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The Villainess’s Reputation [Kingdom Building

Chapitre 59

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Chapitre 59

Chapitre 59

Chapitre 59/13942%~9 min de lecture1 747 mots

Marie prit une grande inspiration, se raidit, puis éleva la voix par-dessus les murmures de la foule.

Mais sa voix ne porta guère au-delà des premiers rangs. La foule restait agitée, ses conversations la noyant. La panique monta dans sa poitrine. Avait-elle déjà échoué ?

Sentant son malaise, Alice — qui se tenait à ses côtés — lui tapota doucement le dos. Elle glissa une petite fleur de jasmin dans la paume de Marie et murmura : « Respire profondément. Ne sois pas si raide. »

Marie cligna des yeux, réalisant qu'elle avait complètement oublié la fleur de jasmin. Une vague de gêne la submergea.

Serrant la fleur entre ses doigts, elle l'écrasa. Un faible scintillement doré se répandit dans l'air tandis que le sort s'activait. Elle reprit une grande inspiration avant de lancer un nouvel appel, cette fois avec une force nouvelle dans la voix.

Cette fois, ses paroles retentirent à travers la cour, portant jusqu'aux confins de la foule rassemblée. Un silence tomba sur les esclaves tandis que tous les regards se tournaient vers elle, la remarquant vraiment pour la première fois.

Dans la foule, Bradon plissa les yeux. Quelque chose dans cette voix lui semblait étrangement familier. Il plissa davantage les yeux vers la jeune fille sur l'estrade, son visage juste assez loin pour rester flou.

À ses côtés, son fils Samuel pointa soudain du doigt, les sourcils froncés. « Père, n'est-ce pas la fille du village voisin ? »

La femme de Bradon, Camilia, poussa un léger souffle en reconnaissant à son tour la jeune femme. « Oui ! Je me souviens d'elle maintenant ! Elle vivait seule avec son père, n'est-ce pas ? Ils venaient à notre village tous les quinze jours acheter du bois de chauffage. »

Les yeux de Bradon s'écarquillèrent sur la réalisation. Tout s'emboîta. « Oh ! Cette charmante petite dame... Mais qu'est-ce qu'elle fait ici ? »

Avant que quiconque n'ait le temps d'exprimer une autre pensée, la voix de Marie retentit à nouveau, ferme et claire.

« Je suis Marie Leon ! La disciple de l'Estimée Princesse Ravenna Solarius — Duchesse du Duché de Jola ! »

Le poids de sa déclaration s'abattit sur la foule. Des murmures parcoururent les esclaves, leur méfiance évidente.

Marie ne broncha pas. Elle savait ce qu'ils pensaient — les mêmes doutes qui l'avaient tourmentée autrefois.

« Je sais que beaucoup d'entre vous se demandent — ne sommes-nous que vos nouveaux maîtres ? Continerez-vous à souffrir sous les chaînes d'un esclavage injuste ? » Marie laissa la question en suspens avant de répondre, sa voix ferme. « La réponse est NON ! »

Un silence stupéfait s'ensuivit.

« La Princesse Ravenna a fait un choix — un choix que la plupart des nobles n'auraient jamais fait. Elle a choisi de ne pas couler les navires qui vous ont amenés ici, même si vos soi-disant "maîtres" ont attaqué cette terre. Elle aurait pu tout détruire, vous laisser tous vous noyer avec eux, mais elle ne l'a pas fait. Elle vous a épargnés ! »

Des murmures se répandirent dans la foule. Ce qu'elle disait était vrai — les pirates et les membres du syndicat avaient été rapidement capturés, mais leurs navires n'avaient pas été coulés, et on ne les avait pas laissés mourir en mer.

Et pourtant, le scepticisme persistait.

Un nom à la fois craint et respecté. Des histoires sur sa cruauté et son autorité inébranlable s'étaient répandues à travers l'empire. Beaucoup croyaient encore que c'était un piège — qu'elle trouverait un autre moyen de les exploiter.

Marie sentit leur incertitude. Elle savait qu'il faudrait plus que des mots pour les convaincre.

« Oui ! Ma maîtresse est cruelle et brutale. C'est vrai ! » Elle fit une pause, se préparant avant de continuer. « Mais... elle se soucie aussi de son peuple, même si elle a une drôle de façon de le montrer. »

Les murmures s'amplifièrent. La contradiction dans ses mots les confundait. Comment quelqu'un pouvait-il être à la fois cruel et compatissant ?

Marie prit une respiration pour se calmer.

« Ce que je veux dire, c'est — elle est JUSTE. »

Elle leva la main, se désignant elle-même.

« Regardez-moi ! J'étais une esclave, tout comme vous tous. Sous le syndicat, je n'avais pas d'avenir. Je n'avais pas d'espoir. Mais maintenant ? » Elle se redressa, le menton haut. « Maintenant, je me tiens devant vous en tant que disciple d'une Duchesse. »

Ses mots frappèrent comme un marteau contre les murs de doute entourant la foule.

« Je suis la preuve vivante que vous ne serez pas exploités comme vous l'étiez sous le syndicat. Vous ne serez pas laissés pourrir ou vendus comme du bétail ! »

Marie fit un pas en avant, sa voix stable et résolue.

« Vous avez un avenir ici. Un choix. »

Elle laissa son regard balayer la foule rassemblée, prenant en compte le mélange de scepticisme, d'espoir et de peur sur leurs visages. Elle savait que ses mots seuls ne suffiraient pas à gagner leur confiance — mais les actes, avec le temps, y parviendraient.

Prenant une grande inspiration, elle continua : « Dans les jours à venir, nous nous procurerons suffisamment de fleurs de lotus pour briser tous vos sorts de servitude. »

Une vague de soulagement parcourut les anciens esclaves. Pour la première fois depuis leur capture, ils osèrent espérer. Des murmures d'étonnement se répandirent parmi eux. Était-ce vraiment vrai ? Serait-ils enfin libres ?

Marie vit le changement dans leurs expressions et continua.

« Ceux d'entre vous qui n'ont nulle part où aller pourront choisir de rester ici à Jola et recommencer à zéro. Ceux qui souhaitent rentrer chez eux seront libres de le faire. »

Des murmures excités s'élevèrent dans la foule, mais Marie leva la main, réclamant le silence.

La foule se tut instantanément, se préparant au piège.

Marie hésita un bref instant, mais elle savait qu'elle devait être transparente. Cela ne serait pas facile, et ils avaient besoin de comprendre pourquoi.

« Nous ne briserons pas les sorts de servitude de tout le monde immédiatement. »

Un silence tendu s'installa sur la foule. Marie avala difficilement, sentant le poids de leurs regards attendris.

« Comme vous le savez peut-être déjà, les fleurs de lotus sont incroyablement chères. En acheter assez pour vous libérer tous d'un coup placerait un fardeau énorme sur le duché. »

Les expressions soulagées d'à l'instant vacillèrent, remplacées par des regards inquiets et déçus. Certains baissèrent la tête, comme si l'espoir avait été brandi devant eux pour être cruellement arraché.

Marie serra les poings. Elle devait les rassurer avant que leurs peurs ne reprennent le dessus.

« Mais ne vous inquiétez pas ! » dit-elle vite, sa voix montant avec conviction. « Ceux d'entre vous qui peuvent travailler n'auront à le faire que le temps nécessaire pour gagner leurs frais de voyage avant que nous brisions votre sort de servitude. »

Un murmure de compréhension se répandit dans la foule. C'était bien plus raisonnable que l'alternative.

Alors, une voix forte traversa les murmures.

« Et ceux qui ne peuvent pas travailler ? Les enfants ? Les personnes âgées ? »

Marie tourna son regard vers l'interlocuteur — Bradon.

Elle le reconnut immédiatement. C'était le même homme auprès de qui elle et son père achetaient du bois de chauffage quand ils vivaient au village. Un petit sourire effleura ses lèvres malgré la tension. C'était réconfortant de voir un visage familier.

« C'est une excellente question », dit Marie, reconnaissant sa préoccupation. « Les enfants recevront une éducation de l'Église herptienne. Une fois qu'ils sauront lire et écrire, ils pourront décider eux-mêmes s'ils souhaitent rester ou partir. »

Elle fit une pause avant d'ajouter : « Si un enfant a de la famille ailleurs dans l'empire, nous organiserons un passage sûr pour lui. Il sera escorté par nos hommes jusqu'à ses tuteurs après que son sort de servitude sera levé. »

Un soupir de soulagement parcourut la foule. C'était plus qu'équitable.

« Quant aux personnes âgées », continua Marie, « elles seront aussi accueillies par l'église et soignées. Elles ne seront pas abandonnées. »

Bradon acquiesça lentement, apparemment satisfait de la réponse. Autour de lui, d'autres chuchotaient entre eux, considérant les paroles de Marie.

Elle savait qu'ils comprenaient à quel point les fleurs de lotus étaient chères. Les graver pour briser les sorts coûtait au moins deux pièces d'or par personne — parfois même plus selon le type de sort utilisé. Un simple paysan ne pouvait même pas rêver de gagner autant, pas quand le salaire mensuel moyen était entre cinq et dix pièces d'argent.

Mais Marie leur avait donné une issue.

Au lieu d'acheter leur liberté, ils n'avaient qu'à gagner assez pour les frais de voyage — pas plus de 30 à 50 pièces de cuivre pour un billet de navire. C'était quelque chose qu'ils pouvaient atteindre en un ou deux mois seulement.

Marie laissa cela imprégner avant de prononcer ses derniers mots.

« La plupart d'entre vous ont perdu leur foyer... tout comme moi. Pour beaucoup, il ne reste plus qu'un village brûlé et des souvenirs amers. »

Sa voix s'adoucit, mais une force inébranlable habitait ses mots.

« Mais si vous choisissez de rester ici à Jola, vous aurez un toit au-dessus de votre tête. Vous aurez de la nourriture pour remplir vos ventres. Et, surtout, vous aurez la sécurité. »

Elle se redressa, sa voix claire et inébranlable.

« Vous vivrez sous la protection de la Princesse Impitoyable — afin qu'aucune tragédie ne vous arrive plus jamais. »

Un silence feutré s'ensuivit. Le poids de ses mots flottait lourd dans l'air.

Alors, Marie s'inclina profondément.

« Merci de m'avoir écoutée. »

Elle releva la tête et lança une dernière déclaration.

« Tant que vous resterez à Jola, nous n'activerons pas vos sorts de servitude pour vous forcer au travail. Cependant — » elle laissa son regard balayer la foule, « cela ne veut pas dire que nous tolérerons les comportements criminels. Si l'un de vous enfreint la loi, la force sera employée. »

Sur ce, elle recula d'un pas.

Les murmures s'intensifièrent tandis que les esclaves se tournaient les uns vers les autres, débattant, questionnant, envisageant leurs options. La tension dans l'air n'avait pas disparu, mais l'espoir avait pris racine.

Marie leur lança un dernier regard avant de suivre les autres représentants de la Princesse alors qu'ils partaient, laissant aux gens le temps de décider de leur propre avenir.

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