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The Great Cleric

Chapitre 210

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Chapitre 210

Chapitre 210

Chapitre 210/21498%~10 min de lecture1 975 mots

À moitié contre mon gré, je fus transféré vers le terrain d’entraînement souterrain.

Bien qu'ils eussent pu prendre la fuite s'ils l'avaient souhaité, convaincus que ma personne était désormais leur cible principale, ils affluèrent tous sur le terrain d'entraînement pour assister au combat qui m'opposait à mon instructeur.

En arrivant sur place, je remarquai la présence de Garba et de Gurga.

Ils affichèrent une brève expression de surprise en constatant la guérison complète des blessures de mon instructeur.

Mais cette stupéfaction fit vite place à un sourire accueillant, et ils nous interpellassent aussitôt.

« Luciel, tu es de retour sous toutes ses formes. Tu as fait du bon travail en soignant Brod. »

« Tu retournes vraiment au meilleur moment possible, Luciel. Nous avons mis au point plusieurs nouveaux produits, j'attends ton avis dessus. »

Leur accueil restait aussi chaleureux que jamais.

Pourquoi ces propos anodins avaient-ils le pouvoir de me transporter littéralement chez moi ? Je répondis avec légèreté, un sourire aux lèvres.

« Vous avez tous deux atteint le rang de Sage sans encombre, Garba, Gurga. Et Gurga, les nouveautés sont censées être ingérées par mon instructeur, pas par vous. »

« C'en est déjà difficile à avaler tel quel ; si on ose essayer de le manger, on perdrait immédiatement conscience. »

Ah, il avait donc déjà bu l'Objet X.

Il se plaignait pourtant jadis de ne plus savoir supporter les breuvages les plus immondes.

Sur le point d'éclater de rire, je continuai à taquiner mon instructeur.

« Mais plus on en consomme, plus sa puissance grimpe, n'est-ce pas ? Les preuves en sont là, même, devant nos yeux. »

« Eh bien, c'est trop fort. Je vois mes larmes arriver. »

« ……Il y a certes une corrélation directe entre la dose ingérée et les effets obtenus. »

« On n'a prouvé nulle part qu'un mélange d'ingrédients similaires produirait le même résultat ! Crois-tu vraiment pouvoir avaler ça sans danger ? Plutôt que d'avaler de la nourriture, vaudrait mieux participer à une dizaine de combats, voire à cent, si une seule fois ne suffit pas ! »

……C'était bel et bien le fait d'un maniaque de la bagarre. Ses arguments étaient incomparables.

Au passage, je n'avais jamais vérifié si l'intégrer à un plat augmentait réellement mon expertise.

Et si je le diluais à parts égales avec du miel, puis que je le refroidissais ? Serait-il plus facile à avaler ?

Alors que mes pensées dérivaient dangereusement, Garba et Gurga s'approchèrent de mon instructeur pour lui faire face.

« Tu connais parfaitement le principe, Brod : tes sens et tes bras guérissent parfaitement, mais tu as un dossier de tâches en haut de ta pile, non ? »

« Exactement. Nous avons toléré cinq jours d'inactivité liés à tes blessures, mais dès lors que tu retrouveras la pleine capacité de travailler, tu devras accomplir tes obligations en priorité avant de disposer librement de ton temps. »

« ……En guise de fête pour ma convalescence, autorise-moi à combattre à ma guise aujourd'hui. Pas question de tout éliminer ; une seule manche suffira amplement. »

Un véritable fanatique de la guerre prenait la parole.

Ils auraient dû s'enfuir, pourtant… Ils ne cernaient absolument pas son caractère.

Mon instructeur lança un simple avertissement aux aventuriers tentant de battre en retraite.

« Si vous prenez la fuite, j'augmenterai votre ration d'Objet X. »

Aussitôt, les visages des aventuriers se décomposèrent d'un air désespéré, comme s'ils avaient perdu toute issue viable.

Augmenter la quantité signifiait néanmoins qu'ils commençaient déjà à en absorber progressivement. J'en avoue avoir été quelque peu surpris.

Cela demeurait gérable à l'ingestion près, mais songer que sept ans auparavant, j'étais le seul aventurier à l'avoir bue me poussa à conclure qu'ils finissaient enfin par saisir la nature réelle de ses effets.

« Bah, une ronde tournera vite, au final. De toute manière, la mise en place culinaire est déjà faite. »

« C'est exact. Nous terminons habituellement les urgences autour de midi, ce qui nous laisse précisément cette marge de manœuvre. »

« Sous réserve que vous promettiez de reprendre vos occupations dès la fin de cette ronde. »

En assénant cet ultimatum à mon instructeur et en acceptant finalement l'exercice simulé, Garba et Gurga privèrent les aventuriers de leur dernier rempart.

« Entendu. S'il vous réduit à moitié morts, Luciel saura nous ressusciter. Vous pourrez ainsi fournir un effort maximal en toute tranquillité, ce qui fera d'ailleurs une excellente préparation. »

Un sourire carnassier aux lèvres, mon instructeur vit ses adversaires trahir une légère appréhension.

La simulacre prit presque effet immédiatement après.

Le premier affrontement opposa donc mon instructeur à l'ensemble des aventuriers.

Lionel et les autres ayant pris position près de moi, je me penchai sur l'analyse probable de ce combat simulé.

« Hé, à ton avis, qui l'emportera ? Logiquement, je dirais les aventuriers. Mais quelque chose me pousse à croire que notre instructeur va gagner. »

Toutefois, Lionel secoua négativement la tête.

« Dans un pays comme Yenice, où les monstres foisonnent et où j'ai entraîné mon corps, cela pourrait être crédible. Mais dans la Sainte Confédération de Schrule, moins infestée, il est difficile de monter en niveau suffisamment rapidement ; à trois contre sept, les aventuriers devraient l'emporter. »

« Moi, je parie sur Tornade. Il conserve vraisemblablement la mémoire de ses combats passés, il a dû progresser à une vitesse vertigineuse. »

« Je partage cet avis concernant Tornade. Au vu de sa personnalité rigoureuse face au dépassement personnel, tout comme chez Lionel… »

C'est alors que je remarquai l'absence de Nadia et de ses compagnes.

« Tiens, où passent Dolan et les autres, ainsi que Nadia ? »

« Apparemment, ils accompagnent quelques aventuriers pour réserver les installations d'hébergement de la journée. »

« D'accord. Oh, ça commence déjà. »

Entre nos échanges, les préparatifs semblaient achevés ; mon instructeur se retrouva face à six membres du parti adverse.

« Commencez. »

Presque au même instant où Garba donna le signal du départ, les aventuriers lancèrent leur offensive.

Quatre défenseurs s'abattirent sur lui armés chacun de leurs propres engins.

Mon instructeur ne chercha pas à esquiver la lame de l'archer ; il canalisa plutôt le choc, puis redirigea la frappe vers celui qui chargeait avec sa courte lance. Plus loin, il captura également le coup porté depuis l'autre côté par le porteur de grande hache, amortissant l'impact grâce à son bouclier.

J'avais déjà observé ce schéma tactique jadis… Non, il m'y avait même initié.

Dans une situation défensive numériquement défavorable, la règle absolue consistait à ne subir aucune attaque directe, ou à limiter strictement les dégâts subis le cas échéant.

Il s'agissait de ne jamais riposter tant que n'apparaîtrait pas une ouverture exploitable, en maintenant constamment une défense fluide face à leurs assauts.

Lorsqu'un groupe s'acharnait sur un unique cible, la frustration de ne pas l'éliminer rapidement engendrait de la nervosité et provoquerait nécessairement des erreurs dans les combinaisons.

Par ailleurs, il précisait que même un impact mineur suffisait à instiller l'arrogance chez les attaquants.

À le voir œuvrer concrètement, j'appréhendais parfaitement l'application pratique de ces principes.

Néanmoins, au fond de moi, je percevais une certaine mélancolie dans le ralentissement relatif de ses mouvements, où disparaissaient aussi bien cette rapidité prodigieuse donnant l'illusion de saisir les nuages que sa fougue initiale.

L'exercice se prolongea donc.

De mon poste, je suivais aisément chacune de ses évolutions sans perdre la moindre parcelle de son rythme.

Une perception identique semblait régner parmi les aventuriers eux-mêmes ; parvenant à coordonner leurs ripostes, ils réussirent à stopper net mon instructeur.

Tandis qu'il bloquait le coup de hache avec son bouclier, un second spadassin porta un estoc, mais mon instructeur chassa l'attaquant d'une botte au genou avant de battre en retraite vers l'arrière.

Mais répétant invariablement ces mêmes feintes, il fut exposé à un poignard parfaitement visé lancé en travers, complété dans le même temps par un projectile enflammé surgissant en vol.

Ce n'était nullement surprenant étant donné qu'ils maîtrisaient aussi l'art arcanique ; lancer ainsi une magie précise en pleine mêlée démontrait indéniablement une expertise supérieure.

Mon instructeur parvint à intercepter le poignard avec son bouclier, mais encaissa simultanément la boule de feu déclenchée au même instant.

L'impact fulgurant sur l'écusson libéra une explosion de faible envergure.

Profitant pleinement de l'ouverture ainsi créée, les combattants de première ligne refermèrent aussitôt le piège sur lui.

Au moment même où il projetait son bouclier vers ses ennemis, mon instructeur fonça résolument vers leur rang.

Visiblement interloqués par cette manœuvre inopinée, les aventuriers répliquèrent dans un élan de réflexe pur.

Convaincu que la situation virait mal, j'activai instinctivement une invocation circulaire pour préparer un Soin Supérieur ; hors de toute attente, les coups frappés manquèrent totalement mon instructeur, faisant tomber jusqu'à leurs armes dans les mains de ses quatre défenseurs frontaux.

Sans céder en vélocité, il fonça droit sur les magiciens et chasseurs en seconde ligne, quand la voix de Garba retentit soudain.

« Assez ! Le vainqueur est Brod. »

« Compris. »

Mon instructeur leva fièrement le bras droit encore enserrant sa lame.

Il semblait donc bien confirmé que mon tuteur possédait bel et bien un potentiel hors normes.

« Est-ce que tu saisis ce qui vient de se produire ? »

« Hmm… Disons simplement que Tornade, bien qu'affaibli, reste intégralement Tornade. Ha ha, cela électrise terriblement. Très bien, Luciel, il est temps de filer. »

Quand je interrogeai Lionel sur la portée de ces événements, il était déjà beaucoup plus fasciné par mon instructeur que par nos dires.

Apparemment, la flamme du combat venait de consumer un autre adepte de la chair ici présents.

Lionel m'invita alors à suivre son exemple en pénétrant profondément dans la cour d'entraînement.

« Que penses-tu de cela, Luciel ? Même altéré par la fatigue, j'ai réussi à restaurer mes fondamentaux afin de rivaliser convenablement avec un rang B. »

Riant avec une satisfaction manifeste et le visage illuminé par sa fierté, mon instructeur rayonnait visiblement.

Certes, je me réjouissais franchement pour lui, mais en regardant les aventuriers pantelants, je lançai ces mots à mon tuteur.

« ……Modère-toi un tantinet. Anéantir à lui seul un complet rang B laisserait vos camarades sans aucune crédibilité. »

« Hmph. Puisque j'insiste lourdement sur l'importance des bases, ceci n'est qu'un cruel rappel destiné à ces imbéciles s'enflant les bretelles en montant en grade. Si un monstre quelconque venait à les trancher, ce serait un gaspillage intolérable de ressources. »

« Je conçois parfaitement ta démarche, néanmoins. »

Un sourire résigné aux lèvres, j'appliquai un Soin Intermédiaire à la fois sur mon tuteur et sur les aventuriers.

« Cela dit, je peinais sincèrement à comprendre pourquoi cette unique séance d'entrainement simulé les avait terrifiés à ce point. »

Bien que je sentisse peser sur moi les reproches silencieux de ceux qui estimaient que je devrais me taire, il était désormais trop tard pour faire marche arrière.

« C'est normal. L'heure de vérité approche, n'est-ce pas, Furie guerrière ? »

« Pfff. Le mois dernier, nous avions conclu par un match nul, mais cette fois, je vais te l'imposer, Tornade. »

« Ne dis pas de sottises. Si tu crois fermement que tes points accumulés t'accordent l'avantage, alors je vais graver cela profondément dans ta chair : qu'est-ce que la véritable puissance signifie. »

Tandis que leurs pupilles crachaient encore une violence contenue, les aventuriers, enfin soulagés d'être hors de danger, récupérèrent leurs forces pour sortir ensemble du gymnase. En chemin, je priai Garba d'arbitrer le prochain duel simulé.

« Garba, cette prochaine rencontre opposera directement ces deux-là ; je te confie le jugement. »

« Entendu. Allez, vous deux, ne perdons pas une minute : préparez-vous et montez sur la strate immédiatement. »

Ainsi, après une absence de trois mois, le combat opposant mon instructeur à Lionel s'apprêtait à naître.

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