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The Great Cleric

Chapitre 46

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Chapitre 46

Chapitre 46

Chapitre 46/15430%~8 min de lecture1 473 mots

Hier, le pape m'avait annoncé que je partirais en voyage en tant que guérisseur de rang S.

« Luciel, tu sauveras les gens en tant que guérisseur de rang S. Je n'aurais jamais imaginé, pas même une once, que tu songerais à œuvrer pour l'Église en invoquant les paroles de ce légendaire fondateur de la guilde des guérisseurs, aventurier et utilisateur d'esprits, lord Rainster Gastard. »

En effet. Moi non plus, je n'y avais pas pensé.

« … Oui. »

« Dans ce cas, Mardan et Munera mèneront de front le projet de directive, Dongahaha ajustera le calendrier, et Catherine en examinera le contenu. »

« « « « Oui. » » » »

« Luciel, ton enthousiasme me réjouit, mais le rapport indique que tu n'es pas encore assez habile pour monter à cheval, n'est-ce pas ? »

C'est exact. C'est pourquoi je souhaite une vie dans un lieu sûr.

« … Oui. »

« Si c'est ainsi, aussi dévoué que tu sois envers l'Église, le voyage te confronterait à des bandits et des monstres. »

C'est vrai. Je suis faible, moi.

« Oui. Moi non plus, je ne suis pas rassuré à l'idée d'affronter bandits et monstres, et comme je ne sais pas monter à cheval, je me disais que si on m'encerclait, je finirais probablement par mourir. »

« Certes, une attaque pourrait te coûter la vie, mais le vrai problème, c'est que si l'on t'esclavagissait et qu'on t'enfermait quelque part pour t'obliger à user de magie de soin jusqu'à ta mort, ce serait une perte non seulement pour l'Église, mais pour le monde entier. »

Merci beaucoup. Je ferai de mon mieux pour l'Église, ici même.

« Entendu. »

« Voilà pourquoi. Un noble peut hériter de son titre à vingt ans. L'Église jugera qu'à cet âge, tu seras en âge d'être envoyé en mission, et t'autorisera à partir en voyage comme guérisseur de rang S. »

… Pourquoi en arrive-t-on là ?

« Entendu. »

« D'ici là, tu apprendras non seulement l'équitation, mais tu te prepareras sérieusement. Ce sera mon premier ordre. »

Un ordre, hein. Soit. Je me créerai mon propre paradis.

« Entendu. Je m'y emploierai de toutes mes forces. »

« Bien. »

Apparemment, on ajuste les choses pour que la directive et le projet de loi, qui progressent graduellement, soient promulgués officiellement au moment où j'aurai vingt ans et partirai en voyage. Et ce, sous nos deux noms, le pape et moi.

Parallèlement, on a commencé à encadrer progressivement la guilde des guérisseurs et les centres de soin.

Ainsi fut fixée la date limite de mon départ.

Actuellement, je suis le seul guérisseur de rang S au monde, et sous la pression de ce poids, je n'aspirais qu'à trouver une oasis… telle était ma pensée.

Je réfléchissais à la façon d'occuper cette année et cinq mois.

Depuis que j'avais compris que boire de l'Objet X pouvait m'empêcher de monter en niveau, j'avais fini par arrêter d'en boire.

Par « fini par arrêter », j'entends que j'avais écrit à mon maître, l'instructeur Brod, pour lui demander son avis.

Sa réponse était arrivée il y peu. Outre ses félicitations pour mon rang S, il abordait ce point.

[On m'avait dit que l'Objet X avait été mis au point pour que les nouveaux aventuriers deviennent un peu plus forts, mais un tel effet secondaire n'avait pas été signalé. L'Objet X tient de la superstition, mais puisqu'il est question de niveau, teste par toi-même sans en boire. Si ton niveau monte, continue comme ça. Luciel, quand ton niveau montera, tu te sentiras incomparablement plus fort qu'à présent. Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas la vérité non plus. Quelles que soient tes capacités physiques, ton corps n'en reste pas moins unique. Si tu dois affronter de front un adversaire de force égale, fuis sans hésiter. Un combat, tu ne dois jamais le perdre. Perché que la mort est au bout. Si tu te laisses griser et agis avec arrogance, le retour de bâton t'attendra immanquablement. Si tu fais preuve d'arrogance au combat, je te taillerai en pièces toute la journée pour te graver la leçon dans la douleur, alors viens à la guilde des aventuriers de Meratoni. Si c'est impossible, écris-moi, j'irai moi-même. Je te l'ai déjà dit : l'écart de statistiques n'est pas une vérité absolue. La préparation seule ne suffit pas ; la chance, la situation, l'affinité décident aussi de l'issue. Si tu ne peux pas l'entendre, bats-moi d'abord, puis fais comme bon te semblera. De ton maître à son idiot d'élève.]

Ce jour-là, mon maître m'avait rudoyé sans ménagement, mais j'avais été stupéfait qu'il saisisse si justement ma nature profonde, et ma gratitude n'avait pas de bornes.

Il avait sûrement songé à me ramener à la guilde des aventuriers pour me remettre les idées en place, mais la situation ne le permettait pas. C'est ce qu'il voulait dire.

Je repensais à mon maître, dont la vision était plus large et la réflexion plus profonde que la mienne, et je m'étais incliné en direction de Meratoni. Ce souvenir est encore frais.

« Enfin, depuis ce jour, je ne suis pas allé au labyrinthe, je n'ai pas participé à l'entraînement du bataillon des Valkyries chevalières saintes, donc rien n'a vraiment changé. »

Un an et cinq mois, c'est un temps précieux.

Je veux aller à Meratoni avant de partir en voyage, mais d'abord, je ne sais pas monter à cheval. Je compte sur Yanbas et Forénoir pour m'aider, et si possible, j'aimerais que Forénoir me soit confié.

Les autres chevaux fuient devant moi ou refusent qu'on les monte ; il n'y a absolument pas d'ambiance pour que je puisse chevaucher.

S'y ajoute le problème des monstres. Contrairement au labyrinthe, les monstres de surface crient, leurs cadavres ne disparaissent pas. Ils ont des émotions, pleurent, se fâchent. Les monstres qui usent de mimétisme ou font preuve de coordination ne sont pour moi que sources d'ulcères.

Autre chose : le pape m'a demandé de continuer les soins dans la capitale sainte jusqu'à l'entrée en vigueur de la directive. Bien sûr, on a convenu d'une fois par mois pour que les centres de soin existants ne subissent pas de pertes, mais qu'en sera-t-il vraiment ?

« Équitation, monstres, soins. En plus : gain de niveau, études ecclésiastiques, entraînement, ah, je ne connais encore que les restaurants. Avec ça, est-ce que je pourrai arriver à l'amour, moi ? Vous, les innombrables protagonistes, accordez un peu de répit à mon cœur. »

De retour de la chambre privée du pape dans la mienne, je marmonnais ces pensées.

Toc toc toc.

« C'est Marulka du bataillon des Valkyries chevalières saintes. Je suis venue chercher Lucieln-sama. »

Hein. Pas de keigo. Et « venir chercher », c'est quoi ?

« Oui. Euh, la porte n'est pas verrouillée, mais y a-t-il quelque chose ? »

La porte s'ouvrit avec un bruit sec, et Marulka, montrant son visage, lança sur le champ :

« On a dit que Lucieln-sama allait faire le tour du monde, alors à partir d'aujourd'hui, il faut qu'il inspecte chaque ordre de chevaliers pour choisir un compagnon, et qu'il vienne voir le nôtre, parait-il. »

L'intrigue avance trop vite.

« Pour ce qui est de ça, pas du tout. Et puis, Luciel-sama… non, « -sama » c'est pas la peine. S'il y a plein d'autres gens, encore, mais… déjà, m'appeler « Lucieln », c'est non. »

Je souris en me dirigeant vers la porte.

« Si tu te la joues parce que t'es devenu important d'un coup, je comptais te mettre en pièces à l'entraînement, ceci dit. »

« Ce monde ne compte donc que des fous de combat ? »

« La priorité des chevaliers, c'est de protéger, mais il y a cette parole de grand homme : "L'attaque est la défense absolue, la guerre, c'est le nombre". C'est la devise de notre ordre. »

Y a-t-il eu des réincarnés dans le passé ? Attends, il y en a encore neuf autres, non ? J'avais complètement oublié. Mais y a rien pour les identifier, ni nom ni rien ? Et à quoi bon les chercher ?

« … »

« Lucieln ? Tu figes pourquoi ? Lumina-sama et les autres t'attendent, allons-y. »

Pendant que je ruminais l'histoire des réincarnés, ma pensée s'était arrêtée sur tout le reste, et Marulka en profita pour fourrer son visage dans le mien. Cheveux courts roux-brun, yeux bleu-vert, elle change d'expression comme un chat, roulant des yeux. Les gens de ce monde sont tous si mignons que je perds mes moyens à chaque fois.

« Ah, pardon. Allons-y. »

Je plaquai mon poker face, mis sous scellé la question des réincarnés, et me mis en route vers le terrain d'entraînement du bataillon des Valkyries chevalières saintes, avec en tête la sélection d'un chevalier.

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