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The Great Cleric

Chapitre 243

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Chapitre 243

Chapitre 243

Chapitre 243/36467%~8 min de lecture1 587 mots

Pour cette coalition, je pensais en réalité qu'aucun plan élaboré n'était nécessaire.

Car quoi qu'ils fassent, notre ligne de conduite, à nous, ne changerait pas.

Néanmoins, j'ai accepté d'écouter leurs explications afin de saisir comment ils comptaient bouger et ainsi réduire au maximum les imprévus.

D'abord, je décidai de sonder la personnalité du prince.

« Que souhaitez-vous pour les habitants de la capitale impériale, Altesse Albert ? »

« Que voulez-vous dire par "comment" ? Si vous demandez s'il m'est égal que les citoyens soient pris dans les combats, la réponse est non. »

« Je vois. Et cela vaut-il même si vous vous mettez vous-même en danger ? »

« Le danger, je l'ai accepté dès le départ. Si je n'agis pas, l'Empire finira par s'effondrer. »

Il tient visiblement à l'Empire et à son peuple. C'est la moindre des choses pour quelqu'un qui a quitté son château, mais il fallait au moins cet aplomb.

« Très bien. Pour évaluer nos forces, pourriez-vous m'indiquer la composition des partisans d'Altesse Albert… disons, de la résistance, au sens où ils s'opposent au pouvoir impérial actuel ? »

« Si l'on parle de force brute, la grande majorité des habitants d'Ebiza nous sont favorables. Nous avons aussi des relais dans la capitale. »

Des coopérateurs… Pourtant, j'ai l'impression qu'il y avait peu de gens touchés par la malédiction de démonisation.

Peut-être distingue-t-on les simples coopérateurs des combattants de la résistance ?

Je demande sans attendre. La réponse me laisse sans voix.

« Combien de soldats capables d'affronter l'armée impériale pouvez-vous aligner ? »

« Une cinquantaine tout au plus. Mais ce sont d'anciens membres de ma garde rapprochée, donc des troupes d'élite. »

Personne n'a relevé le risque d'infiltrés parmi d'ex-gardes rapprochés ? Ou bien leur confiance vient-elle des épreuves partagées depuis leur exil ?

Si c'est la seconde hypothèse, on ne peut pas le leur reprocher. Mais quelle est exactement la valeur de ces « élites » ? Elles semblent si sûres d'elles…

« On imagine donc qu'il y a parmi vous des guerriers du calibre de Lionel. »

« Malheureusement, aucun ne saurait se mesurer à Sensei. »

Pourtant, en entendant mes mots, le prince détourna le regard avant de répondre.

À cet instant, un pressentiment glacé me parcourut.

Pour le dissiper, je demandai quel était leur plan de reconquête.

« Pardonnez l'indiscrétion, mais comment comptiez-vous reprendre l'Empire ? »

« Nous avons de nombreux alliés dans la capitale, et nous pouvons nous infiltrer jusqu'au château. En ce moment, la guerre contre le royaume de Rubruk épuise tant les civils que les soldats. Il ne restait plus qu'à capturer mon père. »

Une attaque frontale n'est pas la seule forme de guerre, et une opération chirurgicale à effectifs réduits n'est pas une erreur en soi.

S'ils peuvent pénétrer jusqu'au château, c'est même un bon plan.

Mais alors pourquoi ont-ils échoué ? Je poursuis sur ce que je n'avais pas encore demandé.

« Combien de fois avez-vous tenté de vous infiltrer dans l'Empire jusqu'ici ? »

« Une dizaine. Nous variions les routes pour frapper par surprise, mais nous n'avons jamais réussi. »

C'était à cause d'une taupe, mais quand je me tourne vers Bazak, il croise mon regard et secoue la tête.

Je ne saisis pas le sens de ce geste, mais j'éprouve tout de même une certaine admiration pour le fait qu'ils soient revenus vivants à chaque fois avec la même méthode.

« La dernière fois aussi, vous avez suivi ce genre de plan ? »

« Oui. Mais dans le souterrain qui relie la ville basse au château, nous avons été repoussés sans ménagement par un faux Sensei. Nous n'avons eu que le temps de fuir, sinon nous aurions pu atteindre l'intérieur du château… »

On dirait qu'il possède la compétence Malchance.

Mais un point reste obscur : Bazak n'était pas démonisé.

Ne serait-il pas, lui aussi, un espion ? Je décide de vérifier par prudence.

« Bazak-san, n'avez-vous pas participé à l'opération de reprise de la capitale ? »

« Non. On m'a refusé l'accès au château, alors j'ai été chargé de semer le trouble en ville. »

Ce n'est pas un sourire qu'il affiche, mais une grimace de frustration.

Albert détourne la tête, visiblement mal à l'aise.

De Lionel s'échappe un soupir chargé de colère.

C'est incompréhensible. Pourquoi avoir écarté Bazak, qui était à la fois stratège et force de frappe calculable ? La promesse de le nommer chancelier n'était-elle que du flan ? Ou a-t-il cru l'espion de la garde ? Mais…

J'en reste là pour les remontrances.

« Je comprends. Alors, quelle attaque avez-vous subie pour que du miasme se mette à s'échapper de vos corps ? »

« Quand nous avons tenté d'affronter le faux Sensei, un cercle magique rouge est apparu, et une fumée violette a envahi la pièce en un instant. Le faux Sensei a disparu en riant, nos corps sont devenus de plus en plus lourds, notre conscience s'est trouble, et nous avons battu en retraite avant de perdre connaissance. »

De la fumée… pas un gaz toxique, mais un gaz de miasme. Ils ne se contentent plus d'implanter des pierres magiques dans les corps, ils développent d'autres méthodes. Plus le temps passe, plus la situation empire.

S'ils savaient que l'Empire menait des recherches sur les démons, ils auraient dû prendre des contre-mesures. Je retiens cette remarque pour ne pas envenimer les choses. On s'est fait avoir comme des débutants.

L'Aura Coat, même si je m'en sers peu, empêcherait la démonisation. Ça pourrait les déstabiliser un peu. Mais comment consoler le prince après ça ?

Autant assurer le suivi minimal.

« C'est noté. Puisque des traîtres et des observateurs vous surveillaient, tous vos stratagèmes finissaient dans la paume de leur main. Cette fois, nous réussirons. »

Silence.

Mes mots ont dû le surprendre : le prince tremble de frustration, la Sainte reste bouche bée, et Bazak s'efforce visiblement de ne pas éclater de rire.

Mais l'insuffisance de leur renseignement et le gâchis des talents de Bazak doivent être reconnus maintenant, sinon cette alliance ne sera que désavantages.

… Pourtant, que faire vraiment ? Les bénéfices d'une coalition avec eux sont quasi nuls. Il y en a, certes, mais seulement si on les utilise comme pion et qu'on leur laisse la barre une fois tout terminé.

Lionel s'abstient d'intervenir plus que nécessaire, sans doute à cause de ses propres tourments.

Il a dit qu'il ne voulait plus être général.

C'est décidé.

Je les laisserai réfléchir par eux-mêmes à ce qu'ils peuvent faire.

« L'analyse de votre résistance est à peu près bouclée. Notre plan, à nous : entrée aérienne dans la capitale, percée directe jusqu'au château avec Lionel en tête. Tout ce qui nous barre la route est balayé, et je libère les démonisés. C'est tout. »

Hors Lionel, les trois autres restent figés, abasourdis par tant de simplicité.

C'est paradoxalement le prince qui reprend le premier ses esprits.

« Notre pays dispose d'un corps de wyvernes ! Tout objet volant repéré sera abattu ! »

« Les wyvernes sont des dragons spécialisés dans le vol, leur souffle n'est pas si dévastateur, m'a-t-on dit. D'ailleurs, nous prenons le bateau volant précisément pour nous faire repérer. Si les soldats impériaux aperçoivent Lionel, ils cesseront immanquablement de combattre. »

« C… c'est vrai, à la vue de Sensei, tous s'arrêteraient. Mais si le faux prétend que Sensei est l'imposteur, que faites-vous ? »

« Le général de guerre est un homme d'armes. Il exigera un duel. S'il refuse, c'est selon notre scénario ; s'il accepte, Lionel le bat et nous dévoilons la supercherie avant de foncer au château. »

*Clap clap clap* — des applaudissements retentissent. C'est Bazak.

« Quelle audace. Pas de stratagème tarabiscoté, juste la confiance en sa propre force pour percer de front… Si cela fonctionne, pas une victime inutile. Est-ce là la ruse du Sage ? »

Il a complètement mal interprété, mais je ne le corrige pas et je leur pose la question.

« Notre plan est cette percée frontale. Que pouvez-vous faire, vous, la résistance menée par le prince Albert ? »

« Alors, faisons-nous embarquer sur ce bateau volant et, en tant que premier prince impérial, rentrons ensemble en triomphe. »

Trop naïf. J'ai cru sentir un parfum de compagnon d'infortune, mais c'était une tout autre odeur. Certes, encore préférable à un empereur qui fait avancer la démonisation, mais…

« Je refuse. »

« Pourquoi ? »

« D'abord, le prince a été déshérité et est peut-être même recherché, non ? »

« La déshérence est effective, mais pas la mise en recherche. »

C'est la sainte Merphina qui me répond, mais ma décision ne change pas.

« Soit. Le bateau volant n'appartient ni à l'Empire ni au prince. Selon l'issue, il pourrait devenir le symbole de l'Empire pacifié. Je ne peux l'autoriser. »

« Dans ce cas, quel intérêt y a-t-il à… »

La phrase reste en suspens, mais le niveau de l'indiscrétion dépasse le simple lapsus.

Une idée me traverse l'esprit, et je saisis cette bourde pour négocier un point précis.

« Exact. Nous n'avons aucun avantage à nous allier à votre résistance. À l'inverse, vous n'auriez que des bénéfices. »

« … Que veux-tu dire ? »

« Accepter ou non dépend de vous, Altesse. C'est votre volonté qui tranchera. »

C'est ainsi que je formulai deux exigences, qu'il accepta, scellant l'alliance.

Enfin, apprenant qu'ils mettraient une semaine à rejoindre l'Empire même en se pressant, l'assaut fut reporté d'une semaine.

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