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The Villainess’s Reputation [Kingdom Building

Chapitre 205

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Chapitre 205

Chapitre 205

Chapitre 205/22790%~7 min de lecture1 366 mots

Il y a deux ans, village d'Oakhaven près de Nexus Town, aux confins de la frontière de l'Empire d'Ancorna

La douleur fut vive et immédiate. Marie poussa un cri, laissant tomber l'éclat de bois de chauffage et serrant sa paume. Une méchante écharde de pin s'enfonçait profondément, une perle carmin perlant autour. Instinctivement, une chaleur commença à s'accumuler dans sa main indemne, une douce lueur dorée vacillant au bout de ses doigts, prête à guérir, à apaiser, à rendre entier.

La voix de son père claqua comme un fouet dans la cour silencieuse. Il traversa la distance en deux longues enjambées, sa main calleuse se refermant doucement mais fermement sur son poignet, étouffant la lueur naissante. La chaleur mourut sur l'instant.

« Marie, regarde-moi », ordonna-t-il, sa voix tombant en un murmure dur, urgent. Son visage, d'ordinaire plissé d'un sourire tranquille, était tiré par la peur. « On n'utilise pas ça. Pas pour une écharde, pas pour une fièvre, pas pour quoi que ce soit. Tu comprends ? Le monde n'est pas tendre avec les miracles. Ce sont des marchandises qu'on s'approprie, et toi… » Ses yeux, du même marron châtain que ses cheveux, scrutaient la ruelle vide entre leur chaumière et lisière de la forêt. « …tu es un secret qu'il nous faut garder jusqu'à mon dernier souffle. La Sainte doit rester une histoire qu'on raconte, pas une fille qui coupe du bois à Oakhaven. »

Des larmes de douleur et de frustration piquèrent les yeux de Marie. « Mais ça fait mal », chuchota-t-elle, la protestation sonnant puérile même à ses propres oreilles.

« Je sais, petit oiseau », dit-il, sa voix s'adoucissant tandis qu'il l'attirait dans une brève étreinte serrée. Il sentait la terre et la sueur honnête. « Et je vais soigner ça à l'ancienne. Mais ta lumière… elle sert un dessein plus grand, un dessein dont il faut se cacher. » Il la mena vers l'auge pour nettoyer la blessure, la tête en perpétuel mouvement, tic nerveux avec lequel elle avait grandi.

Le premier cri déchira la quiétude de l'après-midi à peine cinq minutes plus tard.

Ce n'était pas un cri d'accident ni de dispute. Ce fut un hurlement brut, empli de terreur, brutalement coupé net. Le père de Marie se figea, la tête se tournant vers la place du village. Son visage blêmit.

Les sons qui suivirent furent une symphonie de cauchemar : le tonnerre des sabots sur la terre durcie, le choc de l'acier, d'autres cris, et des rires rauques. À travers les interstices de la clôture, Marie vit des silhouettes à cheval, armées et cuirassées de cuirs dépareillés, foncer sur le vieux Hemmett alors qu'il fuyait sa forge.

« Des pillards », souffla son père, le mot valait sentence de mort. Il empoigna son bras, une poigne de fer. « La cave à racines. Tout de suite. Pas un bruit. Tu ne sors pour rien au monde. »

Il la poussait vers la trappe dissimulée sous le plancher de la cuisine quand leur propre portail vola en éclats. Deux hommes combrèrent l'ouverture, leurs yeux brillants de violence. L'un tenait une hache ensanglantée.

Son père n'hésita pas. Il repoussa Marie derrière lui et chargea, non pour se battre, mais pour gagner du temps, lui offrir une seule seconde précieuse. L'homme à la hache l'esquiva et frappa. Le bruit fut mouillé et définitif. Marie regarda, le souffle bloqué dans sa gorge, son père s'effondrer au sol, ses yeux bienveillants fixant le vide.

Un cri monta en elle, un torrent d'agonie et de puissance qui suppliait d'être libéré, de rayer ces hommes de la surface de la terre. Mais ses dernières paroles résonnèrent dans son esprit, un ultime ordre : Cache-toi.

De fortes mains l'attrapèrent, la hissant. On la traîna dans le chaos de la place du village. D'autres habitants d'Oakhaven étaient rassemblés, ceux trop lents ou trop braves pour fuir dans les bois. Les pillards étaient efficaces, brutaux. Ils voulaient les jeunes et les valides. Les vieux et les récalcitrants gisaient, saignant dans la poussière.

Alors qu'on la jetait brutalement dans le groupe grandissant de captifs terrorisés, ses poignets ligotés de corde rêche, les yeux de Marie, brouillés de larmes, accrochèrent une scène étrange. Près de la maison fumante du chef de village, l'un des pillards, un homme mince qui semblait commander, ne surveillait pas le pillage. Au lieu de cela, il posait soigneusement quatre grandes dalles de verre poli au sol, les disposant en un carré précis autour du périmètre du bâtiment brûlé. Il en effleura une, et le verre bourdonna faiblement, miroitant un instant d'une lumière violette maladive, interne, avant de s'éteindre. Cela n'avait aucun sens. C'était dépourvu de but, un rituel bizarre au milieu du carnage.

Mais Marie n'avait pas de place pour la curiosité. L'image de son père, gisant immobile dans la cour, emplissait son monde. La sainte en elle hurlait dans une agonie silencieuse, impuissante, une chose sacrée cachée, maintenant enchaînée et banale.

De nos jours, bureau de Ravenna, Château du Seigneur, Kim City, île de Kim, Duché de Kim, Empire d'Ancorna

Nille acquiesça d'un faible sourire. « Oui, Votre Altesse. Nous accélérons déjà le rythme. » Puis, hésitant, son expression s'assombrit. « Mais… il y a un petit problème. »

Son regard se resserra, tranchant comme un couteau quittant son fourreau. « Quel problème ? »

La gorge du forgeron bougea tandis qu'il avalait nerveusement. « Mon… apprenti souhaite vous rencontrer. » Il marqua une pause, se tortillant sous les yeux perçants de Ravenna avant de baisser la voix. « Il a une idée plutôt bizarre. Sotte, peut-être. Je l'ai éconduit plusieurs fois, mais il insiste, il tient vraiment à ce que vous l'entendiez. »

Marie se pencha en avant, curieuse, les yeux pétillants. « Idée bizarre ? Ça a déjà l'air amusant. »

Ravenna, elle, ne sourit pas. Elle étudia Nille un long instant, comme si elle pesait non ses mots, mais le poids de sa prudence. Finalement, elle se renversa en arrière, posant un bras nonchalamment contre son fauteuil, son ton lisse pourtant résolu.

« Très bien. Fais-le entrer. Voyons ce qu'a à proposer ton apprenti. » Nille s'inclina à nouveau, le soulagement détendant ses épaules. « Sur-le-champ, Votre Altesse. »

La porte grinca et un jeune homme à peine la vingtaine entra, chacun de ses mouvements trahissant les nerfs qui le rongeaient. Ses cheveux sablonneux collaient humides à son front, comme s'il transpirait depuis l'instant où on l'avait convoqué. Ses mains se tordaient ensemble, et quand il s'inclina enfin, ce fut trop bas, trop précipité — empressé à plaire, terrifié d'échouer.

« S–salutations, Votre Altesse… » Sa voix craqua à mi-chemin, l'obligeant à racler sa gorge et réessayer, plus faible mais plus stable. « Votre… Altesse. »

Il resta courbé une seconde de plus que nécessaire, comme s'il craignait de se redresser sous le regard de Ravenna. Quand il se redressa enfin, ses yeux couleur châtaine filèrent brièvement vers Marie puis s'en détournèrent, incapables de soutenir la vue de l'importante personne qui l'observait.

« Je… je suis Ryan », bredouilla-t-il, ses doigts tirant sur l'ourlet de sa tunique. « Apprenti du maître Nille Vermen, chargé principalement de… de la verrerie. »

Les mots s'égouttaient de ses lèvres comme un ruisseau se perdant dans les cailloux, incertains et hésitants. Ses épaules s'arrondissaient comme s'il souhaitait s'y fondre.

Ravenna se renfonça dans son fauteuil, la chaîne dorée à l'encolure de sa robe scintillant tandis que la lumière matinale l'attrapait. Ses yeux se plissèrent, deux lames luisant d'irritation. Quand elle parla enfin, sa voix portait le poids de l'acier tiré d'un demi-pouce de son fourreau.

« Je n'ai pas le temps à perdre avec un gamin tremblant qui marmonne dans sa barbe. » Son regard le cloua sur place, froid et implacable. « Si tu as quelque chose qui mérite mon attention, parle clairement. Sinon, dégage. »

Ses mots tranchèrent l'air lourd du bureau. Même Marie, qui s'était penchée en avant avec une curiosité avide, se redressa légèrement devant la dureté soudaine du ton de sa maîtresse.

« Alors », continua Ravenna, ses lèvres s'étirant en un sourire fin comme une lame de rasoir. « Qu'est-ce que tu veux me montrer, apprenti ? »

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