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The Martial Unity

Chapitre 2033

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Chapitre 2033

Chapitre 2033

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Ils ne tenaient pas à briser le lien qui les unissait à un pôle d’excellence tel que Rui, d’autant qu’ils lui témoignaient une grande bienveillance après leur alliance initiale si réussie. S’ifs étaient certes outrés par sa supercherie, il ne les avait jamais attaqués avec mauvaise foi : il n’avait cherché qu’à arranger la situation pour avancer sur sa Voie Martiale en tant qu’Artiste Martial.

Une posture que, en tant qu’Artistes Martiaux, ils pouvaient respecter, et peut-être même admirer malgré eux.

La rupture aurait des répercussions désastreuses. Il n’était plus un Artiste Martial solitaire dépourvu de protecteurs. C’était un prince de la Maison Royale, fort d’une faction personnelle d’une puissance déconcertante.

Le pousser dans les bras de leurs rivaux serait une erreur stratégique lourde.

Cela revenait à sacrifier d’emblée les multiples contributions que Rui aurait tôt ou tard apportées à l’Union Martiale.

Les arguments en faveur du maintien de ce lien se comptaient par milliers, tout comme les risques encourus en cas de rupture.

C’était la raison pour laquelle le Conseil de l’Union Martiale avait, jusque-là, entériné à l’unanimité une stratégie de réconciliation et de préservation. L’idée consistait à exiger des réparations financières pour les dommages subis, tout en veillant à ce que les liens avec le Prince du Vide ne se dégradent point.

La décision objectivement optimale.

Leur plan initial prévoyait qu’il livre tous ses arcanes martiaux, révélant ainsi des secrets d’une valeur inestimable, tout en intégrant les rangs internes de l’Union, rêve auquel elles aspiraient depuis des lustres.

« Malheureusement, toutes nos résolutions antérieures concernant ce dossier sont désormais caduques. »

lança la voix glaciale de la Héraute.

« La percée du Prince du Vide vers le Royaume de Maître constitue… une surprise, pour le moins, » poursuivit Maître Sera, gardant son sang-froid. « Nous devons revoir tous nos calculs. Nos projections initiales se fondaient sur un rapport de force favorable à l’Union Martiale, mais à présent qu’il est devenu Maître Martial, il nous sera impossible d’exiger autant de concessions. »

Outre son statut de prince et d’héritier légitime, il venait d’accéder au rang de Maître Martial. Il oscillait désormais quasi à égalité avec le sommet absolu des sphères martiales et politiques de l’Empire kandrien. Son cumul de pouvoir et d’influence défiait tout entendement.

L’Union Martiale avait été conçue par, pour et au service des Artistes Martiaux. Autrement dit, plus la puissance d’un individu se mesurait haut, plus il échappait à l’emprise normative de l’organisation.

Un Maître Martial demeurait fondamentalement insensible aux poursuites ordinaires.

Ils venaient donc de perdre leur principal levier d’action, ce ressort qui les autorisait à contraindre Rui à indemniser sa supercherie et les dommages infligés à l’Union.

Mais ce n’était là que le premier volet du dilemme.

« Dorénavant installé au Royaume de Maître… » fit remarquer la Héraute en fermant les yeux. « …Son potentiel de contribution à l’Union Martiale a littéralement explosé. Maître Martial détenteur de l’Évolution Adaptative — principe fondateur de l’Esprit Martial —, il représente une valeur inestimable pour nos rangs. Dès lors, une interrogation élémentaire s’impose… »

Les paupières baissées se relevèrent. « Faut-il insister sur les réparations ? »

Question grave, bien que la réponse parût déjà tracée.

À certains égards, la valorisation fulgurante du Prince du Vide depuis son accès au Royaume de Maître constituait en soi un dédommagement adéquat pour les torts subis. Après tout, il ne manquerait pas de propulser l’Art Martial dans sa niche spécialisée, tel le Gardien l’avait accompli durant toute sa carrière.

« Je pense que nous devons le sermonner vigoureusement, sans toutefois passer à des mesures coercitives. » trancha Maître Ceeran d’une voix ferme. « Certes, il nous a tous induits en erreur et occasionné de lourdes pertes sur la base d’investissements fantômes, mais sa puissance actuelle lui permet amplement d’excuser ces errements. Après tout, l’or n’est que de l’or. L’Union Martiale n’est ni une holding ni une banque. Nous incarnons l’Art Martial. Sur le plan des apports concrets, les progrès artistiques doivent primer sur les préjudices financiers. Et nul autre que Rui ne possède un tel capital de contribution. »

Le propos recueillit plusieurs froncements de sourcils parmi les Maîtres présents. Juger cet abandon de poursuites trop clément paraît légitime : le Prince du Vide les avait dupés sciemment pendant qu’ils plaçaient leurs espoirs dans un Artiste Martial impérial imaginaire. En revanche, les partisans de Rui, majoritaires au sein de l’Union, trouvaient cette approche plus congruente avec la vision exposée par Maître Ceeran.

« J’estime Maître Ceeran un peu trop conciliant envers Son Altesse, mais je partage globalement sa philosophie. » intervint Maître Zentra, impassible. « Plutôt qu’une sanction classique, je suggère un dispositif de compensation différenciée : Son Altesse réglerait nos pertes par des apports techniques directs. On l’obligerait à prodiguer gratuitement des connaissances stratégiques jusqu’à parfait remboursement des torts. »

Cette idée fit palpiter plusieurs Maîtres Martiaux. Face aux propositions énoncées, la prudence invita au silence avant qu’un consensus émergent. L’approche semblait raisonnable, offrant un équilibre subtil : préserver les liens princiers sans accorder de remise de peine trop aisée.

« Jamais ! C’est insuffisant ! » rugit un Maître Martial chevronné. « Nous ne pouvons valider une sanction aussi bénigne face à une supercherie pareille ! Notre réaction poserait un précédent auprès de l’ensemble des Maîtres Martiaux. En acceptant son excuse sans châtiment, nous livrerons au grand jour le message suivant : trahir l’Union Martiale et engendrer d’importants préjudices demeurent licites, dès lors que le contrevenant conserve un intérêt stratégique. Nous assisterions alors à une surenchère morbide, où chaque Maître tenterait de repousser les limites éthiques de notre organisation en jouant le jeu du mensonge ! »

Plusieurs conseillers inconditionnellement acquis à Rui froncèrent les sourcils face à cet argument.

Pourtant, il leur était difficile d’en infirmer la logique.

Force était de reconnaître que la gestion du Conseil de Haute Justice à cette affaire cruciale dessinerait le droit pour les générations futures. D’où la nécessité d’une rigueur absolue dans le traitement du dossier.

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