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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 53

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Chapitre 53

Chapitre 53

Chapitre 53/9556%~8 min de lecture1 404 mots

L'incident survenu lors du bal de la vicomté de Croisel s'était déjà répandu dans tout le pays dès le lendemain matin.

Ce qui était surprenant, c'est qu'il avait été largement repris par les journaux populaires.

« C'est un peu trop rapide pour faire la une, non ? Qui a bien pu tout dévoiler ? » marmonna Opale en posant le journal sur la table.

L'article affirmait de manière sensationnelle que la véritable identité des brigands qui tourmentaient la population ces derniers temps n'était autre que des fils de nobles.

C'était indéniablement un événement majeur, mais ce qui intriguait Opale, c'était le niveau de détail de l'article.

Non seulement tout ce qui s'était passé lors du bal y était rapporté, y compris les paroles exactes de Claude, mais l'article connaissait même des choses qu'elle ignorait — les affaires internes du ministère de la Justice.

« Depuis peu, le taux d'alphabétisation a augmenté et les journaux deviennent un divertissement pour les citoyens. Le ministère de la Justice a dû se dire que, puisque tout le monde finirait par l'apprendre, autant diffuser l'information exacte. Le fait que les brigands, ennemis du peuple, soient des fils de nobles incompétents… non, des membres de la haute société, ça risque de provoquer un fort ressentiment. La frustration des citoyens envers la noblesse s'accumule déjà, et si cela devient l'étincelle qui embrase tout, ce sera ingérable. Alors ils veulent présenter les choses comme si le ministère de la Justice et les nobles intègres avaient abattu les nobles maléfiques. »

« Je pense que c'est merveilleux que tous les citoyens obtiennent des droits égaux. Mais si on se précipite trop, des distorsions peuvent apparaître quelque part. Pourtant, ces temps-ci, tout avance si vite qu'on a parfois peur. »

« C'est vrai. Ce pays, le royaume de Taisei, les autres nations aussi… tout change à une vitesse vertigineuse. Si on tergiverse, on se retrouve largué par l'époque avant même de s'en rendre compte. »

Claude dit cela en saisissant le journal sur la table.

Il l'ouvrit et désigna un article du doigt.

« Plus que ça, c'est cet article qui me met en colère. Qui a écrit ça ? Alan Marron, c'est une blague ? »

C'était rare de voir Claude irrité.

Opale, qui n'avait prêté attention qu'aux articles sur Keyesmont et les siens, baissa les yeux sur le journal, se demandant s'il n'y avait pas quelque chose d'autre d'important, et fut surprise.

Elle saisit le journal à la hâte et parcourut l'article des yeux.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

En suivant les lignes du doigt, Opale grimaça.

L'article ne rapportait pas seulement l'arrestation de la veille, mais détaillait également la manière dont Opale avait accusé Keyesmont.

Le titre proclamait : « L'alliée des femmes faibles ! Opale Holloway, ancienne duchesse de McLeod ! »

« Se tromper de nom, c'est irrespectueux ! »

« Ah, c'est vrai, c'est une erreur. »

« Je suis Opale Fred, marquise Russell ! Il faut exiger un rectificatif immédiatement ! »

Tandis qu'Opale, furieuse, cherchait les coordonnées du journal, Claude éclata de rire.

Entendant ce rire, Opale releva la tête.

« Pourquoi tu ris ? Toi aussi tu étais en colère, non ? »

« Je suis en colère contre le contenu de l'article. Ce journaliste couvre Opale d'éloges. C'est bien, c'est la vérité. Mais à la fin, il y a écrit "j'aimerais beaucoup faire sa connaissance". »

« C'est juste une formule de politesse pour conclure, je pense. Si Claude n'aime pas, je protesterai. Je n'ai d'yeux que pour Claude, de toute façon. »

« Non, ce n'est pas ça. »

« Alors quoi ? Ce journaliste ignore sûrement que je me suis remariée. En tant que journaliste, son enquête est bâclée. »

Opale trouva l'adresse du journal et fronça les sourcils.

Ce n'était pas très loin d'ici, mais elle devait ensuite rendre visite à la vicomté de Croisel, donc le temps manquait.

« Est-ce que j'aurai du temps cet après-midi ? »

« Tu comptes vraiment aller protester ? Ça va faire un scandale. »

« Le scandale a déjà éclaté. D'ailleurs, j'ai pensé profiter de la protestation pour demander un don. Si on le fait médiatiser à grande échelle, ça fera de la pub non seulement pour le journal, mais aussi pour l'association. Et ça pourrait inciter d'autres entreprises ou particuliers à donner. Il n'y a aucune raison de ne pas le faire. »

Alors qu'Opale s'enflammait, Claude éclata à nouveau de rire.

Vraiment, avec Opale, on ne s'ennuie jamais, songea-t-il.

Quoi qu'il en soit des titres et de la conclusion, le contenu de l'article était le suivant.

« Opale Holloway a pris des mesures pour contraindre Keyesmont à céder ses biens en pension alimentaire afin de secourir les femmes qu'il a trompées et mises enceintes irresponsablement, ainsi que leurs enfants.

Et elle a dénoncé publiquement ses méfaits lors du bal de la vicomté de Croisel, le poussant dans ses derniers retranchements.

Lors de son divorce avec le duc de McLeod, elle a reçu une fortune considérable, qu'elle a fait fructifier pour la redistribuer aux plus démunis.

Elle accorde une importance particulière à la protection et à l'épanouissement des femmes, a créé une association de protection et a commencé à étendre son action non seulement dans la capitale royale, mais aussi dans les provinces. »

Le terme "provinces" devait venir du voyage d'Opale à Nobori.

En effet, Opale mettait l'accent sur la création d'associations caritatives dans les villes de province.

Claude ressentit une pointe de culpabilité à l'idée de l'avoir emmenée au royaume de Taisei alors qu'elle n'était qu'à mi-chemin de son œuvre.

« Claude, ça va ? C'est indigne d'une dame, peut-être ? »

« Non, pas du tout. C'est pas ça. »

Devant le visage soudain sérieux de Claude, qui riait encore un instant plus tôt, Opale s'inquiéta.

Elle avait mille projets, mais sa priorité absolue restait de chérir Claude.

Ce sentiment n'avait pas changé depuis qu'elle avait accepté sa demande en mariage.

Opale s'inquiéta de s'être un peu trop pressée pendant son séjour dans ce pays, mais la réponse de Claude dépassa ses attentes.

« Opale se démène pour aider les gens dans le besoin dans ce pays, et je me demandais si j'avais le droit de l'emmener au royaume de Taisei pour ma seule commodité. Maintenant, Opale resplendit vraiment. »

« C'est vrai. Mes soucis récents se sont un peu dissipés. Ça rend heureuse. »

« Des soucis ? »

« Oui. Je cherchais sans cesse comment faire connaître nos foyers de protection et nos associations caritatives au plus grand nombre — si possible aux personnes en difficulté. À la capitale royale, ça va, mais en province, c'est encore loin d'être connu. J'ai réalisé que même dans une grande ville comme Nobori, c'était quasi inexistant. Mais grâce à cet article dans le journal, les choses vont peut-être commencer à changer, ne serait-ce que petit à petit. Si le nombre de soutiens augmente, ce sera parfait. »

« C'est certain… »

« Et puis, ce ne sont pas seulement les gens de ce pays que je veux aider. Ceux du royaume de Taisei aussi. Ce pays est bien plus développé que le nôtre, mais la mentalité de la haute société ne semble pas si différente, et en province, il y a encore beaucoup de gens qui ne se sont pas relevés de l'épidémie et des troubles internes. Ce pays est ma terre natale, j'en connais la situation et j'ai déjà quelques collaborateurs, donc ça ira même sans moi. Je suis une grande curieuse, alors cette fois, je compte aider les gens du royaume de Taisei. »

Quand Opale proclama cela la tête haute, Claude parut soulagé.

Puis il afficha un large sourire.

L'instant d'après, le cœur d'Opale fit un bond, puis se mit à battre la chamade.

« Merci, Opale. »

« D-de rien ? Ah, euh, il faut qu'on se prépare à sortir ! »

« Oui. Si on traîne, on arrivera trop tard au journal. »

« C'est ça ! Alors, à tout à l'heure ! »

Finalement, Opale prit la fuite comme pour battre en retraite.

Cela faisait presque un mois qu'ils étaient mariés, et pourtant elle s'emballait encore au moindre geste ou mot de Claude.

Opale entra dans sa chambre, poussa un grand soupir, énuméra à voix haute ce qu'elle devait faire aujourd'hui et parvint tant bien que mal à calmer son cœur.

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