«Une course d'endurance traversant la Forêt maudite… ? »
« Oui. Comme son nom l'indique, c'est une course qui traverse la Forêt maudite de part en part. »
La Forêt maudite s'étend au nord de la lande où se trouve mon village.
C'est une zone dangereuse où pullulent de nombreux monstres féroces.
Les elfes y vivaient à l'origine, mais dans une zone relativement peu profonde de la forêt.
Même là, ils se faisaient attaquer par des monstres, et les morts n'étaient pas rares.
« La traverser en entier… rien que la distance fait près de trois cents kilomètres, c'est déjà énorme… Tu vas mourir avant même le mariage ? »
« Bien sûr, des mesures adaptées seront prises. L'utilisation d'objets répulsifs pour éviter les rencontres avec les monstres est autorisée. De plus, les profondeurs de la forêt étant réellement dangereuses, le parcours contournera au maximum les zones périlleuses pour privilégier des secteurs relativement sûrs. »
« Je vois. »
Apparemment, le premier à avoir traversé la forêt et fait le retour serait officiellement choisi comme époux.
« Mais avec cinq cents participants, il y aura un nombre non négligeable de morts… Les elfes, qui vivaient là et connaissaient la forêt, peut-être, mais beaucoup de participants ne savent pas se battre. »
« C'est vrai. »
« Il vaudrait mieux faire un premier tri par une autre méthode, pour réduire d'un coup les cinq cents à une vingtaine. »
C'est ainsi qu'il fut décidé d'organiser une course préliminaire, sous le nom de « première sélection ».
C'était…
« Une course traversant la lande ! »
On ferait une course traversant cette lande, et seuls les vingt premiers arrivés pourraient participer à la course suivante à travers la Forêt maudite.
Le parcours : départ du village, direction sud, demi-tour à l'entrée de la lande, et retour au village.
La distance totale devait tourner autour de cent kilomètres.
Bien entendu, l'utilisation des routes que j'ai construites était interdite.
Ils devaient faire l'aller-retour en courant, par leurs propres moyens.
« Ne poussez pas ! Toi là-bas, ne t'engouffre pas de force ! Ça fait cent kilomètres, alors que tu sois devant ou derrière, l'écart n'est pas si grand ! »
Aux cinq cents hommes survoltés rassemblés sur la ligne de départ, je criais de toutes mes forces.
« Attendez ! Tu es déjà marié, toi ! Les mariés ne peuvent pas participer ! »
Il arrivait que des gens ne remplissant pas les conditions s'infiltrent, il fallait les éliminer.
« Le grand-père là-bas aussi, il est marié ! »
« Inutile de t'inquiéter ! Si je gagne ce combat, je quitte ma vieille et j'épouse Philia-chan ! »
« Non, c'est non. »
« Hé, lâchez moooooooooa ! »
Je fis évacuer de force un septuagénaire qui devait avoir une femme.
D'ailleurs, à cet âge, impossible qu'il gagne cette course.
« Bon, on commence ! …… À vos marques, partez ! »
« Uooooooooooooooooooooo ! ! »
Au signal du départ, les cinq cents hommes s'élancèrent avec élan.
« Un tel rythme, impossible à tenir, quel qu'en soit l'angle… »
Comme prévu, après quelques kilomètres, ils furent de plus en plus nombreux à abandonner.
Pour info, j'observais la course depuis le ciel, à bord du Parc volant, en compagnie de Philia-san.
« Haa haa haa… ku, kuso… mō, genkai, da… ore, chikyūsō wa, nigate nan da… »
Ah, Manta-san vient de s'effondrer.
D'ailleurs, la course de fond n'est pas sa seule faiblesse.
« Le groupe de tête, une trentaine de personnes… On dirait que la sélection est déjà presque faite parmi eux. »
Étonnamment, ils couraient depuis le début sans presque jamais faiblir.
Parmi eux, bien sûr, se trouvait Serius-kun.
« Ah, Gai-san aussi ! »
Le moine pervers Gai-san participait aussi à la course.
Mais, avec une constitution pas du tout taillée pour la course de fond, il avait déjà l'air très mal en point.
« Moine ne perdra pas… Je partagerai absolument une nuit avec une belle elfe… »
Il s'accrochait désespérément par pure convoitise, mais au bout d'un moment, il commença à se faire distancer par le groupe de tête.
« Guu… Quelle frustration… »
Ah, il s'est effondré.
Gai-san est éliminé ici.
« …… Gai… L'épouse elfe… Je te la confie… »
Tandis que Gai-san disparaissait, celui qui continuait à courir en tête sans changer d'expression était Dirru-san, le chasseur du même groupe que Gai-san.
Ce type parle si peu d'habitude qu'on l'oublie, mais en fait, il serait aussi pervers que Gai-san, mais en version refoulée.
« Hmm, je voudrais vraiment que Serius-kun s'accroche, coûte que coûte. »