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Tsumikake Tensei Ryoushu no Kaikaku

Chapitre 111

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Chapitre 111

Chapitre 111

Chapitre 111/24346%~8 min de lecture1 416 mots

Le comte Sidlver avait porté Chaf jusqu'au terrain d'entraînement de la garde impériale.

Les hommes et femmes de tout âge qu'ils croisaient restaient un instant stupéfaits face à une scène qu'on ne voit presque jamais au château royal.

Mais en apercevant le visage du comte Sidlver, ils lui cédaient le passage avec une expression étrange, mêlant compréhension et sourire forcé.

Ils ne voulaient sans doute pas être mêlés à cela.

Lorsqu'ils réalisaient que la pauvre victime n'était autre que Chaf, fils aîné de la maison du comte Traynen, ils semblaient encore plus convaincus.

Le comte Sidlver pénétra sur le terrain d'entraînement et posa son regard sur un garde impérial en pause.

« Toi là, le barbu, prête-moi ton bokken. »

Le garde qui buvait à sa gourde en regardant le ciel tourna les yeux vers lui, perplexe d'avoir reçu un ordre aussi bruyant.

Dès qu'il sut que l'interlocuteur était le comte Sidlver, il écarquilla les yeux.

« O-oui ! J'apporte ça tout de suite ! »

« Hum, belle réponse ! »

Le comte Sidlver dit cela avec amusement, puis jeta Chaf, qu'il portait sur son épaule, par terre.

C'était un traitement qu'on ne devrait jamais infliger au fils d'une autre maison.

Mais le comte Sidlver n'allait certainement pas se retenir face à la maison Traynen.

Chaf semblait s'y attendre : au moment de toucher le sol, il réceptionna sa chute et se releva.

Le comte Sidlver ricana.

« Alors, Chaf. Combien de fois as-tu perdu contre le seigneur Sora cette année, et comment as-tu réussi à combler l'écart ? »

Le comte Sidlver croisa les bras et se planta là, imposant.

Interrogé, Chaf laissa son regard vagabonder.

Du moins, il n'avait pas cherché à l'affronter sur le plan martial.

Le seul vrai duel remontait à deux mois plus tôt, l'affaire de l'ergot de seigle où il avait provoqué Sora sur le terrain politique.

Mais ce duel n'était pas encore terminé.

Quand Chaf lui exposa tout sans rien cacher, le comte Sidlver souffla par le nez.

« …… Père et fils, vous êtes incroyables. Au moins le fils a-t-il eu le cran de provoquer un duel. »

C'était un marmonnement exaspéré, mais avec la voix du comte Sidlver, même un murmure s'entendait parfaitement.

Chaf fit une mine dubitative et demanda :

« Qu'est-ce que vous voulez dire par "père et fils" ? »

« Ça veut dire ce que ça veut dire. Kanjin nourrissait un complexe d'infériorité face à Beltz. Toi, c'est vis-à-vis du seigneur Sora, apparemment. »

« Mon père, face au marquis Beltz… »

C'était une nouvelle pour Chaf.

Le comte Sidlver se gratta vigoureusement la nuque. Il avait l'air terriblement ennuyé.

« Quelle bande de casse-pieds. »

Au moment où le comte Sidlver poussait un soupir, le garde impérial arriva avec deux bokken.

Le comte Sidlver les lui lança tous les deux.

« Prends-en un dans chaque main et fonce sur moi. »

« Hein ? »

Chaf compara les deux bokken tombés à ses pieds et le comte Sidlver, perplexe.

Après tout, le comte Sidlver était désarmé, et qui plus est, un vieillard.

Voyant Chaf immobile, le comte Sidlver commença à s'impatienter.

« Dépêche-toi de foncer. Jusqu'où comptes-tu m'embêter ! Même dans cette situation où toi seul as une arme, tu prétends que l'écart n'est pas comblé !? »

Hurlé dessus par le comte Sidlver, Chaf comprit.

Il était totalement sous-estimé.

Être à ce point méprisé touchait à son honneur.

Chaf durcit le regard et saisit les deux bokken.

Le comte Sidlver restait planté là, désarmé.

Se disant qu'il n'aurait qu'à s'arrêter net si ça devenait dangereux, Chaf se lança.

Il visait le bras du comte Sidlver avec le bokken de droite, et portait celui de gauche sur son épaule pour un contre-coup.

Juste au moment où il entrait en mesure, le comte Sidlver leva la jambe droite sans aucun mouvement préparatoire.

Chaf s'étonna de recevoir un coup de pied qui n'aurait pas dû l'atteindre.

Mais l'instant d'après, quelque chose vola droit sur son visage.

Il recula la tête de surprise, mais le poids du bokken sur son épaule gauche lui fit perdre du temps pour redresser sa posture.

La tête en arrière, il ne voyait plus les mouvements du comte Sidlver.

Il tenta de reculer pour se reprendre, mais pour une raison quelconque, il ne put retirer son pied.

« — C'est parce que tu as bêtement pris les deux bokken. »

Le comte Sidlver avait posé le pied sur celui de Chaf, l'empêchant de fuir.

D'un geste léger, comme pour balayer des feuilles mortes, le comte Sidlver lui fit un balayage.

« — Ah. »

Chaf poussa un cri bref de panique et atterrit sur les fesses. Le comte Sidlver, bras croisés, le toisa du menton.

Quand Chaf se retourna, il vit une des chaussures du comte Sidlver rouler au sol.

« Chaf, t'es bête. »

Le comte Sidlver l'affirma sans ambages.

Effectivement, Chaf baissa la tête, reconnaissant qu'il était idiot d'avoir mordu à l'hameau sur une simple provocation.

« En plus, ton jugement de la situation est faux. Lors de votre première rencontre, le seigneur Sora a anticipé que j'allais hurler et s'est bouché les oreilles. Il a réagi plus vite que Beltz. »

Les remarques répétées du comte Sidlver mettaient en mots clairs la différence entre Chaf et Sora.

Chaf lâcha ses bokken, envahi par l'envie de se boucher les oreilles.

Mais les mots suivants du comte Sidlver lui firent écarquiller les yeux.

« — Cependant, les capacités physiques du seigneur Sora sont moyennes. La preuve, il n'a même pas pu faire une réception de chute sur le coup. »

Quand Chaf avait chancelé et percuté Sora, celui-ci n'avait pas réussi à amortir sa chute.

En y repensant, même lors des entraînements avec l'unité du Feu, Sora ne faisait que se faire rouler par terre.

Mais il y avait un point qui clochait.

Lors du duel, Chaf s'était fait projeter par Sora.

Le comte Sidlver ricana face au doute de Chaf.

« Il avait préparé la situation rien que pour te jeter. Il t'a attiré seul, fait bloquer ses attaques par ses subordonnés, et t'a déséquilibré en te lançant un objet comme je viens de le faire. Des réflexes moyens suffisent pour ça. »

Maintenant qu'il le disait, Chaf réalisa qu'à ce moment-là, il avait été mené dans une posture instable, avait perdu son calme en voyant la loyauté suicidaire de Gorge, et manquait de sérénité.

Chaf repensa au duel et, pour la première fois, en analysa le contenu objectivement.

Le comte Sidlver fit relever Chaf.

« Le seigneur Sora a conscience de ses faibles capacités physiques et les compense par sa réflexion et sa planification. C'est l'une des choses que tu devrais imiter. »

Chaf acquiesça à contre-cœur.

Le comte Sidlver rendit les bokken empruntés au garde impérial.

« Chaf, tu as passé un an à observer le travail du seigneur Sora. Ses talents de gestionnaire me sont connus. Maintenant que tu as compris ton infériorité, il y a des choses à apprendre, non ? »

Interpellé par le comte Sidlver, Chaf serra les poings.

« La méthode du seigneur Sora n'est pas une référence. Une telle façon de faire… »

Avant que Chaf n'ait fini sa phrase, le comte Sidlver lui saisit la mâchoire d'une main de fer et parla.

« Causera quand tu auras gagné ! »

Un fracas retentit sur le terrain d'entraînement, et les gardes impériaux surpris laissèrent tomber leurs bokken et leurs lances d'entraînement.

Toujours la mâchoire de Chaf dans son étau, le comte Sidlver continua :

« Pas seulement le seigneur Sora. Il y a une multitude de gens plus capables que toi ! Non content de bouder à chaque complexe d'infériorité, tu comptes même renoncer à apprendre des meilleurs ? Si leur méthode te déplaît, contente-toi de t'en inspirer ! Tu ne comprends même pas ça ! »

La mâchoire saisie, Chaf ne pouvait pas répliquer.

Le comte Sidlver le repoussa violemment.

« Il me fait jouer les nounous jusqu'au bout. »

Le comte Sidlver souffla bruyamment par le nez, puis se tourna vers le château royal comme s'il venait d'avoir une idée.

« J'ai ouï dire que le seigneur Sora a beaucoup de subordonnés aux parcours atypiques… Bon. »

Le comte Sidlver prit une décision tout seul.

Sentant le mauvais coup, Chaf tenta de s'enfuir, mais le comte Sidlver l'attrapa par le col et l'enleva.

Et le comte Sidlver se remit à traverser le château royal à grandes enjambées.

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