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This Sandbox Game Was Unreliable

Chapitre 439

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Chapitre 439

Chapitre 439

Chapitre 439/44898%~10 min de lecture1 975 mots

La démarche d’He Fang pour devenir scribe à la Maison des Méridiens se déroula plutôt aisément, bien que la procédure elle-même fût quelque peu maladroite.

L’agent traitant sa demande n’avait pas une bonne opinion de lui et semblait même disposé à créer des obstacles.

Cette réaction était parfaitement naturelle. Après tout, le salaire mensuel du scribe de la Maison des Méridiens transitaît par les mains de ce fonctionnaire. Dorénavant qu’He Fang venait y prélever sa part, comment celui-ci aurait-il pu lui accorder ses faveurs ?

Ce n’était pas seulement une somme unique qu’il perdait, mais un revenu supplémentaire régulier et pérenne.

Pourtant, l’agent n’avait d’autre choix que de donner suite. S’il osa réellement chercher noise, qui pouvait prévoir la suite ? Risquer sa carrière future pour quelques sous ne relevait nullement de la sagesse.

Renoncer à une part de revenus relevait du calcul, mais il ambitionnait néanmoins de grimper les échelons. Ainsi, le visage fermé, il expédia la paperasse d’He Fang. Il cernait parfaitement sa position : cette rente ne durait pas par manque de candidats, mais parce que sa charge officielle lui octroyait un pouvoir discrétionnaire sur ce département. Il savait exactement dont les fonds étaient issus.

Si l’avarice avait voilé son bon sens, il n’aurait sans doute pas engrangé ces versements mensuels depuis le début.

He Fang capta cette tension sous-jacente, sans se permettre de la nommer. Une obstruction l’aurait vu riposter brutalement, la question touchant à sa Capacité Divine et à la Voie du Cultivateur. Puisque l’homme ne franchit pas le ruban rouge, He Fang préféra tourner la page, faisant abstraction de son mécontentement. Mieux valait éviter les querelles stériles.

On ne déclenche pas une guerre pour un air maussade. He Fang n’avait rien d’un sot : il savait fort bien que le commun ne devait jamais provoquer les fonctionnaires.

D’autant plus qu’à jouer les provocateurs, il prendrait le mauvais côté de la balance. Son vis-à-vis était un officier municipal : s’il souhaitait compliquer l’existence d’He Fang, il possédait amplement les leviers pour y parvenir.

Une fois les formalités achevées, He Fang s’offrit quelques vivres de première nécessité, les calqua sur sa monture et la dirigea vers la Maison des Méridiens.

Malgré sa préparation mentale face à l’état réel de la Maison des Méridiens, la prise de conscience directe lui insuffle un vague sentiment d’impuissance.

L’édifice n’était pas à proprement parler en ruines, mais les mauvaises herbes envahissaient chaque recoin. Poussière et araignées scellaient la preuve que les hommes avaient disparu d’ici depuis des lustres.

« Comprends bien pourquoi il avait l’air si vexé : toucher un traitement pour ne rien foutre, puis subir la coupe… Moi aussi, je bouillerais. » He Fang marmonna en hochant la tête.

Par chance, il avait fait les choses proprement. Il enchaîna directement sur les corvées. Faible de constitution, certes, mais privé cela ne l’empêchait pas de tenir le choc.

Il avait crevé la faim, en fin de compte. L’essentiel de sa force s’était consumé dans les études et les concours locaux, activités intellectuelles où la résistance physique comptait peu, mais contre la misère et la peine, il avait appris à batailler dès l’enfance.

Un balayage express suivi du partage de quelques rations avec sa monture lui permirent, enfin, de relâcher la pression.

« La première vision est conclue. Passons à la seconde. »

Il comprit que son don refaisait grise mine, mais n’entra pas dans les alarmes cette fois : il en saisissait déjà la raison.

Tout simplement parce qu’il n’avait bouclé ni l’image suivante.

Lorsqu’elle projette un enchaînement de visions, sa faculté cesse momentanément toute activité tant que l’une d’elles reste inachevée.

À l’instar du jour où l’on butina ses économies : il n’avait recouvré ses pouvoirs qu’au moment où les deux tableaux furent remplis.

Il savait aussi que la seconde séquence n’était pas immuable.

Par exemple, renoncer sur-le-champ et filer aurait instantanément réactivé son don. Partir relevait de la folie pure.

Autre cas de figure : l’attente de quinze jours au cabaret. Sans patienter, sa faculté se serait remise en route. Mais attendre l’équivalait à basculer mécaniquement de la seconde à la troisième scène, d’où l’arrêt brutal.

Au fil de tâtonnements successifs, He Fang avait décrypté les grandes lignes du fonctionnement de son don.

« Où donc dissimule-t-on la méthode requise ? »

Ses yeux balayèrent les rayonnages empli de tomes. Un coup d’œil superficiel révéla qu’il y dominait les traités ésotériques et barbares, épaulés par un fatras de chroniques disparates et de légendes loufoques.

L’amoncellement de papiers pressés le laissa interloqué un instant.

Sa Capacite Divinante de l’Avenir indiquait clairement qu’une technique ouvrant la Porte du Cultivateur gisait dans cette enceinte. L’inconvénient résidait dans l’absence de précisions quant au volume ou au délai de recherche.

Comme pour la troisième projection précédente : il avait lâché l’affaire jusqu’à la quinzième journée avant l’arrivée de Dong Xiuyuan, frôlant la démission.

Cela confirmait que la prescience seule ne suffît pas : réaliser l’horizon nécessitait les choix et l’effort personnel. Un faux mouvement suffisait à dévier entièrement la trajectoire.

À l’image du jour où l’on dévalisa sa bourse et qu’il pris la clé des champs : l’avenir n’était pas figé. Chaque geste le modula.

En revanche, il maîtrisait un indicateur de rupture. Toute déviation de la destinée réveillait aussitôt son Don de Prédiction. Un soulagement mince, certes, mais bien réel.

« Plus le choix, alors. Je passe à la chasse au trésor. » He Fang marmonna, les lèvres pincées, se hissa sur ses pieds et entama le déballage des traités.

La facture des ouvrages restait solide. Malgré des années d’abandon, seule une fine pellicule de crasse en avait terni les reliures.

Il profita des feuilles pour dépoussiérer les volumes, assimilant le geste à une simple opération d’entretien courant.

« Milles volumes à coup sûr. Les lire un par un me prendra une éternité », geignit-il entre ses dents. Il envisagea désormais que la technique requise ne trônât pas ouvertement dans ces pages. Peut-être dormait-elle subrepticement, attendant une clef spécifique, invisible à un simple feuilletage hâtif.

Néanmoins, loin de le décourager, He Fang persista.

Puis sa main s’immobilisa brusquement sur un traité intitulé *Discours sur la Calamité à Venir*. Son titre attira aussitôt son attention.

Une intuition immédiate, un alignement parfait entre sa quête et l’objet trouvé.

Avide de réponses, He Fang agrippa le volume et s’attaqua à la lecture.

Intuition et réalité firent bon ménage ou presque. L’ouvrage regorgeait aussi d’aphorismes indigestes, vantant ciel, terre et le cours du Temps. De prime abord, hybride de poèmes et de liturgies, il apparaissait creux, dépourvu de tout enseignement concret.

Il le dévora minutieusement, de la couverture à la quatrième, sans aucune métamorphose. Aucun des événements surnaturels projetés par la troisième vision ne surgit. Une sorte de resonance tétanisante le paralysa : son instinct criait, mais son corps refusait de bouger.

« Serait-ce que la technique requise sommeille au sein de ces lignées, en attente d’une illumination personnelle ? »

Il ne put s’empêcher de songer aux légendes tirées des récits d’alchimistes, ces disciples du Dao trouvant l’Éveil en un éclair et gravissant l’Escalier pour accéder au rang de Seigneur Véritable.

Il rappela immédiatement la séquence visuelle la plus récente.

« Suis-je tombé sur un détail ? » Il nota aussitôt que, parmi les éléments étranges de la projection, figurait un coussin de prière. Après une inspection rapide des rayonnages, il dénicha enfin un oreiller gris, lourd de poussière.

Il débarrassa le textile, s’y installa fermement, et reprit le *Discours sur la Calamité à Venir*. L’intuition demeura volatile : telle une fleur vue au reflet ou la lune nageant dans l’eau, inaccessible et floue.

Il ferma les paupières et replongea dans le souvenir de la projection.

« Il semblait falloir… réciter ? »

L’idée l’intriguait. Certainement pas noble, songea-t-il. Les Maîtres du Cultivateur représentaient l’élévation spirituelle absolue. Leurs entrainements exigeaient-ils de véritables incantations vocales ?

« Tant pis, tentons le coup. »

Dépourvu d’autre alternative, il accepta la démarche.

Il entama la récitation, et l’assomption suivante le cloua sur place.

Les syllabes jaillirent sans effort, avec une maîtrise acquise, comme s’il les avait soufflées des milliers de fois. Il n’avait parcouru la phrase qu’une seule fois ; trébucher sur les consonnes eût été fatal, rien de tel.

Pendant que les paroles s’évacuaient, il ressentit nettement une substance monter en lui – informe, volatile, comparable à… l’Avenir même.

La récitation accompagna l’apparition simultanée de visions surnaturelles autour de lui.

Il reconnut l’architecture exacte de la projection précédente.

Parallèlement, son Don de Prédictions se ralluma dès lors que la seconde vision fut bouclée.

Et ce n’était point tout : une avalanche de savoirs ancestrals se déversèrent dans son cerveau.

La conclusion de l’incantation ne lui arracha guère un sourire. Ce qu’il venait de découvrir dépassait l’entendement.

« Le Soleil… et la Fertilité ? »

« Si ces courants se développèrent sans bride, ne condamnerait-on pas le Prophète à ne plus jamais gravir l’échelle supérieure ? »

Il franchissait le seuil du Cultivateur, mais acquirent également la genèse de son Don de Vision et les protocoles pour l’amplifier.

« Sur cette Ère Troublée, le Soleil et la Fertilité affichent déjà une avance considérable. Il faut accélérer le rythme. Sinon, l’irruption des représentants des autres entités risque de nous reléguer. »

Les informations glanées via cet influx révélèrent qu’outre le Soleil, la Fertilité et le Prophète – cette dernière catégorie incluant He Fang –, d’autres concepts existaient déjà : la Flamme, la Justice, le Pouvoir… Tous sélectionnaient leurs élus.

Preuve en était le Soleil, qui s’était doté de deux ambassadeurs : le Pontife du Soleil Noir et le Géant Lumineux, affiliés aux sanctuaires respectifs.

Fait plus crucial encore : la Fertilité n’était pas laissée sans voix. Son élu portait le titre de Mère des Démorkins.

Ces deux poulains avaient déjà structuré des réseaux influents, le Soleil dominait le palmarès. Certes éclaté en deux camps distincts, chacun demeurait une force redoutable.

Désormais désigné comme représentant du Prophète, He Fang amorçait officiellement sa voie de Cultivateur, mais se tenait encore loin du haut du podium.

D’autant que son répertoire privilégiait la divination et l’anticipation, laissant sa puissance brute sensiblement en retrait.

Cette asymétrie constituaient un handicap suplementaire.

« Le Soleil manie ses Fidèles Lumineux et ses Corps Imputrescibles ; la Fertité dispense ses Démorkins. Moi, j’ai besoin de Suiveurs Aveugles. Autrement, face à cette Ère Tourmentée, mon réseau périclitera. »

Le Voyant-Aveugle avait vu trop de l’Avenir, subissant l’écroulement en retour et cédant la vue.

C’est paradoxalement en les abandonnant qu’il parvint à discerner l’au-delà temporel.

Pour exploiter intégralement le *Discours sur la Calamité à Venir* et son Don de Vision, il fallait franchir une première épreuve brutale : s’arracher ses propres globes oculaires.

Viendrait ensuite le recrutement de ses Suiveurs Aveugles, auxquels il injecterait sa propre puissance pour les fortifier graduellement.

Leurs acolytes n’auraient pas à payer ce prix sanguinaire ; leur foi naïve en He Fang servirait de lien.

« Ériger une confiance absolue relève du tour de magie. De surcroît, le prochain palier d’héritage m’exige de m’aveugler volontairement sous peine de bloquer l’accès. »

« Donc… »

He Fang tira à la corde de l’extrême. Couper des ongles ne laissait aucunes cicatrices, mais arracher des yeux signifiait subir une agonie insoutenable.

Pourtant, face à l’horizon lointain, s’il ne concrétisait pas ce statut officiel, rien ne garantissait que le Prophète ne le sacrifie pas.

Il n’était qu’un prétendant en lice, alors que la Mère des Démorkins jouissait d’une reconnaissance totale.

Pour valider ce sceau d’élu et écarter le spectre de l’abandon divin, il lui fallait sacrifier sa vision et incarner le Voyant-Aveugle. Une seule condition pour conquérir l’agrément du Prophète.

« Héhé… S’agit de crever ou de mourir. » Le rire sec d’He Fang se transforma en râle tandis qu’il plongeait ses doigts dans ses orbites et s’extirpait ses yeux d’un coup sec.

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