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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 58

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Chapitre 58

Chapitre 58

Chapitre 58/9561%~8 min de lecture1 546 mots

« Marquise Russell, vous revenez encore, n'est-ce pas ?! »

« Marquise, merci beaucoup ! »

« Revenez absolument encore ! »

« Marquis, votre patrie est ici, après tout ! »

Au milieu de la foule nombreuse rassemblée à Mantest, Opale monta dans la voiture en souriant et en agitant la main aux côtés de Claude.

Ils se dirigèrent vers la gare un peu plus loin, d'où ils prendraient la locomotive pour gagner le port.

Enfin, ils allaient revenir au royaume de Taisei.

Assise aux côtés de Claude, Opale poussa un soupir de soulagement lorsque la voiture se mit en mouvement.

Depuis la parution de cet article de journal, Opale et Claude étaient accueillis partout où ils allaient.

Bien qu'elle s'efforçât de répondre à ces attentes, Opale se sentait mal à l'aise, comme si elle les trompait tous.

« Il semble que le manque de main-d'œuvre soit vraiment le problème. »

« En d'autres termes, à part le manque de main-d'œuvre, tout va à peu près bien. »

Après avoir conduit Bess en toute sécurité dans un établissement à la capitale, Opale reçut la visite d'Hubert le lendemain matin.

Il était venu présenter ses excuses et sa gratitude au sujet de Bess, suite à la série d'articles.

Et il lui rapporta qu'après avoir discuté avec Mademoiselle Marianne et ses parents, le comte et la comtesse Luffon, il avait décidé de renoncer aux fiançailles.

Il semblerait que Stella ait également décidé de profiter de l'occasion pour vivre dans une terre assez éloignée de la capitale.

Elle avait des choses à dire, mais jugeant que ce n'était pas à elle d'intervenir, elle se contenta d'écouter, puis ils discutèrent à trois au sujet de Mantest.

Et maintenant, Opale et Claude venaient de terminer leur inspection de Mantest.

Depuis longtemps, les gisements de minerai ne posaient pas de problème et la terre se développait favorablement, mais l'offre ne suivait pas la demande — ils avaient reçu le rapport selon lequel on était confronté à une pénurie de main-d'œuvre.

Bien sûr, il y avait d'autres problèmes mineurs, mais il fallait les régler un par un, y compris ceux-là.

Cependant, pour contrer la pénurie de main-d'œuvre, Opale avait déjà une idée en tête.

« Les arrangements sont-ils faits ? »

« Oui. C'est pour cela que j'ai spécialement demandé à Alan de m'accompagner. Il dit qu'il ne veut pas écrire d'articles mensongers. »

« Des articles mensongers... »

« Pour ce qui est de mon nom, ce n'est pas qu'il ait écrit des mensonges, il n'a juste pas écrit la vérité, c'est tout. »

« C'est une façon de le dire. »

Opale était marquise Russell, mais aussi ancienne duchesse MacLeod.

Les deux n'étant pas faux, il arrivait qu'elle ne cite que le titre le plus élevé, ou qu'elle utilise les deux en permanence.

Mais après tout, elle n'arrivait pas à se résoudre à porter le titre d'Hubert, et n'utilisait que celui de Claude.

« Pas besoin de voir le brouillon ? »

« Non, c'est bon. Les articles d'Alan sont parfois un peu exagérés, mais ils sont très lisibles et faciles à comprendre. S'il écrit du mal du travail à Mantest, c'est qu'il a eu cette impression. C'est quelque chose que nous n'avions pas remarqué, et c'est ce que je veux lire. »

« Mais si les ouvriers ne se rassemblent pas pour autant, qu'est-ce qu'on fait ? »

« Alors il suffira de faire des efforts pour qu'ils viennent. D'ici là, nous n'aurons d'autre choix que de limiter la production. …… Cela dit, ce n'est que mon avis, si Claude, Papa ou le duc MacLeod s'y opposent, je m'y conformerai. »

« Pour quelqu'un qui dit ça, tu as l'air bien prête à te battre. »

En disant cela, Claude sourit.

Pour résoudre la pénurie de main-d'œuvre à Mantest, ils avaient décidé de publier une annonce de recrutement dans le journal le plus lu par le peuple.

Cependant, c'est Opale qui avait proposé qu'il valait mieux faire venir un journaliste pour un reportage plutôt que de simplement publier une annonce.

Une annonce ordinaire est banale, mais avec un article de reportage, le travail est plus compréhensible et les lecteurs s'y intéressent aussi, dit-elle.

Elle avait aussi dit à Alan qu'il pouvait interviewer les mineurs tant que cela ne gênait pas leur travail.

Bien sûr, Opale, Claude et les autres avaient aussi promis de faire des efforts pour écouter directement les doléances non seulement des mineurs, mais de tous ceux qui travaillent à Mantest, et d'apporter des améliorations.

« Puisque Claude ne dit que des choses négatives, on dirait qu'il a changé d'avis par rapport à hier et qu'il s'y oppose. »

« Je suis pour. Concernant cette affaire, le comte Holloway et les MacLeod nous ont donné carte blanche. Mais il y a toutes sortes de gens dans le monde. Donc il y en aura qui prendront cette affaire mal, et rien ne garantit que cela ne deviendra pas un boulet pour l'avenir. »

« Je le sais. Jusqu'à présent, j'ai reçu la malveillance des gens plus qu'il n'en faut. C'est justement pour ça que je peux y faire face, et je sais que le monde n'est pas fait que de malveillance. »

« Mais cette fois, comme Opale s'est montrée publiquement, c'est elle qui se retrouvera en première ligne s'il arrive quelque chose. »

Opale, qui trouvait que Claude était de mauvaise humeur depuis leur arrivée à Mantest, comprit la raison et ne put s'empêcher de sourire.

Puisqu'elle était devenue célèbre de toute façon, elle avait décidé de faire largement connaître qu'elle était l'une des dirigeantes du développement de Mantest, et d'en devenir elle-même la vitrine, mais il semblait que cela l'inquiétait.

Mais s'il ne s'y était pas opposé, c'était parce qu'il reconnaissait l'efficacité de la chose et l'opinion d'Opale elle-même.

« …… Si je ne m'étais pas montrée et qu'un problème survenait à Mantest, ce serait peut-être Claude qui serait en première ligne. Ou peut-être Papa. Ou le Duc. Quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins que tous agiraient pour résoudre le problème. »

« Mais entre nous et Opale... »

Claude, qui allait parler, regarda Opale et fit une figure qui disait qu'il avait fait une gaffe.

Ce n'était pas que Claude ne reconnaissait pas Opale, c'était le monde qui ne la reconnaissait pas.

Regrettant d'avoir fait une figure blessée, Opale se força à sourire.

« "C'est pour ça que les femmes sont..." — je pense qu'on va entendre ça souvent à l'avenir. Je m'énerverai, je pleurerai de frustration, et pourtant je continuerai à faire face. C'est pour ça que je veux que Claude soit à mes côtés à ce moment-là. S'il me dit "c'est bon" comme d'habitude, ça le deviendra vraiment. »

« Dans ce cas, compte sur moi. C'est mon domaine de prédilection. »

Claude répondit en riant, mais ses yeux étaient très sérieux.

Opale pressa sa poitrine qui s'emballait, et plongea dans ses yeux sans les quitter.

« Merci, Claude. »

« Je n'ai rien fait. »

« Tu as tout fait. »

Claude la fixa en retour, et posa sa main sur sa joue douce.

— Un baiser.

Soudain, alors qu'Opale ressentait cela et s'apprêtait à fermer les yeux, on lui pinça la joue.

« Hyotcho ! »

« Comme d'habitude, ta joue est facile à pincer. »

« Qu'est-ce que tu dis ! Ma joue n'est pas facile à pincer ! »

Même si elle repoussa sa main d'un geste sec pour protester, Claude ne fit que ricaner.

Depuis toujours, Claude lui pince soudainement les joues pour une raison quelconque.

« Allez, ris. Si tu ne ris pas, la réputation de la marquise Russell sera ruinée. »

« La marquise Russell ne se soucie pas de sa réputation. »

En disant cela, Opale marcha de tout son poids sur le pied de Claude.

Face à Claude qui gémissait de douleur et se courbait en avant, Opale dit d'une voix calme.

« Allez, ris. Si tu ne ris pas, la réputation du marquis Russell sera ruinée. »

« Opale... »

Claude allait se plaindre, mais fut interrompu par le bruit de coups frappés à la portière de la voiture.

D'une voix aimable, Opale répondit, et la porte s'ouvrit.

« Faisons en sorte que la réputation du couple marquis et marquise Russell soit solide. »

« Tu dis que je suis une têtue qui déteste perdre ? »

« Je m'en fiche. »

« C'est une blague. »

Tout en se chamaillant légèrement, tous deux affichèrent un sourire et descendirent de la voiture.

Puis, saluant de la main les gens rassemblés à la gare, ils montèrent dans le wagon spécial.

Puisque le port n'était qu'à un saut de puce d'ici, ils arriveraient au royaume de Taisei en soirée.

« Alors, es-tu prête à retourner au royaume de Taisei ? »

« Je n'ai pas besoin de "prête". »

« Alors, c'est le départ. »

Claude acquiesça à la réponse rassurante d'Opale et fit signe au chef de gare qui attendait dehors.

Alors le sifflet de la locomotive retentit hautement, et le siège se mit à trembler violemment alors qu'il démarrait.

Opale, avec Claude, adressa un sourire par la fenêtre vers l'extérieur, et agita la main vers ceux qui les voyaient partir.

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