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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 50

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Chapitre 50

Chapitre 50

Chapitre 50/9553%~9 min de lecture1 634 mots

« Ha, hahaha. Quelles sottises. Certes, vous possédez peut-être une fortune étonnante pour une femme, mais cela ne vous donne pas le droit de toucher aux biens d'autrui. Ou bien pensez-vous que, comme MacLeod, je me laisserais séduire pour vous céder ma fortune ? »

« Mais ma chère, vous savez bien que l'argent fait bouger l'argent. »

Alors qu'Opale répondait calmement, sans se fâcher, Keimont plissa les yeux, perplexe.

À ses côtés, la comtesse qui riait avec lui releva légèrement ses fins sourcils.

Opale comprit qu'ils n'avaient pas saisi le sens de ses mots et poussa un petit soupir.

Comme Hubert huit ans plus tôt, Keimont confiait probablement la gestion de ses avoirs à un intendant compétent, un mandataire, ou peut-être à son père.

La seule différence avec Hubert, c'est que la personne choisie était réellement capable.

« La petite mine que vous avez reçue de votre père le comte, la mine d'Aion, est mal située, mais depuis que le chemin de fer passe à proximité, ses profits ont bondi, n'est-ce pas ? »

« Ah, oui. Cela ne vous donne pas le droit de voler le minerai pour autant ? Sans parler de s'emparer de la mine elle-même. »

« Bien sûr que non. Puisque les bénéfices de cette mine constituent la plus grande part de votre fortune, la vous prendre serait cruel. C'est pourquoi je réclame tout le reste de vos biens. Certes, c'est un peu juste pour le partager à trois, mais je ferai un compromis. »

« Quelles sottises ! »

Quand Opale sourit, ce n'est pas Keimont mais la comtesse qui manifesta sa colère.

Le bal était devenu la scène d'Opale et de ses compagnons, l'orchestre avait même cessé de jouer.

Opale se sentit désolée pour les vicomte et vicomtesse de Croizel, les organisateurs, mais le couple observait la scène avec un plaisir inattendu.

« Un compromis ? Arrêtez vos plaisanteries. Pourquoi devrais-je céder mes biens à de viles femmes comme celles-là ? »

« Alors arrêtons les locomotives qui transportent le minerai à la gare de la mine. Vous n'aurez qu'à faire acheminer le minerai par chars comme avant. »

« Ne dites pas n'importe quoi ! C'est impossible ! »

« C'est possible. Je suis co-gérante de cette compagnie de chemin de fer. »

« Quoi !? »

« Vous n'avez pas tous vos esprits ! »

Tandis qu'Opale restait calme, Keimont voyait son angoisse et sa colère grandir.

Et la comtesse poussa un cri perçant en dévisageant Opale.

Durant ces quinze jours, Opale n'avait pas seulement retrouvé de vieilles connaissances, elle avait aussi rencontré le dirigeant de la compagnie ferroviaire qui longeait la mine d'Aion.

Cet homme était endetté à cause d'autres investissements, et lorsqu'Opale lui proposa une aide financière, il l'accueillit avec joie comme co-gérante.

La compagnie étant bénéficiaire, cela devait aussi rapporter à Opale sur le long terme.

D'ailleurs, sa menace à l'instant n'était qu'un bluff, elle n'avait pas l'intention de l'exécuter.

Elle ne voulait pas causer de tort aux gens qui travaillaient à la mine et dans ses dépendances.

Mais Keimont ne retournerait pas ce sentiment contre elle.

« Je peux aussi faire geler vos autres avoirs, mais comme ils appartiennent à vos enfants, je préférerais ne pas y toucher. »

« C'est, c'est ridicule ! Avez-vous la preuve que ce sont mes enfants !? Tout à l'heure, dans l'émotion, j'ai failli le reconnaître, mais il se peut que je n'aie jamais rencontré cette femme. Et d'abord, pourquoi vous mêlez-vous de mes affaires ? »

« C'est exact ! C'est d'un sans-gêne absolu ! »

En discutant, Keimont semblait avoir retrouvé son calme et redevenait hautain.

De même, la comtesse braillait d'une voix perçante.

Pourtant, Opale continua en souriant.

« À leur sujet, j'ai fait enquêter sur le passé. J'ai aussi obtenu des témoignages d'anciens collègues de la maison où elles travaillaient. Et il suffit de regarder les enfants pour voir qu'ils sont les vôtres. Ils vous ressemblent trait pour trait. Et je suis leur mandataire. Elles sont trop faibles pour vous affronter, alors j'agis pour elles. »

« M-mais, ces enfants sont des bâtards. Ils n'ont aucun droit à la succession. »

« Qu'il y ait un droit ou non n'a aucune importance. Vous avez volé l'avenir de jeunes filles par légèreté, et vous tentiez de voler celui des enfants à naître. C'est pourquoi je prends ce que vous possédez déjà, au nom de ces filles sans pouvoir. Eh bien, discutons désormais avec mon mandataire... Ah, ce serait plutôt le mandataire du mandataire, non ? »

Opale pouffa de rire et fixa Keimont droit dans les yeux.

La comtesse ne répliquait plus, elle pressait son front avec un mouchoir, les yeux clos.

« Tout perdre ou n'en perdre qu'une partie, le choix vous revient. Il ne reste pas beaucoup de temps, mais la réponse est simple, n'est-ce pas ? »

« Quelle femme ! Cette garce ! »

Opale se moquait bien, à présent, de la façon dont on l'appelait.

Tous ceux qui étaient là comprenaient que c'étaient les propos d'un mauvais perdant.

C'est pourquoi Opale inclina légèrement la tête en souriant, mais une silhouette apparut soudain et frappa Keimont de plein fouet, le renversant.

Des cris s'élevèrent parmi les femmes, la comtesse s'évanouit.

« Je vous prie de cesser d'insulter ma femme. »

« Claude... »

« ... Ts, ta femme ? »

Au murmure surpris d'Opale, l'assemblée s'agita, et Keimont, les mains au sol, leva un regard hébété.

Les vicomte et vicomtesse de Croizel semblaient excités par l'arrivée de Claude, le marquis de Russell.

Opale se souvint alors que l'invitation au bal avait aussi été envoyée à Claude.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? Le marquis de Russell ne peut pas être si jeune. Il est rentré au pays pour retrouver sa maîtresse ? »

« Cette fois, je peux le frapper sérieusement. »

Alors que Keimont se relevait en chancelant en proférant des insultes, Claude leva à nouveau le poing.

Keimont tressaillit et se mit en garde, mais Opale intervint.

« Arrête, Claude. Présente-nous plutôt au vicomte et à la vicomtesse de Croizel. »

« Ah, oui, bien sûr. »

Soulagée par son acquiescement immédiat, Opale se tourna vers les organisateurs.

Le couple fendait la foule pour avancer, mais la voix en colère de Keimont résonna.

« Marquis ou pas, cet homme m'a frappé, c'est un fait ! Je porterai plainte ! Cette femme aussi, qui tente de me voler mes biens, un acte illégal pareil ne sera pas toléré ! Tous deux seront jugés par un magistrat ! »

« Avant de vous en prendre à eux, vous feriez mieux de vous inquiéter pour votre mère. »

À cet instant, la comtesse, soignée par les femmes autour d'elle, s'éveilla d'un bond.

Pourtant, Keimont ne lui lança qu'un bref regard.

Il était connu que la comtesse s'évanouissait facilement, mais en tant que fils, cela paraissait froid.

Cela dit, tout avait commencé avec Opale, et le bal était complètement interrompu. Comment réparer l'affront fait aux Croizel, les hôtes ?

Le plan était de dévoiler la vilenie de Keimont pour redorer, sinon l'honneur de Beth et des siennes, du moins obtenir la pension alimentaire des enfants.

Bien sûr, tout était ficelé dans la légalité, sans même avoir besoin de l'oncle magistrat à la cour.

Plus inquiétant, Claude allait-il bien après avoir frappé ? En le regardant, il lui renvoya un sourire en coin.

« Trop tard pour les regrets ! Il y a tant de témoins, tu ne pourras pas nier ! »

« C'est exact. Moi aussi je témoignerai ! C'est bien la preuve que tu es méchante. Vous avez insulté ma famille comtale et Jeb ! Il faudra aussi poursuivre la responsabilité de votre père, le comte Holloway ! »

La comtesse s'emportait encore plus que Keimont lui-même.

Mais le dernier mot fit réagir Opale.

« Mon père n'a rien à voir là-dedans ? »

« Si, tout à fait. Vous avez perdu votre mère jeune, alors j'ai tout supporté jusqu'ici, mais je n'en peux plus. Votre père, le comte Holloway, n'a pensé qu'à gagner de l'argent et a raté l'éducation de ses enfants. Votre frère a même abandonné l'université, m'a-t-on dit. Pathétique. En tout cas, les fautes des enfants retombent sur les parents. »

Pourquoi son frère était-il mêlé à cela ? Opale allait protester, mais la main de Claude, posée sur sa taille, se resserra, la retenant.

D'ordinaire, Claude la laissait libre. S'il l'arrêtait, c'était qu'il y avait une raison.

D'ailleurs, pourquoi Claude était-il là ? Opale le fixa, de nouveau intriguée.

Ce n'était sûrement pas seulement pour la raccompagner.

« Écoutez-vous un peu ? Vraiment, incapable d'écouter quelqu'un jusqu'au bout. »

« Opale écoute parfaitement. Bien sûr, moi aussi. Madame considère que les fautes des enfants incombent aux parents, n'est-ce pas ? »

« Exactement. »

« Alors, comment comptez-vous assumer la responsabilité des fautes de votre fils ? »

« Mon fils est une victime. Il est tombé dans le piège de femmes viles. »

La comtesse renifla avec dédain, et Keimont ricana à ses côtés.

Cette attitude, se cachant derrière la jupe de sa mère comme un gamin mal élevé, ne faisait pas son âge, la mi-trentaine.

« C'est un argument d'adolescent, mais pour un homme de plus de trente ans, c'est pitoyable. Et si cela s'est produit plusieurs fois, cela prouve un manque de mémoire et de discernement, en somme un imbécile incapable de se maîtriser. »

« Qu'est-ce que vous dites !? »

« Comment osez-vous !? »

Face à l'incrédulité d'Opale, c'est Claude qui répliqua froidement, provoquant l'ire de Keimont et de la comtesse.

Devant le couple en furie, Claude garda son calme et annonça posément :

« Monsieur Keimont, un mandat d'arrêt a été émis contre vous. »

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