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The Fruit of Evolution

Chapitre 211

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Chapitre 211

Chapitre 211

Chapitre 211/23092%~15 min de lecture2 807 mots

Après avoir mis fin au combat contre Yutis, nous continuions d'avancer.

Alors que nous marchions dans un couloir en pierre sans le moindre changement de décor, l'entrée d'une nouvelle pièce apparut à nouveau.

« Ah, Seiichi ! Il y a encore une pièce, on dirait ! »

« Ouais. Mais y'a toujours pas de porte, non plus. »

« C'est vrai. Du coup, la pièce est faite pareil ? »

Comme le disait Saria, la pièce devant nous était probablement identique à celle où nous avions affronté Yutis : une salle stérile, sans rien dedans.

… Vraiment, à quoi servaient ces pièces ? Du harcèlement pour les intrus comme nous ?

On en arrivait à se le demander tant la structure de cette base du [Culte du Dieu Démon] était incompréhensible.

Songeant qu'il s'agirait encore d'une pièce à traverser sans y prêter attention, nous y parvînmes… et nous retînmes notre souffle.

« C-c'est… »

L'endroit avait radicalement changé : la pierre avait laissé place à une salle high-tech bourrée de machines.

Comment dire… Ça avait l'ambiance du château du Pays de l'Est, retapé par les aliens Gyogyon.

En tout cas, c'était une technologie qui n'avait rien à faire dans ce monde.

« Q-qu'est-ce que c'est que ça… »

« … Hum. Pièce au design bizarre. J'ai vu ça au Pays de l'Est aussi. »

« D-donc, c'est de la technologie spatiale ? »

« Cette possibilité est forte… »

Comme le disait Zora, la technologie utilisée ici venait sans doute de l'espace.

Au final, on n'avait pas cerné la capacité de Yutis, mais les pouvoirs des « Apôtres » comme Destra ou Genpel étaient différents de la magie et des compétences de ce monde — on aurait pu croire qu'ils venaient d'un autre monde, tout comme moi de la Terre.

Avec des capacités aussi dingues, ils se seraient débrouillés n'importe où dans l'espace.

Destra surtout avait l'air capable de tuer des événements ou des concepts, et il semblait se déplacer en tuant les lois de l'univers avec une légèreté déconcertante.

En regardant autour de la pièce, on vit une rangée d'appareils contenant ce qui ressemblait à d'énormes cuves de culture, où flottaient paisiblement des créatures inconnues, différentes des monstres.

En y regardant de plus près, le monstre végétal qui nous avait attaqués quand nous étions allés secourir Zefal, le père de Ruertia, se trouvait aussi dans ces cuves.

Autrement dit, ce monstre avait de grandes chances d'avoir été créé par le [Culte du Dieu Démon].

Tandis que nous restions bouche bée face aux autres créatures inconnues, Saria poussa un cri.

« Seiichi ! Regarde ça ! »

« Quoi !? »

En suivant son doigt, nous découvrîmes des humains immergés de la même façon dans le liquide de culture !

« Ce sont… les aventuriers de rang S capturés ! »

Comme l'avait dit Al, les personnes dans les cuves étaient bien les aventuriers de rang S, à commencer par Gargand « Hisshou ».

« Hey ! On casse ces appareils et on les sort tout de suite ! »

« O-oui ! »

Remis d'aplomb par la voix d'Al, nous courûmes vers les appareils sans savoir comment les ouvrir.

« C-comment on fait, ces trucs !? »

« On s'en fout ! Même si on sait pas, on les libère tout de suite ! »

« C'est n'importe quoi !? »

Je comprenais l'urgence d'Al, mais si on tripotait les appareils n'importe comment et que ça empirait la situation, c'était foutu.

Y'avait pas un mode d'emploi quelque part !?

Je savais bien qu'il n'y en avait pas, mais je ne pouvais m'empêcher de le penser. Des Terriens au niveau de civilisation bas, ou des gens de ce monde, ne peuvent pas manipuler de la technologie spatiale !

« Ei ! »

« Sariiiia !? »

Tandis que nous nous agitions devant les appareils, Saria les fixa un instant, puis les fracassa sans pitié !?

Le liquide s'en écoula d'un coup, et une femme, probablement l'une des aventurières de rang S, en sortit.

« Attendez, Saria-san ! Toucher sans vérifier… »

« Mais c'est marqué "on peut casser" là-bas ! »

« Hein !? »

Là où Saria pointait, des dessins et des lettres étaient gravés sur le mur !

Et ils brillaient même faiblement, comme pour se faire discrets.

« Eh !? C'était là depuis le début, ces caractères !? »

« Non. Ils sont apparus d'un coup. »

« Donc pourquoi !? »

Un mode d'emploi qui apparaît tout seul, c'est possible !?

Alors que j'hallucinais, la voix du monde qu'on avait entendue pendant le combat contre Yutis nous répondit, audible par Saria et les autres aussi.

[Seiichi-sama semblait dans l'embarras, alors l'installation vous l'a indiqué.]

« L'installation qui explique ? C'est un objet inanimé, non ? Bon, moi qui contrôlais la mer et la terre, je suis mal placé pour parler, mais quand même. »

C'est gentil de m'aider parce que j'étais coincé, mais l'appareil aurait pu les libérer tout seul, non ? … Attends, je dis quoi ? Sans fonction programmée, un appareil ne libère pas tout seul, c'est normal. Mince, je perds les pédales.

[Il y avait l'option de les libérer sans vous déranger, mais je me suis dit qu'on pourrait vous laisser évacuer votre stress en cassant tout.]

« C'est plutôt vous qui me donnez du stress !? »

C'est quoi, "pour ton stress" ? Le monde se fait du souci pour mon stress maintenant ?

Bon, il m'arrivait de dire que le monde s'arrangeait pour que je vive facile, mais là…

« … Attendez. Si vous gérez mon stress, au départ, je n'avais pas à marcher tout ce long couloir, non ? »

[C'est ça. Vous faire galérer (?) comme ça, c'était pour faire monter le suspense, faire croire que le Dieu Démon est ultra fort, et que la fin soit une farce.]

« Vous êtes des démons !? »

Pauvre ennemi ! Se faire traiter de bouffon et de jouet par le monde lui-même !

Jusqu'ici, l'organisation avait l'air hyper dangereuse, et en fait c'était déjà une comédie jouée d'avance, c'est quoi ce délire ?

Regardez, Saria et les autres font des têtes bizarres ! C'est bien la preuve que c'est n'importe quoi !

Si j'écoute encore le monde, mon bon sens va s'effondrer, alors je l'ignore et je me mets à sortir les gens piégés dans les appareils.

C'est alors que je repère une seule personne qui n'est pas un aventurier de rang S.

Et je la connais.

« Tiens ? Cette personne… »

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Ah. Je lui ai déjà parlé, il y a un moment. »

« Vrai ? Moi je l'ai jamais vu… Qui c'est ? Je connais tous les aventuriers de rang S, donc c'est sûr que c'en est pas un… »

« C'est Slow-san. Enfin, moi aussi je l'ai juste rencontré par hasard, on était assis à côté à la cantine. »

Exact. Malgré son absence de rang S, cette personne prisonnière ici était Slow-san, que j'avais croisé par hasard dans une cantine lors d'un concours de gloutonnerie auquel participait Rulune, quand nos places étaient voisines.

« Juste assis à côté… pourquoi un type comme ça est là ? »

« B-ben… Déjà à la base, je l'avais trouvé bizarre… »

Pendant qu'on échangeait ça, Olga-chan, qui observait Slow-san en silence, frappa dans ses mains comme si elle se souvenait de quelque chose.

« … Ah, c'est vrai. Je connais cette personne. »

« Hein ? »

« … Dans le milieu, c'est une célébrité. Vous avez jamais entendu parler de la "Fumée de la Mort" ? »

« Shi-en ? »

« Ha !? "Fumée de la Mort" !? »

Al avait l'air de savoir ce que signifiait ce "Fumée de la Mort" cité par Olga-chan, mais Saria et moi ne pigeait pas, du coup on s'est regardés, perplexes.

Al nous expliqua tout de suite.

« Bah, c'est normal que Seiichi et les autres connaissent pas… La "Fumée de la Mort", comme dit Olga, c'est un assassin célèbre dans le milieu. À chaque assassinat, de la fumée s'élève quelque part, d'où son surnom… Mais pourquoi tu connais un gars pareil ! »

« B-ben ? »

On s'est juste rencontrés par hasard à la cantine, alors quand on me le demande…

… Vraiment le hasard ? Ce n'est pas encore le monde qui a arrangé le coup ?

Je commence à ne plus faire confiance au monde lui-même.

« M-mais peu importe. De toute façon, cette personne était prisonnière ici, alors on la ramène. »

« C'est sûr… mais comment on fait ? On peut pas les laisser là, et on les ramène tous d'un coup ? »

Comme le disait Al, maintenant qu'on les avait libérés, on ne pouvait pas foncer vers le Dieu Démon en les laissant là.

Mais ça impliquait de repasser par le Monde des Morts.

Comme la première fois qu'on y avait été envoyés, le transfert du Monde des Morts vers notre monde était impossible.

Donc pour les ramener, il fallait les porter un par un, traverser le Monde des Morts, et revenir dans le monde des humains.

Les empiler et les porter tous d'un coup ne me posait aucun problème, mais ceux du bas auraient morflé…

Tandis que je me creusais la tête, la voix du monde m'interpella à nouveau.

[Transfert ?]

« Pourquoi !? »

Vous avez dit que c'était impossible ! Pourquoi vous le proposez vous-même !?

« C'est vous qui… ou plutôt, le Monde des Morts a dit qu'on ne pouvait pas transférer !? »

[En effet, le monde où vivent les humains et le Monde des Morts sont des mondes différents, donc la magie de transfert qui déplace dans un même monde n'a aucun effet. Pour aller du Monde des Morts au monde des humains, il faut soit mourir, soit passer par la porte qui y mène.]

« C'est bien ce que je disais ! Alors pourquoi… »

[Mais, si on y réfléchit bien, pour Seiichi-sama, ça n'a pas d'importance, non ?]

« Pourquoi vous dites çaaaaaaaa ! »

Arrêtez avec "Seiichi peut le faire" ! Contre l'exclusion !

Pendant que j'encaissais les dégâts mentaux de la réponse du monde, Saria inclina la tête.

« Hmm, c'est bon, non ? »

« Hein ? »

« Je sais pas trop, mais grâce à Seiichi, on peut aller direct d'ici à un autre endroit sans repasser par le Monde des Morts, non ? »

« B-ben… ouais. »

« Alors c'est bon ! Comme attendu de Seiichi ! »

« Si Saria le dit… c'est bon, alors ? »

Je pige plus rien.

Mais comme dit Saria, pour nous maintenant, c'est une aubaine.

J'ai envie de dire plein de trucs, mais vu la situation, laisse tomber.

« … Bon, pour l'instant, on ramène tout le monde à Telbeil. On les dépose à la Guilde, et j'en profite pour faire un rapport à Ranze-san. »

Je n'avais pas livré le moindre vrai combat, mais pour une raison quelconque, j'étais crevé. Je rassemblai les aventuriers de rang S libérés et rentrai direct à Telbeil.

***

Au moment où Seiichi et les siens rentraient à Telbeil.

Au fin fond de la base du [Culte du Dieu Démon], le Dieu Démon ressuscité se tenait immobile.

« … Je croyais sentir une présence bizarre… Elle a enfin disparu. Ils étaient allés loin, ceci dit… »

Sentant que la présence de Seiichi et des siens avait disparu, le Dieu Démon crut qu'ils avaient été éliminés.

Sinon, il n'y avait aucun moyen de passer de cette base dans le Monde des Morts au monde des humains en un instant.

—— Cependant, ça ne vaut que pour des humains ordinaires.

« La présence bizarre a disparu, c'est bien, mais… Je ne sens plus non plus la présence des Apôtres. Ils ne se sont pas entre-tués, j'espère ? »

Cette base était à l'origine surveillée par Yutis, donc le Dieu Démon savait naturellement que c'était elle qui avait affronté Seiichi.

La présence de Yutis s'était aussi éteinte net.

Il pouvait sans effort sonder la présence des autres Apôtres s'il le voulait.

Mais il n'en ressentait pas le besoin.

Car…

« … Peu importe. Maintenant que j'ai récupéré toute ma puissance et que je dépasse tout, nul ne peut m'arrêter. »

Même pendant que Seiichi et les siens étaient dans la base, les Apôtres disséminés partout accumulaient peu à peu de l'énergie négative pour le Dieu Démon.

Résultat, sa puissance surpassait celle d'avant son scellement, et il ne se voyait pas perdre face à tous les autres dieux réunis.

Et avec un tel pouvoir, il était naturel que les autres dieux s'en aperçoivent.

[——— Je n'aurais pas cru te voir ressusciter.]

« Vous voilà. »

Devant le Dieu Démon, d'innombrables lumières tremblotantes apparurent.

Elles ne prirent pas forme, restèrent là à flotter, et lui parlèrent dans cet état.

Cette voix était la même que celle du dieu entendue depuis les haut-parleurs de la classe quand Seiichi et les siens étaient arrivés dans ce monde.

[Comment as-tu brisé notre sceau ?]

« Parce que je vous ai surpassés. Vous, êtres minuscules, ne pouviez pas sceller moi qui existe au sommet. »

[Tu parles grand. Toi comme nous, nous sommes des dieux de même rang. Nés du néant, créant et détruisant tout. Il n'y a rien au-dessus de nous, nous sommes depuis toujours la référence.]

« Hah ! Vous n'avez fait que stagner. Satisfaits de votre position, vous avez renoncé à grandir. »

[Non. Nous n'avons pas renoncé à grandir. Nous sommes le début et la fin de tout. Tout prend notre mesure. Nous surpasser… ———]

« Et face à ça, vous direz la même chose ? »

L'instant d'après, une « chose » formidable s'abattit sur les lumières tremblotantes devant le Dieu Démon.

Ce n'était ni visible, ni une pression, ni une force pure.

Rien dans ce monde ne possédait les mots pour décrire exactement ce « quelque chose » émanant du Dieu Démon.

Les lumières tremblotantes, frappées par ce « quelque chose », connurent pour la première fois de leur existence ce qu'était la dynamique.

[C-c'est… !? ]

« C'est la puissance au-delà de ce que vous appeliez la référence. À la base, il n'existe aucune existence véritablement "achevée" en ce monde. Pourquoi ? Parce que s'il y en avait une, cette seule chose unique suffirait à exister. Il n'y a aucune raison de créer l'univers ou le monde, qui sont superflus. Or, l'univers existe, le monde existe. C'est la preuve que nous, leurs créateurs, ne sommes que des êtres incomplets. Notre existence même prouve qu'il n'y a pas d'être parfait. Alors moi, qui ai poursuivi une puissance qu'on n'atteint jamais, vous écrase, c'est la logique même. »

Face au Dieu Démon qui le clamait en vainqueur, le dieu submergé sortit sa voix de force.

[Toi… que veux-tu… ?]

« Que veux-je ? C'est simple. Tout détruire. Rien d'autre. »

[Na—]

« Je l'ai dit ? Si un être parfait existe, sa seule présence suffit. Je deviendrai cette chose unique. Pour ça, je détruirai tout. Pour engendrer "moi", l'unique… »

Le Dieu Démon qui ricanait ainsi était la folie pure.

Au début, son but était la vengeance contre les dieux qui l'avaient scellé sur cette planète.

Mais en brisant le sceau, il avait absorbé une puissance négative qui noircit sa force toujours plus, et maintenant son but n'était plus d'anéantir les autres dieux, mais d'effacer tout pour créer un monde achevé où il serait le seul à exister.

Les Apôtres et les Serviteurs qui avaient œuvré pour sa résurrection n'étaient même plus dans son champ de vision ; il ne poursuivait plus que sa propre existence, dans une folie sans fond.

« Bon, je pourrais vous effacer ici… mais ça serait pas drôle. Je détruirai tout le reste d'abord, et vous serez les derniers. »

[Att—]

Au moment où le dieu tentait de dire quelque chose, le Dieu Démon libéra à nouveau ce « quelque chose » d'indéfinissable, et toutes les lumières tremblotantes disparurent sans exception.

Pourtant, comme le disait le Dieu Démon, les dieux n'avaient pas été anéantis complètement : le Dieu Démon les avait juste empêchés d'interférer avec le Monde des Morts et le monde de Seiichi.

« Kukuku… Pour commencer, je vais détruire cette planète. D'ici là, je ne vous laisserai pas gêner. Regardez bien, depuis l'extérieur, le monde s'effondrer. »

Après avoir lancé ça aux dieux déjà partis, le Dieu Démon éclata d'un grand rire.

« Fufu… Ahahaha ! Allons, levons le rideau sur la fin du monde ! »

La tragédie qui allait commencer serait, pour le Dieu Démon, une comédie ———

« Hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ! »

Mais le Dieu Démon l'ignorait.

——— Que le protagoniste de cette comédie n'était autre que lui-même.

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