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Villainess Level 99: I May Be the Hidden Boss but I'm Not the Demon Lord

Chapitre 4 : L'audience avec le roi

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Chapitre 4

Chapitre 4 : L'audience avec le roi

Chapitre 4/580%~11 min de lecture2 091 mots

Le lendemain du jour où j'avais fait apparaître un trou noir au-dessus de l'académie, je me rendis au château pour une audience avec Sa Majesté le roi.

La sphère noire suspendue dans le ciel avait beau s'être dissipée aussitôt, beaucoup de gens l'avaient vue, et la capitale en avait fait toute une affaire.

Des chevaliers avaient été dépêchés à l'académie pour enquêter et, sans surprise, j'avais été interrogée moi aussi. J'avais évidemment bien insisté sur le fait que la responsabilité en revenait au prince Edwin.

Le prince et le directeur n'étaient pas les seuls : les professeurs et jusqu'aux élèves qui n'avaient fait que regarder avaient eux aussi été entendus.

Pour l'audience, l'uniforme de l'académie faisait apparemment l'affaire. Au même titre qu'un uniforme militaire, il compte comme tenue de cérémonie.

Les lourdes portes de la salle d'audience s'ouvrirent et le chevalier qui m'escortait m'invita à entrer.

Au fond d'une pièce tapissée d'un tapis rouge et parée d'un mobilier fastueux siégeait un bel homme d'âge mûr. C'était Sa Majesté le roi ; à côté de lui, la reine ; et tout autour, sans doute, les grands dignitaires du royaume.

J'avais des connaissances sur les principales maisons nobles, mais comme je n'associais pas les visages aux noms, je ne savais pas qui était qui.

J'avançai dans la salle et fis la révérence due à une vassale, puis Sa Majesté prit la parole.

« Yumiella Dolkness, relevez la tête. »

Je m'exécutai, et le roi poursuivit.

« Je suis informé de ce qui s'est passé à l'académie. Mon imbécile de fils et les professeurs semblent s'être conduits de manière discourtoise. Mademoiselle Yumiella, je vous prie de m'en excuser. »

Sa Majesté avait légèrement incliné la tête pour présenter ses excuses, et un murmure parcourut la salle d'audience. Moi non plus, je ne m'attendais pas à recevoir des excuses du roi.

« N-non, Majesté. Il ne vous revient pas de vous excuser. C'est moi qui ai agi de façon déraisonnable et qui ai causé du tort à mon entourage. Je vous prie de m'en excuser. »

Comme je m'empressais de présenter mes propres excuses, le roi reprit d'une voix bienveillante :

« Mademoiselle Yumiella, relevez donc la tête. Dès la cérémonie d'entrée, il existait mille manières de vérifier votre niveau : un test de condition physique, une démonstration de magie. Vous accabler sur la foi d'un simple préjugé n'avait, selon moi, aucun sens. »

« Cela dit, il est vrai qu'un niveau 99 chez une demoiselle aussi frêle est difficile à croire. Parmi mes vassaux, certaines voix doutent encore. C'est pourquoi je vais laisser Adolf en juger. Son verdict satisfera tout le monde. »

À ces mots, un homme imposant d'à peu près l'âge du roi fit un pas en avant.

Voilà donc Adolf, le chef de l'ordre des chevaliers, réputé le plus fort du royaume. Son niveau devait tourner autour de soixante. Quand on sait que, dans le jeu, le niveau recommandé pour affronter le roi démon était de soixante à soixante-dix, on mesure sa puissance.

Il se planta devant moi, tira son épée sans un mot et la balaya à l'horizontale, à hauteur de ma gorge. Quoi, comme ça, sans prévenir ?

Avais-je le droit de riposter ? Employer la magie sans autorisation devant le roi me semblait également malvenu. Sa Majesté ne m'avait dit ni de combattre, ni de parer.

Mieux valait esquiver. Mais pas question de bondir en arrière : il fallait esquiver par un mouvement acceptable dans une salle d'audience.

Ayant pensé tout cela en un instant, je m'inclinai très bas et évitai l'attaque du commandant Adolf. La lame me frôla le sommet du crâne.

« Personne dans l'ordre des chevaliers ne pourrait répondre à ce coup. Elle a même eu le loisir de choisir sa façon d'esquiver. Le niveau 99 ne fait aucun doute. »

Quand Adolf eut parlé, l'assistance, qui réalisait seulement à cet instant qu'il avait dégainé, se mit à bruisser.

« Pardonnez-moi, mademoiselle Yumiella. Frapper par surprise est une honte pour un chevalier, mais on ne désobéit pas aux ordres de Sa Majesté. »

Adolf s'excusa d'une voix que je fus seule à entendre.

Tout cela lui avait donc été dicté à l'avance par le roi.

Feindre la confiance et laisser à un subordonné le sale travail : Sa Majesté n'était pas un tendre. Les excuses du début visaient peut-être, elles aussi, à faire tourner la suite de la conversation à son avantage.

« Toutes mes excuses pour cette brusquerie, mademoiselle Yumiella ; je me réjouis que vous n'ayez rien. À présent, accepteriez-vous de nous montrer aussi votre magie ? Quelque chose de modeste conviendra parfaitement ici. »

Une fois Adolf revenu à ses côtés, le roi me demanda une démonstration de magie des ténèbres.

« Oui. Avec votre permission. »

Cherchant le sort le moins dangereux possible pour l'entourage, je déclenchai la Lance d'ombre.

Plusieurs lances noires jaillirent de mon ombre, et un murmure parcourut de nouveau la salle.

« Tiens donc, de la magie des ténèbres : voilà qui est rare. Grand mage de la cour, l'attribut des ténèbres présente-t-il un danger ? »

Un vieil homme en robe répondit à la question du roi.

« L'attribut des ténèbres n'est qu'un attribut parmi d'autres, au même titre que les quatre éléments et que la lumière. Faible contre la lumière, fort contre les quatre éléments : on peut dire que c'est un attribut extrêmement puissant. L'usage qu'on en fait ne dépend que de celui qui le manie. »

« La magie des ténèbres est employée par les monstres de haut rang. Est-elle vraiment sans malice ? »

« Il existe aussi des monstres qui manient les quatre éléments, et l'on trouve même des textes, vrais ou faux, qui mentionnent des monstres de l'attribut lumière. Comme les manieurs de ténèbres sont rares, beaucoup auront laissé leur imagination broder le pire. »

« Hmm. Ainsi, l'homme redoute ce qui est rare et qu'il comprend mal. Peut-être les cheveux noirs sont-ils détestés pour la même raison. »

Le roi et le grand mage tenaient cet échange de manière à être entendus de toute la salle. Ce dialogue avait sans nul doute été mené pour moi.

La magie des ténèbres et les cheveux noirs ayant la pire image qui soit dans le monde, cela m'était très précieux.

« Mademoiselle Yumiella, atteindre un tel sommet, sans doute une première mondiale, est admirable. Or j'aimerais vous entendre sur le chemin qui vous y a menée. »

Sa Majesté souhaitait connaître ma méthode pour monter de niveau. Cela touchait à la puissance du royaume, rien de plus naturel. Je n'avais rien fait de très particulier, cependant, et je doutais que cela lui serve.

« Je n'ai rien fait de particulier. Je me suis contentée d'abattre des monstres sans relâche. J'ai peut-être eu la chance d'avoir un don : dès le niveau 1, je maniais déjà une certaine magie. »

« Vous aviez bien un maître ? »

« Non, j'ai appris seule. J'ai commencé par tuer des monstres dans la forêt de notre domaine, seule, et quand j'ai eu assez d'habitude, je suis descendue dans le donjon, encore et encore. »

« Un donjon ? Y a-t-il un donjon sur les terres des Dolkness ? »

« Il y a un donjon où apparaissent en grand nombre des monstres de l'attribut ténèbres. Comme c'est défavorable aux quatre éléments, il semble peu apprécié. »

Dans ce donjon, je n'avais jamais croisé âme qui vive.

Dans le jeu, c'était pourtant le niveau bonus de l'héroïne, à l'attribut lumière.

« Pas de maître ? Vous n'avez suivi aucun entraînement au combat ? »

« Non. J'ai estimé que tuer des monstres pour monter de niveau me rendrait plus forte qu'un entraînement. »

« A-ah… je vois. »

Pour une raison qui m'échappe, je le mis mal à l'aise. Dans ce pays, on a visiblement pour principe de s'entraîner longuement avant d'affronter des monstres.

« Personne chez vous ne vous a arrêtée, alors que c'était dangereux ? »

« Eh bien, c'est un peu gênant à dire, mais je quittais le manoir sans permission… Il suffisait que je sois présente les jours où venait le précepteur pour que personne ne s'en aperçoive. »

« Et vos parents… ah, pardonnez-moi. »

Il s'était sans doute rappelé que mes parents ne quittent jamais la capitale, car on me regarda comme on regarde une pauvre petite chose. Ma vie avait pourtant été plutôt remplie et plutôt agréable.

« Quoi d'autre, de particulier… ah, je portais un talisman de croissance. »

Les talismans sont des équipements aux effets variés. Celui de croissance double les points d'expérience.

Dans le jeu, c'est un objet qu'on ne peut acheter qu'après avoir vaincu le roi démon, mais ici, il se vendait tout à fait normalement en boutique.

« Vous ne portez pas de talisman de protection ?! »

Les talismans doivent s'influencer entre eux : au-delà d'un seul, plus aucun ne fait effet.

Le talisman de protection annule une seule fois une attaque mortelle. Peu employé dans le jeu, il est, dans la réalité, parfaitement utile.

En boutique, c'était de très loin le plus cher de tous.

« Ah, et je me servais aussi d'une flûte d'appel des monstres. J'en jouais de toutes mes forces, dans la forêt comme dans le donjon. »

La flûte d'appel des monstres est un objet qui force la rencontre avec des monstres.

Contrairement au jeu, ici, marcher au hasard ne garantit pas d'en croiser : elle m'a rendu d'immenses services.

« Adolf. Serais-tu capable d'en faire autant ? »

« Je ne me sépare jamais de mon talisman de protection, et souffler dans une flûte d'appel des monstres alors que l'on est seul, la peur m'en empêcherait. »

Sa Majesté et le commandant Adolf me regardaient tous les deux avec l'air de penser que j'étais un cas désespéré.

J'avais simplement monté mes niveaux en réfléchissant à l'efficacité : le procès était injuste. Il m'était bien arrivé une ou deux fois de frôler la mort, d'accord.

Le roi s'éclaircit la gorge et reprit sur un ton solennel.

« Yumiella Dolkness. Je souhaite que cette puissance s'exerce comme l'épée du royaume. »

« Oui, Majesté. En tant que l'une de vos vassales, j'entends être le bouclier du royaume de Balshine. »

J'acquiesçai à sa demande, tout en changeant l'air de rien l'épée du royaume en bouclier du royaume.

Une manière d'annoncer que je ne servirais pas d'arme humaine pour envahir d'autres pays.

« Entendu. Le jour où le royaume sera en péril, vous userez de votre force. »

Mon intention avait été comprise et acceptée ; j'en fus soulagée.

« À présent, je veux récompenser cet exploit sans précédent. Si vous avez un souhait, formulez-le sans retenue. Un titre, des terres, un trésor digne des joyaux de la couronne : tout est envisageable. Vous accueillir dans la famille royale ne me répugnerait pas non plus. »

La générosité de Sa Majesté fit bruire la salle d'audience.

Mais c'était un test, à coup sûr. Qu'allais-je réclamer : l'or, l'honneur, ou bien un mariage avec le prince ?

« Une telle récompense dépasse mes espérances, j'en suis très honorée. Ce que je souhaite, c'est une vie tranquille. Que le royaume et mon entourage soient en paix, que j'aie de quoi me nourrir, me vêtir et me loger : je ne demande rien de plus. »

« Je vois. Je jure alors de tout mettre en œuvre pour votre tranquillité. Vous manquez cependant d'ambition. Si un autre souhait vous vient, dites-le : je vous donnerai tout ce qu'il me sera possible de donner. »

Le roi semblait satisfait de ma réponse, mais une pointe d'amertume perçait dans sa voix.

Il devait regretter de ne pouvoir forger aucune chaîne pour m'attacher au royaume.

Exactement, Majesté : au premier vrai désagrément, je compte bien fuir à l'étranger.

L'audience s'acheva ainsi et je quittai la salle.

J'avais été terriblement tendue. Mais j'étais soulagée que le roi soit quelqu'un avec qui l'on pouvait parler.

J'avais envisagé qu'on m'enrôle d'office dans l'armée et qu'on m'envoie à la guerre. Le cas échéant, j'aurais pris la fuite de toutes mes forces.

Enfin sur le chemin du retour, je suivis le chevalier qui me guidait, mais nous ne reprenions pas le même trajet qu'à l'aller.

Comme il s'enfonçait toujours plus loin dans le château, je finis par l'interroger.

« Pardonnez-moi, nous semblons aller à l'opposé de la sortie… »

« En effet. Vous êtes conviée au thé de Sa Majesté la reine. »

Je n'étais donc pas encore près de rentrer.

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