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The Glitched Mage

Chapitre 135

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Chapitre 135

Chapitre 135

Chapitre 135/15189%~15 min de lecture2 930 mots

Riven se tenait là où la pierre rencontrait la brume.

Juste au-delà des barrières sud du royaume, à l'endroit où la grande route rencontrait les falaises, le pays retomba dans le silence — tout comme le jour où le prêtre était apparu pour la première fois. Le même vent bas dérivait sur le sentier. La même tension tranquille persistait dans l'air comme quelque chose d'innommé.

Et le disque d'obsidienne reposait toujours là.

Il ne l'avait pas touché ce jour-là. Ne l'avait pas déplacé. Mais la pluie ne l'avait pas érodé, et le temps ne l'avait pas réclamé. Il semblait exactement comme avant — lisse, sombre, gravé des six sigils élémentaires, intact face aux intempéries et à la décrépitude.

Il attendait.

Riven franchit le seuil et s'agenouilla.

Il ne parla pas. Se contenta d'appuyer sa paume sur le disque.

Le disque pulsa une fois sous la paume de Riven — calme, régulier, vivant.

Riven comprit, avant même que le mana ne s'éveille, que le disque avait toujours été plus qu'un jeton — c'était un lien. Une invitation silencieuse. Le prêtre l'avait laissé là pour une raison, non comme une exigence, mais comme une porte. Un moyen pour Riven de revenir quand — et seulement quand — il serait prêt.

Du temps pour réfléchir. Du temps pour décider.

Maintenant, le moment était venu.

L'air changea. Un crépitement murmurant, à peine perceptible, traversa l'espace autour de lui. Puis une voix émergé — claire, calme et stable — portée non par le son, mais par la présence. Comme si le prêtre se tenait à nouveau à ses côtés, juste hors de vue.

« Tu es revenu. »

Riven ne réagit pas.

« J'ai trouvé l'autel », dit-il simplement. « Velmorian l'a taillé sous la crête orientale. Il est dormant, mais pas mort. Il l'a construit avec intention — ton intention. Ou quelque chose d'approchant. »

Il y eut une pause avant que le prêtre ne réponde, sa voix douce sous le poids du souvenir. « Il fut le premier à entendre l'appel du Manteau depuis des siècles. Mais le moment n'était pas venu. Le monde appartenait encore aux empires et aux royaumes qui craignaient ce qui ne pouvait être gouverné. »

Riven se releva, la main retombant du disque. La brume s'enroula autour de ses bottes, lente et délibérée, comme si elle écoutait.

« Je ne veux pas bâtir un temple », dit-il. « Pas comme ceux qui pourrissent sous les cités. Pas un pour l'adoration ou la tradition aveugle. »

Un autre silence. Pas de désapprobation. De l'attente.

« Je veux bâtir une académie », continua Riven, sa voix stable. « Une qui rivalisera avec Solis. Un lieu où le feu et l'eau, la terre et le vent, l'ombre et le divin ne sont pas redoutés — mais étudiés. Un sanctuaire pour toutes les formes de mana. Où les éléments ne se font pas la guerre ni ne se recroquevillent les uns devant les autres… mais se tiennent en équilibre. Dans le respect. Pas une prison de dogme, mais un creuset de compréhension. »

Le vent changea, léger mais constant, effleurant le prêtre qui semblait réfléchir profondément aux paroles de Riven.

« Un lieu d'apprentissage », murmura le prêtre, comme s'il goûtait le poids des mots. « Où le savoir n'est pas thésaurisé, mais façonné. Où les fils du feu, de l'eau, de la terre, du vent, de l'ombre et de la divinité sont tressés en quelque chose de plus grand. De telles salles pourraient voir naître une nouvelle ère — une époque non régie par la peur, mais forgée par la compréhension. Une génération libérée. »

Riven acquiesça. « L'autel en sera le cœur. Sa source. Une fontaine de mana brut pour fortifier chaque étudiant — pas cachée, pas thésaurisée. Partagée. »

« Tu éveillerais l'autel », murmura le prêtre. « Et en offrirais le don au monde. »

« À ceux assez forts pour le manier. Assez sages pour le comprendre », dit Riven. « C'est ainsi qu'on change les choses. C'est ainsi que le Manteau perdure. »

Un long souffle sembla traverser la brume.

« J'en guiderai l'éveil », dit enfin la voix du prêtre, calme et résonnante, portée par l'air comme un écho. « Et je t'aiderai à poser les premières pierres — non de foi, mais d'un commencement. Une fondation pour l'apprentissage, pour le pouvoir tempéré par la compréhension. »

L'air autour du disque scintilla faiblement, comme si la voix seule remuait le mana environnant.

« Mais je demande une chose, Roi des Ombres. Quand ton académie s'élèvera, permets au Manteau d'exister en son sein — non comme dirigeants, non comme prédicateurs, mais comme gardiens de l'autel. Laissons-nous en soigner le rythme, en maintenir l'équilibre. Nous n'imposerons jamais notre voie à qui ne la cherche pas. Ceux qui souhaitent apprendre nous trouveront et nous les accueillerons. »

Il y eut une pause — un souffle d'immobilité entre une vérité et la suivante.

« Nous avons arpenté ce monde long et loin, rassemblé le savoir où d'autres ne trouvaient que ruine. Si tu le permets, nous offrirons ce savoir librement… à ceux prêts à écouter. »

Riven resta dans le silence, la voix du prêtre se dissolvant dans la brume comme la note finale d'une chanson oubliée depuis longtemps. Le poids de ce qui avait été offert persistait — non comme un ordre ou une supplication, mais comme quelque chose de plus ancien. Quelque chose d'enraciné. Pas seulement dans le pouvoir, mais dans la parenté.

Une alliance autrefois tenue dans la poigne de Velmorian — maintenant étendue à lui. Non par obligation… mais par reconnaissance.

Il ne répondit pas tout de suite.

Au lieu de cela, il porta son regard vers l'horizon au-delà des falaises sud, où le ciel se meurtrissait de nuages amassés et où le vent portait le goût de la pluie. Quelque part au loin, un éclair clignota — silencieux et lointain.

La lumière se refléta faiblement sur le bord de son armure, renvoyant les sigils gravés de ses brassards — dont l'un pulsa subtilement en réponse au mana qui flottait encore dans l'air. L'orage n'était pas proche, pas encore, mais il arrivait. Comme tout le reste.

Les doigts de Riven se crispèrent légèrement sur le côté.

Velmorian avait autrefois imaginé quelque chose de différent — une renaissance silencieuse du Manteau d'Origine. Il n'avait pas rêvé d'académies ou de tours remplies de savants. Il avait rêvé de révérence pour le mana lui-même. Une fondation bâtie non sur la règle, mais sur le respect de ce qui façonne le monde.

Maintenant, cette vision se dressait devant Riven, transformée. Non une continuation, mais une évolution. Non un héritage… mais un choix.

« Je l'autorise », dit-il doucement. « Le Manteau peut marcher au sein de l'académie — pas au-dessus, pas derrière, mais à ses côtés. Si votre dessein est le savoir, vous ne trouverez nulle résistance ici. »

Un bourdonnement léger traversa l'air — doux, comme une approbation ressentie plutôt que prononcée.

La voix de Riven resta basse, mais résolue. « Mais sachez ceci : je ne laisserai pas l'autel devenir une cage. Ni pour mon peuple, ni pour les étudiants. Ce sera une source — pas une laisse. Si quelque partie de votre ordre tente d'en faire autre chose, je le démolirai pierre par pierre. »

Le vent changea à nouveau, s'enroulant autour de lui en une lente spirale. La brume s'épaissit un souffle, puis commença à se retirer, comme satisfaite.

« Alors nous sommes d'accord », dit la voix du prêtre. « Que l'académie s'élève. »

Riven ne dit rien d'autre. Il recula d'un pas du disque, le pulse de mana sous celui-ci retombant à nouveau dans l'immobilité. Les sigils brillèrent brièvement — l'un après l'autre — puis s'effacèrent dans la pierre.

La pluie se mit à tomber.

Douce d'abord. Puis plus régulière.

Riven fit volte-face, sa cape claquant derrière lui, et marcha de retour vers le royaume — vers la tour, la crête, l'autel, et l'avenir qu'il entendait désormais façonner.

Derrière lui, la brume engloutit à nouveau le disque.

—x—

Le chemin de retour vers le cœur du royaume était glissant de pluie, mais Riven avança sans s'arrêter. Chaque pas résonnait d'une certitude tranquille — mesurée, décidée, inébranlable. La porte sud s'ouvrit en silence à son approche, les Ombregardes s'inclinant sans un mot. Ils le sentaient aussi — quelque chose avait changé.

Lorsqu'il atteignit le quartier central, la nuit était pleinement tombée. Les lanternes brûlaient violettes le long des allées de pierre, projetant d'étranges ombres sur les bâtiments encore en construction. Les rues s'étaient tues. Seuls quelques artisans tardifs et des sentinelles non-mortes restaient.

Riven les passa tous, silencieux, et se dirigea droit vers l'aile nord-est — où les nécromanciens avaient élu domicile.

Elara leva les yeux au moment où il pénétra dans la salle intérieure de l'aile des acolytes, son expression s'aiguisant. La flamme bleue douce au-dessus de sa paume vacilla en réponse, projetant des ombres dansantes sur ses traits pâles. Ses robes étaient lâchement attachées, comme si on l'avait tirée de son repos, et ses cheveux noirs étaient tressés en arrière avec un fil violet. Varian, Haleth et Alric se tenaient près d'elle, silencieux et observateurs, leurs regards attirés vers Riven comme du fer vers un aimant.

« Tu es là », dit Elara, sa voix ni surprise ni sévère — juste tranquille. Curieuse. Le genre de ton réservé aux présages. « Quelque chose a changé. Je le sens. »

Riven s'avança plus avant dans la pièce, la pluie accrochée à ses épaules. La porte se referma derrière lui avec un léger clic.

« Il y a un autel sous la crête orientale », dit-il. « Ancien. Caché. Enfoui dans les os du royaume. »

Les yeux d'Elara se plissèrent, la flamme dans sa main changeant légèrement.

« Un autel », répéta-t-elle.

Riven acquiesça une fois. « Velmorian l'a bâti. Ou a essayé. Il fut laissé inachevé. Abandonné quand le royaume tomba. »

Un silence suivit.

Puis, Haleth fit un demi-pas en avant. « Quel genre d'autel ? Une relique ? Un tombeau ? Une arme enterrée dans la pierre ? »

« Non », dit Riven. « Il n'est pas fait pour détruire. C'est un conduit. »

Il laissa le mot s'installer.

« Pour le mana », ajouta-t-il. « Il puise directement dans le monde — dans les six éléments : feu, eau, vent, terre, divin… et ombre. Il est censé emplir la terre d'énergie pure. Saturer le sol. Le nourrir. L'éveiller. »

Varian regarda vers Elara, puis de retour vers Riven. « Une telle puissance aurait remodelé le royaume. »

« Elle l'aurait fait », dit Riven. « Mais elle n'en a jamais eu la chance. Velmorian a commencé l'œuvre, puis Solis est arrivé. »

La flamme d'Elara faiblit, flottant plus bas. « Comment sais-tu tout cela ? »

Les yeux de Riven croisèrent les siens. Sans cligner. Stables.

« Parce que je l'ai trouvé », dit-il. « Et je n'étais pas seul. »

Cela créa une tension dans la pièce. Même Alric, qui n'avait pas encore parlé, releva légèrement la tête.

« J'ai parlé à quelqu'un », continua Riven. « Celui qui a aidé Velmorian à le concevoir. Un prêtre. Pas de Solis. Pas d'aucun royaume connu. »

Il marqua une pause. Puis :

« Le Manteau d'Origine. »

Ce fut Elara qui réagit la première.

Elle ne tressaillit pas, mais quelque chose dans son expression s'aiguisa — la reconnaissance filant à travers la pensée. Sa voix, quand elle vint, était plus douce.

« J'ai déjà entendu ce nom », dit-elle. « De vieux fragments. Des mentions dans des rouleaux que Solis gardait enfouis sous de faux catalogues. Ils n'étaient pas étudiés — juste enfermés. Le nom apparaissait auprès de rites anciens… toujours à moitié effacés, à moitié maudits. Comme si même la connaissance d'eux était dangereuse. »

« Ce n'était pas un culte », dit Riven. « Ce n'était pas un dogme. C'était plus ancien que ça. Plus ancien que toute croyance organisée. Ils n'adorent pas de dieux. Ils ne s'agenouillent pas devant des rois. Ils se souviennent du mana et de sa volonté. »

Le front d'Alric se plissa. « Et qu'est-ce qu'ils veulent maintenant ? »

Riven croisa les bras, sa voix calme mais résolue.

« Ils veulent nous aider à bâtir. »

Cela porta plus lourd que tout le reste.

« Bâtir quoi ? » demanda Haleth, une note de méfiance perçant. « Un autre temple ? »

Riven secoua la tête. « Une académie. »

Même la flamme bleue sembla marquer une pause dans les airs.

« Je veux un lieu où nous étudions la pleine vérité du mana », dit Riven. « Pas seulement le feu, ou la nécromancie, ou le divin. Tout. En équilibre. Sans peur. Sans hiérarchie. Je veux qu'elle rivalise avec Solis — mais pas en politique. En dessein. »

Le regard d'Elara soutint le sien, stable comme toujours. « Tu as donc décidé », dit-elle, plus bas maintenant. « L'académie. »

Riven fit un petit signe de tête. « Nous en avons brièvement parlé avant. Mais ceci… ceci est la voie. L'autel sous la crête — la fondation de Velmorian — change tout. Il peut être le cœur de quelque chose de durable. Pas seulement une école pour les nôtres, mais pour quiconque cherche à comprendre le mana tel qu'il est vraiment. »

Elle ne dit rien d'abord, se contentant d'écouter tandis que les mots se posaient entre eux comme des pierres placées avec soin.

« N'importe qui ? » demanda-t-elle après un moment. « Vraiment ? »

« Quiconque a la force d'apprendre et la sagesse de demander », dit Riven. « Pas de bannières. Pas de lignées. Seule la volonté. Le Manteau aidera à garder l'autel stable — mais il ne régnera pas. »

Haleth croisa les bras, son front se plissant. « Et s'ils essaient ? »

La voix de Riven ne broncha pas. « Alors ils me rendront des comptes. »

La pièce retomba dans le silence, le poids de l'avenir tirant contre le scintillement de vieilles loyautés et de questions plus profondes.

Varian se pencha légèrement en avant. « Pourquoi maintenant ? »

Riven jeta un regard vers les hautes fenêtres où les dernières pluies ruisselaient sur le verre, la lune perçant en lames d'argent.

« Parce qu'on a enfin de la place pour respirer », dit-il. « Parce que Solis viendra — et pas avec des questions, mais avec le feu. Et quand ils viendront, je veux me tenir derrière plus que de l'acier. Je veux me tenir derrière des esprits affûtés par la compréhension. Je veux quelque chose qui durera au-delà des guerres et des rois. Quelque chose qu'aucun d'eux ne pourra brûler. »

Elara baissa lentement la main, la flamme s'éteignant jusqu'à disparaître complètement. Elle s'approcha, son expression indéchiffrable — mais sa voix était basse et certaine.

« Tu ne bâtis pas juste une académie », dit-elle. « Si elle devient ce que tu imagines, des gens du monde entier viendront — mages, savants, même ceux qui ne se sont jamais sentis en sécurité pour étudier. Solis le verra. Et pendant que ça les mettra sur le qui-vive… ça les forcera aussi à marcher prudemment. Un faux pas, et ils risquent de provoquer plus que toi. »

« Exactement. » Riven esquissa un sourire. « Cette académie ne bénéficiera pas seulement au royaume, mais ajoutera une autre couche de défense. »

Elara fit un lent signe de tête pensif, croisant les bras sur sa poitrine. « C'est audacieux », dit-elle tranquillement. « Et risqué. »

Riven soutint son regard. « La plupart des choses qui valent la peine d'être bâties le sont. »

Ses yeux se plissèrent légèrement, non par doute, mais par réflexion. « Cela pourrait attirer des ennemis. Une attention pour laquelle nous ne sommes pas prêts. »

« Ce sera le cas », dit Riven. « Mais ça attirera aussi des alliés. Des idées. Du changement. »

Il laissa cela suspendu un instant avant d'ajouter : « Pas parce que c'est facile… mais parce que ça compte. »

Il se tourna légèrement, promenant son regard sur la salle d'acolytes silencieuse, vers les nécromanciens qui avaient autrefois fui leurs propres terres pour chercher refuge ici. Maintenant, ils se tenaient au bord de quelque chose de plus grand — pas seulement un sanctuaire, mais un avenir.

Elara regarda les acolytes — Haleth, Varian, Alric — puis de retour vers Riven. « Tu auras besoin d'aide. »

« Je sais. »

« Programmes. Protection. Protections de mana. Savants de l'extérieur du royaume, vérifiés et placés sous surveillance attentive. »

« Tout ça », dit Riven. « Et je confie la conception des ailes arcaniques à toi et Mal. Je ne fais confiance à personne d'autre pour le savoir que vous deux. »

Un silence s'étendit entre eux — cette fois non d'incertitude, mais de compréhension.

Finalement, Elara fit un unique signe de tête décisif.

« Alors nous commençons », dit-elle.

Derrière elle, les nécromanciens s'inclinèrent — non en soumission, mais en solidarité tandis que Riven quittait la chambre, sa cape traînante derrière lui comme une ombre sur la pierre.

Au-dessus, la pluie avait cessé. Les nuages s'étaient déchirés.

Et tandis que la lune se répandait sur la crête où l'autel dormait sous la terre, les premiers frémissements de quelque chose d'ancien se mirent à tourner tranquillement sous la surface.

Un royaume s'était relevé des cendres.

Maintenant… une académie s'élèverait avec lui.

Pas seulement pour défier le monde —

Mais pour le changer.

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