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There is a Cultivation Sect in the Village

Chapitre 36 : L’avis sur le tableau

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Chapitre 36

Chapitre 36 : L’avis sur le tableau

Chapitre 36/36100%~8 min de lecture1 549 mots

Lin Xiao rangea lui aussi son petit tabouret pliant, tandis que Lin Dayou tenait à la main la besace pleine de pièces de cuivre, prêt à partir.

Lin Xiao tira sur le pan de son vêtement et chuchota : « Papa, Papa, Papa, attends un peu, viens par ici, viens par ici. »

Lin Dayou n’y comprenait rien. « Qu’est-ce qu’il y a ? »

Il suivit tout de même son fils, qui le tirait vers une ruelle.

Il le vit regarder autour de lui avec une extrême vigilance, cherchant, d’un geste encore mal assuré, à sentir si l’aura d’un inconnu approchait dans les parages.

Une fois assuré que personne n’était là, Lin Dayou le vit sortir une petite bourse toute rapiécée.

« Papa, vite, mets l’argent là-dedans. » Lin Xiao ouvrit l’embouchure de la bourse et la tendit vers son père.

Lin Dayou le regarda, incrédule, puis regarda la besace gonflée de pièces qu’il tenait à la main, puis la bourse rapiécée qui n’atteignait même pas la taille de sa paume.

'On dirait que mon fils est devenu idiot. Est-ce que je peux encore le garder ?'

Puis il se rappela d’un coup le nouveau statut de son fils, Cultivateur Immortel.

'Tant pis, s’il dit de mettre dedans, mettons dedans.'

Aussi Lin Dayou enfourna-t-il, dubitatif, la besace qu’il tenait droit dans l’embouchure de la bourse.

Elle entra pour de bon !

Lin Dayou écarquilla les yeux, stupéfait.

Aussitôt après, il ne put s’empêcher de soupirer intérieurement : la cultivation immortelle rendait décidément les choses bien plus commodes !

Pendant ce temps, Lin Dashan et Madame Qin, qui rangeaient l’étal dehors, avaient vu le père et le fils s’engager en catimini dans la ruelle latérale, et en ressortir tout aussi discrètement.

Surtout, c’était ce gamin de Lin Xiao qui avait l’air d’un conspirateur.

Quant à Lin Dayou, il était perplexe en entrant, mais il ressortait tout ragaillardi.

Lin Dashan et Madame Qin trouvèrent cela un peu étrange.

Lin Dashan regarda Lin Dayou. Un instant, il eut le sentiment que son cadet avait quelque chose de changé, sans pouvoir mettre le doigt dessus.

Lin Xiao ne fit pas comme ceux qui se frappent la poitrine en annonçant à la cantonade : « Allons-y ! Direction le restaurant ! C’est moi qui régale ! »

D’abord parce qu’il savait que, s’il disait cela, il se ferait à coup sûr sermonner par Lin Dayou : 'Tu gagnes deux ou trois pièces et voilà que tu ne connais même plus ton propre nom de famille !'

Il imaginait parfaitement la tirade paternelle.

Et ensuite parce que ce bourg était vraiment très pauvre.

En plein milieu de la journée, tout en marchant, il ne sentait pas la moindre odeur appétissante.

Rien que l’odeur des rations sèches à la vapeur mêlée à celle des légumes cuits à la vapeur.

La même qu’il respirait tous les jours au village.

Aussi finirent-ils par s’accroupir au coin d’un mur et par ronger les rations sèches qu’ils avaient apportées, en guise de repas.

Profitant du temps que Lin Dayou et les autres passaient à manger, Lin Xiao s’éclipsa jusqu’à une épicerie voisine et y acheta quelques articles.

Lin Xiao acheta plusieurs pigments courants.

Il ne fallait pas se fier au fait que ce n’étaient que des pigments ordinaires et en petite quantité : ils lui coûtèrent trois cents pièces de cuivre bien comptées !

Au moment de payer, le patron de l’épicerie dut déployer des efforts considérables pour lui arracher ces trois cents pièces des mains.

Lin Xiao répugnait terriblement à s’en séparer : c’était ce qu’il avait gagné en nettoyant les dents de six personnes !

Qu’on n’aille pas croire que nettoyer des dents ne demandait guère d’efforts, comme s’il pouvait empocher cinquante grosses pièces en un rien de temps.

Il s’agissait de bouches qui n’avaient été rincées qu’à l’eau claire pendant plus de dix ans, voire des dizaines d’années !

Et beaucoup d’entre elles étaient pleines de caries !

Il faut bien comprendre : une bouche pleine de caries, avec des années de brossage aux brindilles de saule et à l’eau claire, on imagine sans peine l’haleine !

L’argent que Lin Xiao avait gagné était donc vraiment de l’argent à la sueur de son front !

Et cela pouvait pour ainsi dire passer pour une affaire sans lendemain.

Après tout, dans tout le bourg et les villages alentour, il n’y avait qu’un nombre limité de familles capables de payer un nettoyage de dents, et une fois leurs dents blanches, elles ne reviendraient pas gaspiller leur argent sans raison.

Aussi, chaque pièce de cuivre dépensée lui serrait le cœur.

Mais en songeant à la salle principale de la secte qu’il allait falloir bâtir, on ne pouvait pas se contenter d’assembler à la va-vite une maison de briques de terre.

Une salle de secte, quoi qu’il arrive, devait avoir une autre allure.

Il gagna un coin, rangea soigneusement dans sa bourse les pigments qui lui avaient coûté trois cents grosses pièces, les mit à l’abri, puis retourna rejoindre son père et les autres, prêt à rentrer au village.

Mais à peine eurent-ils atteint la grande rue menant aux portes du bourg qu’ils remarquèrent beaucoup de monde qui s’attardait.

Une petite escouade d’hommes du yamen arrivait également depuis les portes.

Les hommes du yamen se dirigèrent vers un tableau d’affichage au bout de la rue.

Celui qui menait prit une feuille à un autre, qui tenait une pile de papiers à côté de lui, et la colla sur le tableau.

Avant même qu’il ait fini de la coller, les autres avaient déjà repris leur marche, prêts à afficher au point suivant.

Puis celui qui était resté se retourna, désigna l’avis fraîchement collé derrière lui et dit à la foule qui se rassemblait :

« C’est une nouvelle formidable. Écoutez bien, tout le monde, qu’on ne vienne pas me reprocher ensuite de ne pas vous avoir prévenus. »

« Écoutez donc : la secte immortelle de notre capitale provinciale, la secte Shangyang ! Elle recrute de nouveaux disciples ! C’est un grand événement qui n’arrive qu’une fois tous les trente ans ! Autrefois, elle ne recrutait qu’à la cité préfectorale, ou au mieux au chef-lieu de district ; cela n’avait absolument rien à voir avec notre bourg de campagne. Mais cette fois, c’est différent ! »

« Cette fois, la secte immortelle est clémente et a élargi le recrutement jusqu’à notre bourg ! »

« Bien entendu, ce recrutement a ses conditions ! Il faut des enfants de moins de douze ans ! Garçons et filles, peu importe ! Braves gens, si vous avez chez vous des enfants de cet âge, rentrez vite les faire beaux. »

« Dans dix jours ! Sur le marché de notre bourg ! Retenez bien ça ! »

En entendant cela, les badauds se mirent tous à poser des questions en même temps.

« Monsieur, qu’est-ce que c’est au juste, une secte immortelle ? »

« Oui, oui, on ne sait pas ce que c’est, une secte immortelle ! Qu’est-ce que ça a de si bien, au fond ? »

« Monsieur, expliquez-nous, s’il vous plaît ! »

L’homme du yamen prit un air de « comment pouvez-vous ignorer une chose pareille », puis se lança dans une longue explication à l’adresse de la foule :

« Cette secte immortelle, laissez-moi vous dire, tss, elle est d’une puissance inouïe ! Vous saviez ça, vous, qu’il existe vraiment des immortels en ce monde ! Et cette secte immortelle, c’est justement l’endroit où l’on cultive des immortels ! »

« Si l’un de vos enfants est choisi par la secte immortelle, tss tss tss, ce sera vraiment le cas de dire : quand un homme atteint le Dao, jusqu’à ses poules et ses chiens montent au ciel ! Réfléchissez un peu : si votre enfant est retenu, on l’emmènera directement à la secte immortelle, il fréquentera des immortels tous les jours et recevra leur enseignement. Qui sait, un jour votre enfant apprendra peut-être lui aussi ces capacités à défier le ciel ! »

Aussitôt, une voix incrédule s’éleva de la foule :

« Monsieur, c’est vrai, ce que vous racontez ? Il existe vraiment des immortels en ce monde ? Les immortels aux immenses pouvoirs qu’on voit dans les opéras existent pour de bon ? »

Voyant que quelqu’un osait douter de lui, l’homme du yamen se frappa aussitôt la cuisse et dit :

« Qui est-ce qui vous mentirait ! J’ai hérité ma charge de mon grand-père ! Mon grand-père servait autrefois au district ! Il y a trente ans, tous les hommes du yamen du district ont été envoyés en renfort à la cité préfectorale ! »

« Mon grand-père l’a vu de ses propres yeux, très clairement ! L’immortel venu recruter des disciples à la cité préfectorale a agité la main comme ça, l’air de rien, et un navire est arrivé en volant et s’est mis à flotter en plein ciel ! Il a agité la main encore une fois, et les enfants choisis se sont envolés un par un, pour se poser droit sur ce navire ! »

« Dites-moi, si ce n’est pas un immortel, qu’est-ce que c’est ! »

En entendant cela, la foule hocha la tête avec révérence et admiration.

Traduit par Wuxia France — soutenez leur travail en les suivant.

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