Le lendemain du retour d'Opale et de Claude à la capitale.
Avant de retrouver Hubert, venu les voir sans attendre, Opale inspira profondément devant la porte du salon.
Claude serra une fois fortement la main d'Opale avant de la relâcher.
« Merci, Claude. »
« Non, moi aussi je suis tendu. »
« Toi aussi, Claude ? »
« Peut-être parce que je n'arrive toujours pas à croire à mon bonheur. Mais je suis devenu doué pour le bluff, alors regarde bien. »
Face à Opale surprise par cette réplique inattendue, Claude annonça la chose avec un air taquin avant d'ouvrir la porte.
Dans le salon se trouvait Hubert seul, qui se leva en apercevant Claude et Opale.
Hubert, qu'Opale retrouvait après environ un an, n'avait pas particulièrement changé, mais semblait un peu fatigué.
« Salut, ça fait longtemps. MacLeod. »
« Russell.…… Vous vous êtes vraiment marié, hein. »
Tout en serrant la main de Claude, Hubert dirigeait son regard vers Opale.
Claude lâcha prestement la main d'Hubert et passa son bras autour de la taille d'Opale pour l'attirer à ses côtés.
« Inutile de la présenter, je suppose, mais voici mon épouse, Opale. »
« Cela fait longtemps, Votre Excellence. »
« Ah, oui……. Les deux se sont-ils connus grâce à l'investissement dans Mantest ? »
À cette question, Opale hésita et jeta un coup d'œil à Claude.
Elle hésitait à révéler l'identité de Russell — le fait qu'il soit le troisième fils d'une famille de barons du royaume de Socius.
Cependant, ce geste parut provoquer un malentendu chez Hubert, dont l'expression devint menaçante.
« Depuis quand vous rencontriez-vous à deux ? »
« MacLeod, Opale et moi sommes amis d'enfance. »
« …… Amis d'enfance ? Vous deux ? »
Quand Claude répondit à la question, Hubert écarquilla les yeux comme s'il ne pouvait le croire.
Apparemment, les origines de Claude n'étaient pas encore connues dans son pays natal.
Opale jugea que Claude n'avait pas l'intention de le cacher particulièrement et commença à expliquer en détail.
« Claude est originaire du royaume de Socius. Le baronnal de la famille de Claude et le comté de mon père, les Holloway, sont limitrophes, et comme les manoirs étaient à une distance permettant des allers-retours immédiats, nous sommes devenus proches. »
« Russell…… non, Claude Fred…… »
Hubert marmonna le nom de Claude, comme s'il le comparait à l'annuaire de la noblesse du royaume de Socius dans sa tête.
Bien qu'il porte un titre, les parents de Claude ne participent pas chaque année à la saison mondaine de la capitale, donc il est peut-être peu connu de la jeune génération.
Pourtant, Hubert sembla se souvenir de quelque chose et fixa à nouveau Claude intensément.
« …… Comment un humain d'une famille de barons du royaume de Socius a-t-il pu devenir marquis du royaume de Taisei ? »
« Mon grand-père maternel était le précédent chef de la famille Russell. Et l'héritier est malheureusement décédé il y a huit ans lors d'une épidémie. Comme il y a eu pas mal de 혼란 à cause de la guerre civile, mon existence n'est pas très connue à l'étranger. »
« Mais alors, au moins il y a cinq ans, quand je suis venu demander votre soutien…… C'est pour ça que le comte Holloway vous a présenté ? Vous étiez en contact depuis tout ce temps ? »
Hubert, qui marmonnait avec amertume, eut un sursaut et interrogea Opale et Claude comme pour les acculer.
On aurait dit qu'il soupçonnait une infidélité passée, et Opale se braqua.
« Claude et moi ne nous sommes vus qu'une seule fois, quand je suis revenue dans le comté pour la première fois après mon mariage…… depuis ce jour, jusqu'à il y a à peine quelques mois, Claude n'a pas donné le moindre signe de vie. Et pourtant, il était en contact avec mon père, et qui plus est, il était le marquis Russell…… »
Tout en expliquant la situation à Hubert, Opale sentait sa colère monter progressivement contre Claude — et contre son père.
Aux moments cruciaux, Opale est toujours mise de côté.
« D'ailleurs, pour l'histoire du développement de Mantest qui a été l'occasion de connaître le marquis Russell, j'ai été tellement inquiète. »
« Je, je suis désolé……. »
« Ce n'est pas le genre de problème qui se règle par des excuses. Je suis encore en colère, vous savez. »
« Eh, euh, alors que dois-je faire……. »
Désarçonné par ce revirement soudain qui le mettait en cause, Hubert resta coi.
De Hubert, Opale déplaça son regard vers Claude pour le fusiller du regard.
« Et toi, Claude ! »
« Oui. »
« Pas "oui" ! »
« Oui. »
Le fait que Claude paraisse s'amuser quelque part devait venir de la nostalgie.
Opale n'était pas tant en colère que boudeuse.
Se rendant compte qu'elle redevenait terriblement puérile, Opale se hâta de retrouver son calme.
« J'ai beaucoup de choses à te dire, mais ce sera pour plus tard. En tout cas, maintenant, j'écoute ce que Votre Excellence a à nous dire. Votre lettre mentionnait une consultation au sujet de l'avenir de Stella, mais de quoi s'agit-il ? »
La lettre d'Hubert disait qu'il voulait consulter Opale, devenue une parfaite étrangère, au sujet de Stella.
D'ailleurs, Opale est détestée de Stella, et madame Northam n'apprécierait probablement pas qu'Opale s'immisce dans les affaires de Stella.
Pourquoi Hubert tenait-il tant à venir la voir pour la consulter, Opale ne le comprenait pas.
« En fait…… moi aussi, je dois bientôt assurer une descendance et me remarier. J'ai choisi une candidate parmi les partis envisageables, mais cette personne — Mademoiselle Marianne du comté de Rufon — a posé une condition pour le mariage. »
En entendant les paroles d'Hubert, Opale faillit laisser paraître une grimace qu'elle parvint à transformer en sourire.
Cela sonnait terriblement égoïste et intéressé, mais entre nobles, c'est inévitable.
L'autre partie acceptant peut-être la chose, d'où cette condition.
« Quelle est cette condition ? »
« De rompre tout lien avec Stella…… avec Stella, et de l'exiger par écrit. »
« — Cela signifie donc un contrat formel nécessitant une signature ? »
« Oui. »
Mademoiselle Marianne — ou plutôt sa mère, en réalité — semble effectivement aussi rusée que les rumeurs le disent.
Elle a dû entendre les rumeurs selon lesquelles Stella serait la maîtresse d'Hubert, et impose cette condition pour asseoir sa position et sa dignité d'épouse.
Le fait que les discussions sur les conditions du mariage avancent signifie que les fiançailles, même non officielles, sont déjà un fait public.
Si cela tournait au scandale ici, ce serait un petit scandale — mais un grand scandale pour la femme.
Et si la raison en est liée à Stella, même si les faits sont différents, cela reviendrait à reconnaître publiquement la relation entre les deux.
(Et moi, on me demande de faire quoi, au juste……)
Opale avala le soupir qui menaçait de s'échapper et jeta un coup d'œil à côté d'elle ; Claude lui renvoya un regard teinté d'une sympathie complexe.
Puisque Claude, qui est à ses côtés, l'encourage à faire comme elle l'entend, qu'elle fasse comme elle l'entend.
Opale conclut ainsi, exhalai légèrement, et reporta son regard sur Hubert, assis en face.
« En résumé, Votre Excellence doit choisir entre Mademoiselle Stella et Mademoiselle Marianne, c'est bien cela ? »
« C'est ça. »
Face à Hubert qui acquiesçait avec une certaine forme de soulagement, Opale afficha un sourire.
« Dans ce cas, me consulter ne vous servira à rien. Décidez par vous-même. »