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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 30

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Chapitre 30

Chapitre 30

Chapitre 30/9532%~9 min de lecture1 763 mots

Trois jours s'étaient écoulés depuis leur arrivée au manoir de Claude, dans la capitale du royaume de Taisei.

Opale et la famille de Claude avaient enfin retrouvé leur quiétude, et Opale profitait d'un thé de l'après-midi en compagnie de Claude.

Le mariage étant prévu dans quelques jours, il leur était permis de passer du temps tous les deux dans le manoir.

Avec Claude, la conversation ne tarissait jamais, mais un silence inattendu s'installa soudain, puis Claude l'appela d'une voix basse.

« Opale. »

« Qu'y a-t-il, Claude ? »

Sachant que Claude profitait de ce genre de moment pour aborder des sujets importants, Opale posa sa tasse sur la table.

Claude reprit alors, visiblement embarrassé.

« Je sais que c'est lâche de ma part de le dire maintenant, après avoir obtenu ta réponse à ma demande en mariage et t'avoir amenée dans ce pays... »

« — Est-ce que par hasard, il y a une possibilité que je croise une ancienne maîtresse ou une ex-petite amie à l'avenir ? »

« Pas du tout ! Je ne ferais jamais une chose aussi malhonnête ! »

« Alors quel est le problème ? »

Opale demanda en souriant, mais ressentit un soulagement intérieur.

Elle qui s'était mariée il y a environ un an, elle ne tenait absolument pas à croiser les femmes du passé de Claude.

Comparé à cela, n'importe quoi d'autre était supportable. — Enfin, s'il lui disait « finalement je ne peux pas me marier », elle en serait probablement désespérée.

« En fait... mais pourquoi tu penses directement à des ex-petites amies ou des maîtresses... ? Tu ne penses pas qu'il pourrait y en avoir une actuelle ? »

« S'il y en avait une actuelle, tu ne m'aurais jamais demandé en mariage. Au fait, je ne m'inquiète pas non plus pour l'infidélité. »

« ... Ça me fait plaisir que tu me fasses confiance. »

« Bien sûr. Parce que si Claude trompe, ce sera par amour véritable, pas par simple aventure. Dans ce cas, tu me le dirais franchement. Même si tu tombes amoureux de quelqu'un d'autre. »

« Quand tu dis ce genre de choses en riant, je ne sais pas si je dois être content ou triste. »

« Ah, je ne l'ai pas dit pour te charger, mais pour être honnête, si ça arrivait, je serais désespérée. C'est pour ça que je continue à faire des efforts pour ne pas me faire abandonner par Claude. Mais peut-être que cet entêtement n'est pas très mignon. »

Opale considérait sa force de caractère comme un atout, mais elle enviait parfois les femmes fragiles.

Sa phrase s'étant terminée sur un soupir mêlé de plainte, Claude la regarda avec surprise.

« Ai-je dit quelque chose d'aussi bizarre ? »

« Non... Je n'imaginais pas qu'Opale pensait ça d'elle-même — qu'elle se trouvait pas mignonne. »

« Hein ? Normalement, on ne se trouve pas mignon soi-même, non ? »

« Pas forcément. Je crois que c'est assez fréquent chez les femmes. »

« Alors c'est pareil pour les hommes. Mais ce sont des gens avec beaucoup d'autosatisfaction, et on ne les appelle pas "normaux". »

« Tu es toujours aussi sévère. »

Opale répondit le nez en l'air, puis regretta d'avoir encore une fois manqué de grâce.

Mais c'était aussi parce qu'elle avait compris que Claude avait apparemment eu plusieurs relations avec des femmes.

En y réfléchissant, elle ne connaissait pas bien le Claude depuis son entrée à l'internat.

Et pendant les huit années où ils ne s'étaient pas vus — elle ignorait presque tout de ce qu'il avait fait dans ce pays, ne connaissant que des rumeurs.

« ... Dis-moi pas que tu as un empêchement qui t'empêche de te marier ? »

« Pas du tout ! Même s'il y en avait un, j'épouserais Opale. Je refuse de me laisser manipuler par des trucs incompréhensibles. »

« Ah bon... Alors, c'est quoi ? »

Jusqu'ici, elle aurait dû dire ne serait-ce qu'un mot de joie, mais elle était trop gênée maintenant pour le dire.

Pourtant, ça ne l'avait jamais dérangée avant. Elle qui se souciait maintenant de paraître mignonne aux yeux de Claude, elle n'avait pas l'habitude d'elle-même.

En le regardant simplement, elle avait l'impression qu'il voyait tout en elle.

Ce qui la frustrait encore plus et la poussait à faire la forte tête, un vrai cercle vicieux.

« En fait, c'est à propos de moi, mais je ne suis pas vraiment accepté dans la haute société de ce royaume de Taisei. »

« Ah, quelle coïncidence. Moi non plus, dans mon pays natal, le royaume de Sociyu. »

« C'est pas une raison pour rire. »

« Mais tu ris, Claude. »

La confidence de Claude tomba à plat pour Opale.

Elle lui renvoya son sentiment tel quel, et Claude se plaignit en riant.

« C'est pas ma faute. C'est Opale qui me fait rire. Opale reste Opale, quoi. »

« Évidemment. Donc, alors que tu es marquis, et qui plus est sur le point d'être élevé au rang de duc, ne pas être accepté, c'est bizarre. Il me semble que le comte Russell, il y a trois générations, a épousé une demoiselle de la famille ducale Botzeri ? D'un point de vue lignée, ce n'est pas anormal que Claude hérite de l'ancien territoire ducal de Botzeri, non ? »

« En effet, la famille Russell est une lignée respectable, et il y a des liens de parenté avec la famille ducale Botzeri. Mais certains se moquent de mes origines. Ils disent que je suis un étranger. Bien sûr, personne ne me le dit en face, et tout le monde est poli sur le moment, mais dans l'ombre, on dit plein de choses. »

« Quelle coïncidence. Moi aussi, on dit plein de choses sur mon compte dans l'ombre. »

Quand Opale répondit de la même manière qu'avant, Claude éclata de rire cette fois.

Opale le fixa avec une feinte sévérité, mais finit par rire elle aussi.

Une fois qu'ils eurent bien ri et retrouvèrent leur calme, Claude parut ravi.

« Au fond, je n'ai que Opale. »

« Q-Quoi... Dire ça ne fera rien sortir. »

« Mais tu vas quand même m'épouser, hein ? »

« C'est évident. C'est une promesse. »

« Même si tu risques d'avoir du mal dans la haute société ? »

« Je n'aurai pas de mal. Il n'y a rien dont Claude doive avoir honte. Au contraire, tu es un héros. C'est une fierté. »

« ... Merci, Opale. »

Claude la remercia avec un doux sourire, si beau qu'Opale détourna involontairement le visage.

Pourtant, des mots lui échappèrent pour cacher son embarras.

« Ce pays a un réseau ferroviaire développé et une technologie de pointe, mais les mentalités sont très archaïques. C'est inattendu. »

« Ce sont les gens de la haute société — les soi-disant aristocrates — qui ont des idées vieillottes. Ils supportent pas que des roturiers aux idées nouvelles s'enrichissent de plus en plus. À l'origine, la guerre civile d'il y a huit ans a été ourdie par des nobles conservateurs, menés par la famille ducale Botzeri, qui n'approuvaient pas la volonté de Sa Majesté de créer un pays où tout le monde vivrait bien. Maintenant, ce sont les réformateurs comme moi qui occupent des postes importants, mais parmi ceux qui ont fait le dos rond — les modérés — beaucoup sont en réalité conservateurs. Le fait qu'on m'appelle héros, c'est juste pour faire plaisir au peuple. Un symbole de justice facile à comprendre, ça aide à manipuler l'opinion, non ? »

« ... À t'entendre, on dirait qu'on t'utilise, mais ça te va ? »

« Je trouvais que ça m'allait. Mais si Opale n'aime pas, je me retire sur mes terres et je me consacre à la gestion de mon domaine. »

Il le dit sur le ton de la plaisanterie, mais Opale comprit qu'il était sérieux.

Même s'il n'avait pas l'intention d'abandonner le peuple, les luttes de pouvoir au palais royal lui étaient indifférentes.

Pourtant, pour réaliser ses vrais idéaux, le pouvoir est nécessaire.

Claude le sait pertinemment, et pourtant il tient compte des sentiments d'Opale.

Alors, Opale aussi veut répondre à ce sentiment.

« Claude, ce que je déteste le plus au monde, c'est fuir. La retraite stratégique, c'est parfois nécessaire, mais fuir sans même se battre, non. Alors je me battrai. Avec toi. »

« ... »

« ... Claude ? »

Elle se dit que c'était peut-être un peu niais, mais elle avait voulu transmettre ses vrais sentiments. Pourtant, Claude garda le silence.

Honteuse, elle l'appela, et Claude parut revenir à lui en sursaut.

« Hein ? Ah, oui, désolé. C'est juste qu'Opale était trop cool, j'étais fasciné. »

« ... Tu te moques de moi ? »

« C'est sérieux. Juste un peu... non, énormément soulagé. »

Le visage de Claude, qui exhalait un long souffle, exprimait un soulagement sincère.

Opale s'inquiétait que son passé de divorcée n'entache la réputation de Claude, mais lui ne s'inquiétait que pour elle.

C'est pour ça qu'elle s'était résolue à se battre pour lui, mais la confidence suivante de Claude la fit reculer.

« Alors, c'est bête à dire, mais tu veux bien te battre avec moi demain ? »

« Demain ? »

« En fait, demain, on doit monter au palais royal pour annoncer notre mariage. Alors, on ira faire le rapport à Sa Majesté ensemble. »

« Ah, demain, Sa Majesté... Pourquoi tu ne me l'as pas dit avant !? »

« Si je te l'avais dit avant, tu aurais forcément accepté de venir. Mais je voulais pas te forcer. Sa Majesté ne s'attache pas aux détails, donc même si Opale ne se montre pas en public, il s'en offusquera pas. Tu n'auras pas à subir les fastidieuses obligations mondaines. »

Claude prend décidément soin d'elle.

C'est vrai que la haute société est pénible et qu'Opale la déteste, mais pour Claude, elle est prête à tous les efforts.

Mais elle ne veut pas que ce sentiment devienne un fardeau pour lui. Elle reprit donc son air pincé et déclara nettement.

« Je prends ça comme un défi à mon encontre. Une fois mariée à Claude, je transformerai ces fastidieuses obligations mondaines en divertissement. Et je montrerai que je tiens la haute société de Taisei dans le creux de ma main. »

« Tu es vraiment Opale. C'est rassurant. »

Face à cette déclaration typiquement intrépide, Claude écarquilla un instant les yeux, puis rit.

Ainsi s'ouvrait le nouveau combat d'Opale.

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