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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 19

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Chapitre 19

Chapitre 19

Chapitre 19/9520%~8 min de lecture1 525 mots

Un choc glacial parcourut la pièce aux mots fracassants d'Opale.

Mais Hubert ricana presque aussitôt.

« — Quelle absurdité ! Ce que j'ai signé hier, c'est un document venu d'Omar, et non… »

« — Ce document n'a pas été rédigé par Omar. Vous êtes libre de lui faire confiance, mon seigneur, mais pourquoi n'avez-vous pas lu attentivement ce que vous signiez ? Je me demande ce que vous faites toujours dans votre bureau, à ne rien vérifier. »

« — Moi, j'étudie… Vous ne comprenez pas, mais à l'université, j'ai appris beaucoup de choses. Parmi les nombreux cours suivis, certains sont fascinants. »

Hubert avait complètement perdu son assurance.

Mis face à sa négligence par Opale, il semblait anxieux de n'avoir pas vérifié le contenu avant d'apposer sa signature.

Et il tentait de fuir la réalité en se retranchant derrière ses études.

« — Certes, approfondir ses connaissances est louable. Mais l'époque où un noble pouvait vivre dans l'oisiveté touche à sa fin. Aujourd'hui, vous avez des gens à faire vivre et des terres à gérer. Tout abandonner pour vos études en valait-il la peine ? Croyez-vous que ces connaissances vous rapportent de l'argent ? »

« — Quelle femme venale ! Tout ramener à l'argent ! »

« — Bien sûr, l'argent n'est pas tout. Pourtant, pour survivre, noble ou roturier, il en faut. Grâce à notre mariage, vous avez remboursé vos dettes. La dot de mon père couvre les frais courants. Mais après ? L'immense domaine que vous n'avez jamais daigné regarder va-t-il produire de l'or tout seul ? »

« — C-cette année, toutes les régions promettent d'excellentes récoltes, tout le monde le dit. »

« — Tout le monde ? »

« — Mes amis. De précieux compagnons de mes années d'université. »

« — Ces messieurs gèrent-ils correctement leurs propres terres ? Ont-ils engagé d'excellents intendants ? Et surtout, lisent-ils leurs rapports ? »

Quels que soient les centres d'intérêt d'Hubert, Opale s'en moquait.

L'essentiel était l'avenir.

Acculé par la réalité, Hubert cherchait encore à s'enfuir.

Réprimant une nouvelle déception, elle posa devant lui la preuve décisive.

« — Voici un exemplaire du document que vous avez signé hier après-midi. L'original est en sécurité dans le coffre. Tant que personne ici ne le divulgue, le scandale n'éclatera pas… à moins que nous ne divorcions. »

En entendant cela, Hubert voulut protester, mais finit par saisir le papier, les mains tremblantes.

Comme s'il avait peur d'affronter la vérité.

Il le lut lentement, puis pâlit.

« — C'est… c'est un mensonge ! »

« — C'est la vérité. »

« — M-même si c'est vrai, c'est une escroquerie ! Le roi lui-même ne permettrait pas qu'on me dépouille de tous mes biens ! »

Tous ceux qui retenaient leur souffle, convaincus qu'Opale mentait, comprirent enfin la réalité.

Les visages blêmirent. Certains vacillèrent, soutenus par leurs voisins.

Madame Northam tremblait de tout son corps.

« — Malheureusement, ce n'est pas possible. J'ai vérifié : les statuts de la maison ducale MacLeod ne posent aucune condition pour la cession des biens hors titre duc. C'est pourquoi ils ont pu servir de garantie… Ce document a été rédigé par un légiste officiel du palais, et vous l'avez signé sous leurs yeux. »

« — U-un légiste du palais… »

« — Jonathan Kenjitt est un légiste en qui Sa Majesté a une confiance absolue. Depuis un an, il est en mission à l'étranger sur ordre royal… Mais pour un homme de votre rang, connaître son nom, voire son visage, serait normal. Pourtant, vous l'ignoriez. »

« — C-c'est… Omar m'a écrit que… »

Le visage d'Hubert était d'une pâleur cadavérique.

Ses traits réguliers se crispaient dans une angoisse mortelle.

Opale ressentit un étrange mélange en songeant qu'elle avait un jour trouvé cet homme charmant.

« — La lettre d'Omar annonçait seulement la venue de deux visiteurs. Elle ne mentionnait pas qu'il s'agissait de sa propre affaire, je crois ? »

« — Comment le savez-vous ? C'est vous qui avez tout ourdi ! »

« — Évidemment. »

« — Quoi ?! »

Devant cet aveu sans détour, Hubert resta sans voix.

Parmi les domestiques, certains la foudroyèrent de leur regard haineux.

« — Je le répète : Omar a commis des malversations. J'en détiens les preuves et j'ai remboursé ses dettes. C'est moi qui lui ai ordonné d'écrire cette lettre. »

« — Quelle lâcheté ! »

« — Lâcheté ? Une accusation bien maladroite. Vous avez balayé ma plainte contre Omar. Si vous m'aviez ne serait-ce qu'écoutée, n'auriez-vous pas douté de cette lettre ? Au moins auriez-vous examiné le document. Certes, il débutait par une liste de domaines et de rendements prévisionnels, ressemblant à un simple rapport. Mais en le lisant jusqu'au bout, mon nom y figurait, et l'anomalie vous aurait sauté aux yeux. »

« — J-j'ai dit que je faisais confiance à Omar. Vous en avez profité ! »

« — Oui, j'en ai profité. Mais ne vous ai-je pas demandé à plusieurs reprises : "Ces visiteurs n'ont vraiment aucun lien avec moi ?" »

« — C-c'est… on ne pouvait pas imaginer qu'il y en ait un ! »

Face à cette colère désespérée, Opale lui adressa un sourire triste.

Puis son visage redevint impassible, et elle poussa un profond soupir.

« — Vous ne vous êtes jamais intéressé à moi. Seule la dot comptait. »

« — Qu'est-ce que vous… »

« — Jonathan Kenjitt est l'oncle de ma mère. Même cela, vous l'ignoriez… »

« — D-donc, votre famille m'a piégé ! Je m'en doutais. Un tel cadeau de mariage pour une simple union… Je vous poursuivrai en justice ! »

« — Je vous dis que c'est inutile. Ce document est juridiquement sans faille. Bien que non obligatoire, mon oncle — Jonathan Kenjitt — a fait appel à un collègue tiers comme témoin, pour garantir l'impartialité vu notre lien de parenté. Sa signature figure sur l'original. Renoncez. »

Face à cet homme désormais muet, Opale posa un regard proche de la pitié.

Hubert n'était que sot.

La faute en incombait à ceux qui, quand il hérita du titre duc encore enfant, ne lui enseignèrent jamais les devoirs et responsabilités qui l'accompagnaient.

« — Mon oncle a dû vous demander des nouvelles de moi lors de sa visite. »

Ce fut le majordome Romitt qui retint son souffle.

Hier, en guidant les deux visiteurs vers le bureau, il avait entendu l'un d'eux demander : « Madame est-elle à la maison ? »

Tous deux s'étaient présentés à l'entrée, mais Romitt, croyant à de simples messagers d'Omar, n'y avait pas prêté attention.

Or, l'un d'eux portait le nom qui figurait sur la lettre reçue par Opale quelques jours plus tôt.

« — Nous n'avons pas révélé notre lien de parenté, mais en nous rencontrant, l'évidence vous aurait sauté aux yeux. Même sans deviner la relation familiale, un doute aurait dû naître, vous poussant à examiner le document avec circonspection. »

Opale, après avoir parlé d'elle et de son oncle, ajouta en songeant aux rumeurs la concernant.

« — Mon oncle s'opposait d'abord à ce plan. Il estimait que, puisque le piège était visible à la lecture, vous ne pouviez pas ne pas le remarquer. Il s'inquiétait de la colère que vous tourneriez contre moi. »

L'évocation de Kenjitt fit honte à Hubert.

Lui, duc, ignorait le nom d'un légiste royal, et avait signé sans lire devant deux témoins.

Son incompétence était étalée au grand jour.

« — Comme vous le disiez tout à l'heure, si vous le demandez, j'accepterai le divorce. Que décidez-vous ? Vous n'avez plus que votre titre. Nous divorçons ? Vous vous remarierez avec une femme fortunée ? Le titre de duc — la pairie — reste un prix attractif qu'on ne peut acheter, donc ses dettes seront sans doute ignorées. Mais cette femme sera-t-elle tolérante envers des serviteurs rebelles ou des parents sans devoir de secours ? Ou bien travaillerez-vous de vos mains ? Vos amis ne pourraient-ils pas vous trouver un poste ? »

Les paroles d'Opale ouvrirent enfin les yeux de l'assemblée.

Jusqu'ici, ils s'enivraient du récit du « pauvre duc et de la pauvre Stella ».

Quand le cocher Cave avait réclamé le respect pour la duchesse, tous l'avaient plaint, dupé par une femme perfide.

Pourtant, Cave avait raison.

Leur avenir était tenu par cette femme — la duchesse — qui avait implicitement qualifié son mari de fardeau.

La pièce retomba dans un silence total. Personne n'osait parler, tous la fixaient comme un démon.

« — M-moi… »

« — Une dernière chose : mon testament a été établi tout à l'heure, avec mon oncle comme témoin. En cas de décès, tous mes biens iront à plusieurs œuvres caritatives. »

« — Quoi… »

Le choc d'Hubert ne venait pas de la destination de l'héritage, mais de l'annonce même.

Comme si elle lui disait : « Me tuer ne servirait à rien. »

Mais Opale s'en moquait. Elle effaça toute émotion et demanda à nouveau :

« — Alors, mon seigneur ? Vous partez en divorçant ? Ou restez-vous ? »

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