« J'en ai assez. Je prends celui-ci et celui-là. » « C'est un choix assez aléatoire…… Attends, tu es vraiment sûre que ces tailles te vont ? » « Hein ? Oui, puisque c'est la même taille que celle que je porte en ce moment. » « Wahou, c'est plus grand que je pensais. Haaah, qu'est-ce que tu fais pour avoir une telle poitrine ? » « Arrête de me mater, s'il te plaît. »
Je cache ma poitrine tout en tenant de la lingerie, quelle situation est-ce celle-là ? Et en m'en rendant compte, mon visage est devenu rouge tomate. Ravie de voir que tu apprécies ma souffrance, Akira.
« Tu ne les essayes pas ? » « Tu crois que je vais le faire ? »
Je sais qu'il est impoli de répondre à une question par une question, mais je m'en fiche. Être dans un magasin de lingerie est déjà assez humiliant et tu en remets une couche, tu me prends pour une m̲a̲s̲o̲c̲h̲i̲s̲t̲e ?
« Tu devrais au moins les essayer. C'est ton premier achat de ce genre, non ? Alors tu ne sauras pas si ça te va bien à moins de les essayer. S'il s'avère qu'elles ne sont pas confortables, tu devras en racheter une autre paire. »
Hmm, elle a un argument valable. Si seulement elle n'avait pas ce large sourire.
« Voyons, la cabine d'essayage est là-bas, hein. Allez, on y va. » « Attends-, ne me pousse pas ! »
Et me voilà fourrée dans la cabine. Je ne devrais pas être visible de l'extérieur. Même si la porte est légèrement entrouverte, elle donne sur l'arrière de l'allée, donc les autres clients ne devraient pas me voir. Pourtant, il y a un miroir devant moi qui reflétera mon corps nu entier. Quel genre de punition est-ce celui-là ?
« Tu n'as pas particulièrement besoin d'essayer les bas. C'est juste préférable de vérifier au moins le haut. Basé sur l'expérience. » « Il s'est passé quelque chose de grave ? » « Ça m'a tellement frotté que j'en avais mal. »
Je vois. C'est certainement une mauvaise expérience. Tu as cru que ça allait mais ça n'allait pas du tout avec ta peau. En l'apprenant maintenant, je devrais vraiment essayer au moins une fois. Je suppose qu'il est temps de me préparer mentalement.
« Je reste dehors, donc tu peux te détendre, d'accord ? » « Je te fais confiance. On est ensemble depuis environ six mois, après tout. » « Ça n'a pas fait si longtemps depuis qu'on a parlé en face à face pour la première fois, cela dit. »
C'était quand je lui ai parlé de l'anniversaire des jumeaux. Quoi qu'il en soit, elle a travaillé pour me protéger en tant que garde du corps, donc il n'y a aucun moyen que je ne lui fasse pas confiance. Elles ne me disent jamais s'il y a eu des moments critiques, par contre.
« Tu le sais sûrement depuis la plage, mais tu es plutôt populaire parmi les nôtres. » « À cause du café ? » « En partie, mais c'est parce que tu n'es pas exigeante. Notre entreprise reçoit des plaintes en permanence comme si c'était normal. Même pour des choses qui ne nous concernent pas. Toi, par contre, tu n'as jamais déposé de plainte, non ? » « Jamais. »
Je ne me suis jamais sentie particulièrement gênée par elles, donc il n'y a aucune raison de se plaindre. Elles n'interviennent pas trop et la seule fois où elles s'approchent de moi, c'est quand elles sont sur le point de me perdre de vue.
« Tu leur donnes même à manger parfois. » « C'est mieux que de jeter les restes. »
En particulier, j'ai donné des collations faites avec les restes du dîner à la paire de nuit. J'ai fait des boulettes de riz avec le riz qui restait, si je me souviens bien. Je ne suis pas si pressée côté nourriture puisque je reçois de l'argent pour la nourriture de la part des voisins, c'est pour ça que je m'en fiche un peu.
« Tu crois qu'une fille de riche ferait ça ? » « Probablement pas. »
Les collations pourraient devenir une cause de plaintes. De plus, si elles n'ont pas le droit de refuser, ça ne fait qu'engendrer des problèmes. N'importe qui serait stressé.
« Du coup, y a pas mal de monde qui veut être affecté à toi. Quant à moi, ce ne sont que des emmerdeuses. »
Je peux facilement imaginer ses sourcils froncés en ce moment. Et sa bouche forme un sourire malgré tout. Elle doit penser à quel point elle a de la chance comparée à elles.
« Quelles ont été tes premières pensées en étant affectée à moi ? » « Ah, c'était "Il faut que je trouve un autre boulot". De nos jours, j'n'y pense plus du tout. Avoir un boulot facile, c'est vraiment bien. »
Ouais, si c'avait été l'ancienne , elle l'aurait peut-être vraiment fait. Gojima serait probablement malade d'anxiété. Mizuki aurait atteint ses limites aussi.
« À l'origine, on ne devrait même pas parler comme ça, non ? » « Ben oui. Garder le silence fait partie du boulot, après tout. En cas d'urgence, on a le droit de parler et de limiter tes actions, mais en règle générale on ne doit pas interagir avec toi. C'est pour ça qu'en tant que garde du corps, on ne fait généralement pas attention à ce que tu fais. » « Ça m'arrange pas mal, donc j'apprécie. » « De rien. »
Avoir une garde du corps qui m'escorterait constamment serait si intimidant que je serais probablement nerveuse même quand je ne fais rien de mal. Donc la distance qu'on a maintenant me convient.
« Alors, c'est bon ? » « J'ai aussi fini de me rhabiller. Je suis contente que tu n'aies pas mater. » « La porte est verrouillée donc y avait aucun moyen que je puisse mater. Si c'était Mizuki, elle l'aurait peut-être fait, par contre. »
Si c'était elle, j'ai l'impression qu'elle serait entrée avec moi. Depuis l'incident à la plage, j'ai discuté avec elle mais quand le sujet porte sur les vêtements, sa personnalité change complètement. J'essaie d'éviter ce sujet au maximum, mais le pire c'est qu'elle le soulève elle-même.
« Elles ont l'air d'aller bien. Je me décide pour celles-ci. » « Alors c'est bon. De toute façon il est presque l'heure, alors pourquoi on irait pas manger avant de rentrer ? » « La lingerie coûte plus cher que prévu, donc je décline poliment. » « Ce sera l'invitation de Kyousuke. Comme on dit, inviter une femme montre les ressources d'un homme. » « On ne dit pas ça. »
Ce "dicton" me met juste mal à l'aise. Ceci dit, la lingerie est assez chère. Les sous-vêtements masculins ne coûtent pas si cher, eux. Je suppose que la différence de matière joue un gros facteur ici.
« Ah, Kyousuke a dit OK. »
On dirait qu'elle l'a contacté pendant que j'étais à la caisse. Kyousuke est plutôt mou avec elle. Cela dit, vu qu'on a son accord, y a plus de raison de refuser. Je me régale volontiers.
« Bon, qu'est-ce que je prends ? » « Choisis pas un truc trop cher, d'accord ? Puisque Akira ne connaît rien à la retenue. »
En sortant du magasin, Kyousuke était là qui nous attendait. Puisqu'on mange ensemble, je suppose qu'y a pas intérêt à rester séparés. D'ailleurs, elles font vraiment pas beaucoup garde du corps en ce moment.
« Vous deux, vous faites vraiment pas garde du corps. » 「「 C'est pas toi qui devrais dire ça. 」」
Quand je l'ai dit à voix haute, toutes les deux ont immédiatement riposté. C'est vrai, je fais pas vraiment fille de riche non plus.