« Vous autres, n'avez-vous pas croisé une jeune fille en âge de se marier en chemin !? »
« Une jeune fille, dites-vous ? »
Face au samouraï borgne qui l'interpellait avec excitation, Gai demanda en retour.
« Oui. En fait, ma fille idiote a déclaré qu'elle traverserait seule cette chaîne de montagnes et a quitté le manoir... Je lui ai dit d'arrêter cette folie, mais elle n'a pas voulu m'écouter le moins du monde... »
Hein, est-ce que ça ne serait pas...
« Serait-ce par hasard Akane-san ? »
« ! Tu la connais !? »
Apparemment, cet homme est le père d'Akane.
« Cela veut-il dire que ma fille est saine et sauve ? »
« Oui, du moins quand nous l'avons rencontrée au milieu de la chaîne de montagnes... »
Puisqu'elle a été sauvée par un dragon et emmenée au village, je vais me taire pour l'honneur d'Akane-san.
Sinon, elle risquerait de faire seppuku à nouveau.
« Nous l'avons rencontrée juste au milieu de la chaîne, donc elle doit être en train d'arriver du côté ouest à l'heure qu'il est. »
« Quoi... ! Incroyable... ma fille stupide, qui veut se couper le ventre à la moindre occasion, a vraiment traversé seule... »
... Le père d'Akane-san semble aussi embêté par son manie du seppuku.
« Mmm, au fait, je me suis présenté en retard. Je m'appelle Masamune. Date Masamune. Je sers actuellement en tant que seigneur du domaine de Sendai. »
Un seigneur de domaine, c'est l'équivalent d'un seigneur du côté ouest, je suppose.
Akane-san est donc une jeune fille de bonne famille.
« Puisque vous êtes venus jusqu'ici, ne pourriez-vous pas me parler de l'Ouest ? »
Sur la proposition de Masamune-san, nous fûmes guidés vers l'intérieur du manoir.
C'est pendant ce trajet que cela arriva.
« Mon seigneur ! Mon seigneur ! Je vous ai cherché partout ! »
Un homme d'âge mûr, qui semblait être un vassal, accourait vers nous, le visage bouleversé.
Masamune-san fronça les sourcils et demanda :
« Quoi ? Comme vous le voyez, je suis en train de recevoir des invités en ce moment ? »
« Des invités... »
L'homme jeta un coup d'œil dans notre direction, fit une mine surprise un instant, sans doute parce qu'il ne nous connaissait pas, mais haussit aussitôt le ton pour réprimander :
« Ce n'est pas l'heure pour ça, mon seigneur ! C'est l'heure de votre audience avec le shogun ! Si vous ne partez pas tout de suite, vous serez en retard ! »
« ~~~~ !? »
À ces mots, Masamune-san eut un sursaut.
Et son visage devint d'un blanc livide en un instant.
« C... c'est vrai... ! Aujourd'hui, je devais me rendre au château d'Edo pour une audience avec le shogun... ! Oublier un devoir si important... »
On ne sait ce qui lui prit, mais Masamune-san jeta son haori et dégaina le plus court des deux sabres qu'il portait à la ceinture.
Attendez, est-ce que ce déroulement veut dire... !?
« En tant que chef de la maison Date, quelle honte impardonnable ! Quelle honte pour les générations futures ! Il ne me reste plus qu'à m'ouvrir le ventre pour m'excuser ! »
C'est encore le seppukuuuuuuu !?
« M... mon seignreeeeeur ! »
« Arrêtez-leeeee ! »
« Vous autres, le seigneur perd encore la tête ! Empêchez-leeeee ! »
Ce qui semblait être des vassals se ruèrent sur lui tous ensemble et s'efforcèrent désespérément d'empêcher Masamune-san de se trancher le ventre.
... Apparemment, la manie du seppuku d'Akane-san est héréditaire.
« ... Vous avez vu quelque chose d'indécent. »
« N... non, c'est bon. »
Puisque je suis habitué grâce à votre fille.
Masamune-san, qui avait retrouvé son calme tant bien que mal.
Les vassals qui avaient risqué leur vie pour l'en empêcher gisaient autour de lui, haletants.
« Et mauvais timing, je dois me rendre au château d'Edo immédiatement. Est-ce que ça vous irait qu'on reprenne la discussion à mon retour ? Bien sûr, vous êtes libres de vous reposer dans ce manoir pendant ce temps. »
Après s'être excusé ainsi, Masamune-san murmura « Attendez » comme s'il venait d'avoir une idée.
« Des voyageurs rares venus de l'Ouest. Ils doivent avoir des informations précieuses. Dans ce cas, mon devoir de vassal est de les présenter au shogun en premier... Ne réaliser une évidence pareille qu'à présent... ! Je ne suis décidément pas digne d'être le chef de la maison Date ! Je vais mourir ici pour le bien de mon clan... »
« « « Arrêtez, mon seignreeeeeur ! » » »
... Il va être en retard, non ?
Dépêchez-vous un peu.