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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 41

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Chapitre 41

Chapitre 41

Chapitre 41/9543%~7 min de lecture1 331 mots

Les domestiques avaient commencé à s'activer depuis un moment déjà.

Comme à son habitude, Opale se réveilla en ressentant un malaise indéfinissable.

Et avant même que son esprit ne soit totalement éveillé, elle faillit pousser un cri devant la scène qui s'offrait à ses yeux, parvenant tout juste à l'étouffer.

Surprise par le visage endormi de Claude tout près d'elle, Opale fut ensuite saisie par la honte.

Heureusement, Claude ne montrait aucun signe de se réveiller.

(Quelle f-frayeur...)

Pressant son cœur qui battait si fort qu'il semblait vouloir jaillir de sa poitrine, elle retint son souffle et fixa intensément le visage de Claude.

Bien qu'ils se connaissent depuis longtemps, c'était la première fois qu'elle l'observait d'aussi près.

(... Tiens ? Il a une légère blessure sur la joue, depuis quand ?)

Devant cette marque qui ressemblait à une entaille faite par une lame tranchante, Opale fronça les sourcils.

Si c'était une blessure datant de l'époque où ils étaient étudiants, elle aurait dû la connaître.

C'est alors qu'elle réalisa que cette blessure datait peut-être de la guerre civile.

Claude avait dit que ce n'était rien de grave, mais bien sûr, elle ne l'avait pas cru sur parole.

Même si elle ne pouvait pas encore lui en parler, tout en souhaitant qu'il lui raconte prochainement, Opale tendit la main vers cette blessure avant de s'arrêter.

Puisqu'il dormait si paisiblement, elle voulait qu'il se repose encore un peu.

C'est ce que pensa Opale, et après avoir contemplé un moment le visage endormi de Claude en savourant son bonheur, elle se glissa hors du lit en toute discrétion.

***

« Opale. »

Alors qu'elle terminait sa toilette matinale, buvait son thé et parcourait des documents, Opale se retourna à l'appel.

Depuis la porte de la chambre, Claude montrait son visage.

Opale se leva précipitamment et sourit pour masquer sa gêne.

« Bonjour, Claude. »

« ... Bonjour. »

Elle avait adressé un gai salut matinal, mais Claude parut maladroit.

Opale refoula l'inquiétude de commettre quelque erreur et décida de se comporter en épouse.

« Je fais apporter le petit-déjeuner dans la chambre ? Ou on va dans la salle à manger ? »

« ... La salle à manger. »

Claude répondit sèchement et referma la porte, mais Opale le suivit immédiatement.

S'il y avait un problème, elle voulait qu'il le lui dise. Elle pensait faire tout son possible pour le corriger.

« Claude. »

« Opale, quoi ? »

« "Quoi" pas "quoi" enfin... »

Quand Opale l'appela, Claude, qui s'apprêtait à retourner dans sa chambre, s'arrêta et lui adressa son sourire habituel.

Du coup, le moral d'Opale s'effondra.

Peut-être que l'air mécontent de Claude n'était qu'une impression.

Mais elle pensait qu'elle devait faire confiance à son intuition, elle ne voulait pas laisser un malentendu s'installer ni le forcer à patienter.

« Si j'ai... fait une erreur quelconque, je voudrais que tu me le dises. »

« Une erreur ? Opale ? »

« Oui. Enfin... ce qui s'est passé hier soir... ou est-ce que j'ai fait quelque chose de mal en tant qu'épouse ? »

« En tant qu'épouse... »

Claude répéta les mots d'Opale comme pour les avaler, marqua une pause, puis parut réaliser quelque chose.

« Pas du tout ! Non, non. Opale n'a rien fait de mal ! C'est mon problème à moi ! »

« Ton problème ? »

« Moi, je suis pas du matin. »

« Ah bon ? »

Opale fut surprise d'apprendre cela pour la première fois après tant d'années, mais les nobles sont nombreux à être difficiles le matin, donc elle ne crut pas que ce soit un problème.

C'est plutôt Opale qui se lève trop tôt.

C'est pourquoi elle attendit la suite des explications de Claude.

Mais il n'en dit pas plus.

« Euh... je ne vois pas en quoi c'est un problème. »

« Ah, oui. Donc mon problème c'est pas ça... Enfin, c'est que c'est gâché de dormir alors qu'Opale est à côté, ou que c'est pas classe... »

« Claude est toujours classe, tu sais ? Même maintenant, tu l'es beaucoup. »

« ... Merci. Bon, bah, je vais me changer pour devenir encore plus classe. »

« Oui, je t'attends dans la salle à manger. »

Après avoir raccompagné Claude avec un sourire et être revenue dans le salon, Opale s'affaissa sur place.

Et elle poussa un profond soupir, pressant sa poitrine qui battait la chamade.

(J'étais tendue... J'ai fait semblant d'être normale, non ? Rien n'était bizarre, non ? )

Même soulagée de savoir qu'elle n'avait pas fait d'erreur, elle faillit avoir un sourire bête aux mots de Claude.

Elle parvint tant bien que mal à garder son calme, mais son visage était brûlant.

Opale se leva en s'éventant d'une main, sonna la clochette et se tint devant le miroir pour arranger rapidement sa tenue.

« Madame, qu'y a-t-il ? »

« — Mon mari et moi prendrons le petit-déjeuner dans la salle à manger, pourriez-vous le transmettre et faire les préparatifs ? »

« Certainement. »

Appelée « Madame » par la servante qui était venue à la sonnette, Opale réprima un sentiment de chatouillis, et pour cacher sa gêne d'appeler Claude « mon mari », son ton devint un peu sec.

Pour compenser, elle lui adressa un sourire, et la servante partit soulagée.

Puisqu'elles n'étaient dans ce manoir que depuis deux jours, les domestiques observaient encore la nouvelle maîtresse de maison.

En tant qu'employeuse, elle devait marquer la distinction, mais elle voulait bâtir de bonnes relations avec le personnel.

Elle voulait à tout prix éviter de revivre ce qui s'était passé au duc de MacLeod.

(Parlant de ça, il faut que je règle aussi l'affaire du duc de MacLeod...)

Alors qu'elle se dirigeait vers la salle à manger, Opale se souvint de la lettre et soupira.

Elle pouvait ignorer Hubert, mais alors le mystère resterait entier et elle ruminerait indéfiniment.

Mais elle avait décidé de consulter Claude avant de décider d'accepter ou non le souhait d'Hubert.

C'est pourquoi, une fois Claude attablé pour le petit-déjeuner, Opale guetta le bon moment pour aborder le sujet.

« — MacLeod vient nous voir ? »

« C'est ça. J'aurais dû refuser plus tôt, ou renvoyer la lettre sans l'ouvrir, mais j'ai fait une bêtise... Il est probablement déjà sur le bateau. Mais on peut aussi choisir de ne pas le rencontrer... »

Quand elle lui apprit qu'une lettre d'Hubert était arrivée pour dire qu'il viendrait à sa rencontre, Claude fronça les sourcils, dubitatif.

Du coup, Opale se mit à donner des explications qui sonnaient comme des excuses.

Sentant sans doute la tension d'Opale, Claude détendit son expression.

« Et toi, Opale, qu'est-ce que tu veux faire ? »

« Moi ? Moi... honnêtement, j'ai envie de savoir ce qu'il a dans la tête. »

« C'est vrai. »

À la question de Claude sur un ton doux, les épaules d'Opale se relâchèrent.

Et quand elle répondit franchement, Claude sourit avec encouragement et acquiesça.

« Si on ne le voit pas, on se demandera éternellement ce que c'était. Donc je pense qu'on devrait le voir. Mais dans deux jours, quand on sera de retour à la capitale, et je veux être présent. »

« Bien sûr. Merci, Claude. C'est rassurant que tu sois là. »

Quand Opale sourit soulagée, Claude afficha un sourire taquin.

« Pour dire la vérité, moi aussi ça m'intrigue. C'est pure curiosité. Sinon, de jalousie, j'aurais enfermé Opale dans le grenier pour ne 절대 pas la laisser rencontrer MacLeod. »

« ... Mais dans ce cas, je m'évaderais. Quoi qu'il faille faire. »

« Je le sais. C'est pour ça que je t'aime. Opale, qui est têtue, qui déteste perdre, qui haït l'injustice. »

« C-c'est pas comme si j'étais contente ! C'est pas un compliment ! »

Devant cet aveu inattendu, Opale rougit et se détourna en boudeant.

Sur quoi Claude éclata de rire, et Opale, ne pouvant plus tenir, finit par rire avec lui.

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