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The Fruit of Evolution

Chapitre 182

The Fruit of EvolutionThe Fruit of Evolution
Chapitre 182

Chapitre 182

Chapitre 182/23079%~13 min de lecture2 498 mots

« Bahamut… Bahamut… »

De retour du lac, nous avons fait le tour de plusieurs endroits pour présenter nos excuses.

Pendant ce temps, Rulune ne cessait de marmonner « Bahamut » comme en délire.

La raison ? Tous les Bahamut que nous avions pêchés ont été donnés à la ville de Sazaan.

Nous sommes allés voir le personnage important de la ville — le maire, en somme — pour nous excuser, mais il n'avait même jamais entendu dire qu'une existence aussi absurde qu'un Bahamut y avait élu domicile. Au lieu de nous blâmer, il s'est même inquiété pour nous.

Ce qui n'a fait qu'alourdir ma culpabilité. Mais quand nous avons annoncé que nous l'avions vaincu sans encombre et que nous allions rembourser le bateau détruit, il a été surpris et nous a dit de ne pas nous en faire.

Pour le maire, le fait qu'un monstre de rang légendaire soit apparu et que les dégâts se soient limités aux abords du lac était déjà une bénédiction. Mais cela ne faisait qu'empirer mon malaise, alors nous avons décidé de lui offrir les Bahamut pêchés.

Au moment de les ramener, les Bahamut se sont transformés en objets de butin comme n'importe quel monstre, mais ces objets correspondaient aux différentes parties du corps — écailles, crocs, etc. Je ne m'y connais pas, mais vu qu'il s'agit d'un monstre légendaire, ça doit bien servir à quelque chose.

Cela dit, ce n'est pas moi qui l'ai abattu mais Rulune, donc la compétence [Démantèlement total] ne s'est pas activée. Je n'ai récupéré ni stats ni compétences. De toute façon, je m'en fiche. Même si on me donnait des stats, je n'ai aucune fenêtre de statut à afficher ! Et pour les compétences, je peux les créer à peu près comme je veux !

Bref, nous n'avons pas mis la main sur la totalité du Bahamut, mais nous avons tout de même obtenu une quantité de viande que nous — hormis Rulune — ne pourrions jamais consommer à nous seuls.

Apparemment, le Bahamut est délicieux. Je tenais absolument à ce que les gens de cette ville puissent en manger.

C'est pour cela que nous en avons fait don, et c'est ainsi qu'on en est arrivés à la Rulune actuelle.

« Allez, ne fais pas cette tête. Y a plein d'autres poissons qu'on a pêchés, et le Bahamut n'est pas totalement interdit non plus. L' "Auberge des Goélands" a même proposé de le cuisiner pour nous, non ? »

« Mais… mais… c'est pas TOUT, quand mêmeaaaaaa ! »

« Franchement, tu comptes en bouffer pendant combien de jours ? C'est pas du curry, bordel. »

Même si Rulune seule pourrait tout avaler, me taper tout ce festin, très peu pour moi. Surtout que c'est pas elle qui cuisine, ce sont les autres.

Alors que Rulune hurlait, Olga lui a lancé un regard froid.

« … Ceci dit, la gloutonne n'a pas de dîner ce soir. »

« Nooooooooooooooooooon ! Pas çaaaaaaaaaaaaaaaa ! »

Elle a pleuré de toutes ses forces.

D'ordinaire, Rulune est une beauté surnaturelle quand elle se tait. Là, sans la moindre once de dignité, elle geignait le nez qui coule.

Mais Olga n'avait pas l'intention de céder. De mon côté, j'aurais bien lâché l'affaire, mais je me ravise : c'est parce qu'on la gâte qu'elle part en vrille. Qu'elle aime manger, c'est très bien, mais qu'elle arrête de déraper.

Rulune a continué à pleurer jusqu'au bout, mais Olga n'a rien cédé. Nous l'avons laissée dans sa chambre et sommes allés dîner au restaurant.

Au passage, ce dîner comprenait les poissons de rivière qu'on avait pêchés et du Bahamut. Les poissons frais étaient délicieux, bien sûr, mais tout le monde a été surpris par le goût du Bahamut.

C'est vrai, c'est vraiment bon. Selon le serveur, ils nous prépareront divers plats de Bahamut pour le petit-déj et le déjeuner de demain, y compris ceux servis ce soir. J'ai hâte.

Comme Rulune n'était pas là, nous avons pu manger tranquillement. Ensuite, chacun est rentré dans sa chambre, a profité du bain en plein air sur le balcon, et nous nous sommes endormis paisiblement.

***

« Mmm… c'est bon… c'est trop booon… »

Le lendemain matin.

Libérée de sa punition, Rulune dévorait son petit-déj en pleurant.

Mais contrairement à la veille, elle mangeait lentement, en savourant vraiment chaque bouchée.

Nous étions stupéfaits par ce changement, et Rulune, en pleurant, nous a expliqué ce qui s'était passé en elle.

« J… j'ai été stupide… Devant la nourriture, tout est égal. On tue d'autres vies pour vivre, on les reçoit… La vie et la mort existent dans le repas. Les anciens ont accumulé l'histoire de la cuisine pour sublimer ce repas qui porte la vie et la mort. Et moi, je… je n'ai même pas goûté, j'ai juste bêtement dit "c'est bon, c'est bon"… huéeeeeen. »

Je ne pige pas tout, mais le simple fait de lui avoir interdit le dîner d'hier a provoqué un bouleversement mental monstre chez Rulune.

Pendant la Coupe de la Capitale, elle avait refusé le petit-déj en disant que c'était de la bouffe pour bétail. Mais se voir interdire de manger de force l'a marquée bien plus profondément.

Elle a pu manger le Bahamut tant désiré, mais sa réaction était la même que pour les poissons : « C'est bon… maintenant je suis reconnaissante pour tout… c'est trop booon… » en pleurant.

Mouais… Là, je commence à m'inquiéter. Mais bon, vu sous un angle normal, son appétit débridé s'est calmé, donc observons un peu.

Une fois le repas fini, nous avons suivi le programme initial : direction la mer.

Mais personne n'a de maillot. On va encore demander au personnel de l'hôtel où en acheter des recommandés, puis on filera à la plage.

Voilà pourquoi, préparatifs terminés, nous sommes partis illico.

***

J'ai réussi à acheter mon maillot et j'ai rejoint la plage en avance.

« C'est donc la "Plage du Paradis"… »

Quelle que soit l'origine du nom, c'est vrai que ça mérite le terme. Du sable d'un blanc pur s'étend à perte de vue, contrastant magnifiquement avec le bleu intense de la mer.

Pourquoi suis-je arrivé le premier ? Parce qu'Al et les autres me l'ont demandé.

Apparemment, choisir leurs maillots va leur prendre du temps. Elles m'ont dit d'aller préparer les choses à la plage.

D'après elles, on peut louer parasols et tables sur place, donc je peux déjà tout installer.

Effectivement, j'ai loué parasol et tables, puis j'ai regardé autour de moi.

« Mouais… y a vraiment personne. »

C'est désert, comme une plage hors saison touristique.

Bah, si on a la plage pour nous tout seuls, c'est même plutôt cool.

J'ai cherché un bon coin, installé le parasol et les tables, et je me détendais quand Al et les autres sont arrivées.

« Seiichi ! »

« Hein ? Ooooooh… !? »

Je me suis tourné vers elles et j'ai perdu mes mots.

Je n'avais pas réfléchi, j'avais juste installé les trucs et acheté mon maillot normalement. Mais logiquement, elles portent les maillots qu'elles viennent d'acheter… Autant dire que leurs tenues étaient… stimulantes.

D'abord, Al porte un bikini blanc pur qui ressort à fond sur sa peau mate.

« Qu… quoi ? Ç… ça va ? C… ça me va ? »

« Euh… euh… »

Elle a l'air si gênée que c'en est irrésistible, et je reste coi. Al rougit encore plus.

« Dis quelque chose, bon sang ! De toute façon, ça me va pas, hein ! »

« Si, si ! C'est juste… tu étais… trop belle, du coup… »

« ~~~~~~ ! »

Al devient rouge comme une tomate.

C'est là qu'Olga intervient.

« … Seiichi-onii-chan. Regarde, regarde. »

« Ce maillot… ? C'est un matériau bizarre, non ? »

Olga porte… un maillot de scolaire. Et sur la poitrine, en hiragana, il y a écrit « origa ». C'est OBLIGATOIREMENT l'œuvre du Héros !

Le maillot d'Olga m'a surpris, mais Zora aussi porte un maillot sacrément stimulant.

Zora a un bikini vert comme Al, mais avec un paréo par-dessus, ce qui lui donne un air très adulte.

« Maître, comment je suis ? Est-ce que ça me va ? »

D'une voix un peu plus timide qu'à l'habitude, teintée d'inquiétude, Rulune porte un short de bain à rayures vert et blanc, qui lui va à merveille avec son côté énergique.

« Le maillot d'Olga, je m'y attendais pas, mais il te va super bien ! Zora a l'air adulte, et Rulune aussi, c'est… mignon, je trouve. »

Ma mère m'a appris à complimenter ce que je trouve bien, mais complimenter des filles en maillot, la barre est haute quand même !

Moi qui n'ai aucune immunité face aux filles, c'est à la fois super stimulant, super agréable, et super embêtant — un problème de luxe total. Et là, je remarque quelque chose.

« Heu ? Saria ? »

« Hm ? Saria, elle est… »

« SEIICHIIII ! »

« O ? Sari… !? »

Je me retourne vers la voix de Saria, et je re-perds mes mots.

Parce que —

« ALORS ? ÇA VA ? ÇA ME VA ? »

« POURQUOIII QU'ELLE EST LÀ LA GOUILLEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !? »

— Il y a une Gorilla en bikini rouge.

« ALORS, SEIICHI ROUGIT. TU VEUX VOIR PLUS ? »

« AVANT DE REGARDER, EXPLIQUE-MOI POURQUOI TU ES SOUS CETTE FORME ! »

« J'AI PENSÉ QUE ÇA TE FERAIS PLAISIR… TU AIMES ÇA, NON ? »

« C'EST PAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAS ÇAAAAAAAAAAAAAAA ! »

Déjà au festival culturel de l'Académie Barbador, je m'étais posé la question : mais Saria, elle me prend pour qui !?

… Enfin, c'est moi qui ai avoué mes sentiments à une gorille, donc c'est cohérent. Ah, oui.

En y regardant de plus près, je trouve même Gorilla mignonne !

« Ah ouais, ça te va grave ZE ☆ »

« Hyaaan, j'suis gênée. »

Je lui fais un pouce en l'air, et Gorilla pose sa main sur sa joue en se tortillant.

Soudain, son corps brille et elle redevient la Saria habituelle.

« Puisque Seiichi a dit que ça allait, je suis satisfaite ! »

« Les critères de satisfaction de Saria, je les pige pas… »

Sous forme humaine, le maillot de Saria lui va à la perfection. Honnêtement, je sais littéralement pas où regarder…

Au final, la version Gorilla était plus reposante pour mes yeux !

Là, Al a retrouvé son calme et tousse une fois.

« Hum. Bon, au lieu de papoter ici, on va pas jouer ? On a quasi la plage pour nous, profitons-en. »

« Ouais ! Allez, Al, on y va ! »

« Heu ? Ch… attends, Saria !? »

Al se fait tirer par la main et part en courant vers la mer.

« … Zora-nee-chan, on y va aussi ? »

« O… oui ! Moi, c'est la première fois que je nage, je suis nerveuse… »

« … C'est bon. Moi aussi, c'est la première fois. Du coup, j'ai pris ça. »

« Heu ? C'est… »

« … Apparemment, c'est un "truc qui flotte". Comme ça flotte sur l'eau, si on s'y accroche, c'est safe. »

Apparemment, le magasin de maillots louait des bouées. Elles en ont pris deux et partent vers la mer.

Pendant que je regarde tout le monde s'éloigner, Rulune, la seule restée, me parle.

« Heu… Maître, vous ne nagez pas ? »

« Heu ? Ah, un peu… »

Je regarde la mer et, sans crier gare, je repense à la Terre… à moi d'avant l'évolution.

C'est bête, vu qu'on est à la mer, mais j'ai pas des masses de bons souvenirs liés à l'eau.

Par exemple, quand j'entrais dans une cabine de toilettes, me prendre de l'eau sur la tête, c'était la routine. Et surtout, le cours de natation, c'était l'enfer.

Les mecs qui me harcelée, dès que le prof tournait le dos, me tenaient la tête sous l'eau pour me faire faillir me noyer. Ça arrivait tout le temps.

J'ai fini par le signaler au prof, pensant que ça allait être grave… Mais le prof n'a rien fait.

« — Depuis tout à l'heure tu dis que tes camarades essaient de te tuer, mais tu es bien en vie devant moi, non ? »

« Prof ! Si j'étais mort, je serais pas là ! »

« Arrête avec tes arguties ! »

« Arguties !? »

— Il m'a pris pour un con comme ça.

Je trouve que j'ai dit quelque chose de parfaitement sensé, moi ! À l'époque, j'ai même chialé, bordel !

En plus, le fait que j'ai dénoncé mes bourreaux a fuité. Ils ont redoublé de prudence pour que le prof ne voie rien, et ils m'ont enfoncé encore plus méthodiquement. J'aurais bien voulu qu'ils mettent cet acharnement dans la natation, eux.

Du coup, même quand je demandais à être dispensé de natation, le prof n'en avait rien à faire…

« Toi. T'as du culot de vouloir glander ouvertement devant le prof ? Comme punition, tu nageras jusqu'à ce que j'te dise d'arrêter. »

« Heu, non, quand même… »

« Ferme-la et nage. Avec ta graisse inutile, t'couleras pas, non ? Allez, commence ! »

« Hidebu !? »

— Et me voilà parti pour nager indéfiniment.

La moindre baisse de rythme, la moindre tentative de ménager mes forces, et le prof m'engueulait sans discussion. Une spirale négative pure. Même maintenant, je vois pas comment j'aurais pu faire autrement.

À force de me faire noyer par les harceleurs et de me faire nager sans arrêt sur ordre du prof, ironiquement, je suis devenu bon en natation.

Mais ça n'efface pas les mauvais souvenirs.

Alors pourquoi suis-je venu à la mer ? … Simplement parce que je voulais remplacer mes souvenirs pourris liés à l'eau par des souvenirs fun.

Juste le fait d'être à la mer avec Saria et les autres, pour moi, c'est déjà plus que récompensé.

« J'sais pas… Juste d'être venu à la mer, j'ai l'impression d'être déjà comblé. »

« Haa… Ceci dit, Maître. »

« Quoi ? »

« Ce sable… on peut le manger, vous croyez ? »

« TU LE MANGES PAS !? »

Certes, ça ressemble trait pour trait à de la "Heaven Powder" ! Mais c'est juste du sable, bon sang !

« Pff… Au lieu de dire des conneries, va jouer toi aussi, Rulune. Je vais encore profiter de la vue un peu, et j'irai nager après. »

« C… c'est vrai ? Alors, je vous laisse. »

Rulune part en courant vers Olga et les autres.

Depuis que je suis arrivé dans ce monde, y a eu plein de trucs, mais j'ai gagné plein de gens importants.

L'Empire Kaiser, le Culte du Dieu Démon, y a plein de types chelous, mais moi, à ma façon, je veux juste protéger ceux qui comptent.

En pensant ça, je me dirige à mon tour vers la mer.

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