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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 52

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Chapitre 52

Chapitre 52

Chapitre 52/9555%~8 min de lecture1 521 mots

De retour au manoir, Opale entra dans le bureau, accepta un verre des mains de Claude et s'installa sur le canapé.

Ce soir, il s'était passé trop de choses, et elle avait davantage envie d'alcool que de thé.

Claude se servit lui aussi une boisson et vint s'asseoir en face d'Opale.

« Par où commencer... »

« Inutile de t'en faire. Je vais te poser les questions qui m'intéressent, tu y répondras. Si tu ne peux pas, dis-le simplement. »

« Compris. »

En vérité, il aurait mieux valu entendre une explication structurée, mais Opale avait tant de questions qu'elle était confuse.

Elle voulait connaître le résultat, peu importait le processus.

« Tu savais pour le vicomte KeyMont dès le début ? »

« Non, je l'ai appris aujourd'hui même. Comme je savais aussi qu'Opale assisterait à ce bal, je me suis précipité. »

« C'était ça... Alors, pour les bandits ? Le fait qu'ils soient des fils de noblesse ? »

« On suspectait depuis le départ qu'il s'agissait de jeunes gens de bonne famille. Les témoignages indiquaient que, malgré leurs masques, leurs vêtements et leurs armes étaient de luxe. C'est pour ça que l'enquête a été menée avec prudence. S'ils étaient arrêtés par erreur, ce serait un scandale, non ? »

« Je comprends qu'on n'ait pas pu divulguer l'information. Mais pourquoi Claude est-il mêlé à cette affaire ? »

« Disons que c'est le fruit des circonstances. »

Devant la réponse désinvolte de Claude, l'expression d'Opale devint dubitative.

Elle se demanda s'il se moquait d'elle ou s'il ne pouvait pas en dire plus, mais visiblement ce n'était ni l'un ni l'autre.

Face à son regard, Claude sourit en s'expliquant.

« C'est la vérité. Je menais une autre enquête pour rassembler des informations sur les bandits. C'est comme ça que j'ai fait la connaissance d'un magistrat qui enquêtait sur les bandits qui sévissent sur les routes ces temps-ci. On a décidé de coopérer en s'échangeant des informations. »

« Cette autre enquête ? »

« Je ne peux pas en parler pour l'instant. »

« D'accord. »

Pour Opale, le fait que Claude ait des secrets l'inquiétait moins que la possibilité qu'ils soient dangereux.

Mais elle n'insista pas et exprima son mécontentement de façon théâtrale.

« C'est pour ça que tu as proposé si naturellement d'aller au royaume de Socieux. Tu avais une raison d'y aller dès le départ. S'il n'y avait pas eu l'affaire de Beth, je serais restée seule à faire le ménage dans un pays que je ne connais pas ? »

« Je ne te laisserais pas faire. N'importe qui d'autre que moi aurait pu venir dans ce pays. Quand j'ai vu Opale, après avoir appris l'histoire de cette femme de la part de MacLeod, j'ai décidé de venir ici. »

« Je me fais mener par le bout du nez par Claude. Ce soir encore, j'ai préparé le terrain, fait du lobbying, fait des efforts, et tout a été éclipsé par l'arrestation de KeyMont... Au fait, ses biens ? La pension pour les enfants ? »

Opale avait oublié ce détail sous le choc de l'arrestation, mais les biens d'un criminel sont souvent confisqués.

Elle regrettait de ne pas avoir forcé la procédure plus tôt, mais Claude la rassura par un sourire.

« C'est bon. Les biens de KeyMont seront saisis, mais si on suit la procédure correctement, la pension devrait être reconnue. »

« Tant mieux... Mais quelle peine vont-ils écoper ? »

« Je l'ai dit, heureusement il y a peu de blessés, et seulement des légers. Le préjudice réel se limite aux vols. Avec les dommages-intérêts, tout sera restitué, donc ils seront probablement libérés sous peu. »

« Hein ? Ces... vauriens vont ressortir tout de suite ? Et il y en a plusieurs ? Ce ne sont que des nuisances pour la société. C'est de la négligence de la part du ministère de la Justice. Il faut que je proteste auprès de mon oncle. »

Tout en s'emportant, Opale avait cette fois évité le mot « ordures ».

Même ainsi, ses paroles sans concession arrachèrent un rire à Claude.

« Ce n'est pas drôle, Claude. »

« Oui, tu as raison. Mais leurs biens seront confisqués, ils devront dépendre de leur famille pour vivre, et demain tout le monde le saura. Ils auront du mal à réintégrer le monde mondain. »

« Je me demande pourquoi ils n'ont pas l'idée de travailler pour gagner leur vie. Et vraiment, ils ne pourront plus revenir dans le monde ? Les victimes sont des gens ordinaires, non ? »

Comme KeyMont méprisait Beth et les autres, nombreux sont les nobles qui discriminent injustement les roturiers.

Opale craignait qu'on ne finisse par pardonner à KeyMont et sa bande, mais elle repensa soudain à l'ambiance du bal de ce soir.

« D'ailleurs, l'ambiance était différente ce soir. Moins guindée, et tout le monde a bien écouté ma critique impertinente. Surtout, le vicomte et la vicomtesse Croïzel étaient charmants. Bon, à une famille près. »

Il y a huit ans, bien plus d'hommes auraient pris ouvertement la défense de KeyMont.

Bien sûr, il y avait encore beaucoup de gens superficiels, mais plusieurs nobles présents ce soir avaient accueilli Opale sans préjugés, et elle avait pu converser d'égal à égal, au-delà des barrières homme-femme.

Comme pour valider ses pensées, Claude hocha la tête.

« Le vicomte Croïzel semble progressiste, il doit attirer des gens qui pensent comme lui. Ses soirées ne sont pas guindées, il y a beaucoup de jeunes, mais pas au point de froisser les traditionalistes, donc les jeunes filles non mariées peuvent y participer sereinement. »

« Je m'étais tenue à l'écart du monde mondain, mais les choses ont bien changé. Ou plutôt, c'est moi qui avais des préjugés et qui n'ai pas cherché à connaître. Tout le monde n'est pas comme KeyMont ou la comtesse. »

Opale était restée prisonnière de ses mauvais souvenirs d'il y a huit ans, décidant d'avance que toutes les nouvelles rencontres seraient du même acabit.

Elle réalisa qu'elle était devenue elle-même une personne désagréable, et en fut peinée.

(Personne n'a envie de se lier d'amitié avec quelqu'un d'aussi têtue, orgueilleuse et désagréable...)

Opale poussa un profond soupir, sentit un regard sur elle et releva la tête.

Claude la regardait en souriant.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Opale, tu es mignonne. Vraiment mignonne. »

« C'est juste ton imagination ! Et j'ai vingt-huit ans, il n'y a rien de mignon là-dedans ! »

« Vraiment ? »

« Absolument ! »

Les mots de Claude lui faisaient plaisir, mais elle était trop gênée et se détourna en boudeur.

Elle était bien consciente que ce comportement n'était pas mignon.

Alors qu'elle s'apprêtait à déprimer face à son incapacité à être honnête, elle eut une révélation.

« Ce soir... Roana-san a dû être choquée, non ? »

« Hein ? »

« Ma dénonciation contre le vicomte KeyMont. »

« Ah... Tu le regrettes ? »

« Je ne regrette pas. Au contraire, je me dis que mon geste a peut-être été éclipsé par l'arrestation. Mais ce sont deux choses différentes, non ? Personne n'a envie de se lier d'amitié avec quelqu'un qui provoque toujours des scandales. On a plutôt envie de prendre ses distances. »

Si on avait causé un esclandre au bal de ses propres parents, on serait furieux.

Même si le vicomte Croïzel avait fait preuve de compréhension, elle irait s'excuser correctement dès demain.

Ce serait gênant de le croiser, mais elle devait marquer le coup, décida Opale.

« C'est bon. Opale et Mademoiselle Roana, vous deviendrez sûrement amies. »

Claude l'affirma alors qu'Opale rumineait ses pensées.

Cette phrase lui transperça le cœur d'une douleur lancinante.

« ... Tu connais Roana-san ? »

« Non, je ne la connais pas. »

« Alors comment tu peux le savoir ? »

« Parce que je ne peux pas croire qu'une personne dont Opale veut se lier d'amitié s'arrêterait à ce genre de futilité. »

Apprenant qu'ils ne se connaissaient pas, Opale ressentit secrètement un soulagement.

Il n'y avait pas de raison d'être jalouse, mais son cœur refusait de l'écouter.

Sûrement que ça se reproduirait à chaque fois qu'elle croiserait une femme charmante.

Pourtant, elle ne pourrait jamais s'éloigner de Claude, qui lui était si cher.

« Merci, Claude. »

« ... Oui. »

Opale adressa un large sourire à Claude qui lui offrait sa gentillesse.

Elle ne remarqua pas à quel point ce sourire envoûtait Claude.

Et changea de sujet comme si de rien n'était.

« Au fait... Tu connaissais le vicomte Croïzel ? »

« Je connaissais son nom, mais c'est la première fois qu'on se rencontre. Pourquoi ? »

« Non, je vous ai présentés tout à l'heure, mais si vous vous connaissiez déjà, j'ai trouvé ça un peu bête. »

« C'est vrai que ça aurait été un peu étrange. »

Opale et Claude imaginèrent la scène comme une caricature et en rirent.

Puis ils posèrent leurs verres, se levèrent, se prirent la main et se dirigèrent lentement vers la chambre à coucher.

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