« « « -sama ! S'il vous plaît, laissez-nous aussi vous aider ! » » »
On aurait pu penser qu'ils mentaient pour pouvoir fuir ce village, mais à les voir, tous avaient les yeux brillants d'une lueur intense.
Pourtant, à l'époque, ils avaient le regard vide comme des poissons morts……
Par précaution, j'ai utilisé l'Appraisal de villageois pour vérifier leur attachement au village, et les cinq affichaient « Super ».
« -sama, ne vous inquiétez pas. Ils sont désormais les serviteurs fidèles de Dieu. Ils ne proféreront aucun mensonge. »
« Milia ? Euh… Comment as-tu fait pour les changer à ce point en si peu de temps ? »
Mamie est impressionnante, mais Milia l'est tout autant, mine de rien.
Depuis que Milia a commencé les offices à l'église, la grande majorité des villageois ont maintenant un attachement « Super ».
« Tout est l'œuvre de Dieu. »
« C… c'est vrai… »
Sans qu'on s'en rende compte, elle est devenue une prêtresse parfaitement dévote.
Maintenant encore, elle a des yeux pleins de vénération, comme si elle contemplait Dieu — hey, pourquoi me regarde-t-elle moi comme ça… ?
Non, c'est peut-être mon imagination.
Bref, les anciens bandits ont rejoint l'équipe de chasse pour aller chercher les personnes âgées que les réfugiés avaient laissées derrière eux.
Comme il aurait été inquiétant pour la défense du village que tous les porteurs de Don de combat partent, j'ai demandé à Balrat-san de rester.
Quelques jours après le départ de l'équipe de chasse.
Ils sont rentrés au village sains et saufs.
« « Papa ! » »
« Oh ! Berrit, Balrat ! Vous êtes en vie ! »
« « C'est toi qu'on devrait dire ça, papa ! » »
Les frères Berrit sont ravis de retrouver leur père, resté au village.
Il était chef de village dans l'ancien, celui-là.
Apparemment, il va bien.
Des retrouvailles émouvantes comme celles-là se déroulaient un peu partout.
Peut-être ne se seraient-ils plus jamais revus de leur vie.
Qu'ils pleurent de joie en se retrouvant est tout naturel.
« Qu'est-ce que c'est, toi ? T'es vivant ? J'étais sûr que t'avais déjà crevé depuis belle lurette. »
« Oh, mamie ! Tu vas bien ? »
« Hé, colle pas à moi, c'est pénible. Me faire enlacer par un vieux, ça tient juste chaud, rien d'autre. »
La grand-mère tortionnaire… elle avait un mari…
Contrairement à mamie, il a l'air vachement bonhomme.
Ça y est, une famille réunie… enfin pas tout à fait.
Malheureusement, les gens enrôlés pour la guerre ne sont pas encore rentrés.
Pour quand ils reviendraient au village, on a laissé un mot, paraît-il.
« Ceci dit… y'en a pas un peu trop, non ? »
Même en combinant les quatre villages, le nombre de personnes âgées devait être d'une cinquantaine maximum, m'avait-on dit.
Mais à vue de nez, y'en a bien quatre fois plus…… et en plus y'a plein de jeunes gens normaux.
« On a trouvé des réfugiés en route, alors on les a emmenés. »
« Ah bon, Selen. C'est pour ça que… hein ? Ceux qui sont ligotés là-bas, c'est qui ? »
Au bout du groupe, on voyait un groupe de gens ligotés, pour une raison quelconque.
Une trentaine, à peu près.
À l'allure, ils n'avaient pas l'air de braves gens……
« C'est un groupe de bandits. Ils nous ont attaqués, on les a repoussés. Et en y regardant de plus près, c'étaient les mecs qu'on avait ratés l'autre fois. »
Apparemment, la grande majorité sont d'anciens membres du groupe de bandits que ce village a capturés.
Comme les cadres principaux avaient été décimés, les survivants avaient monté un nouveau gang.
Et là, ces types discutent âprement avec les anciens bandits repentis.
« Hé, vous autres, soyez reconnaissants ! Vous êtes des bandits, et pourtant vous pouvez entrer dans ce village dirigé par -sama ! »
« Qu'est-ce qui vous a pris, à vous ? Vous avez complètement changé ! »
« Nous, on a compris la grandeur de -sama. »
« P… peut-être que… vous avez subi un lavage de cerveau… ? »
« Haha, lavage de cerveau. Si se faire laver le cerveau permet de comprendre la grandeur de -sama, alors qu'on me lave le cerveau autant qu'on veut. »
« …… C'est bien ce que je pensais… c'est flippant… ils sont complètement… »
« Inquiétez-vous pas. Vous comprendrez vite, vous aussi. »
« Hi… arrê… arrêtez… »
Ils sont terrifiés à mort… mais de quoi ils parlent, au juste ?
Quoi qu'il en soit, on va mettre ces bandits en prison.