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The Great Cleric

Chapitre 212

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Chapitre 212

Chapitre 212

Chapitre 212/21499%~11 min de lecture2 047 mots

Actuellement, face à moi se tenaient deux fous du combat.

À côté de mon maître, équipé de son épée droite et de son petit bouclier habituels, se trouvait Lionel, armé d'une grande épée et d'un bouclier massif.

Tous deux affichaient des visages manifestement batailleurs et dégageaient une pression écrasante.

Il suffisait de respirer pour en subir l'étouffement.

« Commençons. »

À l'instant où j'entendis la voix de Garba, j'activais immédiatement ma Barrière de zone et me propulsais désespérément vers l'arrière.

La lame de mon maître frôla juste après l'endroit où avait été ma tête…

S'il m'avait fallu une seconde de plus, ma tête se serait détachée de mon tronc…

J'en avais personnellement eu l'intuition formelle, mais en posant les pieds derrière moi, je remarquais ce qui clochait.

Elle se transforma rapidement en choc.

Mon maître n'avait même pas bougé d'un seul pas.

On disait qu'on voyait des phantasmes rien qu'à cause de leur pression spirituelle, ou alors ce type ne donnait vraiment pas la mesure de sa pleine puissance… !?!

Une fois projeté sur le côté cette fois-ci, je vis passer une boule de feu d'environ un mètre de diamètre.

« Monsieur Luciel, quel luxe de s'autoriser une diversion pareille, c'est dire à quel point vous êtes confiant. Je continue donc. »

Lionel maîtrisait une attaque moyen-longue portée dont il ne s'était pas servi lors de mes combats contre mon maître, ou peut-être n'avait-il tout simplement pas pu y avoir recours. Elle semblait faire plus mal que les sorts habituels.

Déjà bien assez coriace avec ce monstre de maître au profil imprévisible, elle était encore pire avec Lionel qui pouvait combattre aussi bien en première ligne qu'en soutien.

Je pris un grand souffle ici pour y voir clair.

Dès l'instant où j'avais décidé de les affronter, perdre était une évidence.

Il ne restait plus qu'à jouer sur mes propres forces.

Trop réfléchir ralentissait mes réflexes.

En expirant lentement, j'activais d'un coup mon Renforcement physique et lançais une charge fulgurante vers Lionel.

Le corps plié vers le sol, je le fis rebondir puis réduis l'espace en un instant avant de donner une frappe de l'Épée fantôme de toutes mes forces.

Lionel leva son bouclier massif. Je l'ignorai et plaquais mon arme dessus, provoquant un grondement sourd. Ma frappe ne parvint pourtant qu'à entamer le bouclier jusqu'à mi-hauteur avant de s'y coincer.

Ce fut exactement l'ouverture que cherchait mon maître. Il ne la laisserait surtout pas filer.

J'entendais déjà sa piqûre arriver sur le côté.

Et je savais pertinemment que ça ferait terriblement mal.

Contre toute attente, mon esprit refusa d'accepter cela et forma les mots nécessaires.

« Ô Dragon des Eaux, érige un mur de glace pour protéger mon corps. »

Au moment exact de l'énonciation, je pris appui sur le bouclier de Lionel, repoussais violemment et m'évacuais hors de cette zone mortelle.

Un grincement strident suivi d'un lourd fracas résonnèrent aussitôt. Deux sons, l'un aigu et l'autre mat.

Le son aigu provenait de mon maître : son épée, probablement projetée dans sa course, était maintenant prisonnière du mur de glace avec son bras.

L'autre bruit mat arrivait précisément de l'autre côté : la grande épée flamboyante de Lionel s'était également heurtée à l'obstacle glacé.

La méthode défensive que le Dragon des Eaux nous avait enseignée pendant l'entraînement m'était réellement utile si vite.

Par précaution, j'ouvrais mon écran de statuts. Il m'indiquait impitoyablement que je n'avais plus de mana que pour utiliser la force d'un dragon une seule fois de plus.

« Hoi Luciel, tu disais que tu ne pouvais manier que la magie sainte !! Tu sais faire bien d'autres choses en fait ! »

« Non seulement tu peux voler ou te déplacer comme l'éclair, mais en plus tu crées des murs de glace… Tu confirmes bien ton titre de Sage. »

« « Quel spectacle fascinant. » »

Les deux hommes chauffaient à blanc et dégageaient désormais une présence faite de celle de chasseurs aux aguets devant leurs proies.

« …Vous savez, vous me faites tous deux très peur. »

« « C'est une illusion. Continuons. » »

…Leur cerveau ne savait plus que penser à un seul chose : le combat. C'était véritablement effrayant.

Car non seulement Lionel avait tailladé à la moitié sa main gauche tenant le bouclier, mais il saignait abondamment ; la situation virait clairement au dangereux.

De même, mon maître : parce que son poignet droit s'était retrouvé bloqué dans la glace avec son épée au bon moment, il avait dû arracher violemment son membre pour s'en extraire. Ses blessures étaient sérieuses, on le comprenait sans effort.

Malgré cela, tandis que ces deux-là gardaient intact leur instinct guerrier, je reportais mon regard sur Garba. Il secoua tristement la tête en ricanant.

Sans doute savait-il qu'une fois lancé dans cet état, mon maître était irrattrapable.

Eh bien, moi aussi, après tant d'années, je commençais à m'en souvenir : les traits de caractère ne se corrigent pas, même après la mort.

Replacés sous un angle neutre, il était évident que leurs contusions étaient graves.

Allonger le duel aurait pu constituer une occasion inestimable pour gagner aisément, mais je ne voulais surtout pas exhiber une telle faiblesse devant lui lors d'un exercice simulé.

Ayant pris cette décision, je résolus de les neutraliser rapidement avant de panser leurs blessures.

Pour y parvenir, il me fallait logiquement déployer toute mon énergie.

C'est pourquoi je décidai de faire appel à ma force ultime.

« Je passe en vitesse maximale. O Saint-Dragon, protège-moi. Ô Dragon de la Foudre, laisse tout derrière toi. »

Le son s'étira jusqu'à disparaître.

Je fusai le sol de toutes mes forces. Souhaitant d'abord glisser dans la garde de Lionel, la flamme de sa grande épée me titilla, m'obligeant à écarter d'un pas sur le côté avant de lui asséner un coup de pied en plein ventre.

Tandis que j'enregistrais la sensation nette de mon impact dans ma jambe et que je pivotais pour frapper mon maître, une odeur nauséabonde de mauvais présage emplit ma gorge.

Pourtant, mon mana étant presque vide, je passai outre et tentai de régler l'affaire d'un coup.

Je compris alors que c'était erreur et hubris uniquement en levant les yeux vers le plafond du terrain d'entraînement — un spectacle banal pour mes vieux souvenirs — lorsque ma conscience commençait à s'éteindre.

Même en invoquant la puissance du Dragon de la Foudre, je n'en tirais aucunement la quintessence.

Naturellement : je n'avais commencé à manier cette force que depuis peu.

Je balayais ce genre de considérations d'un revers de main.

Certes, mon offensive devenait inévitablement linéaire, et mes déplacements manquaient encore de nuance faute d'accoutumance à ce niveau de vélocité.

Néanmoins, quelque part en moi, je pensais qu'aucun œil humain ne pourrait suivre mon déplacement.

Je fonçai en droite ligne vers mon maître et lâchai mon coup sauté ; en théorie, je devais l'avoir touché.

Mais au moment où ma cheville percuta ce qui devait être lui, aucune résistance ne passa. Pire, c'est alors que je réalisai que mon maître semblait manquer de consistance… trop tard.

« Aïe… »

À peine eus-je entendu sa voix traîner que je me fis happer par les chevilles, saisir par le bras, et ne pus freiner mon propre élan : je m'écrasai violemment le dos sur la terre battue.

Une douleur insensée commençait à avaler mes esprits. Mon cerveau fonctionnait toujours correctement, apparemment.

Alors que ma perception se troublait, j'aurais juré entendre un cri de douleur venant de mon maître, mais je n'eus pas le temps de vérifier.

Et ma conscience fut happée par le néant.

Un éclaboussement me tira du sommeil. Une goutte d'eau froide coulait sur ma joue.

« Gghh… »

Mon dos me faisait mal, oui, mais mon corps entier tremblait de douleur.

J'activais immédiatement le Soin extrême sur moi-même.

Pourquoi souffrais-je autant ? Alors que l'éclat magique retombait, je balayais les alentours du regard : mon maître et Lionel gisaient au sol, le visage livide.

« Ah, Luciel, te voilà enfin réveillé. C'est rapide, mais fais-nous un soin d'urgence. »

Gurga, tenant un seau en guise de récipient, m'avait adressé ces mots avec une pointe d'impatience ; c'est là seulement que mon esprit reprit ses droits.

« Aah, d'accord. Je m'en occupe. »

Lionel ne portait aucune blessure extérieure notable à part ses membres.

Cependant, les hémorragies étaient abondantes ; je sentais bien que son sang diminuait dangereusement.

Quant à mon maître, outre son bras droit qu'il avait violamments extrait du mur de glace, son dos était meurtri et calciné.

Je lançais aussitôt le Soin extrême sur eux.

Tandis que les plaies cicatrisaient sous mes yeux, je commençai à réfléchir sur ma défaite.

Jamais je n'aurais imaginé perdre malgré la puissance du Dragon.

Pourquoi mon maître avait-il disparu de mes coups restait une énigme à jamais inviolée.

« Vous ne pourrez retransformer votre sang perdu, vous allez devoir manger varié et suffisamment jusqu'à récupération complète. Repos absolu recommandé. »

« Kuf kuf kuf. Ta défaite te pousse-t-elle ainsi ? »

« Faire preuve d'une telle puissance et râler comme ça, il paraît que Monsieur Luciel aime profondément se battre. »

« Tu vois bien ? Avec ça, on va pouvoir multiplier les affrontements. Nous retrouverons nos compétences martiales, et Luciel saura exactement comment exploiter sa force. »

Je ne dirais pas que je regrettais ma défaite, mais franchement, pas au point de se plaindre comme ça… Enfin, normalement.

Bien plus urgent pour moi demeurait la résolution de l'énigme concernant mon maître.

« Mais non, mais non, mais non ! Pourquoi classe-t-on autrui selon ses goûts martiaux !?! Simplement, j'avais bien intenté un coup sur mon maître mais il n'y avait eu aucun feedback tactile. Quoique rectiligne soit mon tracé, je n'ai absolument pas pigé comment il suivait mes mouvements. C'est tout. »

« Luciel, ce que tu as frappé, c'était mon image résiduelle. Oublions ce détail. Peux-tu dissiper ta présence ? »

« Non, je n'ai jamais appris cette technique. »

« Hum. Dire que c'est une compétence faciliterait le propos, mais techniquement, affaiblir ou annuler totalement sa présence relève d'un savoir-faire inné ou d'un sort spécifique. »

« …Néanmoins, vous ne devenez pas fantomatique ni ne projetez des clones à la manière classique ? »

« Exact. Si vous surveillez les flux de présence ou de mana, vous finirez par repérer la faille sans besoin de niveau élevé. »

« Moi, je l'avais remarqué, mais j'ai tout de même fini au tapis. »

Lionel l'énonçait avec un naturel désarmant, mais à ce stade précis, il nous dépassait déjà d'une génération.

Comparer ce duo à mes standards équivalait à annoncer d'avance la perte.

Et pourtant, j'avais cru pouvoir gagner sur la brèche !

L'inverse s'était produit, hélas.

Puisque j'étais là, je décidai aussi de soulever un autre secret.

« Maître, comment avez-vous suivi ma cadence ? »

« Tes attaques visaient mon image résiduelle créée exprès, ou peut-être inconsciemment, mais tu calibrais tes frappes… C'est ça, non ? »

« ………… »

« Bref. Peu importe. Tu n'es toujours pas à l'aise avec ta nouvelle puissance. Te tuer accidentellement serait problématique. »

« Effectivement, sans parade adéquate, impossible d'encaisser. »

Lionel, en se massant le ventre, acquiesça. J'étais certain de l'avoir cogné lui, mais incapable de se mouvoir à la vitesse de mon maître, il avait dû volontairement orienter mes attaques vers des zones contrôlées.

L'absence totale de dommage ailleurs que sur ses membres en était la preuve parfaite.

« Reprenons notre sujet. Toi, en pensant avoir touché le vide, as hésité un instant. Ton rythme s'est figé. Après cela, il suffisait d'ajuster un lancer sur ta trajectoire directe. »

« …Comment vous mouviez-vous ainsi ? »

« J'ai sacrifié quasi-intégralité de mon mana sur mon Renforcement physique. Juste le temps d'un éclair pour vider la réserve. Sans ça, approcher leur vitesse relevait du rêve. »

Mon maître rit à cette confession, mais soudain, il me sembla que nombreux étaient ceux capables d'une telle prouesse en ce monde.

Certainement enrichi d'une puissance colossale, j'avais sombré dans la complaisance.

Aaaargh… quelle frustration.

Je voulais un jour vaincre ce duo.

Et là, pour la première fois, je m'épanchais sincèrement sur un désir aussi ambitieux.

C'est ainsi que s'acheva cet échange simulé, avant que la Guilde des Aventuriers n'organise une grande fête.

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