« Hm… je vois. Il s'est passé ce genre de choses pendant que je n'étais pas là. »
Une fois qu'elle eut entendu le récit de Théodolf, Alice marmonna cela.
L'histoire de cette femme nommée Leila, le fait qu'elle ait été escortée, et la forte probabilité qu'elle soit maintenant manipulée par quelqu'un. Théodolf dit à Alice tout ce qu'il savait.
« Effectivement, la situation n'est pas brillante. Mais rassure-toi, tu as moi, cette ultra-forte, à tes côtés. Héhé, c'est une occasion en or pour montrer les fruits de mon entraînement. »
« Alice… merci. Tu es drôlement fiable. »
Grâce à l'arrivée d'Alice comme alliée, les possibilités avaient fait un bond spectaculaire. Avec ça, ça pourrait marcher, une lueur s'alluma dans les yeux de Théodolf.
« Mais avec tout ce monde, se battre en cachette va être compliqué. Il faut les attirer quelque part, et on aurait bien besoin d'au moins un allié de plus. »
« Quelqu'un d'autre qui pourrait nous rejoindre, hein… Y a-t-il quelqu'un ? »
Ce n'est pas pour me vanter, mais Théodolf a peu de connaissances. Des gens prêts à prêter main-forte et à garder le secret, encore moins.
Tandis qu'il réfléchissait, Alice poussa un « Ah ! » en ayant une idée.
« C'est vrai. Il est là, lui. Il nous aidera c'est sûr ! »
« Lui ? Qui ça ? »
« C'est évident. C'est Galan. »
Le nom qu'Alice prononça était celui du chevalier du royaume, Galan.
Certes, en tant que force de frappe il n'y avait rien à redire, et ses liens avec Théodolf étaient profonds.
Pourtant, Théodolf avait une raison de ne pas citer son nom.
« Leila-san vise peut-être ma mère. Dans ces conditions, est-ce qu'il accepterait de nous prêter main-forte pour la sauver… ? »
Si la priorité absolue est de protéger la vie de la reine Isabelle, mieux vaut ne pas quitter son côté pour aider Théodolf.
Surtout, accepterait-il de suivre le plan encore immature de ce dernier ? Se demandait Théodolf, inquiet.
Mais Alice balaya ses soucis d'un rire.
« Qu'est-ce que tu racontes, pas la peine de t'en faire. Lui aussi c'est un "idiot", il embarquera. »
« C'est pas un peu dur ? Certes, Galan a ses côtés décalés mais… »
« Pas du tout, c'est pas ça que je veux dire. T'inquiète, ça va aller, allons-y. »
Sur ces mots, Alice se mit en marche à la recherche de Galan.
Théodolf, tout en sentant l'anxiété, la suivit.
***
Quelques minutes de recherche plus tard.
Ils eurent la chance de tomber sur Galan qui s'apprêtait à faire une pause.
Une fois emmené dans un endroit sans témoin, Galan apprit de Théodolf l'affaire de Leila.
« Quoi ?! Impossible qu'une chose pareille soit arrivée… »
Galan plongea dans une profonde réflexion, l'air grave.
En le voyant, Théodolf se demanda s'il n'aurait pas dû se taire. Si Galan rapportait ça à son père ou sa mère, Leila serait perdue.
Pendant que Théodolf s'inquiétait, Galan’ouvrit lentement la bouche.
« Je comprends… Alors il faut agir sans attendre. Altesse, avez-vous un plan ? »
« … Hein ? Tu… tu nous aides ? »
« Que dites-vous là ! C'est une évidence. De nos forces réunies, nous les sauverons tous, sans exception ! »
En voyant Galan rire à gorge déployée en disant cela, Théodolf eut les yeux qui piquèrent.
Alice, qui observait la scène, tapota doucement l'épaule du chevalier.
« Je te l'avais dit ? Pas la peine de s'inquiéter. Lui aussi, comme moi, c'est un "idiot" qui te fait confiance. »
« Ahaha ! Si c'est pour être traité d'"idiot" comme ça, j'en redemande ! »
Théodolf, qui n'imaginait pas être aussi profondément cru, fut ému aux larmes.
Mais ce n'est pas le moment de pleurer. Il refoula l'émotion qui montait et parla.
« Merci à vous deux. Je veux votre force pour sauver ma mère… et Leila-san. »
Alice et Galan hochèrent la tête avec force.
Face à eux, Théodolf commença à exposer le « plan » qu'il mûrissait depuis tout ce temps.