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The Great Cleric

Chapitre 208

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Chapitre 208

Chapitre 208

Chapitre 208/21497%~10 min de lecture1 819 mots

En chemin vers Meratoni, avec Lionel et les autres avec qui nous nous étions rejoints, j'expliquai brièvement comment nous nous étions retrouvés là. Je leur demandai également de me raconter ce qu'ils avaient fait durant ces trois derniers mois.

« ………… Pour faire court, je suis donc allé à Neldar et j'ai réussi à obtenir mon titre de Sage. Enfin, un Sage incomplet, pour tout dire, puisque je suis toujours incapable d'utiliser la magie sacrée contrairement aux autres attributs. »

J'enchaînai sur ce ton léger et ironique envers moi-même.

C'était possible seulement grâce à la situation actuelle. Si mes pouvoirs n'étaient pas revenus, l'atmosphère se serait alourdie d'un coup autour de nous.

« Désormais, vous n’aurez aucune raison de craindre quoi que ce soit. Chaque attaque lancée contre vous tombera sur moi, et je balaierai tous ceux qui oseront se dresser face à vous. »

À ces mots, Lionel qui marchait à ma gauche s’interposa brusquement, posa un genou par terre et fit cette déclaration solennelle...

« …… Dis-moi, Lionel. Il ne te semble pas que tu as légèrement changé d'humeur ? Tu deviens franchement oppressant. »

En un mot comme en deux, il avait pris un air lourd et pathétique.

Une personne fut rapidement sur la même longueur d'onde que moi : Kety.

« Je confirme absolument, miaou. Depuis qu’il a appris la nouvelle concernant l’enfant, Lionel passe son temps à s’entraîner dès qu’il a un moment libre. Il a failli se voir bannir de la Zone de Soin Spéciale tant il revient chaque jour complètement dévasté. »

« Un enfant ? De Naria ? »

« Bien que j’eusse perdu mes niveaux et mes compétences, mon expérience du combat restait intacte. Et puis, avec cette régénération physique, c’est une force débordante qui s’est emparée de mon corps… Ha ha ha ! »

…… Le regain de jeunesse en soi était positif, mais si c’était ça, cela voulait dire que nous avions laissé Naria, enceinte, derrière nous ? Je laisserais ce détail pour plus tard, je poserais la question à Kety plus tard.

« Bon, admettons… C’est plutôt bon signe, non ? Je t’écouterai le reste tranquillement plus tard. Mais dis-moi, Yenice s’adapte bien ? La vie y est-elle paisible désormais ? »

« Oui, c’est la paix absolue. L’école a commencé à recruter des aventuriers retraités qui ont fait leurs preuves lors d’entretiens. Quant à l’économie, elle profite des fonds commerciaux amassés par la Société Luciel, spécialement dédiés au développement du pays. De nouveaux emplois ont ainsi vu le jour, et chacun semble vivre heureux. »

La Société Luciel… Certes, j’avais bel et bien déniché de nombreux talents chez eux, mais je n’aurais jamais imaginé qu’ils en soient venus là.

Dans ces conditions, si je retournais vivre à Yenice… Ahnon, ça sent trop les emmerdes…

« …Je vois. Ils sont totalement hors de ma portée, mais si tout le monde va bien, c’est le principal. Passons aux choses sérieuses : qu’en est-il des rumeurs sur cette punition divine ? »

« L’unité composée de demi-hommes-bêtes issus des anciens bidonvilles de Yenice a traqué et encerclé tous ceux qui répandaient ces rumeurs. Nous leur avons déjà administré un sérum de vérité mis au point par la Guilde des Apothicaires ; les investigations sont déjà bien avancées. »

…… Les habitants de Yenice gagnent aussi vite en efficacité, et ils font avouer les suspects sans état d'âme. On dirait vraiment Garba et ses acolytes.

« La population de Yenice n’a pas sombré dans la panique ? »

« Personne n’y a cru un seul instant. D’autre part, même si Luciel ne maîtrisait pas la magie sacrée, les budgets colossaux injectés pour faire prosperer Yenice montrent assez que nul ne porte ressentiment contre la direction de la Société Luciel. »

Lionel exposa ces éléments avec une assurance totale.

Quand je tournai les yeux vers Kety et Kefin, ils hochèrent simplement la tête avec un sourire entendu.

« Je vois. Tant mieux, dans ce cas. »

Je fus soulagé de pouvoir l’être. Cela m’aurait profondément peinés de voir la cité sombrer dans le chaos, et encore moins d’apprendre que des gens nourrissent une haine à mon égard.

« Au fait, j’ai entendu parler de tes entraînements en duel simulé avec Jasuan. Tu penses qu’elle atteint quel niveau actuellement ? »

Ce fut Kety qui prit la parole pour répondre.

« Si c’est moi ou Kefin qui servons de partenaire, Lionel remporte difficilement une victoire sur dix, miaou. »

Lionel grimaça, l'air de mâcher du fiel. Pourtant, le personnage dont les niveaux et les compétences avaient été remis à zéro il y a trois mois réussirait apparemment à battre Kety et Kefin, tous deux dépassant le niveau deux cents.

Vexée par cette conclusion implicite mais flatteuse pour ses adversaires, Kety agitait joyeusement sa queue, tandis que l’expression de Kefin s’assombrissait.

Intrigué par son comportement, je lui lançai alors une question.

« Kefin, qu’est-ce qu’il y a ? »

« Avec la vitesse fulgurante à laquelle il progresse, Lionel brise littéralement le moral des jeunes aventuriers qui entraînaient auparavant les novices, écrase la confiance des aventuriers intermédiaires et provoque désormais la fuite des regards face aux aventuriers seniors. Et cela ne concerne pas uniquement Lionel ; nous sommes tous dans le même cas. »

Je reportai mon regard sur Lionel, qui détournait délibérément la tête.

« Euh… disons que… merci beaucoup Kefin. »

Avoir quelqu’un demeuré de bon sens parmi nous me procura soudain un sentiment de fraternité tacite.

Je savais pertinemment que Kefin allait devoir endurer bien des choses.

Tandis que j’hochais discrètement la tête, Lionel s’empressa de lancer des excuses préventives, comme s’il venait d’avoir une illumination.

« Contrairement aux soldats, les aventuriers ne sont soumis à aucun quota d’entraînement intensif. Personne ne s'exerce jusqu'au crachat de sang, et le résultat fut quelque peu décevant. Maintenant que Jasuan accepte de s’entraîner avec moi, nous cherchons simplement à nous stimuler mutuellement. »

Quelque chose le poussa à déplorer la méthode d’entraînement des aventuriers, mais il semblait ignorer complètement qu'il se comportait étrangement lui-même.

Mais une intuition me disait que la même scène se déroulait déjà à la Guilde des Aventuriers de Meratoni. Inutile de s'étaler ici, je laissai donc tomber le sujet.

Après avoir détourné les yeux de Lionel, je constatai que Paula et Rishian échangeaient déjà sur leurs inventions. Dran, qui observait la scène dans leur dos avec un sourire rayonnant, me donna une occasion de lancer un propos.

« Dolan, qu’as-tu bien pu faire pendant sept bons mois depuis notre séparation ? »

« Dès que j’ai commencé à fabriquer les équipements de tout le monde et 'cela', le temps s'est envolé. J'aurais aimé équiper 'cela' d'un canon magique, mais le développement a pris plus de temps que prévu. »

Il est certain que, dans son esprit, il ne s'agissait absolument pas d'une arme de guerre.

Certes, si l'on devait combattre des démons volants, cet outil aurait pu se révéler fort utile.

Néanmoins, je me surpris à trouver que cela relevait clairement de la technologie excessive.

« ……Cela dépasse largement le cadre du simple loisir artisanal. »

« Exactement. Je dois remercier Luciel pour cela. »

Dolan répondit avec un sourire radieux qui illuminait son visage.

Sa franchise suscita chez moi une gêne subtile, alors je détournai la conversation pour lui demander des nouvelles des deux personnes demeurées avec Orford.

« Au fait, comment vont Granzt et Trett ? »

« Depuis qu'ils ont vu ce fameux prototype, leur âme d'artisans s'est embrasée. Ils promettaient fièrement qu'à la création de tout engin intéressant, ce serait Luciel qui viendrait les acheter. »

« …… Dis-donc. Si on les voit motivés comme ça, je craigne sincèrement que quelque chose de complètement dingue finisse par surgir. »

« Certainement. Ils m'ont déclaré que tout cela était imputable à ton inspiration stimulante ainsi qu'à mon intervention, Luciel. »

« Sachant que les chercheurs de Rockford – ces deux-là compris – sont réputés pour être des excentriques invétérés et des compétiteurs acharnés. »

« Sans aucun doute. »

Je priai instamment pour que leurs travaux restent strictement orientés vers la construction d'outils favorisant un monde pacifique.

Surtout qu’à proprement parler, j’espérais qu’ils parviendraient à reproduire autre chose analogue au modèle des Oreillers d’ange.

Malgré l'absurdité de nos banalités, elles suffisaient à chasser mes pensées. Avant même que j'y pense, la porte d'entrée de Meratoni apparut nettement à l'horizon… Et je calai net mon avance sur place.

Et pour une bonne raison.

Là où la Guilde des Guérisseurs trônait auparavant, des banderoles décoraient désormais toute la ville. Sur chacune d'elles étaient inscrits les mots : « Bienvenue à Meratoni, la cité qui éleva le Sage Luciel. »

« …… Quoi de pire. Même si l'objectif est de démentir les rumeurs, je n'en suis pas enthousiaste pour autant. »

« À l'heure actuelle, nous sommes en période de crise. Il faut prioriser la communication publique assurant que les rumeurs sont fausses et que tu es devenu Sage, plutôt que de céder à tes sentiments personnels. C'est une manœuvre stratégique nécessaire, donc on ne peut rien y changer. »

« ……Compris. Je vais canaliser ce malaise envers tous ceux qui ont initié ces commérages. »

Une fois arrivés face à la porte de Meratoni, nous reçûmes un salut militaire des gardes.

De plus, les portiers semblaient particulièrement radieux, ce qui me poussa à leur demander pourquoi.

« Excusez-moi… quelle pourrait bien être la raison d'une telle joie apparente ? »

« Je sais que vous ne vous en souvenez peut-être pas, Luciel, mais lorsque vous êtes arrivé pour la première fois à Meratoni, j'étais déjà affecté ici pour garder cette même porte. »

Il tenait ce discours, mais je me rappelais parfaitement son visage.

Après tout, c'était la première personne que j'avais rencontrée dans ce nouveau monde, et comme il brandissait une lance, son image s'était gravée irrévocablement dans ma mémoire.

« Oui, tu as un peu rebondi, en fait. »

« Vous vous en souvenez véritablement !? »

« Absolument. Même si ton nom m'échoue toujours. »

« Non, je ne suis qu'un simple soldat de garde. Être conservé dans vos souvenirs constitue déjà un immense honneur, ô Sage. »

« Haha. Merci beaucoup. Il ne s'écoule que quelques jours depuis mon ascension à ce rang, donc j'ai encore tendance à me méprendre sur les titres qu'on me donne. »

Je souris bêtement, puis m'aventurai à pénétrer dans les rues de Meratoni.

L'heure n'était pas encore celle du crépuscule, mais plutôt de la fin d'après-midi, si bien que les rues regorgeaient déjà de passants.

Autant dire que tous les regards convergeaient aussitôt vers moi. Habituellement, en pareil instant, le maître apparaîtrait pour saluer la foule. Pourtant, malgré mes recherches attentives, je ne trouvai trace de lui nulle part.

Un frisson désagréable me glaça alors le ventre. Je pressai immédiatement le pas pour rejoindre la Guilde des Aventuriers.

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