Le majordome continua de parler, puisque Nadia ne répondait pas.
« J'ai calculé le montant de la dot envoyée par le duc de Balazit, et il semblait que la plupart des dettes pourraient être réglées avec. »
« Mon père ne voulait pas m'embarrasser, alors il a préparé une dot conséquente pour moi. »
« Vous ne savez pas combien nous sommes heureux que vous soyez venue en cette période de crise, Madame. Si vous pouviez nous aider un peu, le marquis en serait ravi. A-ah ah ah... »
Il se frotta les paumes en riant maladroitement.
Il arbora un air pitoyable qui donna à Nadia envie de le réconforter d'avoir à souffrir à son âge.
La fierté d'un majordome en chef était nécessairement grande, car ils étaient les employés les plus prestigieux de la maison.
Pourtant, il était prêt à mettre sa fierté de côté et à placer la famille au premier plan.
'Mais ce n'est pas ça...'
Nadia secoua fermement la tête.
« Nous ne le pouvons pas ! »
« P-pourquoi ? »
« Ce serait comme verser de l'eau dans un puits sans fond. »
L'expression de Gordon se figea face à cette froide réponse inattendue.
Bien sûr, il ne s'attendait pas à ce qu'elle libère facilement la dot, qui était la propriété de l'épouse.
Mais Nadia n'était-elle pas désormais une Winterfell ?
Gordon pensait qu'elle ne pourrait pas ignorer la crise de la famille.
Cependant, il était clair qu'elle était catégorique à ce sujet et qu'elle essayait de dire qu'elle ne leur donnerait pas un sou.
'C-cela... ! Comme prévu, est-ce parce qu'elle est la fille du duc de Balazit ?'
Il était déçu, mais il ne devait pas se laisser emporter par ses émotions pour l'instant. À présent, Nadia était la seule capable de régler la dette.
Le majordome Gordon supplia à nouveau, l'air pitoyable.
« Ma, Madame... La situation est vraiment mauvaise. En plus, les attaques de monstres devraient s'intensifier bientôt, alors pourriez-vous juste essayer d'y réfléchir une fois ? Hein ? »
« Cela ne veut pas dire que je n'aiderai pas la famille Winterfell. Réfléchis bien, Gordon. »
Nadia posa le livre de comptes devant lui et dit :
« Les dettes s'accumulaient déjà avant que celles de l'expédition ne soient payées. Vous avez enregistré un déficit presque chaque année. »
« Comme vous le savez, il y a très peu de terres agricoles productives dans le domaine des Winterfell. De plus, à cause des mauvaises récoltes ces dernières années... »
« Exactement, c'est là le problème ! Je ne sais pas quel genre de personne était le premier seigneur de la famille Winterfell, mais une chose est sûre. Une chose : vous vous êtes fait avoir ! »
« ... Pardon ? »
Une arnaque foncière ? Le majordome fit une mine perplexe en entendant cela.
Nadia continua avec feu.
« La moitié de ce domaine est une lande inutile. Le climat est froid, donc les mauvaises récoltes sont plus fréquentes que les bonnes. Il y a tant de monstres. Aucune spécialité, aucune attraction touristique, aucun port ! Comment a-t-il pu choisir cette terre ? S'il n'avait pas voulu faire souffrir ses descendants, il aurait su qu'il s'était fait arnaquer ! »
« .... »
Pourquoi avait-il laissé de côté toutes les bonnes terres ? Comment avait-il pu s'installer dans un endroit pareil ? Si elle l'avait pu, Nadia aurait voulu attraper le premier seigneur Winterfell et le secouer.
Nadia prit une grande inspiration, cherchant à se calmer car elle avait encore beaucoup à dire.
« Vous n'avez pas assez de terres arables, et aucune industrie productive. Même la taille de l'armée des Winterfell était énorme à cause du nombre de monstres. Dans votre situation, l'armée n'est rien d'autre qu'un gouffre financier. Oh, bien sûr, je respecte l'honneur de l'armée du Nord. Mais ne pourrions-nous pas faire travailler ces grands chevaliers comme mercenaires ? Nous devons admettre que le domaine actuel des Winterfell ne va pas bien et prendre les mesures qui s'imposent. »
« .... »
Ce que disait Nadia était si vrai que Gordon ne put le réfuter. En fait, Gordon en voulait aussi à la situation désastreuse du domaine d'innombrables fois.
Maintenant qu'il y pensait, il se demandait s'ils n'avaient pas vraiment été arnaqués.
Gordon soupira et demanda en retour :
« Mais... Que pouvons-nous faire ? Le domaine est déjà établi ici, et revenir dans le passé pour empêcher notre premier seigneur de choisir cette terre est impossible. »
« Qu'est-ce que vous voulez dire par "on ne peut rien changer" ? Vous pouvez améliorer la constitution de ce domaine. »
« Qu'entendez-vous par... »
« Je veux dire qu'il faut créer une ouverture pour que l'argent rentre. Sinon, les Winterfell souffriront de la pauvreté pour le reste de leur vie. »
« Hou... »
Souffrir de la pauvreté pour le reste de leur vie.
Pour Gordon, qui gérait l'intendance du château du seigneur du Nord, ces mots lui glacèrent le sang.
Il lutait avec le livre de comptes, cherchant comment économiser ne serait-ce qu'un sou.
Le majordome demanda en tremblant :
« B-bien... Que allons-nous faire ? »
« D'abord, nous devrions commencer par la dot. »