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The 8th Son? Are You Kidding Me?

Chapitre 91

The 8th Son? Are You Kidding Me?The 8th Son? Are You Kidding Me?
Chapitre 91

Chapitre 91

Chapitre 91/15061%~18 min de lecture3 555 mots

« Ohohoho ! C'est moi, Katharina Linda von Waigel, chevalier honoraire, celle qu'on surnomme la meilleure magicienne de l'Ouest. Je vous lance un défi magique, à vous, magiciens de la maison Blouse ! »

À l'aube du lendemain, après avoir adopté le stratagème de Klaus, alors que les deux armées se faisaient face, Katharina prononçait son serment au point médian exact, en riant aux éclats.

L'opération visant à porter un coup au portefeuille de la maison du margrave Blouse, proposée par Klaus, venait de démarrer.

Cela dit, ce n'était pas un plan particulièrement complexe.

Les duels entre jeunes chevaliers arrivaient à bout de leurs effectifs ; on passait simplement à la magie.

« Katharina. Tu as l'air ravie. »

« C'est une occasion de me faire un nom. »

La renaissance de la famille Waigel était assurée, mais elle visait aussi son essor.

Elle cherchait à gagner des mérites militaires en relevant elle-même des duels magiques.

Un conflit de cette ampleur est rare, et y accumuler des exploits rehausse l'honneur de la noblesse.

Que ce soit une femme ne change rien à cet égard.

Enfin, si, il y a une différence, mais elle fait figure d'exception parce qu'elle est elle-même magicienne : vaincre un magicien adverse compte comme un exploit militaire.

C'était une faille qui exploitait la rareté des magiciens.

Toutefois, il ne faut pas oublier le point injuste : si cette magicienne n'est pas noble, elle ne reçoit que l'honneur et l'argent, sans pouvoir devenir noble.

Dans ce pays, l'avancement social des femmes reste fortement limité.

« Les magiciens, leur rançon est élevée, non ? »

« Apparemment. »

Le montant de la rançon varie selon le rang du prisonnier.

Et il y a un autre critère : pour un magicien, surtout de haut niveau, la somme s'envole.

Le plan de Klaus, en gros, consistait à faire capturer les magiciens de la faction Blouse par Katharina.

« Et s'ils refusent de sortir ? »

L'inquiétude d'İna était fondée, mais le côté vicieux de ce plan, c'est que ça n'a pas d'importance.

« Dans ce genre de conflit, si personne ne répond à un défi, c'est la honte absolue. »

Un noble qui n'accepte pas le défi de l'ennemi.

On se moque de lui en demandant à quoi sert d'entretenir une armée en temps normal.

« Mais bon. Y a pas d'absolu dans ce genre de truc. Et si un magicien plus fort que Katharina se pointait ? »

« Je ne peux pas dire "absolument", mais je pense que ça ne risque pas d'arriver. »

Comme l'avait dit Brantack plus tôt, l'Est manque actuellement de magiciens compétents.

Il ne devrait donc pas y avoir de magicien capable de menacer Katharina, expliquait Klaus.

« Ouais. Les magiciens attitrés des Blouse sont de niveau intermédiaire au mieux. S'ils avaient engagé un as de l'extérieur, le seigneur l'aurait su. Tant qu'elle ne fait pas une énorme bêtise, la gamine Katharina ne peut pas perdre. »

Brantack partageait l'avis de Klaus.

Pour qu'un magicien intermédiaire batte un supérieur, il faut une embuscade ou exploiter une faille, ce qui demande l'expérience d'un vétéran.

Et cette tactique ne marche presque pas dans un duel « en garde, partez ! » comme celui-ci.

C'est simplement celui qui peut lancer le plus de sorts puissants qui l'emporte, de façon écrasante.

« J'accepte ce duel ! Je suis le premier magicien attitré de la maison du margrave Blouse, Bienko Rouker, "la Rafale" ! »

À l'appel de Katharina, un magicien se présenta du côté Blouse.

Une quarantaine d'années, peut-être ?

Un homme d'âge moyen en robe comme on en voit partout, brandissant son bâton face à Katharina.

« Hein ? »

« Qu'y a-t-il, comte ? »

« Cet homme... n'a pas l'air si impressionnant que ça... »

Au risque d'être impoli, comparé à Brantack, qui est aussi premier magicien attitré, il semblait d'un niveau nettement inférieur.

« Ils compensent par le nombre. »

Depuis un moment, l'Est ne produit plus de grands magiciens, donc la maison Blouse a échoué à recruter des magiciens de niveau supérieur.

Ils ont engagé plusieurs intermédiaires et nommé provisoirement chef celui qui était le plus âgé ou le mieux à même de diriger les autres.

« Ce n'est pas parce qu'il a une force écrasante comme Brantack-sama qu'il a été nommé chef, alors ? »

« C'est ça. »

Élise posait la question à Brantack en lui servant du thé, et il y répondait en buvant.

Le face-à-face des deux armées, les duels étant retombés, était avant tout une bataille contre l'ennui.

Alors non seulement nous, mais tous les nobles alliés, assis dans leurs camps, sirotaient du thé et grignotaient des gâteaux en regardant.

Il était environ dix heures du matin, l'équivalent de la collation matinale sur Terre.

« Ce magicien des Blouse, il peut pas gagner contre Katharina, non ? »

« Il peut pas. »

« Alors pourquoi il sort ? »

Pour Erwin, incompréhensible qu'un premier magicien attitré accepte un duel qu'il ne peut pas gagner.

Mais pour un noble, c'est aller de soi.

Qu'importe le résultat, refuser un défi ferait subir aux Blouse une honte pire que la défaite.

« En garde ! Loyalement, le duel commence ! »

Après s'être nommés, le combat entre Katharina et « la Rafale » s'engagea.

« La Rafale » prit l'initiative, créant deux tornades par magie depuis ses deux bras et les lança sur Katharina.

Le fait de générer simultanément deux sorts de tornade, un par main, témoignait de la maîtrise d'un magicien aguerri, pensai-je.

« Seulement... face à Katharina, ce niveau de magie de vent... »

Katharina déploya instantanément des tornades autour d'elle et neutralisa celles de « la Rafale ».

« Pas encore ! »

« La Rafale » continua d'envoyer des tornades des deux bras, mais toutes furent repoussées par le rempart tourbillonnaire de Katharina.

« Tu as vu. Dans ce genre de duel, seule la puissance des sorts et la quantité de mana décident de l'issue. »

« Seulement ça ? »

« Oui. Le reste n'entre pas en ligne de compte ! »

Finalement, « la Rafale » épuisa son mana à force de lancer des tornades et se rendit, mettant fin au duel.

Il remit son bâton à Katharina en signe de reddition.

« De même, je suis Roy Zalnia, "le Fouet de Feu", magicien attitré des Blouse ! Loyalement, le duel ! »

Katharina enchaîna face à « le Fouet de Feu », un magicien de niveau intermédiaire apparenté, la trentaine.

Celui-ci créa des fouets de feu dans les deux mains et les agita alternativement pour attaquer Katharina.

Les fouets de feu fondaient sur elle à des timings variés.

Quand Katharina parait le coup frontal, une attaque arrive simultanément dans le dos.

Lorsqu'elle bloque l'assaut depuis l'angle mort, un nouveau fouet surgit au même endroit juste après.

« Le Fouet de Feu » semblait avoir poussé la recherche et l'entraînement de ce sort jusqu'à l'appropriation totale.

« Juste... »

« Ehhh ! C'est pas incroyable, ça ? »

« C'est pour ça qu'avec les règles de ce duel, "le Fouet de Feu" n'a aucune chance. »

En pratique, ses attaques continues et feintées au fouet furent toutes stoppées par le mur d'eau déployé par Katharina.

Quel que soit l'angle, impossible de percer le mur d'eau ; les fouets ne produisaient qu'un « tchou » vain, s'évaporant en vapeur.

« Le système feu de "le Fouet de Feu", c'est sa spécialité qu'il a portée à l'extrême après des années. À l'inverse, le système eau de Katharina est sa faiblesse. »

Pourtant, la puissance de l'eau de Katharina l'emporte.

C'est le mur infranchissable qui sépare le niveau supérieur du niveau intermédiaire, apparemment.

« Sa force n'est pas si différente de celle de "la Rafale" tout à l'heure. Preuve que les Blouse maintiennent leur corps de magiciens avec plusieurs intermédiaires. »

Quelques minutes plus tard, « le Fouet de Feu » se trouva encerclé par le contre-mur d'eau de Katharina, jeta son bâton et se rendit.

« Avez-vous pu constater ma puissance ? »

Après avoir capturé deux magiciens attitrés des Blouse, Katharina revint l'air triomphante.

Sur le terrain où elle venait de combattre, d'autres magiciens commençaient déjà leurs duels.

Les deux maisons, Blouse et Bréhilerder, comptaient encore plusieurs magiciens attitrés.

D'habitude, les duels magiques sont interdits car inutiles, mais en temps de guerre, ils sont exceptionnellement autorisés.

La victoire apportant honneur et récompense, beaucoup de magiciens sautaient sur l'occasion.

« Y a pas eu grand suspense, hein. »

« Louise-san. Les spectateurs s'amusent peut-être des rebondissements, mais pour moi, c'est insupportable... »

« Comment dire... y avait aucun danger. »

« C'est la nature de ce duel. »

De retour, Katharina reçut une tasse de thé de Louise qui lui adressait la parole.

« En vrai combat, même un supérieur peut perdre s'il se fait surprendre ou si on touche sa faiblesse... »

Mais dans ce format, on s'affronte de front au signal, donc c'est presque automatiquement le plus fort en mana qui gagne.

La victoire de Katharina relevait même de l'inévitable.

« Prendre par surprise, c'est un bon coup. »

« En vrai combat, oui. Mais là, c'est un duel pour l'honneur. »

Faire un coup fourré dans ce genre de duel, c'est passer pour un lâche.

Mieux vaut ne pas accepter, expliqua Katharina à İna.

« Dis donc, Brantack-san et Vel, vous n'y allez pas ? »

« Je passe. »

Brantack est le chef des magiciens de la maison du margrave Bréhilerder.

Puisque les Blouse n'ont personne capable de le battre à l'heure actuelle, il doit laisser la place aux subalternes.

« De toute façon, qu'est-ce que je gagnerais à gagner maintenant ? »

Brantack a déjà amplement récolté exploits et honneur.

Inutile d'aller se battre contre des intermédiaires, ça ne ferait que voler la vedette aux jeunes et se faire détester.

« Vel, c'est pareil... »

J'ai déjà assez d'exploits, et dans cette guerre j'ai capturé plus de quarante nobles du côté Blouse, leurs vassaux principaux et leurs soldats.

On m'a même dit, depuis Bréhilerder : « Vous pouvez vous reposer maintenant. »

« Et le Maître ? »

« Il viendra pas, c'est sûr. »

Si le grand mage en chef du palais intervenait dans une querelle entre nobles du Sud et de l'Est, ce serait un casse-tôt.

Ceci dit, la question d'Erwin se comprend.

Lui, il pourrait très bien participer « parce que ça a l'air amusant ».

« En plus, les Blouse pleureraient. »

Si le Maître vient, il rejoindra naturellement notre camp, ce qui rendrait le rapport de forces désespéré pour eux.

« Au fait, Vel-sama, ma récompense ? »

« Y en a pas. »

« Pourquoi ! »

« Hey ! Tu es noble, toi ! »

Cette fois, Katharina agit en tant que chef de la famille Waigel, chevalier honoraire, parente de la maison Baumeister, qui a prêté main-forte à la demande du margrave Bréhilerder.

Elle n'a pas fourni de troupes, mais a fait valoir une magicienne puissante pour gagner des exploits.

« L'argent des rançons des nobles, soldats et magiciens capturés par Katharina, ça te revient. Si je te donne une prime en plus, c'est bizarre. »

« Ah, c'est vrai... »

Pour une cheffe de famille noble, même provisoire, Katharina manquait singulièrement de conscience.

« Sans intermédiaire, la rançon te rapporte plus. Pour la négociation, confie-la au fils de Heinz qui gère l'intendance. »

« C'est vrai ! Je vais le contacter tout de suite ! »

Apprenant que cela gonflerait les fonds pour le développement du fief Waigel, Katharina se mit à boire son thé de bonne humeur.

« Katharina a de la chance. Moi aussi, j'aurais voulu faire un duel. »

« Vel-sama, moi aussi je veux me battre. »

« C'est un champ de bataille, les femmes n'y ont pas leur place, en principe. »

Dans ce conflit, Louise et Wilma, qui n'avaient pour occupations que la cuisine et l'entraînement, réclamaient de combattre.

Mais İna les remit à leur place, naturellement.

« Avant ça, le pauvre type qui affronterait Louise ou Wilma serait à plaindre. »

Comme dit Brantack. Même si elles pouvaient combattre, un adulte qui perdrait misérablement face à des gamines comme Louise et Wilma porterait une tache fatale à sa carrière de chevalier ou de noble.

Enfin, vu leur niveau, ils perdraient quasi à coup sûr.

« Et si on se déguisait en hommes ? »

« Louise, bonne idée. »

« Arrêtez. Ce serait trop cruel pour l'adversaire. »

Repris par Brantack, les deux finirent par renoncer au duel.

« Mais ça finit quand, ce truc ? »

Puisqu'un choc militaire réel est impossible, une fois les quelques duels de magiciens terminés, il ne reste plus que le face-à-face.

C'est peut-être nécessaire comme bras de fer, mais ça ne fait que gaspiller argent et vivres.

« Grand-père disait que ce genre de situation est un concours de patience. »

Élise, en préparant du thé, répondait à ma question.

Apparemment, le cardinal Hohenheim, dans sa jeunesse, avait connu un conflit similaire et y avait participé comme prêtre.

« Celui qui craque le premier et dit "passons à l'arbitrage" se met en position défavorable. »

Actuellement, les Blouse sont en déroute totale.

Sur les divers fronts, les nobles blousiens ont perdu jusqu'aux droits et territoires qu'ils détenaient avant la guerre, et beaucoup de nobles et leurs troupes ont été battus et capturés.

« Les Blouse, ils sont déjà morts, non ? »

« C'est pour ça. On considère que ça ne peut plus empire. »

Même s'ils perdent un peu dans les duels, l'armée principale des Blouse n'est pas entamée.

Puisqu'un choc frontal est impossible, ils n'ont d'autre choix que de traîner les choses pour grappiller des conditions un peu meilleures à l'arbitrage.

« Non non. Sur la frontière d'origine, pour les droits des nobles frontaliers, c'est déjà une défaite totale. »

D'ailleurs, hors armée principale, les fronts sont en déroute.

Je ne comprends pas le sens de ce face-à-face des armées principales.

« Peut-être qu'ils ne peuvent plus reculer, maintenant ? »

Bref, cette mobilisation des Blouse comporte trop de zones d'ombre.

Ils nous ont cherché des noises et se sont fait retourner, le margrave Blouse lui-même pourrait ne pas être présent dans l'armée principale.

La rumeur dit qu'il est alité malade ; dans quelle mesure a-t-il vraiment dirigé cette sortie ?

En tout cas, les arrière-pensées sont illisibles, ce qui trouble aussi le margrave Bréhilerder.

De là à se demander si un arbitrage est même possible.

Lui, il préférerait finir cette guerre stupide une seconde plus tôt pour nous aider à développer notre fief, ce qui serait bien plus rentable.

Finalement, aucun émissaire ne vint demander l'arbitrage du côté Blouse, et le face-à-face sembla devoir durer encore un peu.

« Comte Baumeister. Vous n'auriez pas une bonne idée, par hasard ? »

Les duels magiciens étaient terminés, Katharina ayant capturé le premier et le numéro deux des magiciens blousiens, donnant la victoire à la faction Bréhilerder.

Au départ, peu de magiciens, donc les duels finirent vite, et depuis trois jours les deux armées continuaient ce face-à-face stérile.

Le margrave Bréhilerder commençait à s'impatienter, et me demandait n'importe quel stratagème pour briser le moral adverse.

« Je ne sais pas si le moral va baisser, mais on peut au moins les déstabiliser un peu. »

« Vous allez balancer de la magie ? »

« Certainement pas, ce serait du gâchis. »

Après avoir obtenu l'accord du margrave Bréhilerder, je mis mon plan à exécution.

« Wilma. C'est bon ? »

« J'ai assez confiance. »

« C'est vrai, c'est propre. »

J'appelai Wilma qui écrivait des caractères sur une grande toile dans le camp principal de la maison Baumeister.

Contre toute attente, parmi mes fiancées, c'est Wilma qui a la plus belle écriture, alors je lui avais confié la tâche.

D'ordinaire, dans une armée féodale, il y a peu de femmes. Hormis Katharina, magicienne et cheffe provisoire, les autres fiancées passaient leur temps à préparer les repas des soldats, à servir le thé au margrave Bréhilerder et aux siens, et Élise officiant comme prêtre militaire attaché.

Wilma assure comme toujours la protection d'Élise, mais comme les soins sont moins nécessaires en siège prolongé, elle m'aide ainsi.

« Vrai. C'est beau. »

« Louise, ton écriture est illisible, toi. »

« C'est pas vrai. Mon écriture, c'est de l'art. »

Écriture d'Élise est aussi belle, sans atteindre Wilma, ce qui ajoute à sa légende de surdouée.

Katharina et İna sont correctes, Erwin et moi sommes un peu mauvais.

Et Louise... très mauvaise, au point qu'il faut du temps pour la déchiffrer.

« Dans ce genre de trouble, mes textes pourraient servir de code. »

« Non, ça marchera pas. »

Si ni l'ennemi ni les alliés ne peuvent lire, ça ne remplit pas sa fonction de code.

« Vel, t'es impoli. Donc, c'est quoi, ça ? »

« Une offre d'emploi ! »

Mon idée pour semer le trouble : recruter du nouveau personnel ici même.

Cibles : les rônins en « prêt de camp » (empruntés comme mercenaires). Recrutement : tous ceux dont les capacités et la personnalité atteignent un certain seuil.

L'affiche mentionne cinquante postes, mais je compte engager tous ceux qui passent le seuil.

De toute façon, je n'ai pas l'œil pour juger les gens, alors je laisse le tri à Moritz et Klaus.

Frustrant, mais impossible de battre le regard exercé de Klaus.

« Hein, vous piochez les meilleurs parmi les prêtés ? »

Brantack sembla impressionné par l'idée.

Pas de lettre de recommandation, donc période d'essai, mais ça pourrait combler notre manque de personnel.

Si ça ne va pas, on ne les garde pas ; si zéro recruté, pas de perte pour nous.

De toute façon, depuis trois jours, hors entraînement magique, on s'ennuyait ferme.

« Montrez qu'on a de la marge en gérant le quotidien, et les prêtés adverses seront déstabilisés. »

Ceux qui sont chez Bréhilerder peuvent passer les entretiens ; ceux chez Blouse, non.

Même si ce ne sont que des prêtés, ça peut faire baisser leur moral, jugea-t-on.

« Ah, mais peu importe le camp, ils pourront passer les tests et entretiens. »

« Sérieux !? Faire un truc sans précédent... Mais c'est pas une mauvaise idée... »

Quelques minutes plus tard, l'offre d'emploi rédigée par Wilma sur une grande toile était dressée entre les deux armées.

Venez, postulants ! La maison du comte Baumeister organise exceptionnellement des tests de recrutement sans lettre de recommandation.

Postes : tant que nos critères sont remplis, jusqu'à cinquante personnes, par ordre de mérite.

Conditions : expliquées à l'entretien.

Métiers : aussi bien profils administratifs qu'agents de sécurité. Système de promotion aux postes cadres pour les excellents.

Note : les personnes actuellement du côté Blouse peuvent aussi passer les tests.

« C'est... incroyable... »

Dès l'affichage, presque tous les prêtés des deux armées se ruèrent dessus.

Tellement de monde qu'on dut emprunter de la main-d'œuvre à Brantack et au margrave Bréhilerder pour faire passer les épreuves.

Lieu : la plaine entre les deux armées, théâtre des duels. Épreuves : arts martiaux, calcul, rédaction, entretien final par Moritz et Klaus.

Face à cette démarche hors normes, les Blouse restèrent bouche bée, sans réaction.

Dans ce genre de guerre sans morts où seule la coutume fait loi, il n'existait aucune règle interdisant d'inviter les prêtés adverses à un recrutement, donc aucun grief recevable.

« En bref, c'était hors de leurs prévisions. »

Le margrave Bréhilerder riait en observant les épreuves improvisées.

« En effet. Si même leurs propres prêtés foncent vers les tests du comte Baumeister... »

Nourriture, logement, et éventuellement récompenses s'ils capturent un chevalier ennemi en duel ; mais les prêtés ne servent généralement qu'à gonfler les effectifs.

Un recrutement nouveau, ni Bréhilerder ni Blouse ne peuvent l'improviser facilement.

Pourtant, les prêtés blousiens sont employés jusqu'à la fin du conflit.

Et voilà qu'ils accourent en masse vers les tests de l'ennemi, la maison Baumeister.

Je pense que c'est une manœuvre efficace pour semer la confusion et l'effroi chez eux.

« Si ça les pousse à demander l'arbitrage, ce serait parfait... »

Au final, sur deux jours de tests, quatre-vingt-six prêtés furent embauchés.

Période d'essai de six mois, début au plus bas de l'échelle, mais ils avaient l'air ravis.

« Même pour le bas de l'échelle, d'habitude il faut lettre de recommandation ou piston. »

On privilégie les fils de vassaux ou de sujets avant d'engager des étrangers.

« Quel spectacle, tout de même. »

Les quatre-vingt-six recrues partirent ce matin-même en navire volant magique vers le comté Baumeister.

Formation sur place, puis affectation. Après six mois sans problème, titularisation.

Au final, près de la moitié des prêtés blousiens furent embauchés ; les recalés regagnèrent leur camp comme si de rien n'était, laissant les soldats blousiens médusés.

Pourtant, on ne peut pas les chasser.

Leur départ réduirait les effectifs bon marché.

« Pour les Blouse, des prêtés qui passent à l'ennemi en cours de route, c'est pas fiable. Mais pour les prêtés, c'était une chance, y avait pas de raison de refuser. »

Du coup, le moral blousien a encore baissé.

Le stratagème a marché, mais de mon côté, je prie sincèrement pour qu'on passe vite à l'arbitrage.

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