« . »
Après la cérémonie d'entrée, alors que je me dirigeais vers le dortoir, vint à ma rencontre.
« ! »
Aux anges, courut vers lui.
« Ton discours de tout à l'heure était magnifique ! »
« Hm ? Ah. C'était un remplacement de dernière minute, je n'ai rien dit de spécial. »
Alors c'était bel et bien un remplacement ! Mais waouh, il le dit avec tant de désinvolture.
« N'étais-tu pas plus intéressée par Son Altesse Impériale ? »
« Hm ? »
« Après moi, le Prince a lui aussi prononcé un discours, non ? Qu'en as-tu pensé ? »
Ehhh !? Pourquoi le prince ? Oh non, a-t-il remarqué que je n'écoutais pas du tout !?
« Ah… Son Altesse, oui. Eh bien, ses paroles étaient, euh, très nobles… »
Oh non. Je panique complètement, même moi je le vois. Je devrais juste être honnête. ne se fâchera pas, si ?
« Euh… pour être honnête, je… je ne m'en souviens pas vraiment beaucoup… »
« … »
Ah, ce silence. Il doit être déçu. Mais on n'y peut rien — mon frère était bien plus éblouissant que le prince !
« Euh, plus important, ! Puis-je te demander quelque chose ? »
« O-oui, bien sûr. »
« , es-tu fiancé à une jeune demoiselle !? »
« …Quoi ? »
Hé, ne me regarde pas comme ça, !
« Je sais que ce n'est pas à moi de dire ça, mais permets-moi de déclarer une chose ! Quelle que soit celle qui deviendra ton épouse, je te promets de ne jamais être méchante avec elle ! Même si une rivalité entre femmes surgit, je ne te causerai jamais d'ennuis, je le jure ! »
« Jamais de harcèlement de belle-fille — au grand jamais ! » C'est ma devise dans la vie !
C'est ainsi qu' déclara, le poing levé, débordante de passion.
« Une rivalité, dis-tu… »
Murmurant, se mit à rire.
…Waouh. C'est la première fois que je l'entends rire aux éclats. Ça le fait paraître plus jeune et adorable. Mais sérieusement, il n'y a pas de quoi rire ! Le conflit belle-fille contre belle-mère est la malédiction éternelle de la condition féminine ! Non que j'aie jamais été l'une ou l'autre, mais quand même !
Du coin de l'œil, je remarquai des aînés se dirigeant vers le dortoir, fixant d'un air ahuri.
« Je-je ne suis pas fiancé. »
finit par le dire, retirant son monocle pour essuyer ses larmes.
« J'y songerai après l'obtention de mon diplôme. Pour l'instant, entre mes études et mes devoirs au duché, il n'y a tout simplement pas de temps. D'ailleurs, je compte ne me marier qu'après t'avoir vue mariée en sécurité dans une bonne famille. Alors tu n'as pas à t'inquiéter de la moindre rivalité ou de telles âneries. »
Alors il n'est pas fiancé. Une chose de moins dont s'inquiéter. Et bon sang, il a l'air encore plus mignon sans son monocle.
« Je souhaite voir ton bonheur d'abord, , avant de me marier moi-même. »
« Alors aucun de nous ne se mariera jamais. Nous serons ensemble pour toujours. »
« Oh, comme c'est adorable ! Cela ferait de moi la plus heureuse de toutes ! »
Parce qu'après tout, , tu es mon numéro un préféré !
« Tu es vraiment encore une enfant. »
dit avec un sourire affectueux.
« Quand tu seras grande et que tu trouveras quelqu'un que tu aimes vraiment, viens me le dire. Si c'est un homme capable de te rendre heureuse, je te bénirai comme tu le souhaites. »
Merci, . Encore que, à vrai dire, j'aie en réalité onze ans de plus que toi, une trentenaire qui est morte en jouant à un jeu otome juste pour voir ta minuscule apparition en caméo. Je t'aimais, même si tu n'étais pas une option romançable. Et je continuerai probablement de t'aimer pour toujours. Alors je resterai à tes côtés — pour désamorcer un jour ton drapeau de mort par surmenage !
.
Après s'être séparée d', se hâta vers le dortoir des premières années. Elle était terriblement en retard ; presque tout le monde était déjà entré, et seuls quelques dos restaient encore visibles devant. Alors qu'elle pressait le pas pour les rattraper, son regard fut attiré par une silhouette.
C'était une fille à la carrure élancée. Ses cheveux mi-longs, souplement ondulés, étaient d'un rose pâle, comme des fleurs de cerisier. Même de dos, elle rayonnait d'un charme délicat.
—Ses yeux étaient d'un violet éclatant, comme des améthystes. De grands yeux clairs bordés de longs cils ; le visage parfait pour l'uniforme mignon qu'elle portait.
Une information qui aurait dû être impossible à connaître rien qu'à voir le dos de la fille déferla dans l'esprit d' tel un raz-de-marée.
Bien sûr que oui. Parce que cette fille, c'était moi. Il était logique que l'uniforme lui aille bien ; il avait été spécialement conçu pour ce personnage.
Mais pourquoi marche-t-elle toute seule, sans la moindre commande de ma part ?
(Attends, non, c'est l'héroïne ! Je ne suis pas en train de contrôler le jeu là ! Ressaisis-toi, moi !)
Hein… ? Qui est « moi » ?
Ses jambes se dérobèrent.
(Oh non… le verrou s'est déclenché—)
« ! »
Elle crut entendre la voix d' au loin— —et puis tout devint noir.