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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 31

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Chapitre 31

Chapitre 31

Chapitre 31/9533%~8 min de lecture1 437 mots

Le lendemain.

Depuis le manoir du marquis Russell, on parvint au château royal en voiture sans y passer trop de temps.

Bien sûr, Opale s'était rendu compte dès son arrivée au manoir que le château était proche, mais ce qui la surprit, c'est que l'attelage avança jusqu'au perron principal sans s'arrêter une seule fois.

De cela seul, on pouvait deviner la position de Claude à l'intérieur du château.

« Dis, même si c'est tard, quel poste occupe Claude au château royal ? »

« Ah, c'est vrai. Je ne t'avais pas encore expliqué, mais je suis secrétaire. »

« Ça ne serait pas, par hasard, le poste de secrétaire particulier du roi ? »

« J'ai proposé ma démission puisque je devais quitter le côté de Sa Majesté, mais on l'a mise en attente, donc je pense que je vais finir par être réintégré. »

« Les gens de la haute société de ce pays sont-ils tous des idiots ? Refuser d'accepter le secrétaire particulier du roi… »

« En surface, ils sont très bienveillants. Ils en viennent même à me flatter. Mais dans le dos, ils disent ce qu'ils veulent. Alors Opale aussi… si on te parle de coutumes de ce pays que tu ne connais pas, ignore-les. Ce sont de nouvelles coutumes créées pour exclure les étrangers. »

« Si c'est comme ça, laisse-moi faire. »

Quand Opale répondit en bombant le torse, Claude rit avec amusement.

Ce sourire donna du courage à Opale.

(Voilà. Il y a beaucoup de femmes qui semblent faibles — qui paraissent faibles — mais malgré tout, Claude m'a choisie.)

La force de caractère d'Opale n'avait pas changé depuis son enfance.

Puisqu'il lui avait dit qu'il l'aimait et l'avait demandée en mariage, elle n'avait qu'à faire confiance à Claude.

En y pensant, l'anxiété d'Opale s'évanouit.

« Alors, avant d'aller au combat, je veux savoir : dis-moi qui Claude ne veut pas avoir comme ennemi. »

« Ah, c'est simple. La seule personne que je ne veux pas avoir comme ennemie, c'est Opale. »

« Claude… Je te pose la question sérieusement. »

« Oui. C'est pour ça que je réponds sérieusement. »

Opale lança un regard noir à Claude qui plaisantait.

Mais Claude continua de sourire.

Finalement, Opale réprima un fou rire qui montait plus fort que sa colère, et reprit sur un ton sérieux.

« Mais tout de même, on ne peut pas faire du roi un ennemi, non ? »

« C'est l'inverse, Opale. C'est Sa Majesté qui ne veut pas faire de moi son ennemi. »

« … C'est une déclaration bien arrogante. Si quelqu'un t'entend, ce sera un crime de lèse-majesté. »

« Sa Majesté en rirait et dirait que c'est exact. »

Opale fixa le visage de Claude qui gardait son sourire, et poussa un grand soupir.

Il détournait la conversation par une blague, mais il y avait sûrement quelque chose.

Pendant ces huit ans, Opal croyait avoir grandi en surmontant des épreuves, mais Claude avait dû en faire bien plus.

Peut-être y avait-il même eu des situations de vie ou de mort, simplement qu'il ne le disait pas.

En y songeant, Opale ressentit à nouveau de l'inquiétude.

Ce mariage était-il vraiment le bon ?

N'y avait-il pas, dans ce pays, une femme plus capable de devenir l'appui de Claude ?

À cette pensée, Opale eut un sursaut.

Elle venait à peine de retrouver confiance, pourquoi redevenait-elle faible ?

Si Claude avait besoin d'un appui, elle n'avait qu'à le devenir.

Opale était encore une nouvelle venue dans ce pays, mais elle possédait connaissances, expérience et fortune.

Elle n'était plus la gamine qui boude dans son grenier à cause de sa situation.

Son instabilité émotionnelle venait de la tension, n'importe qui serait bouleversé à l'idée d'être reçu par le roi de ce pays.

« … Claude »

« Oui, ça va ? »

« Je suis tendue, mais ça va. Juste… tu risques de regretter de m'avoir choisie. »

« Pas du tout. »

« Alors, je vais te faire regretter. Tu te diras : "Pourquoi ai-je pris une épouse aussi obstinée ?" »

« Ça, j'ai hâte de voir. »

Devant Claude qui éclata de rire, les passants se retournèrent, surpris.

Ils les regardaient déjà beaucoup, mais maintenant ils ne se gênaient plus pour les dévisager.

Mais Opale, même si elle s'était retirée à la campagne un moment, était habituée aux regards, alors cela ne la dérangeait pas.

Même s'ils étaient hostiles, peu importait.

Et Claude non plus ne semblait pas s'en soucier, il marchait la tête haute.

De plus, Naja, la servante qui les accompagnait, ne montrait aucune crainte et suivait à quelques pas en regardant autour d'elle avec curiosité.

« Merci de m'accompagner, Naja. »

« C'est moi qui devrais vous remercier, Mademoiselle ! M'emmener dans un endroit aussi merveilleux ! »

Opale sourit à Naja qui gardait son rythme habituel, puis se tourna vers l'avant.

Ces dernières années, Naja avait travaillé comme apprentie servante dans une certaine famille marquise grâce aux relations du père d'Opale, le comte Holloway.

Elle l'avait fait pour devenir une servante digne de ce nom et pouvoir rester auprès d'Opale, qui n'avait aucun allié dans la famille ducale Maclaud.

Apprenant cela par Marcia, la gouvernante de la maison Holloway, Opale en avait été touchée et lui avait demandé de l'accompagner pour son entrée dans sa nouvelle famille.

Il y avait peut-être beaucoup d'ennemis d'Opale dans ce pays.

Mais elle avait deux puissants alliés juste à ses côtés.

Ayant 완전히 retrouvé confiance, Opale adressa un sourire aux gens qui la regardaient comme une curiosité.

« Opale, arrête de répandre ton charme comme ça. Je vais devenir fou de jalousie. »

« Tu ne me fais pas confiance ? »

« Ce n'est pas un problème d'Opale, c'est le mien. Je fais confiance à Opale, mais je ne peux pas contrôler le cœur des hommes qui tombent sous son charme ? Mais je ne supporte pas qu'Opale existe dans le cœur d'un autre homme. »

« Je suis bien d'accord. Moi non plus, je ne supporte pas que Claude existe dans le cœur d'une autre femme. »

« Moi, je suis jalouse de vous deux ! »

Naja coupa sans hésiter cet échange qui n'était que pure flatterie mutuelle.

C'était impoli pour une servante, mais Opale et Claude rirent sans s'en offusquer.

Juste à ce moment, ils semblaient être arrivés à la pièce prévue. Claude s'arrêta, frappa à la porte et l'ouvrit sans attendre de réponse.

« Sa Majesté a dû être informée de notre arrivée, on sera appelés sous peu. En attendant, reposons-nous ici. »

Après avoir jeté un rapide coup d'œil à l'intérieur, Claude invita Opale à entrer, puis fit signe à Naja qui entra à son tour avec réserve, et referma la porte.

Puis, il sonna.

Aussitôt, une jeune fille en uniforme de servante du château apparut, et Claude lui demanda de préparer du thé.

Le fait qu'il ne l'ait pas formulé en ordre était si typique de Claude qu'Opale en fut heureuse.

Quelle que soit sa position, Claude ne changeait pas.

« Qu'y a-t-il ? »

« Non, rien. »

« Vraiment ? »

Devant Opale qui souriait, Claude parut intrigué et demanda.

Elle ne sentait pas pouvoir bien expliquer cette chaleur, alors Opale répondit vaguement, et Claude n'insista pas.

À ce moment, un coup retentit, et quand Claude répondit, une voix d'homme se fit entendre.

Apparemment un ami. Claude ouvrit immédiatement la porte et l'invita à entrer.

« Opale, désolé pour l'improvisation, mais je te présente mon ami. C'est Erik Bapot, baron de Pradeau. Erik, voici ma fiancée, qui sera bientôt mon épouse, Opale. Enfin, je t'en ai tellement parlé que les présentations sont inutiles, non ? »

« Ah, ouais. J'en ai entendu parler jusqu'à l'écœurement. »

Quand Opale se leva pour accueillir l'homme, Claude fit les présentations.

L'homme — Erik — semblait très familier avec Claude, mais Opale le sentit instinctivement.

Il lui était hostile.

« Enchantée, baron de Pradeau. Je m'appelle Opale Holloway. »

« Pas Maclaud ? »

« Erik ! »

« C'est une blague, Claude. Enchantée, mademoiselle Holloway. Claude a reçu les faveurs de tant de jeunes et belles demoiselles, mais en vous rencontrant, je comprends pourquoi il vous a choisie. Vous êtes très belle. »

« — Merci. »

L'intuition d'Opale était juste, Erik était désagréable jusqu'au bout.

Claude s'en rendit compte aussitôt, mais Opale lui montra qu'elle allait bien en souriant, et il se retint.

Elle ne supportait pas l'idée de se laisser simplement protéger par Claude.

Ayant deviné la détermination d'Opale, Claude poussa un soupir résigné.

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