« Sales types louches ! Je vais vous châtier ! »
Un jeune homme qui semblait être un samouraï cria en brandissant son sabre.
« Je vous dis qu'on n'est pas des types louches ! »
« Attends, Selen ! Si vous vous battez ici, ça va faire un scandale ! »
J'arrêtai en hâte Selen qui s'apprêtait à tirer son épée.
« C'est bien pour ça, l'ambiance n'a pas l'air d'inviter à la discussion ! »
« Laisse-moi faire, moi ! »
C'est alors que Gori-chan s'avança.
Devant Gori-chan, qui dépassait les deux mètres et affichait une musculature impressionnante, le jeune homme marqua un temps d'hésitation.
Gori-chan cligna d'un œil et, en ondulant des hanches, envoya un baiser :
« Hufufu, monsieur le samouraaai♡ Par égard pour moa, par-don-ne, moa, chuu ♡ »
« ~~~~~~~~~~~~~っ !? »
« Ufufu, regardez-le. Il est sans voix devant mon charme irrésistible ! »
Apparemment, Gori-chan avait tenté de le piéger par la séduction.
……Elle en était pleinement convaincue, mais honnêtement, je ne voyais pas du tout en quoi cela pouvait fonctionner.
« Kuh…… Je ne me laisse pas prendre à ce genre de manœuvre, pour de bon ! »
Hein ?
Est-ce que ça a marché, par hasard ?
« Je n'aurais jamais cru qu'il existe quelqu'un dans ce monde sur qui la séduction d'un macho rose fonctionne…… »
Alec-san est resté bouche bée.
« Dis, Gai, est-ce que leur sens esthétique est complètement différent du nôtre ? »
« Non. Ce samouraï a simplement ce penchant par hasard. »
Gai-san le nia catégoriquement.
Quoi qu'il en soit, grâce à Gori-chan, on pensait pouvoir calmer le jeune homme, mais…
« S-sacré… Vous n'êtes pas une sorte d'esprit qui a pris forme humaine !? Vous avez essayé de me séduire pour me capturer et me dévorer, n'est-ce pas ! »
« Ara n. On dirait qu'on me prend pour un monstre parce que je suis trop belle. »
La stratégie de séduction de Gori-chan s'était soldée par un échec.
Je ne m'y attendais pas vraiment depuis le début…
Et c'est là que Gai-san s'avança à son tour.
« Seigneur samouraï. Nous ne sommes pas des esprits ni rien de tel. Je suis Gai, moine du temple Hōzō-ji du pays de Kyō. »
« Quoi ? Votre tenue… C'est bien celle d'un moine bouddhiste… »
« Namu Amida Butsu, Namu Amida Butsu, Namu Amida Butsu. Un esprit ne peut pas prendre l'apparence d'un moine. D'autant plus qu'il lui serait impossible de réciter le nenbutsu. »
« ……Comme vous le dites, pour de bon. »
Le jeune samouraï rengaina son sabre.
C'est Gai-san, tout simplement.
Vraiment, c'était une bonne idée de l'avoir amené avec nous.
« Mais qui sont-ils, au juste ? À en juger par leur apparence, ils portent des vêtements d'un pays étranger… »
« En fait, ils viennent de l'autre côté de cette chaîne de montagnes, du pays de l'Ouest, où ils étaient en voyage. »
« Quoi ? Je vois, c'étaient des voyageurs de l'Ouest. Alors, quelle affaire avez-vous à la résidence de la famille Date ? »
« Muu ? La famille Date ? »
« Est-ce possible que vous y soyez entrés sans le savoir ? Cet endroit est le domaine de la famille Date, pour de bon. »
Un *hantei* est, apparemment, la résidence qu'un seigneur possède dans la capitale royale.
En d'autres termes, nous avions pénétré sans permission dans l'enceinte d'une propriété privée.
C'était si vaste que nous l'avions confondu avec la ville.
Nous l'avions choisi comme destination de téléportation parce qu'il y avait peu de monde, mais c'était un échec.
« Que faites-vous là ? »
« Ah ! Seigneur !? »
Interpellé, le jeune homme se retourna en paniquant.
Il y avait un homme à la coiffure étrange.
« Pff, c'est quoi cette tête… »
« Un peu de retenue, Selen, ne ris pas. C'est un *chonmage*, une coiffure traditionnelle respectable. »
« *Chonmage* ? Luke, tu connais bien ce genre de chose, toi. »
« Maintenant que tu le dis… »
C'est la première fois que je le vois dans ce monde, ça doit être un souvenir de ma vie antérieure.
Cet homme au *chonmage* avait l'œil droit caché par un cache-œil noir en forme de *tsuba* de sabre.
Il devait être quelqu'un d'important, le jeune homme s'agenouilla sur place pour expliquer.
« Ils disent avoir franchi cette chaîne de montagnes maudite et voyagé depuis le pays de l'Ouest jusqu'ici. »
« Quoi ? Franchir cette chaîne de montagnes… !? »
Pour être exact, nous avions simplement volé dessus à bord du Parc, mais mieux valait éviter d'avoir à l'expliquer.
Alors que je pensais cela, l'homme au visage pâle à cause de son unique œil changea soudain de couleur et hurla :
« Vous n'avez pas croisé une jeune fille en âge de se marier en chemin !? »