« C'était le moment où Yu venait de vaincre Goria et avait disparu de la ville de Comer. Personne n'avait réalisé que le combat de Yu contre Goria avait été observé depuis le début, quand Goria se battait contre Nina. »
« Dans la forêt, loin de la route principale, le long des prairies. On peut voir un groupe de personnes vêtues de noir, le visage lui aussi couvert. (Note du traducteur : tenue de ninja ?) »
« — Ce garçon est redoutable. »
« — Certainement... ce demi-humain est un membre de "l'Ordre des Immortels", mais il s'est quand même retrouvé acculé par la puissance de combat de Yu Sato. »
« — Peut-être que ce demi-humain mentait sur son identité. Quand j'agissais encore dans l'Empire de Daelim, j'ai vu le combat de Garth Doe, les "Sept Épées", et du septième rang, "Okina de Sentsuchi". La bataille peut être appelée un siège puisqu'elle impliquait 500 soldats de l'Empire de Daelim et que la plupart furent blessés à cause de l'impact du combat des deux. »
« — Quoi qu'il en soit, nous devons rapporter cela dès que possible. Voyons ce que l'Archevêque décidera à propos de l'affaire Yu Sato. »
Les hommes en noir acquiescent en silence. Ils savent que leur travail ici est terminé et qu'ils doivent repartir immédiatement pour rendre compte de la situation. Cependant, quand ils veulent battre en retraite, ils réalisent la situation.
« — Qu'est-ce qui se passe ? Mon corps ne bouge pas ! »
Quand cette personne regarde autour d'elle, le même état d'anomalie s'est produit chez tous les hommes en vêtements noirs. Il essaie d'examiner la situation en ne bougeant que les yeux et découvre une petite fille debout.
« — Enchantée. Je m'appelle Puriri. »
Tous les hommes en noir sont surpris par l'autoprésentation de la fille. Ils ont été entraînés comme espions d'élite pour l'Église Sainte et le Royaume Saint. Comment ont-ils pu ne pas réaliser que la petite fille s'était approchée si près ?
« — Vous ne rendez pas le salut ? C'est mal. »
Derrière Puriri, quelqu'un de la race géante apparaît. C'est comme un énorme rocher qui marcherait vers Puriri. La géante est une femme avec des bras imposants, comme si elle portait une énorme épée sur le côté.
« — Brillant... est-ce du poison ? Pour nous priver de nos mouvements, vous ne pourrez plus parler comme ça une fois qu'on en sortira. »
« — Toi, comment peux-tu dire ça ? Excuse-toi auprès de Puriri-chan. »
« — Ne t'inquiète pas, je ne suis pas fâchée. »
La géante essaie de faire mettre l'homme à genoux pour s'excuser, et il ne peut que le faire à contrecœur car son corps est immobilisé.
« — Argh, ma gorge... c'est du poison ? Quel genre de poison est-ce ? Incolore, inodore... vous... qui êtes-vous ? »
« — Ehehehe, le poison est ma spécialité et ma fierté. Mes alentours sont remplis de mes mignons enfants poison qui ont été répandus. »
Seules les deux filles peuvent parler avec un visage calme.
« — Ahahaha, Puriri-chan, comme on s'y attend de ta part. »
La géante tape légèrement le dos de Puriri, mais c'est assez pour la faire tomber et rouler par terre. En voyant ça, elle arrête de sourire et soulève précipitamment Puriri dans ses bras pour l'asseoir sur son épaule.
« — Hé, retiens-toi un peu. Je ne suis qu'un nain faible et tu me maltraites ? »
« — Haha, tu sais bien que je ne voulais pas dire ça. C'est juste que ma puissance est parfois incontrôlable. »
..........
« — Tout le monde, essayez de bouger et rapportez la situation. En dehors de Joseph, nous avons maintenant une menace venant d'une naine nommée Puriri et de son compagnon géant. »
« — Même si vous ne pouvez pas retourner au Royaume Saint, vous pouvez essayer de contacter Mussu. »
(Note du traducteur : uh, une autre conspiration ?)
« — Oh, vous résistez bien au poison de Puriri-chan. Mais les autres pourraient ne pas y arriver. »
« — Fuuh, ce genre de poison n'est pas un gros problème. »
Entendant les mots de cet homme, la géante le fait à nouveau mettre à genoux et même la petite Puriri peut maintenant le regarder de haut.
« — Oh, qu'est-ce que j'ai entendu avant ? Si vous ne pouvez pas retourner à la capitale du Royaume Saint, vous travaillez ici... avec Mussu ? »
« — Oh mon Dieu, de penser que le Royaume Saint a un lien avec Mussu dans l'ombre. »
La géante regarde l'homme en noir avec des yeux méprisants. Et Puriri, qui tient la tête de l'homme, utilise son genou pour l'envoyer valser.
« — Ce qu'on veut savoir, en fait, ce n'est pas ça. Que prépare le Royaume Saint pour l'Empire de Daelim ? »
« — Ne me faites pas perdre patience ! »
La forêt tremble quand la géante dit ça. Puriri se tient aussi les oreilles mais reste debout, un peu instable. Cependant, les espions en vêtements noirs ne bronchent pas face à l'intimidation.
« — Vous êtes des espions de l'Église Sainte, peut-être juste des subordonnés, mais il arrive qu'il y ait des informations que vous entendez... Tch, juste des déchets, comme prévu. »
La géante sort alors une énorme hache de son dos et la pose sur son épaule. Juste avant que la géante ne s'apprête à frapper, la chancelante Puriri avance d'un pas.
« — Attendez. Vous n'avez pas besoin de faire ça. Je pense que j'ai un poison que je veux essayer et ils seront les cobayes parfaits. »
Entendant la déclaration de Puriri avec son sourire, l'expression de la géante ne montre qu'un sourire amer.
…………………..
Guilde des Aventuriers de la ville de Comer, 3e étage, dans la chambre du maître de guilde, Edda se plaint à Mofisu.
« — Après l'incident de l'apparition de la porte, Joseph est parti quelque part tout seul. Il a même ignoré nos plaintes et a dit qu'il ne reviendrait pas avant un moment. Qu'en pensez-vous ? »
Du début à la fin, Edda s'est plainte à Mofisu sans s'arrêter. De la sueur coule des tempes de Mofisu. Il ne peut que rester silencieux sous une telle rétention de plainte et cela montre depuis combien d'années ils se connaissent.
« — Plus important encore, avez-vous trouvé le traître ? »
Cette fois, un regard perçant vient d'Edda vers Mofisu alors qu'elle essaie de changer de sujet. Mofisu, d'un air sérieux, se racle la gorge et parle.
« — D'après ma déduction, je ne pense pas que le traître vienne de la guilde. »
« — Je veux le croire, mais il n'y a pas moyen que cette information ait pu fuiter. »
« — Il est possible que notre ennemi soit plus compétent que ce que nous pensions à l'origine. »
Après ça, il continua : « Edda fait peur... »
Les longues oreilles d'Edda n'ont pas manqué cette dernière phrase alors qu'elle tire les cheveux quasi inexistants sur la tête de Mofisu. Elle arrache plusieurs cheveux avec le cri de Mofisu qui réalise que certains de ses cheveux flottent maintenant dans les airs et sa voix résonne dans la guilde.
« — Papy-chan, tu fais trop de bruit. »
« — Tu ne sais pas à quel point mes cheveux sont précieux ? »
« — Maintenant, veux-tu que je t'explique le sens de précieux ? Tu sais déjà que la "Feuille d'Autorité" est même capable de savoir que Yu-chan est entré dans le donjon. Regarde comment Charon a agi avant. »
« — Pas possible... le traiteur vient de notre personnel de guilde ? »
Mofisu, en réfléchissant profondément, sirote le thé qu'Edda a servi plus tôt.
………………………….
Dans la bibliothèque du palais de la capitale du Royaume Saint, un homme est visible. La taille de la pièce est assez grande pour y loger plusieurs dizaines de personnes. La pièce est aussi encombrée d'étagères et celles qui ne rentrent pas ont été posées sur le sol, formant une montagne de livres.
La porte de la pièce est frappée.
Cependant l'homme ne réagit pas, alors un autre coup se fait entendre. Ne voyant aucune réaction, la femme qui a frappé renonce et entre dans la chambre en silence.
« — Archevêque-sama, il y a une affaire à rapporter. »
« — Archevêque-sama, Archevêque-sama, combien de fois dois-je vous dire que je m'appelle Dowran ? Dowran ! Cinzia, combien de fois dois-je vous le dire ? »
« — Pardonnez-moi, cependant en tant que suivante, je dois vous appeler Archevêque-sama. »
« — Cinzia, allez-vous m'écouter en tant qu'Archevêque ? »
« — Ah, désolée Archevêque-sama d'avoir dérangé votre temps de lecture. »
« — Appelle-moi Dowran. »
« — Désolée Dowran, c'est parce que tu es trop immergé dans la lecture que j'ai dû entrer. »
« — Ah, n'en parle pas Cinzia, c'était ma faute. »
Après avoir entendu ça, Cinzia commence à faire son rapport.
« — Voulez-vous entendre le mauvais rapport ou le très mauvais rapport ? »
« — Quoi qu'il en soit, c'est mauvais, non ? »
Dowran dit ça en tournant la page d'un livre avec un sourire amer.
« — Le premier rapport concerne Yu Sato. »
« — L'équipe de poursuite a-t-elle été anéantie ? »
« — C'est une probabilité puisque nous ne pouvons plus les contacter depuis qu'ils sont allés à la ville de Comer. »
Malgré le fait que les espions aient pu être anéantis, Cinzia ne montre aucune autre expression et continue le rapport indifféremment. « Yu peut être capable, mais le chef et le capitaine des espions devraient être capables de survivre. »
« — Il semble que le chef des espions ait été pris par lui. »
« — Au fait, il y avait une autre équipe de surveillance, non ? Qu'en est-il d'elles ? »
« — Dowran-sama, c'est l'autre très mauvais rapport. Il semble que l'organisation "Racine" soit impliquée dans cet incident. »
« — Ce pourrait être Bataille ou Bessieres. »
« — Nous ne savons pas encore, mais l'équipe semble avoir été anéantie aussi. »
Dowran referme alors le livre qu'il lisait en s'étirant légèrement la colonne.
« — Si c'est ce qui s'est passé, alors il n'y a rien qu'on puisse faire. Maintenant, je me demande si Mussu était déjà en mouvement ? Maintenant, que diriez-vous d'envoyer le numéro huit à la ville de Comer ? »
(Note du traducteur : les espions plus tôt mentionnaient le numéro sept et maintenant le numéro huit... on pourrait voir des chevaliers classés ?)
« — Dowran-sama, le numéro huit est en mission. Pouvez-vous me donner un autre nom ? »
« — Et le numéro trois ? Ça fait si longtemps qu'il a travaillé qu'on dirait qu'il a disparu. »
Dowran continue alors à lire en terminant la conversation.
…………………
Un vent sec se fait sentir sur la lande qui s'étend à perte de vue. Cet endroit est l'entrée du donjon de rang B « Enrio de Kusakai ». Malgré la « Barrière » érigée en cet endroit pour empêcher les monstres de sortir, le donjon laisse encore fuir du miasme qui a transformé les alentours en lande.
« — Combien de temps cet homme va-t-il rester aux toilettes ? »
« — Ne te plains pas à moi, plains-toi à cet homme-ours. »
À l'entrée du donjon, on peut voir des aventuriers en train de se préparer. Un homme qui ressemble à un moine marmonne en s'occupant de sa dague. Un elfe qui a répondu plus tôt teste la force de la corde de son arc. Et trois autres personnes qui font la même chose, vérifient leur équipement. Ce groupe est composé d'aventuriers de rang B et ils vont actuellement capturer le donjon de rang B « Enrio de Kusakai ».
« — Soupir... »
« — Qu'est-ce que c'est ? Tu te plains ? »
« — De toute façon, on n'a pas les moyens de refuser cette requête, non ? »
« — C'est une requête du ministre des finances, non ? »
« — Si vous la refusez, ce sera encore plus embêtant. »
« — Mais la paie n'est pas si mal. C'est de l'or, après tout. »
« — Tu peux dire ça même si tu sers cet homme qui ressemble à un porc ? »
« — Connie, qu'est-ce que tu essaies de dire ? »
« — Rien ? »
Alors le regard du moine et de l'elfe se porte sur une silhouette. C'était un garçon qui marchait vers eux. Le garçon portait une grande épée sur le dos et Connie jugea, du fait qu'il portait une épée et une armure, que le garçon devait être un aventurier aussi. Cependant, c'était « Enrio de Kusakai », donjon de rang B, pas un endroit où un garçon peut aller jouer seul. Pour un groupe d'aventuriers de rang C, c'était impossible, car même les aventuriers de rang B considèrent encore cet endroit comme dangereux, pouvant leur coûter la vie.
« — Hé gamin, tu vas quelque part ? »
Celui qui a demandé était le moine, appelé Keith. Il était inquiet en voyant l'apparence d'un garçon errant en cet endroit.
« — Je vais entrer dans « Enrio de Kusakai ». »
« — Ah, juste pour dire, ce serait mieux si tu... »
« — Je te tue si tu me déranges. »
Ce n'était pas dit d'une voix forte, mais les mots du garçon donnent des frissons aux aventuriers vétérans de rang B comme eux. Ces vétérans sans peur peuvent sentir la soif de sang du garçon et ils mettent tous involontairement la main sur leur arme. De la sueur coule sur leur front alors que la pression émise par le garçon était comme celle d'un monstre de haut rang qui transperce jusqu'aux os.
« — Keith, laisse-le partir. »
Le moine entend les mots de l'elfe et répond par un simple « ah » et déplace son corps qui se tenait devant le garçon. Après ça, le garçon entre immédiatement dans le donjon « Enrio de Kusakai ».
Les hommes continuent de regarder le garçon jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse.
« — Ne refais plus un truc comme ça. La soif de sang de ce gamin est ridicule. »
« — Ces yeux, ne les possède que quelqu'un qui a vu beaucoup de morts. Mais je ne sais pas à quel point il est fort, c'est du suicide d'essayer d'entrer seul dans le donjon « Enrio de Kusakai ». »
« — Alors, pourquoi ne pas l'empêcher d'entrer ? Il n'est pas trop tard. »
« — Keith, tu devrais le laisser tranquille. Il est aussi aventurier et devrait pouvoir assumer sa responsabilité. »
« — Comme dit Connie, un aventurier a sa responsabilité. Et tu n'as pas réalisé que le garçon possédait de la force ? »
« — Hein ? Comment tu sais ça ? »
Même après ça, Keith n'était pas convaincu de laisser le garçon partir seul. Même après le retour du chef homme-ours, l'ambiance du groupe était encore maladroite.