Nishino, qui avait immédiatement vérifié les usages de la compétence « Mail », la partagea avec ses amis. Il envoya un « Mail » à chaque membre, leur permettant de remplir la condition d'acquisition, et ordonna à ceux qui avaient des SP de libre de l'obtenir.
(Finalement, six personnes dont moi purent l'obtenir.)
Les membres restants n'avaient plus de points, il fut donc décidé qu'ils attendraient leur prochaine montée de niveau. Nishino consulta la liste des personnes contactables.
(La liste contient les noms des gens que j'ai rencontrés après avoir obtenu la compétence…)
Les noms affichés dans le carnet d'adresses étaient ceux des personnes qu'il avait rencontrées après avoir acquis la compétence. Non, plus exactement, c'était après qu'il eut rempli les conditions pour l'acquérir. Il pensa qu'il pourrait peut-être envoyer un mail à quelqu'un qui s'était séparé du groupe, mais comme prévu, la compétence n'était pas si commode.
Seule la personne qui avait établi le premier contact et celles qui se trouvaient à portée quand la compétence devint disponible furent ajoutées à la liste. Concrètement, seulement celles qui se tenaient dans un rayon de cinq mètres.
(C'est normal.)
Nishino n'avait pas beaucoup d'attentes au départ. Il pensait juste que ce serait un « bonus » si c'était possible. (NT : pour contacter ses amis perdus) (Mais c'est bien de connaître le nom, surtout face à un adversaire d'origine inconnue. Ça peut servir pour négocier.) Rien qu'en connaissant le nom de l'adversaire, cela devient une carte qu'il peut jouer lors de négociations. Sans compter que face à des gens utilisant des pseudonymes, des inconnus qu'ils rencontrent pour la première fois auront l'impression qu'ils détiennent plus d'informations qu'eux. Malgré cela, ce n'était pas là le véritable avantage de « Mail ».
(Avec cette compétence, combattre les monstres deviendra bien plus facile.)
Dans la situation actuelle, la communication est un élément crucial qui peut être utilisé stratégiquement et servir d'atout majeur. Que ce soit pour des embuscades, des attaques surprises ou la coordination d'équipe, avoir cette compétence change tout.
(Merci, Rikka. Grâce à ça, on peut avancer d'un pas.)
Dans la foulée, Nishino et ses camarades discutèrent stratégies et formations centrées sur la compétence « Mail ». Ils mirent aussi en place un réseau de communication au cas où ils seraient séparés. S'ils exploitaient bien cette compétence, leur groupe pourrait surpasser les autres sur le long terme. Si cela arrivait, leurs futures opérations se dérouleraient plus facilement.
(Quand on finit la réunion, on doit rejoindre Rikka.)
Nishino fixa un lieu et une heure pour retrouver Rikka et lui envoya un mail.
Quelques minutes plus tard ——
« Bon, on y va. »
Ils étaient bien reposés, et les sacs bourrés à craquer de conserves et de nourriture de longue conservation. Il n'y avait plus aucune raison de rester.
« Nishino-san, on doit vraiment partir ? Il reste encore de la nourriture… »
Shibata avait l'air regretteux, mais Nishino secoua la tête.
« Ça ne peut pas être aidé. Cet endroit n'est pas fait pour être une base. »
Non seulement l'emplacement n'était pas idéal, mais le konbini était trop exigu pour ce nombre de monde. Mieux valait installer une vraie base avant de revenir récupérer la nourriture.
« Alors on rejoint Rikka. Tout le monde, comme on vient d'en discuter…. hmm ? » Il sentit quelque chose de sinistre. Ça venait d'en bas.
(Vibration ?)
Crac. Crac.
Le sol tremblait.
(Séisme ?…. Non, c'est pas ça !)
À cet instant, Nishino fut assailli par un malaise intense.
« Tout le monde ! Sortez du konbini tout de suite ! »
« Hein… »
Ne comprenant pas ce que disait Nishino, ils restèrent sur place. Ce qui arriva juste après. Une fissure parcourut une partie du sol, s'effondrant avec un bruit sec.
« Qu'est-ce que… !? »
Soudain, un grand trou s'ouvrit dans le plancher. Un trou profond et sombre qui semblait mener tout droit en enfer.
« C'est quoi ça… ? »
Il était peu probable que le plancher s'effondre sans raison. En penchant la tête au-dessus de l'abîme, quelque chose… il y avait une lueur à l'intérieur. Quelque chose s'y trouvait.
Clac clac. Chuchu chucha.
Des bruits inquiétants s'échappaient du trou.
« Hiiiiiiii… »
On ne sut pas qui avait poussé ce cri. Une fourmi géante émergea du trou. Des fourmis géantes de la taille d'un humain sortirent les unes après les autres.
« Uwaaaaaaaaaaaaaaaa ! »
Ils hurlèrent sans pouvoir se contrôler.
« COURREZ !! »
Au signal de Nishino, ils se mirent à bouger comme l'eau jaillissant d'un barrage rompu. Cependant, l'un des garçons, en retard dans sa fuite, trébucha sur le sol.
« Ah… »
« Kasai !? »
Nishino cria. Les autres regardèrent aussi vers lui. D'innombrables fourmis tentaient de se ruer vers l'endroit où il était tombé.
« U……… »
Le garçon nommé Kasai fixait les fourmis qui approchaient comme si c'était la fin du monde. L'homme qui vint à son secours fut l'homme d'âge mûr, Hachiro Goshogawara. Ramassant son arme, le tronc d'arbre, qui se trouvait près du rayon magazines, il le projeta sur les fourmis.
« NuoooooooooooooOOOOOOO ! »
« Wa…. le vieux !? »
Plusieurs fourmis furent repoussées dans le trou par la force du tronc. Goshogawara bondit vers le garçon dans cette ouverture.
« Lève-toi vite ! Allez ! »
« O, oui ! »
S'agrippant à la main tendue, le duo sprinta vers l'extérieur.
« Tout le monde va bien ? »
« Bon, on s'en sort. »
« Ça va. »
« Fu… fu… »
Il y avait déjà de nombreuses fourmis à l'intérieur du magasin, les regardant avec des yeux rouges.
« Ce sont… des monstres, non ? »
« Bien sûr. Comme si des fourmis AUSSI grosses pouvaient exister… »
Fourmis tueuses. Non, vaut-il mieux les appeler fourmis géantes ? Quel que soit leur nom, ils devaient trouver un moyen de surmonter cette épreuve.
« Tout le monde, bouchez-vous les oreilles ! »
Nishino cria en s'avançant. Comprenant ce qu'il allait faire, ils se bouchèrent les oreilles en hâte.
« — "FOURMIS ! NE BOUGEZ PAS DE LÀ OÙ VOUS ÊTES !" »
Presque instantanément, certaines des fourmis qui sortaient du konbini stoppèrent leurs mouvements comme si elles avaient entendu l'ordre de Nishino. Et c'était exactement ce qui se passait. C'était une compétence appelée « Ordre » que Nishino possédait. Il l'avait reçue en devenant « Commandant ».
Ce qu'il pouvait ordonner dépendait de son niveau de compétence. S'il y avait une grande différence de niveau entre sa cible et lui, le taux de réussite montait. En même temps, cependant, les actions allant à l'encontre de la volonté de l'adversaire, comme « suicidez-vous » ou « frappez-vous les uns les autres », avaient peu de chances de réussir. Enfin, plus il commandait de manière agressive, plus il influençait d'individus.
« On doit profiter de ce temps pour fuir ! »
« On, on ne les combat pas ? »
« Bien sûr qu'on ne peut pas. Regardez bien, seulement celles devant ont arrêté de bouger. »
Pour être précis, seulement trois étaient tombées sous son influence. Derrière elles, il y en avait des dizaines d'autres. Une fois qu'il activait son ordre, il ne pouvait pas en utiliser un autre tant que les effets du précédent ne disparaissaient pas. Face à un si gros groupe d'ennemis, Nishino n'était pas assez fort pour les tenir en respect.
(Si Rikka était là, la situation aurait pu être différente, mais…)
En tant qu'unité offensive cruciale, si Rikka était là, ils auraient pu se battre à armes égales. Peut-être auraient-ils même eu l'avantage. Cependant, il n'y avait aucun sens à penser à une telle possibilité alors que la personne en question n'était même pas là.
« Elles ont l'air sur leurs gardes après avoir vu leurs amies s'arrêter. »
Heureusement, le reste des fourmis se contentait de les fixer sans foncer. Elles devaient se méfier de la compétence de Nishino. Honnêtement, c'était un soulagement. Si elles avaient attaqué sans se soucier de rien, ils auraient pu y laisser leur vie ici.
(Mais ça veut aussi dire qu'elles ont assez d'intelligence pour être vigilantes…)
Les fourmis sont célèbres pour être des insectes qui forment des sociétés. Si cette écologie s'applique aussi aux monstres, elles pourraient devenir extrêmement problématiques.
« La contrainte ne durera que dix secondes de plus. Il faut commencer à partir. »
« Ouuu ! »
Au moment où l'effet de « Ordre » se dissipa, les fourmis attaqueraient. Sachant qu'ils étaient dans une mauvaise posture, ils quittèrent immédiatement les lieux.