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The Great Cleric

Chapitre 242

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Chapitre 242

Chapitre 242

Chapitre 242/36466%~10 min de lecture1 840 mots

Se diriger vers l'Empire est une décision actée, et même sans faire front commun avec la Résistance, il n'y a pas de problème tant qu'il s'agit d'écraser le faux Lionel et les recherches sur la démonisation.

Cependant, si l'on suppose qu'on abat l'Empereur, il est évident aux yeux de tous que l'Empire se retrouvera dans une situation intenable si le prochain Empereur n'est pas désigné au plus vite.

Bon, à la base, cela ne me concerne absolument pas, mais j'avais aussi entendu de la bouche de Lionel que l'Empire menait une guerre contre les démons.

C'est pourquoi, s'il y a un successeur pour gouverner l'Empire sous mes yeux, et que sa personnalité ne pose pas de problème, je souhaite qu'il continue à combattre les démons.

J'ai donc décidé de faire une proposition.

« Prince Albert, comptez-vous à nouveau porter un coup à l'Empire ? »

« Pourquoi une telle question ? »

Tenter d'aborder le sujet principal d'emblée a peut-être mis l'autre en garde. Mais j'ai senti que si je recule ici, la négociation ne pourra même pas commencer, alors j'ai choisi de ne divulguer que notre objectif.

« Nous sommes prêts à attaquer l'Empire. »

L'atmosphère, amicale jusqu'alors, bascule d'un coup vers une tension extrême.

« Maître, pourquoi voulez-vous attaquer l'Empire ? Pour vous aussi, l'Empire reste votre patrie, non ? »

Le prince Albert, un brin ému, presse Lionel de questions.

Mais Lionel, sans s'émouvoir, me regarde et choisit de tout me laisser gérer.

« Prince Albert, c'est moi qui parle. Et ne êtes-vous pas un peu trop ému ? »

Sur ces mots, le prince Albert se tourne vers moi et me repose la question.

« Kuh, pourquoi attaquer l'Empire ? »

Sans doute remis à sa place, il rougit légèrement et aborde la question de l'attaque contre l'Empire.

« Si l'Empereur et le faux Général Guerrier-Démon ne faisaient qu'imposer une tyrannie, passe encore, mais ils cherchent à transformer les gens en démons. Cela n'est pas tolérable en tant qu'êtres humains. Vous deux étiez aussi démonisés, donc je pense que vous comprendrez que c'est un fait... »

« ...Je vois. Vous voulez l'empêcher, donc vous lancez une attaque contre l'Empire. Honnêtement, attaquer l'Empire n'est pas une décision qu'on prend avec des nerfs ordinaires. »

Dès que le sujet de la démonisation est évoqué, il affiche une expression pensive, et après avoir rejeté notre plan, le prince Albert s'arrête de parler.

C'était comme s'il laissait entendre : « Vous, vous avez les moyens de réussir ce plan. » Une manière de parler calculée pour donner envie d'entendre sa propre proposition.

Mais il prend un soin extrême à ne pas se laisser prendre au piège, et j'ai perçu son intention.

Sûrement, le but est de nous attirer dans la Résistance en nous faisant écouter sa proposition, puis en trouvant toutes sortes de prétextes.

Faire une proposition, c'est en quelque sorte formuler une demande.

C'est étrange : dès qu'on l'accepte, même pour une broutille, on a l'impression d'avoir créé une dette.

Peut-être possède-t-il cette technique de conversation parce qu'il a été élevé dans l'étude de l'art impérial.

Mais comme je viens d'affronter Bazak, bien plus coriace que le prince Albert, j'avais l'esprit assez serein pour m'en apercevoir et déjouer son piège.

« En effet, ce ne sont pas des nerfs ordinaires. Mais nous comptons frapper l'Empire dès demain, si possible. Même si nous devons y combattre des démons, je suis convaincu que nos chances de victoire sont amplement suffisantes. »

« Ah, demain ? »

Le prince, redevenu calme un instant, tente de recomposer un visage de poker détendu, mais celui-ci s'effondre illico et laisse percer l'inquiétude.

Il n'avait visiblement pas imaginé un « demain » si proche.

« Oui. Tout à l'heure, la sainte Melphina qui est chez vous nous a appris que le faux Lionel se trouve sous terre, ce qui rend notre objectif encore plus facile à cibler. »

Le prince Albert et la sainte Melphina échangent un regard affolé.

D'ailleurs, en tant que sainte de la prophétie, n'aurait-elle pas pu prédire cela non plus ? Je demanderai plus tard à Lionel pourquoi elle porte ce titre.

« Sage Luciel, ne pourriez-vous pas cesser de harceler le prince ? Prince, le sage Luciel est plus jeune que vous, mais il a traversé bien plus de bains de sang. Avant que vous ne l'entrainiez sur votre terrain, c'est vous qui serez broyé. »

C'est Bazak qui s'interpose entre le prince Albert et moi.

Vraiment, parler avec cet homme est épuisant, j'aimerais qu'on m'en dispense. Pourtant, je n'ai d'autre choix que de discuter avec lui, alors je me ressaisis et reprends le dialogue.

« Harceler, c'est un bien grand mot. Attaquer l'Empire était décidé dès le départ. »

« Alors, en supposant que vous abattiez l'Empereur, qui comptez-vous charger de gouverner l'Empire ? »

Le voilà. Il vise immanquablement nos failles. Mais je ne peux pas me laisser coincer si facilement.

« Mon but est d'abattre les démons, les recherches sur la démonisation et le faux de Lionel. Si l'Empereur ignore l'affaire des démons, nous nous retirerons de l'Empire à ce moment-là. S'il en est l'instigateur, je le trancherai. Quant au gouvernement, n'importe quel membre de la famille impériale peut s'en charger. »

« N'envisagez-vous pas que le sage Luciel gouverne l'Empire ? »

Il me sonde à nouveau, mais cette question ne vise qu'à faire entendre au prince que je n'ai aucune ambition sur l'Empire.

« Pourquoi devrais-je gouverner ? Si Lionel veut gouverner, je le soutiendrai de toutes mes forces, mais... »

« Certainement pas, je n'ai aucun intérêt pour cela. »

Le visage de Lionel affiche un refus catégorique.

« Eh bien, comme vous l'entendez, les querelles de pouvoir de l'Empire, vous pouvez les régler entre vous. »

Bazak hoche la tête à plusieurs reprises, comme pour marquer son accord.

« Et vous pensez que la Sainte Confédération de Shurule ne subira pas de représailles de la part de l'Empire ? »

Une nouvelle remarque pour jauger nos forces.

« Si vous envisagez des représailles, nous divulguerons au monde entier que l'Empire transformait des gens en démons. De plus, si ce n'est pas moi mais la Sainte Confédération de Shurule que vous déclarez la guerre, considérez que le royaume de Louvre, le royaume des nains et Yenice vous deviendront simultanément hostiles. »

J'hésite, puis je révèle l'une des stratégies envisagées en cas de guerre contre l'Empire.

Bazak, dès que j'ai fini, esquisse un sourire, se tourne vers le prince Albert et se met à le persuader.

« Prince, si vous tenez à l'avenir de l'Empire, baissez la tête devant le sage Luciel maintenant, et même si cela vous crée une grosse dette, obtenez sa coopération. »

Le prince, ayant écouté Bazak, se tourne immédiatement vers moi et s'incline profondément.

« Sage Luciel, je vous en supplie, coopérez avec nous pour rendre à l'Empire sa force et sa fierté, pour en faire un pays qui protège ses citoyens. »

Le prince Albert accepte les mots de Bazak et s'incline sur-le-champ.

Il semble prêt à s'abaisser autant de fois qu'il le faudra pour l'Empire, plutôt que de garder une fierté inutile.

« Sage Luciel, Général Lionel, je vous prie de bien vouloir nous accorder votre aide. »

La sainte Melphina lance le même appel à la coopération.

Accepter de coopérer ne pose pas de problème de notre côté, mais un point me laisse perplexe.

Oui. Tout a l'air d'une partie truquée... Il n'y a aucun doute, c'est Bazak qui a monté le coup.

On a l'impression inévitable de rouler dans le creux de sa main.

« Une question, monsieur Bazak : pourquoi avez-vous poussé le prince à s'incliner jusqu'à nous demander de coopérer ? »

« J'ai eu le sentiment que le sage Luciel avait solidement arrêté ses préparatifs pour affronter l'Empire et tracé une ligne claire sur ses objectifs. De notre côté, nous avons marché sur la capitale impériale à maintes reprises, mais honnêtement, à ce rythme, nous serons anéantis avant longtemps. J'ai donc jugé que parier sur vous était le meilleur choix. »

Même en jugeant rationnellement, faire s'incliner le prince Albert n'est pas ordinaire.

« Cette scène servait-elle aussi à me tester ? »

Quand nous sommes arrivés dans cette ville, Lionel a été surpris en voyant Bazak. Ce dernier n'était donc pas un général de l'Empire il y a encore deux ans.

Au vu de cela, une telle relation de confiance me paraît anormale.

« Honnêtement, ce que je voulais savoir, c'est pourquoi le Général Guerrier-Démon, protecteur de l'Empire, a décidé de vous suivre. »

« Avez-vous obtenu la réponse que vous cherchiez ? »

« Non, je compte la découvrir en agissant ensemble dorénavant. »

D'un air insouciant, on dirait qu'il prend simplement plaisir à la conversation.

« Cela m'intriguait : pourquoi monsieur Bazak agit-il comme le stratège du prince Albert ? Un général vaincu par l'Empire par le passé ne devrait-il pas se réjouir de la situation actuelle ? »

« Enfin, vous me posez cette question. En fait, je dois une dette à ces deux personnes. »

« Une dette ? »

« Oui. Après avoir été taillé en pièces par Lionel là-bas, je croyais ma vie terminée, mais je n'ai pas mouru. Pourtant, quand j'ai rouvert les yeux, ma patrie avait déjà péri, et j'avais perdu mon lieu de retour. »

C'est le sort classique d'un général vaincu.

« J'ai rencontré le prince et la sainte Melphina cinq ans après cette bataille. Le village qui m'avait recueilli a été attaqué par des monstres ; j'ai riposté par la magie tant bien que mal, mais ma puissance magique s'est tarie, me plongeant dans une situation désespérée. »

« Vous avez été sauvé, c'est ça ? »

« Oui. L'armée impériale commandée par ces deux jeunes gens a exterminé les monstres et sauvé le village. C'est pourquoi je ne prends pas parti pour l'armée impériale, je ne fais que rendre la dette de vie que je leur dois. »

« Une fois de retour à l'Empire, j'ai l'intention de t'élever au poste de chancelier. »

Le prince Albert l'annonce comme une déclaration, mais Bazak se contente de rire sans rien ajouter sur le sujet.

Après avoir observé leur échange, je partage mes pensées avec Lionel pour cerner les siennes.

« Lionel, je pense faire front commun avec eux. Qu'en penses-tu ? »

« Sur Bazak qui a cherché à te jauger, j'ai des choses à dire. Mais si le prince Albert monte sur le trône, l'Empire pourra encore retrouver sa fierté. »

Si l'Empire pourrit comme l'Église, ce sera conforme aux visées du duché de Branju, et beaucoup de gens en souffriront. C'est exactement ce que nous voulons éviter.

J'acquiesce aux mots de Lionel et décide d'accepter leur demande de coopération.

« ...Alors, mettons en commun les informations que nous possédons respectivement et commençons le conseil de guerre contre l'Empire. »

« Merci beaucoup. »

Tandis que Bazak s'incline profondément, je ressens encore une légère gêne, et le conseil de guerre s'engage.

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