À ses mots, au lieu de simplement sourire et de lui tendre le collier, j'ai bondi sur les genoux du grand-duc qui était assis à son bureau.
« Houps ! »
J'ai entendu un murmure autour de moi.
Mais le grand-duc ne va pas me punir pour m'être montrée aussi gâtée, si ?
« C'est beau ! »
J'ai mis le collier autour du cou du grand-duc et j'ai applaudi, ravie. Le pendentif qui ballottait sur sa large poitrine ressemblait à une décoration.
« Tu aimes ? »
« … Tu l'as bien fait. »
J'ai aussi sorti un petit miroir de poche de la poche de ma robe et je le lui ai tendu.
Le grand-duc a regardé son reflet un instant et a marmonné quelque chose d'une voix rauque.
Puis, comme impressionné, il a fermé la bouche et m'a regardée.
'Tes yeux pourraient aussi se brouiller.'
Le grand-duc avait l'air un peu gêné et peinait avec la médaille. Il était décontenancé, il essayait d'être prudent avec la médaille pour ne pas laisser tomber le moindre morceau de paillette scintillante.
« Je dois te donner une récompense. »
Le grand-duc a ouvert une petite boîte en porcelaine sur le côté du bureau. Dès qu'il a soulevé le couvercle, une brise fraîche s'en est échappée.
C'était la boîte à goûter du grand-duc que j'avais vue la dernière fois.
« Dis "ah". »
« Ah- »
Le grand-duc a alors attrapé quelque chose dans le contenant pour le mettre dans ma bouche.
« J'avais aussi quelque chose à te dire, mais tu es venue à moi de ton propre chef. »
« C'est froi… Qu'est-ce que tu veux me dire ? »
J'ai demandé en mangeant le chou à la crème, toujours assise sur les genoux du grand-duc.
« Cette fois, j'essaie de trouver un précepteur pour que tu reçoives l'éducation d'une princesse. »
« Étudier ? »
« Si tu n'aimes pas… »
« Pas question ! »
J'ai sauté de joie.
Étudier ! Moi aussi j'étudie !
'Faut apprendre pour l'avenir.'
Si l'on considère que j'ai eu honte quand je suis entrée dans ce corps à cause de mon manque de connaissances, en avoir revient à avoir du pouvoir.
Surtout, je voulais qu'on dise que je suis une princesse qui apprend vite et qui est assez intelligente pour le grand-duc.
Puisque j'ai été adoptée, je n'aurais d'autre choix que de sortir dans le monde un jour, mais je ne voulais pas embarrassé le grand-duc ni mes frères.
« Ma fille sera une élève modèle. »
Le grand-duc a marmonné avec un air heureux.
« Tu es notre Lady ! »
« Tu es maline, tu vas apprendre vite ! »
Puis ses aides se sont empressés d'ajouter leurs encouragements.
'Je ne crois pas que ce soit la première fois… Pourquoi ses louanges étaient-elles si naturelles ?'
C'est une attitude très franche.
J'ai penché la tête un instant et j'ai levé les yeux vers le grand-duc, les yeux brillants.
« Papa, merci ! Je vais étudier sérieusement, c'est promis ! »
J'ai embrassé le grand-duc avec reconnaissance. Quand j'ai embrassé sa joue, le visage du grand-duc est devenu rouge.
« Il faut que je trouve un bon professeur. Cahill, trouves-en un célèbre au Palais. »
Cahill, sur l'ordre du grand-duc, a incliné la tête : « Oui ! »
'Un professeur du Palais impérial…'
Le premier étranger à me rencontrer en tant que princesse de la maison grand-ducale.
Quand j'ai brièvement pensé à Azuela, qui s'amusait au Palais impérial, j'ai froncé les sourcils à cette idée et j'ai secoué la tête pour la chasser.
***
« Enfin… »
Elle ne savait pas ce que le grand-duc avait fait, mais il était clair que Shuelina était devenue la grande-duchesse.
L'impératrice a essayé de réduire en miettes la lettre qu'elle lisait, mais a relâché la force qu'elle avait dans la main.
Quand elle a vérifié le contenu du pigeon voyageur envoyé à l'Académie impériale par le grand-duc, elle a su qu'il contenait des ennuis.
« Je cherche un professeur pour la grande-duchesse. »
La lettre était rédigée avec de longues phrases élégantes, mais au fond, l'essentiel était de trouver un professeur.
Le contenu de la lettre exprimait de « l'inquiétude » sur à quel point Shuelina, qui allait devenir élève, était mignonne et intelligente.
L'expéditeur était Cahill Riglette, le célèbre assistant du grand-duc. Cela semblait être un ordre direct du grand-duc.
« Comment est-ce arrivé… »
L'impérposa la lettre sur la table, ferma et rouvrit les yeux.
Son regard se porta sur le bout de ses doigts posés sur la lettre.
De longues mains fines et élégantes. Pourtant, il y avait une petite excroissance au bout des ongles taillés en ovale.
'Ça ressemble exactement à cet ongle incarné.'
Ce serait bien si elle avait pu tuer Shuelina tout de suite.
Mais elle ne pouvait pas le faire parce qu'elle devait choisir entre sa capacité et son enfant.
Elle a jeté un coup d'œil à la servante, qui essayait de cacher son nervosité près de la porte.
C'était un réseau de contacts de la maison du marquis de Bertilde.
'Ce serait bien si ça avait été proprement réglé plus tôt.'
Son père, le marquis, s'était proposé de s'en occuper, alors elle l'avait laissé faire, et maintenant les choses se compliquaient.
Quand le sorcier a raté ses ordres et a perdu contact, il aurait dû se préparer correctement.
Le marquis pensait qu'il ne s'agissait que d'un enfant sans défense, alors il n'avait envoyé qu'une seule personne pour kidnapper l'enfant à nouveau.
Ils peuvent retracer la magie que Shuelina possède, et ils peuvent toujours découvrir où elle est, mais…
'Elle se trouvait juste dans le domaine du grand-duc.'
Même si elle savait où était l'enfant, il est devenu difficile de l'atteindre facilement.
« Va voir mon père et dis-lui d'être vigilant. Tu peux sortir maintenant. »
Elle a mordu légèrement ses lèvres et a dit à la servante.
C'est son père mais elle ne pouvait pas lui pardonner d'avoir rendu les choses si tordues.
La servante, inquiète parce que l'impératrice n'était pas de bonne humeur, a rapidement quitté le salon.
Dès que les regards intrusifs ont disparu, l'impératrice a immédiatement ouvert la porte du côté droit du salon et est entrée dans la chambre.
Elle a tordu le bord d'une grande décoration en fleurs de cerisier accrochée au mur de la chambre.
Alors, comme de la fumée, un masque blanc est apparu au-dessus de la flamme de la première torche.
« N'est-ce pas un problème pour elle ? »
Un masque au dessin délicat d'un Brillant. Ce qu'elle entendit venir de l'intérieur fut la voix d'un jeune garçon.
« Il faut que je la chasse de la maison du grand-duc. »
L'impératrice a mordu ses lèvres et a marmonné. Shuelina était une entité dangereuse en la possession du grand-duc telle qu'elle est.
'Je pensais l'emmener dans un autre orphelinat et l'enfermer jusqu'à ce que l'empereur arrête de la chercher…'
En même temps, Shuelina a saisi le bon moment et est entrée dans la maison du grand-duc. C'était vraiment le pire.
'Pourquoi diable étais-tu là !'
Elle pompait le pouvoir spirituel pour ne plus avoir à se soucier de Shuelina du tout. Se tenir à l'écart des soucis de cet enfant.
De toute façon, le pouvoir spirituel était assez substantiel pour être utilisé pour Azuela. Shuelina ne pourra jamais vivre en princesse toute sa vie, alors pourquoi avait-elle besoin de cette capacité ?
Mais le plan a mal tourné.
L'impératrice, devenue membre de la famille impériale par mariage, ne pouvait détecter la moindre once de pouvoir élémentaire. Il n'y avait qu'une courte phrase confirmant que le vol du pouvoir spirituel avait échoué.
Si l'empereur n'avait pas promulgué un édit pour rechercher des enfants talentueux, il aurait été presque possible d'oublier l'existence de Shuelina.
Ce fut un vrai choc pour l'empereur, quand cette ruse a commencé, d'apprendre que l'impératrice était d'une manière ou d'une autre absolument sûre de la vie ou de la mort d'un enfant du Palais impérial.
Cependant, quand il a dit à l'impératrice de venir au palais et de le rejoindre de son propre chef par un édit, c'était la preuve qu'il ne pouvait pas découvrir où se trouvait sa vraie fille. Il a échoué à mettre la main sur le ravisseur de l'enfant.
Donc, c'était un gros problème si elle ne le réglait pas d'une façon ou d'une autre avant qu'il ne trouve sa vraie fille.
« Alors ? »
Le masque a réagi profondément aux mots de l'impératrice. Il ne semblait pas avoir beaucoup d'intérêt pour Shuelina.
« Tu ne te rends pas compte que tu as besoin d'elle ? Le Brillant de réserve pour Ella est presque vide. »
« Quoi, tu vas demander l'aide d'une gamine ? »
L'impératrice s'est légèrement raidie aux mots du masque qui se moquait d'elle.
« J'ai besoin de ta sagesse. »
Le masque s'inclina sur les mots de l'impératrice. Puis l'image sortit du cadre.
Le masque qui s'était incliné et avait placé son visage juste devant le mien émit un long son vibrant.
« Est-ce que ça va si on tue environ mille personnes ? »
« De quoi tu parles ? »
« Eh bien, tu ne serais pas chassée d'une maison si tu tuais quelqu'un et que tu retournais tout sens dessus dessous ? »
Le masque tendit la main devant l'impératrice. Comme par magie, un petit flacon violet en sortit de la paume.
« Verse-le dans l'eau. Il y aura quelque chose qu'on pourra imputer à sa magie. C'est juste le mélanger à l'eau, tu peux le faire, non ? »
C'était un poison qui pourrait tuer mille personnes. Pourtant, l'impératrice a saisi le flacon sans même s'inquiéter un instant.
Pour quelqu'un qui commet le mal, elle correspondait bien au stéréotype avec ses cheveux tirés en arrière.
C'était une image agréable peinte dans son imagination, chasser Shuelina du domaine du grand-duc.
***
« Lady, fighting ! »
Nina a remis le ruban autour de mon cou, a levé les bras pour m'encourager et a fermé la porte du bureau.
J'ai pris place à côté du bureau pour me détendre. Mais j'étais encore nerveuse.
Aujourd'hui, c'est le premier jour de cours. Bientôt l'heure de rencontrer mon nouveau professeur.
'Est-ce que le professeur va m'aimer ?'
Il faut que j'étudie sérieusement.
Après avoir été louée par le professeur, j'ai fait un joyeux rêve éveillé où je montrais au grand-duc une copie avec cent points.
La porte s'est ouverte pendant que j'imaginais la partie où le grand-duc me disait que j'avais bien fait et me mettait un chou à la crème dans la bouche.
Je me suis redressée d'un coup et j'ai regardé vers la porte.
« Bonjour, Professeur ! »
Aux yeux de mon professeur, j'avais probablement l'air d'un enfant gâté qui était nerveux à cause de l'anxiété.
Je portais une longue robe pour cacher ma silhouette, mais quand elle a regardé les courbes fines de mon avant-bras, je n'ai pas pu tromper ses yeux.
'Je suppose que c'est la professeure Rima !'
Rima, qui allait m'enseigner à partir d'aujourd'hui, était professeure assistante à l'Académie impériale.
Je ne sais pas combien il a proposé de lui payer, mais elle est venue du Palais impérial à la maison grand-ducale pour enseigner à une fillette de seulement six ans.
Si c'avait été moi, je ne serais pas venue dans un endroit aussi lointain sans une sacrée détermination volontaire.
J'ai ri largement en promettant de m'entendre avec la professeure.
« Sûrement, tu n'as pas encore appris les bonnes manières. Un sourire subtil est une façon de montrer la sophistication d'un esprit noble. Si tu souris en montrant les dents, tu paraîtras superficielle. »
J'ai essayé de sourire doucement… Mais ma bouche est restée raide.
« Heu… »
« En effet, j'ai entendu qu'il y avait eu une situation qui fait que la jeune demoiselle n'a encore rien appris. »
« C'est… »
« Malheureusement… tout comme avant… Il semble qu'aucune des traces d'une orpheline roturière n'ait été corrigée. »
La professeure Rima m'a regardée avec des yeux pleins de pitié. On dirait que tu es mécontente et triste de savoir que j'étais une orpheline roturière…
'Qu'est-ce que c'est que ça ? Pourquoi c'était triste ?'
Lucy était désolée pour moi aussi, et c'était pareil pour le grand-duc et mes frères.
Pourquoi le regard de cette personne me semble-t-il si différent ?
« Bien. Je suis là parce que c'est très difficile de continuer à gérer les manières roturières d'origine que tu as de toute façon. »
Hein… ? J'ai regardé la professeure, interloquée.
Parce qu'elle ne cessait d'insister sur le passé, j'ai eu l'impression d'être revenue au vieil orphelinat, pas chez le grand-duc, en un instant.
'Je croyais que je me comportais de façon agaçante…'
Est-ce que je parle et j'agis vraiment comme une « orpheline roturière » ?
Est-ce absurde que je sois une jeune fille noble ? C'est quoi, un comportement familial pour les nobles ?
C'était difficile de dire si la professeure Rima ne m'aimait pas ou n'y réfléchissait pas beaucoup.
« Faisons renaître une grande jeune fille noble à travers ce cours. »
« … Une princesse a besoin d'être excellente ? »
À mes mots, la professeure Rima a légèrement froncé les sourcils.
'Tu es fâchée ?'
Puis elle a commencé à avancer vers moi à grands pas. J'ai tressailli et j'ai fermé les yeux un instant.