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Two as One Princesses

Chapitre 24 : Le réveil, la guilde et les discussions

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Chapitre 28

Chapitre 24 : Le réveil, la guilde et les discussions

Chapitre 28/28100%~17 min de lecture3 333 mots

Le lendemain matin, Ciel s'est réveillée assez tard. Le soleil était déjà haut dans le ciel, donc en termes d'horaire, on n'est probablement plus tellement à l'heure du petit-déjeuner mais plutôt à celle du brunch. Je suis vraiment content qu'elle ait pu dormir aussi profondément, mais nous avons beaucoup de choses à faire aujourd'hui, alors on ne peut pas vraiment traîner au lit trop longtemps.

« Ciel, bonjour. »

« Ain~ ? 'jour~ »

Elle est encore absolument à moitié endormie, mais c'est un peu inhabituel de la voir aussi ensuquée au réveil. C'est peut-être parce qu'elle a dormi dans un lit. Bon, c'est sûr, il doit être bien plus facile de s'endormir dans un lit que sur un sol de pierre, mais ça reste inhabituel chez elle. Après être restée hébétée quelques minutes, Ciel a soudain étiré les bras et la voilà bel et bien réveillée.

« Tu es complètement réveillée, maintenant ? »

« Les lits, c'est extraordinaire. C'est vraiment doux. Je ne sais pas pourquoi, ça me rend heureuse. »

« Dans ce cas, je suis vraiment content de l'entendre. »

« Alors, quelle heure est-il ? »

« Il doit être juste avant midi. »

« Aucun doute là-dessus, j'ai bel et bien trop dormi. Tu aurais pu me réveiller, tu sais, Ain ? »

« J'y ai pensé aussi, vu qu'on a des projets pour aujourd'hui, mais tu avais l'air d'en profiter vraiment, alors… »

Ciel emmitouflée dans une literie d'un blanc pur, avec ses cheveux blancs qui dépassaient, on aurait dit une poupée qu'on aurait envie de mettre en décoration quelque part. Cela dit, Ciel frappée par la lumière du soleil prend un air un peu divin. C'est peut-être aussi à cause de ce qu'elle porte en ce moment mais, maintenant que j'y pense, se contenter de ça sous une cape, c'est vraiment obscène. Si la personne qui nous voit connaît notre situation, ça devrait pouvoir nous attirer un peu de compassion. Reste à savoir si Celia va nous interroger sur notre situation.

Quoi qu'il en soit, la matinée était vraiment revigorante, alors je me suis mis à chanter sur un ton léger. Comme Ciel s'est réveillée tard, j'ai l'impression d'être en vacances, du coup je suis plutôt enthousiaste pour aujourd'hui. Malgré tout, même si je suis toujours éveillé, le corps de Ciel est reposé, donc mon humeur s'en ressent.

« Alors, Ain. Je te laisse tout gérer aujourd'hui encore. »

« Je te passe la main s'il arrive quoi que ce soit, et à ce moment-là, je te laisserai faire à ton tour. »

Tant que nous restons dans cette ville, c'est moi qui mènerai la barque. Je passe donc la place à Ciel — ou plutôt, je la prends —, j'enfile notre cape et je quitte la chambre. C'est peut-être seulement parce que j'ai gardé les cheveux de Ciel sous la capuche jusqu'à présent, mais ça fait bizarre d'avoir de longs cheveux qui bougent librement. Malgré tout, c'est une sensation que je n'ai jamais eu l'occasion d'éprouver quand j'étais encore un homme, donc je trouve ça plutôt intéressant.

En traversant le hall et en descendant l'escalier vers l'étage inférieur, j'ai vu Nilda debout derrière le comptoir de la réception.

« Bonjour. »

« Eh bien, eh bien, bonjour à toi, marmotte. »

Quand je l'ai saluée, j'ai eu droit à un regard plutôt attendri. Et alors que je m'attendais à ce qu'il n'y ait pas de petit-déjeuner prévu, Nilda m'a dit « Voilà ton repas ! » en me tendant un petit panier.

« C'est vraiment d'accord ? »

« Ma foi, la guilde m'a déjà payée. Donc si je ne te le donne pas, ce serait une rupture de contrat de ma part, pas vrai ? »

« Si c'est comme ça, merci beaucoup. »

« Ah, et si tu sors, laisse la clé ici avant de partir, d'accord ? »

« …Euh, je peux vous demander combien de temps je peux rester ici ? »

« Pour l'instant, ça doit faire une dizaine de jours, je crois ? »

« Je vois. Merci beaucoup. »

« On dirait qu'on n'a pas besoin d'emporter toutes nos affaires avec nous. »

« C'est vrai. N'empêche, je suis vraiment contente qu'on n'ait pas à se soucier des frais d'auberge pendant dix jours. »

« Après tout, c'est bien mieux que de dormir par terre. »

« Et puis, comme on a notre propre chambre, on peut parler sans se soucier du regard des autres, pas vrai, Ciel ? »

Nous avons eu cette conversation en nous rendant à la guilde. « Fufu, c'est vrai. » a répondu Ciel d'un ton joyeux. Est-ce parce que nos conversations privées l'enthousiasment vraiment ?

Le chemin jusqu'à la guilde n'était pas bien compliqué, nous sommes donc arrivées rapidement à destination. Il y a moins de monde à l'intérieur de la guilde qu'hier et, à première vue, la plupart sont plutôt des jeunes. Enfin, même si je les appelle jeunes, ils sont tous vraisemblablement bien plus âgés que Ciel. Et peut-être parce que je n'ai pas caché les cheveux de Ciel aujourd'hui, beaucoup de gens m'ont lancé des regards en coin sur le trajet, et encore maintenant.

Malgré tout, ce n'est pas comme s'ils cherchaient la bagarre : ils semblent simplement réagir à la couleur inhabituelle des cheveux de Ciel, puisque tout le monde est aussitôt retourné à ses affaires ensuite. Vu comme ça, j'ai peut-être été un peu trop obsédé par l'idée de ne pas me faire remarquer. Enfin, c'est facile à dire après coup.

En regardant l'accueil de la guilde, je constate que Celia n'est pas là. À la place, une fille qui semble avoir quelques années de plus que Ciel se tient derrière le comptoir. À en juger par ses gestes, elle a l'air d'être une débutante. Mais quand je me suis approché du comptoir, elle a visiblement cligné des yeux et semble à présent m'observer.

Ne me dites pas qu'elle vient de remarquer ma barrière ? Ou peut-être ma détection ? Dans un cas comme dans l'autre, si elle a bien repéré ma sorcellerie, une chose que même un chasseur de rang B n'a pas su remarquer, elle pourrait être considérablement forte.

Et voilà, j'étais simplement bien trop paranoïaque. Après tout, elle m'a simplement demandé « Tu viens déposer une requête ? » quand je suis arrivé au comptoir. Eh oui. Enfin, si une gamine à la couleur de cheveux inhabituelle, et qui n'a pas même l'air d'approcher les dix ans, entre soudain dans la guilde, bien sûr, c'est probablement une réaction naturelle. Au contraire, comme elle n'a pas cru que j'étais une enfant perdue, elle gère plutôt bien la situation.

« J'ai rendez-vous avec Celia, alors, vous pouvez l'appeler pour moi ? »

« Euh, Celia, c'est ça ? Tu es sa fille… peut-être pas, mais tu as un lien de parenté avec elle ? »

« Est-ce que Celia a dit quelque chose au sujet de l'appeler s'il y avait une fille aux cheveux blancs ? »

Après avoir entendu mes mots, la réceptionniste s'est probablement souvenue de quelque chose, car ses épaules ont soudain tressauté. Après m'avoir dit « Tu peux attendre un instant ? », elle a prestement filé dans l'arrière-salle. Celia m'avait dit que ça se passerait sans encombre puisque les cheveux blancs de Ciel se remarquent, mais je ne vois pas vraiment où est l'absence d'encombre en ce moment.

Bon, c'est sûr, je sais bien que nos cheveux blancs qui se remarquent ont aidé à rendre la conversation un peu plus facile ici, mais quand même.

J'entends quelque chose comme « C'était quel genre de fille, encore, que Celia nous a demandé de guetter ? » qui vient de l'arrière-salle, donc la faute incombe peut-être bien à la réceptionniste de tout à l'heure. Courage, réceptionniste anonyme. Ce serait peut-être mieux de noter les choses les plus importantes, cela dit.

Comme nous avons un peu de temps, j'ai emprunté un siège libre et vérifié le contenu du panier. À l'intérieur se trouve un sandwich garni d'une variété de légumes. D'un côté, ça a l'air plutôt simple, mais de l'autre, je distingue clairement le goût de chaque légume, donc c'est en réalité vraiment délicieux. Comme je ne trouvais pas les légumes aussi délicieux quand j'étais encore vivant, peut-être que la faim (?) est vraiment le meilleur des assaisonnements, après tout.

Un certain temps après que la réceptionniste est partie dans l'arrière-salle, Celia est sortie en hâte et a dit « Je suis désolée de vous avoir fait attendre. » en baissant la tête. Par contraste, ladite réceptionniste, revenue avec elle, a gloussé « C'est bien trop cérémonieux~ », mais en voyant le visage de Celia, elle risque de se faire sérieusement sermonner plus tard.

Mais comme le visage de Celia est immédiatement redevenu normal, c'est peut-être seulement mon imagination.

« J'aimerais vous conduire à la salle que nous avons utilisée hier, est-ce que cela vous convient ? »

« On va discuter, non ? Alors ça devrait aller. »

« Merci beaucoup. »

Tout en tenant une conversation objectivement guindée, nous sommes conduites vers l'arrière-salle. Cela dit, on nous a simplement menées dans la même pièce qu'hier, et nous sommes placées de la même façon également. Autrement dit, Carol est assise ici, à côté de moi. Je sais qu'elle n'est pas étrangère à ce dont nous allons discuter aujourd'hui, mais cette Mademoiselle Monocle risque de s'emballer bizarrement pour des choses bizarres, donc je n'ai pas vraiment envie d'être assis aussi près d'elle.

Pour l'heure, à l'instant même où nous nous installons pour discuter, Celia s'est excusée de nouveau.

« Je voudrais m'excuser du comportement de notre employée tout à l'heure. »

« Ça ne me dérange pas vraiment. Après tout, j'ai l'air plus jeune qu'une enfant de dix ans ordinaire. Maintenant que j'y pense, je n'ai toujours pas de Carte de Chasseur, donc je n'ai en fait rien qui puisse prouver que je suis chasseuse. »

« À ce sujet, encore une fois, je suis vraiment désolée. Je vais vous la remettre tout de suite. Voici votre Carte de Chasseur, Cielmer. »

Sur ces mots, elle m'a tendu une carte métallique. Elle est peut-être d'une taille au-dessus d'une carte de fidélité ou d'une carte bancaire ordinaire, je crois. Avec les mains de Ciel, ça va être un peu difficile à tenir. Sur le devant, il y a le nom Cielmer et le rang — c'est le rang E, au passage — inscrits dessus. Au dos, un motif complexe est dessiné sur toute la surface mais il s'agit probablement d'une sorte de cercle magique. De plus, c'est du type qui fonctionne à la magie. Du coup, je n'arrive même pas à comprendre ce qui est écrit dessus.

« Donc les cartes sont régies par la magie, c'est ça ? »

« Exactement. Elle est compatible avec un objet magique présent dans chaque guilde et, grâce à lui, on peut lire en détail le taux d'accomplissement des requêtes d'un chasseur ou les résultats de ses examens de passage de rang. Il permet aussi de réécrire une carte. On trouve des appareils similaires aux entrées des villes et aux postes de contrôle, et ceux-là peuvent déterminer si une Carte de Chasseur est authentique ou non. Cependant, il semblerait que personne ne sache recréer cette technologie à partir de rien. Une théorie affirme même qu'il pourrait s'agir d'un présent qu'un dieu nous aurait fait. »

« Un dieu… Est-ce Alsharohs ? »

« Je ne connais pas très bien les détails, mais je crois qu'il s'agissait de Mehtestos. »

« Je vois, ça se tient. »

Dans ce monde, il n'existe pas un dieu unique. Il y a un certain nombre de dieux et chacun d'eux règne sur quelque chose, mais je vais m'arrêter là sur ce point.

Malgré tout, à l'instar des dieux des mythologies de la Terre, il semblerait qu'ils aient aussi leurs propres amours et le reste, ici. Cependant, le seul dieu que l'Église vénère est celui qui est considéré comme le dieu de l'amour, Alsharohs. La raison en est qu'elle est en réalité la seule déesse à avoir délivré des oracles, apparemment.

Dans certaines régions, le dieu de la guerre est parfois vénéré lui aussi, mais il semblerait qu'aucun témoignage ne rapporte d'action directe de ce dieu, comme un oracle ou autre. De plus, comme l'Église a de l'influence dans de nombreux pays, celui à qui l'on se réfère généralement quand on parle d'un dieu devient naturellement Alsharohs.

Je veux toutefois que ce soit clair : l'Église n'a en réalité aucune intention de rejeter les autres dieux.

Bon, revenons au sujet principal. Celia nous ramène à la question centrale.

« Alors, une fois encore, permettez-moi d'aborder notre affiliation. Carol et moi, respectivement chasseuse et réceptionniste, sommes des membres de la guilde qui ont été détachés ici depuis le siège. Quant à la raison de tout cela, elle est strictement confidentielle, je ne suis donc pas autorisée à y répondre. »

« Puisque vous me dites ça, cela veut-il dire que vous allez me soutenir ? »

« Ce n'est pas encore tranché, mais puisque nous avons révélé que nous ne sommes du moins affiliées ni à cette ville ni à ce pays, nous devrions avoir davantage de sujets dont nous pouvons discuter. »

« Donc, même si ce que je m'apprête à dire peut être désavantageux pour ce pays, vous me laisseriez tranquille ? »

« Au contraire, puisque cela donne à la Guilde des Chasseurs davantage de cartes à jouer dans ses relations diplomatiques, la guilde est tout ouïe. Quel que soit le genre d'informations que vous détenez, la guilde gardera confidentiel le fait qu'elles viennent de vous. Cependant, même si quelqu'un est membre de la Guilde des Chasseurs, s'il n'est pas issu du siège, il est possible qu'il soit loyal à sa région ou à son pays : gardez-le à l'esprit, s'il vous plaît. »

Je m'en doutais déjà, mais il semblerait que même la Guilde des Chasseurs ait ses propres problèmes internes. Même si la Guilde des Chasseurs elle-même se tient sur une position neutre, elle recrute probablement son personnel sur place, donc selon les endroits, la direction n'est peut-être pas composée de gens venus du siège.

Dans ces cas-là, ils pourraient même faire passer l'intérêt du pays avant la volonté du siège. Malgré tout, cela ne change pas notre principe de ne parler de nous qu'aux gens en qui nous pensons pouvoir avoir confiance. Si nous le voulons, ce pourrait même être la première et la dernière occasion de parler de nous, donc en discuter n'est pas vraiment une chose dont nous avons à trop nous inquiéter.

« Cela dit, même si vos informations sont de celles que la guilde ne peut pas accepter, nous ne vous abandonnerons pas, alors ne vous en souciez pas, s'il vous plaît.

À tout le moins, ce que nous avons décidé hier est déjà garanti. »

« Puisqu'on parle de garanties, qu'est-il advenu de la punition de Carol ? »

Je me fiche en réalité de ce qu'elle est, du moment qu'elle reçoit une punition en règle. Après tout, ce n'est pas comme si le savoir changeait quoi que ce soit. Malgré tout, je veux entendre quelle est sa punition, juste pour en être sûr. Et tant que j'y suis, j'ai jeté un coup d'œil au visage de Carol et, pour une raison quelconque, elle a l'air d'avoir perdu tout espoir en ce monde.

« La Guilde des Chasseurs a sanctionné Carol par une restriction d'accès à la salle de recherche et par le paiement de vos frais d'auberge pendant votre séjour dans cette ville. Plus précisément, la guilde vous assistera dans votre vie ici, et il a donc été décidé qu'elle prendrait les frais d'auberge à sa charge. »

« Ah, merci d'avoir payé ma chambre. »

« Comme je l'ai dit, c'est la responsabilité de la guilde, alors ne vous en souciez pas, Cielmer. En échange, si vous ne montez pas en rang même après une année d'assistance et que vous n'êtes pas en mesure de gagner de quoi assurer votre subsistance à ce moment-là, nous ne vous assisterons plus dans votre progression vers le rang C : prenez-en note, s'il vous plaît. »

« Compris. »

Franchement, je voulais vraiment faire quelque chose pour notre problème d'argent actuel, donc avoir notre auberge garantie est d'une grande aide. À tout le moins, nous devrions pouvoir nous débrouiller avec l'argent que nous avons sur nous. Et si les pierres magiques que nous détenons peuvent se vendre à bon prix, ça devrait résoudre la question de notre argent qui s'épuise.

« Ensuite, ceci ne fait pas partie de sa sanction, mais durant cette année ou jusqu'à ce que vous atteigniez le rang C, Carol sera votre instructrice. »

« A-Ah bon… »

« Tu n'as pas besoin d'avoir l'air aussi mal à l'aise, tu sais ? »

Je suppose que ça s'est vraiment vu sur mon visage, parce que Carol a un peu boudé devant ma réaction. Malgré tout, si je réagis comme ça, c'est de sa faute à elle, donc je n'ai absolument pas l'intention de la plaindre ni de lui pardonner. Cela dit, elle a bien promis de veiller sur nous jusqu'à ce que nous atteignions le rang D, donc il est déjà trop tard pour que je réagisse ainsi.

« Vous avez failli me tuer, alors c'est difficile de vous accueillir à bras ouverts. Il y a peut-être de fortes chances que vous en oubliiez même de m'instruire pour vous mettre à discuter de sorcellerie. La seconde option ne me dérange pas, mais je n'ai même pas envie d'imaginer que la première se reproduise. »

« Je comprends parfaitement ce dont vous parlez, mais dans notre situation, avoir Carol pour instructrice est notre meilleure option. »

« Enfin, s'il y avait d'autres personnes qualifiées pour ça, elles seraient probablement ici, après tout. Alors, la prochaine fois que je sentirai le danger, permettez-moi de riposter sans retenue. »

« J'en étais sûre, tu n'étais pas sérieuse cette fois-là, n'est-ce pas ? »

Et juste comme nous étions en train de parler de son cas, les yeux de Carol se sont soudain allumés d'intérêt. À l'inverse, Celia a immédiatement froncé les sourcils comme si elle venait d'attraper une migraine.

« Carol. Tu ne comprends pas que c'est exactement pour ça qu'elle se méfie de toi ? »

« C-Ce n'est rien. Je ne vais pas la pousser à devenir un peu sérieuse ni quoi que ce soit. Voilà, il suffit de discuter de sorcellerie. »

« C'est encore dans la zone grise, tu sais ? »

Celia laisse échapper un profond soupir mais Carol n'a pas l'air de s'en soucier outre mesure. Bon, si Carol devient un peu trop paresseuse dans son enseignement, je le signalerai à Celia.

« Pour l'instant, revenons au sujet. Quant à la raison pour laquelle nous aimerions entendre ce que vous avez à dire, c'est que disposer d'informations à l'avance permettrait à la guilde de formuler plus facilement une contre-mesure. Concrètement, dans le cas où des poursuivants seraient déjà à votre recherche, la guilde pourrait intervenir pour fouiller également vos environs. »

« Il y a encore une possibilité que ce soit moi la coupable, vous savez ? »

« Cela pourrait être vrai, mais les chances en sont assez faibles, nous allons donc l'ignorer pour l'instant. Et même si vous étiez poursuivie pour meurtre, j'ai jugé qu'il y avait suffisamment de raisons pour que vous en veniez là. »

À ce stade, j'ai vraiment l'impression qu'on m'accorde une dérogation spéciale parce que j'ai dix ans. Enfin, normalement une enfant de dix ans n'assassinerait jamais personne, donc ils ont probablement pensé que si j'avais tué quelqu'un, je n'avais probablement pas eu d'autre choix. Quelle commodité, ce corps de petite fille !

Bon, laissons ces bêtises de côté, je devrais plutôt réfléchir à ce que je peux dire.

Traduit par Lunaris Fansub — soutenez leur travail en les suivant.

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