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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 29

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Chapitre 29

Chapitre 29

Chapitre 29/9531%~12 min de lecture2 303 mots

«Cela veut dire… avec la famille de Claude ? »

Surprise par les mots de Claude, Opale s'extirpa vivement de ses bras.

Puis elle le fixa intensément avant de l'interroger.

Claude, lui, esquissa un sourire amer et secoua la tête.

« Pas tout à fait. Je veux dire que je veux t'épouser. »

Opale crut avoir mal entendu et porta machinalement la main à son oreille.

Ce qui ne lui apprit évidemment rien.

Tandis qu'il observait Opale visiblement décontenancée, Claude enfonça le clou.

« J'aime Opale. Depuis très longtemps. Mais je me sentais trop indigne, et je n'avais même pas l'intention de me déclarer. Pourtant, j'ai déjà demandé deux fois au comte la main d'Opale. »

« C'est… »

« Tu l'as appris du comte, non ? »

« Oui… tout récemment… »

« Récemment, hein… C'est pathétique de ma part… »

Face à la déclaration de Claude, Opale eut le cœur si plein qu'elle ne sut que répondre.

Quand elle l'avait appris de son père, elle avait bien sûr été heureuse, mais le regret envers sa propre sottise et la crainte que ce ne soit par pitié l'avaient empêchée de s'en réjouir franchement.

Pourtant, à présent, Claude lui disait qu'il l'aimait.

C'était une joie. Et cela suffisait.

« À l'époque, je croyais avoir suivi la bonne procédure. Mais j'ai réalisé que je manquais simplement du courage de te le dire en face. Alors cette fois, je le dis proprement, directement. Autant de fois qu'il le faudra. Opale, épouse-moi. »

« … C'est… impossible. »

« Toujours trop culotté de ma part, hein ? »

« Pas du tout. Mais… »

« Mais quoi ? Parce qu'on est amis ? »

La demande en mariage de Claude était d'une joie incroyable.

Une force venue du plus profond d'elle-même lui donnait l'impression de pouvoir sauter de ce gros rocher.

Pourtant, Opale baissa les yeux, mobilisa toute sa raison pour refuser, mais Claude ne recula pas.

« Je te déplais ? »

« Absolument pas ! »

« Alors, tu m'aimes ? »

« … Claude, nous ne sommes plus des enfants pour avoir ce genre d'échange – !! »

La tentative de persuasion d'Opale fut brutalement interrompue par un baiser de Claude.

Leur premier baiser était d'une douceur telle qu'Opale se demanda si c'était ça, un vrai baiser, avant de reprendre ses esprits.

« Claude ! »

« C'était désagréable ? »

« – ! N-non, c'est juste que la vue est superbe d'ici ! »

« Je sais. C'est un repère pratique, on le voit de partout. »

« C'est pas le problème ! Si quelqu'un nous voyait ! »

« Quoi, tu te soucis de ta réputation ? »

« Je n'ai pas de réputation à soigner, moi. Mais toi, tu vas devoir te marier désormais… »

Même face aux protestations d'Opale, Claude ne semblait pas le moins du monde préoccupé.

Un mélange de colère et de tristesse fit peu à peu retomber l'énergie d'Opale, que Claude serra à nouveau dans ses bras.

« Puisque c'est toi que j'épouse, tout le monde fermera les yeux sur ce genre de choses. »

« … Hé, tu m'as écoutée ? »

« Parfaitement. Opale déteste mentir depuis toujours, et quand elle doit mentir, elle détourne le regard et change de sujet. Donc, Opale m'aime et veut m'épouser, c'est ça ? »

Prise au mot, Opale repoussa Claude et s'enfuit sur-le-champ.

Mais le sommet du rocher était instable, et au moment où elle sauta sur un rocher un peu plus grand qui servait de marchepied, Claude la rattrapa.

« Arrête les bêtises, Opale. Toi comme moi, on a plus l'endurance d'avant. Tu l'as dit toi-même. »

« C'est vrai. C'est pour ça que… c'est impossible. »

« Quoi ? »

Ils n'étaient pas aussi essoufflés qu'à la montée, mais tous deux avaient le souffle un peu court.

Seul le cœur d'Opale battait la chamade, bien plus qu'à l'instant d'avant, parce que Claude la serrait encore plus fort.

Elle aurait voulu être libérée de cette torture, mais Claude n'avait pas l'air prêt à la laisser partir.

« Claude, tu es devenu marquis… il te faut un héritier, non ? Mais moi, j'aurai bientôt vingt-sept ans, et des enfants… »

« Ce dont j'ai besoin, c'est d'Opale, pas d'un héritier. Ce que je veux, c'est Opale, pas un héritier. Tu as compris ? »

« Le problème n'est pas là. »

« Si, c'est exactement ça. Tu es toujours aussi têtue. Allez, dis que tu m'épouses. »

« Je ne le dirai pas. »

Ce qui ne la gênait pas avec Hubert devenait une préoccupation majeure avec Claude.

Au fond d'elle, elle aurait voulu avoir l'enfant de l'homme qu'elle aimait – l'enfant de Claude.

Mais son âge lui faisait peur.

Pourtant, Claude ne reculait pas.

« Bon. Alors je n'ai qu'à renoncer au titre de marquis, c'est ça ? »

« Absolument pas ! Si tu fais ça, tante… ta famille en pensera quoi ! Et toi, tu deviendras sûrement un excellent seigneur, tes sujets seraient en difficulté ! »

« Mais si Opale ne m'épouse pas, c'est moi qui suis en difficulté. »

Face à l'absurdité de Claude, la colère d'Opale n'avait aucune prise.

Claude était tout aussi obstiné, mais ne semblait pas s'en rendre compte.

« Écoute, j'ai moi aussi, modestement, un domaine à gérer. J'ai même commencé à élever un chien, et j'ai plein d'autres choses à faire… »

« Alors j'habiterai ici avec Opale, et je rentrerai là-bas de temps en temps. »

« Dans ce cas, c'est moi qui devrais rentrer là-bas de temps en temps, non ? »

« D'accord, c'est décidé comme ça. »

Impossible de faire entendre raison à Claude.

Pire, à force d'essayer de le convaincre, Opale en vint à mordre à l'hameau d'une solution trop facile, et l'affaire fut réglée.

« Un peu, Claude. Je n'ai pas encore dit que je t'épousais. »

« Mais tu le feras, non ? Alors regarde-moi, Opale. »

Cette fois, impossible de fuir, toujours solidement enlacée.

Acculée, Opale finit par lever les yeux, résignée.

Claude plissa le coin des yeux – une ride qui n'existait pas autrefois – et sourit avec bonheur.

Vexée, Opale dévoila son atout secret.

« Le chien que j'ai adopté, je l'ai appelé Claude. »

« … Changement de nom ? »

« Pas question. C'est encore un garnement en plein dressage, mais il a déjà appris son nom. C'est vrai que les moins doués sont les plus mignons. »

« … J'accepte. »

Voyant Claude soupirer comme résigné, Opale rit.

Claude fit alors une grimace exagérée, serra à nouveau Opale contre lui et l'embrassa.

Et Opale comprit que celui-ci, c'était le vrai baiser.

Claude avait dû se retenir tout à l'heure, dans cet endroit à la vue trop imprenable.

* * *

Opale, accompagnée de Naja, s'enthousiasma pour son premier voyage en mer, puis resta simplement bouche bée face à la prospérité du royaume de Taisei, ce pays étranger où elle posait le pied pour la première fois.

Du port à la capitale, le trajet se faisait en train de voyageurs.

C'était déjà une nation puissante auparavant, mais on aurait peine à croire qu'il y a huit ans, elle était dévastée par une épidémie et une guerre civile, tant le royaume s'était développé.

Elle croyait connaître la puissance technologique de ce pays grâce au Manatest, mais elle avait visiblement sous-estimé.

On comprend dès lors que la haute société ait été en émoi quand les fiançailles d'Opale avec le marquis Russell de Taisei furent annoncées.

Depuis l'annonce, de nombreuses invitations affluaient de nouveau chez Opale, qui menait enfin une vie tranquille.

Mais toutes transpiraient l'arrière-pensée de se rapprocher du marquis Russell, si bien qu'Opale et Claude, riant ensemble, répondirent par un refus à chacune.

Apparemment, personne n'avait encore réalisé que Claude, troisième fils de baron, était le marquis Russell lui-même : pas une seule invitation ne lui était adressée.

Il en allait de même pour Hubert ; on raconte qu'il demanda plusieurs fois à son père quand ceux deux étaient devenus si proches.

Mais son père ne daigna jamais répondre, se contentant de l'avertir que les affaires personnelles d'Opale ne le concernaient plus et qu'il ferait mieux de penser à lui et à sa future famille.

Depuis, Hubert serait complètement abattu, et certains dans le monde ouvrent des paris sordides, mais Opale et Claude avaient décidé de les ignorer.

(Je n'ai pas trop envie, mais il faudra bien que je montre mon visage dans la haute société de ce pays, et j'aurai l'occasion de revoir le duc. L'identité du marquis Russell finira bien par se savoir…)

Opale était investisseuse du Manatest, et son lien avec Hubert n'était pas rompu.

De plus, venant de fonder une association pour les femmes, elle devrait de toute façon fréquenter les salons pour collecter des dons.

Elle se dit qu'elle aurait alors l'occasion d'avoir les conversations nécessaires, juste au moment où le train arrivait en gare.

Une fois descendus, Opale et les siens se séparèrent du couple baronnal pour monter dans les trois voitures du marquis que Claude avait préparées.

Claude prit place dans la même voiture qu'Opale, Naja et le chien Claude, direction l'hôtel du marquis Russell dans la capitale.

Dès que la voiture s'ébranla, Opale et Naja ne firent qu'admirer le paysage urbain par les fenêtres.

Le chien Claude, enfermé en cage sur le bateau et dans le train, s'étala tout son soûl sur le siège etposa son menton sur les genoux de Claude.

L'humain Claude garda un silence à l'humeur subtile, mais se rappela soudain ce qu'il devait dire avant le mariage et rompit le silence.

« Au fait, j'ai oublié de le dire : pour ce retour, j'ai dit à Sa Majesté que je ne reviendrais pas dans ce pays tant que mon ami d'enfance n'aurait pas accepté de m'épouser. »

À cette confession soudaine, Opale, surprise, ramena son attention à l'intérieur de la voiture.

Naja, par discrétion ou par désintérêt, continuait de regarder par la fenêtre.

« … Et tante, elle comptait faire quoi ? »

« Ce sont tous des adultes, ils peuvent se débrouiller si on leur laisse les moyens. Surtout, cette fois, je comptais bien te courtiser patiemment, sans me retenir. J'ai longuement réfléchi à comment sortir du statut d'ami d'enfance. Au pire, si ça ne marchait vraiment pas, j'avais même prévu de t'enlever pour t'amener ici et te courtiser encore. »

« Claude … l'enlèvement est un crime grave. »

« C'est bon. Sa Majesté l'a dit lui-même : « Dans ce cas, enlève ton ami d'enfance et ramène-le ». »

« … J'avais entendu dire que le roi de Taisei était un homme remarquable, mais… »

« Il l'est. Bon, passons au sujet principal. »

« Il y en a encore ? »

« Rien de grave. Sa Majesté a mis comme condition à mon départ que, à mon retour, il m'accorderait le titre de duc. J'ai refusé, mais à cause du scandale précédent, il y a des titres vacants. »

« "Vacants" n'est pas le problème… Du coup, tu deviens duc ? »

« Dans ce pays, oui. Donc Opale redevient duchesse. Le domaine s'agrandit encore, mais ça m'arrangerait qu'on le gère ensemble. »

« C'est… bien sûr, je ferai de mon mieux, mais… j'ai peur. »

« Pas de souci. À deux, on y arrivera. Et Opale est douée pour la gestion, je suis un veinard. »

« … Devenir duc, avec plus de terres… c'est quand même une sacrée affaire… »

Pendant qu'Opale restait stupéfaite par ces nouvelles, la voiture atteignit l'hôtel du marquis Russell.

Opale descendit en s'appuyant sur la main de Claude. La baronne, arrivée plus tôt, retrouvait avec émotion le majordome et les domestiques qu'elle connaissait.

Jugant que la famille était en de bonnes mains avec sa mère, Claude se mit à expliquer les lieux en marchant aux côtés d'Opale, qui levait les yeux vers le bâtiment.

Le chien Claude, lui, montait et descendait l'escalier en gambadant.

« C'est la résidence de la capitale que les Russell possèdent depuis l'époque où ils étaient comtes. La moitié du personnel n'a pas changé. Mais, désolé pour ma mère, c'était un peu inconfortable, alors je l'ai fait rénover au goût du jour. »

« … Il est… magnifique. »

« Ça me fait plaisir. Mais en y vivant, tu changeras peut-être d'avis. Dis-le-moi quand tu veux, je referai les travaux. »

Tandis qu'Opale contemplait l'hôtel du marquis Russell, l'image du palais ducal Macloud, vu le jour de leur rupture, lui traversa l'esprit.

C'est pourquoi sa réponse resta vague, mais les mots suivants de Claude la ramenèrent au présent.

« Il n'y aura pas de plainte. Et… les combles aussi ont l'air agréables à vivre. »

« Ah. Même s'il s'agit de combles, une pièce est plus agréable avec de grandes fenêtres, non ? »

« C'est sûr. Absolument. »

Opale répondit avec assurance et adressa à Claude un sourire radieux.

Voyant ce visage, Claude leva un sourcil, interrogatif.

Comme il connaissait bien Opale, il sentit qu'il y avait un sens caché.

« Je me disais qu'il pourrait être amusant de s'enfermer dans les combles de temps en temps. »

« Alors moi aussi, je m'y enfermerai avec toi. »

Sans s'étonner de la réplique d'Opale, Claude ricana et répondit.

Cette réponse si typique de lui fit éclater de rire Opale.

C'est vrai : avec Claude, quoi qu'il arrive, elles pourront sûrement tout traverser ensemble en riant.

Les souvenirs – son entêtement à vivre dans les combles – elle les lui raconterait plus tard.

Claude en rira encore, c'est certain.

Alors, il suffit d'avancer, tournée vers l'avenir.

Opale, le sourire aux lèvres aux côtés de Claude, gravit marche après marche l'escalier menant à la demeure qu'ils allaient partager à deux.

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