Osak était une ville très animée.
On la disait pays du commerce, et il y avait un peu partout des rues marchandes pleines de vie, où les propriétaires interpellaient les passants d'une voix enjouée.
« La petite étrangère aux cheveux bleus ! Venez donc goûter nos takoyaki, c'est les meilleurs d'Osak ! »
« Takoyaki ? »
Interpellée, Selen inclina la tête, intriguée, et s'arrêta.
« C'est de la pâte de farine avec du poulpe et des condiments, cuite en boules ! Une spécialité d'Osak ! »
« Wahou, c'est mignon ! Tout rond ! »
Devant les takoyaki parfaitement sphériques, les yeux de Selen brillèrent.
« La grande sœur aux beaux cheveux noirs là-bas, goûtez donc à nos kushikatsu ! »
« Qu'est-ce que les kushikatsu, au juste ? »
« Frérot, t'es costaud ! Si tu veux manger beaucoup, nos okonomiyaki bien garnis sont faits pour toi ! »
« Hufun, je suis une GRANDE SŒUR, toi ! »
Milia et Gori-chan se faisaient aussi héler.
C'est ainsi qu'en visitant la ville d'Osak, une rumeur inquiétante parvint à leurs oreilles.
« On pourra aller faire du commerce à Kyô quand, nous ? »
« C'est pas pour tout de suite, je pense. Au début c'était seulement dans les quartiers pauvres, mais ça s'est répandu dans toute la capitale, paraît-il. Récemment, on dit que même des nobles en sont atteints. »
« C'est terrible… »
« C'est pas le moment de s'inquiéter pour les autres. Si ça arrive jusqu'ici, ce sera la catastrophe. Apparemment, ils limitent les allers-retours avec Kyô, mais… »
De quoi parlent-ils donc ?
C'est sans doute le sujet de leur pays natal qui a titillé la curiosité de Gai, car il les interrogea.
« Pardonnez-moi, pourriez-vous m'en dire plus sur cette histoire ? »
« Hih… Vous, vous êtes pas un bonze de Kyô, par hasard ? Approchez pas plus près ! La maladie est contagieuse ! »
À la vue de la tonsure de Gai, les gens de la rue reculèrent en panique.
« Inutile de vous inquiéter. Cela fait des années que je ne suis pas retourné à Kyô. »
« Ah bon… Faut pas nous faire peur comme ça… Du coup, vous savez pas pour la maladie qui sévit à Kyô ? »
« Maladie ? »
« Ouais. Pareil qu'on attrape des verrues par tout le corps, et qu'on meurt dans d'atroces souffrances, d'après ce qu'on dit. »
« Une chose pareille… »
Apparemment, une grave épidémie — une peste — s'était propagée.
Informé de la situation tragique de sa patrie, Gai fronça les sourcils.
« Je ne vous le cache pas : mieux vaut ne pas y retourner pour l'instant. »
« C'est un bonze qui vous le dit, mais les prières soignent pas la maladie. »
Tandis qu'il regardait s'éloigner les habitants après cet avertissement, Gai murmura.
« …Avec ma magie de guérison, je pourrais peut-être les soigner. »
Gai possédait le Don « Magie Blanche ».
Il y avait une chance que cette épidémie soit curable.
Mais soigner seul des centaines, des milliers de personnes était difficile.
Les utilisateurs de magie de guérison n'étaient pas nombreux, et une fois qu'une épidémie s'était propagée à grande échelle, l'endiguer n'avait rien de simple.
Mal fait, il risquait de l'attraper lui-même et d'y laisser la vie.
« Mes forces seules risquent d'être une goutte d'eau sur une pierre brûlante. Pourtant, je ne peux pas fermer les yeux sur la crise qui frappe ma patrie. »
« Gai, toi… »
Devant la détermination de Gai, Alec ne put trouver les mots pour l'arrêter, et avala sa réplique avec une expression douloureuse.
« (… Si je soigne de jolies femmes, j'ai peut-être une chance.) »
« Gai, toi… Je viens de deviner, à peu près, ce que tu pensais, là ? »
Face à eux, je dis :
« Je pense qu'avec les potions de soin que fabriquent les elfes, on peut les guérir. »
« En effet. Nos potions de soin sont des remèdes exceptionnels qui agissent sur toutes les maladies. »
Philia appuya ses dires.
« Je vois, les potions de soin. C'était là la solution. Nous, les aventuriers, on ne côtoie que les potions ordinaires, alors on avait complètement oublié. »
Hazena frappa dans ses mains en hochant la tête.
« Faisons fabriquer une grande quantité de potions de soin par les elfes, et emmenons-les à Kyô ! C'est l'opération "Éradication de la maladie infectieuse" ! »