourquoi Opale n'avait pas un instant imaginé que cet accueil leur était destiné, et il lui fallut un moment pour en saisir le sens.

Mais Naja acquiesça comme si c'était une évidence, le torse bombé.

Opale lui sourit et commença à descendre la passerelle.

« Tiens, c'est vrai, Claude est une célébrité. »

« Cela ne veut pas dire qu'ils se sont déplacés exprès pour voir ma tête. Tout le monde est venu pour Opale. »

« Moi ? Pour voir la fiancée du marquis Russell ? »

« Ils accueillent Opale, la femme entrepreneure qui a acculé l'ennemie des femmes et soutient les femmes malheureuses. »

Les visages qui se dévoilaient peu à peu exprimaient surtout de la curiosité, mais semblaient bienveillants.

Même après qu'Opale et les leurs eurent mis pied à terre, la foule fut contenue par les agents de sécurité du port et les gardes qu'avait engagés Claude, et ne put trop s'approcher.

Néanmoins, Opale leur répondit d'un sourire extérieur désormais parfaitement rodé, en agitant la main vers tous.

« C'est grâce à cela qu'ils savaient quand nous arriverions ? »

« Je pense que oui. »

Arrivée à la gare, Opale vit le train spécial et comprit le mystère de l'accueil au port.

Le chemin de fer était le moyen le plus rapide pour regagner la capitale, mais à cette heure, il n'y avait plus de trafic régulier.

« J'ai compris pourquoi tout le monde est venu nous accueillir. Ce que je ne comprends pas, c'est la rapidité de l'information. Il n'y a pas si longtemps, dans le monde mondain de Taisei, j'étais encore "l'impudique Opale Holloway" ? Et maintenant, déjà, le grand public me connaît ? C'est anormal. »

Après l'avoir dit, Opale s'en rendit compte.

Et en voyant le sourire de Claude, elle en eut la certitude.

« Tu as manipulé l'information ? »

« Manipuler est un grand mot. Jusqu'à il y a peu, les cancans du monde mondain parvenaient à peine aux oreilles du grand public, non ? Ce journal n'a vu son tirage exploser que depuis un an environ. Depuis qu'on y publie des nouvelles du monde mondain. Tout le monde s'y intéresse apparemment. »

« Et toi, qu'as-tu fait ? »

Devant la ferme détermination d'Opale à ne pas en rester là, Claude baissa les armes.

Ce n'était pas quelque chose qu'il ne pouvait pas dire.

« J'empêchais qu'on parle d'Opale dans les journaux, dans ce pays comme dans le royaume de Sociyu. Mais à partir de cette affaire, je n'y suis pour rien, donc l'information a circulé. De toute façon, avec ce scandale, impossible de la cacher. »

« Alors, tu savais pour Alan ? »

« Non, c'était une coïncidence. »

« J'ai compris. »

Il restait encore tant de questions, mais Opale renonça à son tour.

Elle-même ne parvenait pas à mettre de l'ordre dans les informations et ne savait plus ce qu'elle voulait demander.

Simplement, elle put accepter une chose.

Les informations sur Opale dans le monde mondain de Taisei étaient restées obsolètes parce qu'elles étaient contrôlées.

Mais le pouvoir de museler les gens était incalculable, et Opale regarda à nouveau fixement Claude, assis à ses côtés.

« D'autres questions ? »

« Tu as bien su cacher les informations sur Claude, le marquis Russell, aussi ? »

« J'ai juste profité des idées reçues de tout le monde. »

« C'est de la manipulation, ça ! »

« Aïe ! »

Exaspérée, Opale tapota le genou de Claude.

Celui-ci poussa un cri de surprise.

« Pour une menteuse, c'est encore trop peu. »

Opale détourna le visage, boudeuse, et la voix de Claude, retenant son rire, se fit entendre.

Finalement, comme toujours, Opale finit par rire elle aussi, et ce sujet fut clos.

Le lendemain matin.

Opale, qui s'était levée plus tard que d'habitude à cause de la fatigue du voyage, poussa un soupir face aux nombreuses cartes de visite et invitations qui l'attendaient.

Claude dormait encore.

Elle hésita un instant à les traiter de sa propre initiative, mais finit par toutes les refuser.

« "Est-ce que je peux rendre visite à quelqu'un qui vient de rentrer ?" Franchement, on pourrait un peu penser à nous. »

Sans doute était-elle très fatiguée d'avoir été constamment entourée de monde ces temps-ci.

Célibataire, elle participait chaque jour à des salons de thé, des concerts, des soirées, mais elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait eu tant d'énergie.

Pourtant, les femmes âgées tiennent le même rythme pendant la saison, donc c'est probablement juste un problème de condition physique chez Opale.

« Bon, la fatigue est sûrement aussi morale... Ah, comme j'aimerais passer du temps tranquillement à la campagne... »

Opale avait passé près de sept ans dans le duché de MacLeod.

À l'époque, elle réfléchissait chaque jour à comment améliorer la vie des habitants et enrichir le territoire, et se battait sans relâche.

Pour Opale, la vie mondaine est un travail important, mais elle regrette malgré tout la vie à la campagne.

« Le marquisat de Russell semble bien marcher, mais le duché de Bottzeri que je vais bientôt recevoir est apparemment en retard sur la modernisation, alors il y aura sûrement de quoi faire. »

Tout en triant les invitations entre celles qu'elle déclinerait et celles qu'elle étudierait, Opale réfléchissait.

Depuis qu'elle avait entendu parler du duché de Bottzeri par Claude, elle avait fait ses propres recherches, et si les informations étaient exactes, des réformes urgentes s'imposaient.

« Je n'ai pas encore de réseau dans le monde mondain... pas d'amis non plus, mais ça peut attendre. Le territoire, lui, ne peut pas attendre. On ne sait jamais quand la tempête ou la sécheresse frappera. »

Son retour imprévu au pays ne l'inquiétait plus pour Beth.

La nouvelle de son accouchement devrait arriver sous peu.

Bien sûr, un accouchement n'est jamais sans risque, mais tout le personnel de l'établissement l'aidera.

Après l'accouchement, elle pourra se reposer un moment et réfléchir à la suite.

Les deux autres femmes qui avaient eu un enfant de Keimont avaient choisi, dit-on, de vivre comme veuves dans des villes de province.

Lorsque l'enfant deviendra majeur, il héritera d'un patrimoine conséquent, mais d'ici là, le tuteur leur versera de quoi vivre sans difficultés.

Opale rassembla les invitations et se leva.

Écœurée d'écrire les réponses, elle songea à engager un secrétaire.

« C'est aussi à envisager. »

Se murmurant cela à elle-même, Opale se dirigea vers son bureau d'écriture.

Avant de rédiger les réponses, elle établirait son plan — le plan pour une inspection du duché de Bottzeri — et en discuterait quand Claude se lèvera.

Le simple fait de songer à se rendre dans son duché fit disparaître la fatigue du corps d'Opale.

Même mieux : l'entrain la gagna, et elle'ouvrit son carnet pour y noter les points essentiels.

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