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The 8th Son? Are You Kidding Me?

Chapitre 23

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Chapitre 23

Chapitre 23

Chapitre 23/6038%~10 min de lecture1 900 mots

« Bancal ! Bancal, vraiment ! »

Alors que je projettais de quitter la maison dans quelques années, un intendant du fief m’avait pourtant soudainement supplié de lui céder l’héritage.

Il avait affirmé ne compter aucune dépense pour m’aider dans cette entreprise.

Une plaisanterie n’était pas de mise en pareil cas.

Au pire des scénarios, tout pourrait nous mener jusqu’à un affrontement à mort avec mon frère aîné.

Pourtant, je ne savais absolument pas quoi faire.

Mes souvenirs de ma vie antérieure ne m’étaient d’aucune utilité ici.

J’étais né dans une famille de salaryman ordinaire, sans frères ni sœurs à part un cadet : il n’aurait jamais été question de querelle successorale chez moi.

Ou plutôt, même l’idée qu’on puisse prendre conseil sur une telle dispute familiale me terrifiait vaguement.

Quoi qu’il en soit, je faisais tout pour éviter au maximum tout contact avec Klaus-san.

En réalité, j’utilisais mes sorts de détection à fond pour écarter toute interaction autre qu’avec les membres de ma famille.

Certes, Klaus-san crierait rarement devant la demeure : « Veuillez sortir ! Je dois vous parler du transfert de la titulature au prochain maître de la maisonnée, Wendelin-san ! »

Mon rythme de vie s’était ajusté à un lever avant tous les autres et un retour tardif le soir, juste pour dormir sous ce toit.

Je mangeais même rarement à la maison ; je préparais mes repas moi-même ou déjeunais et dînais dans les auberges de Braiburg.

Bien que je ressentisse comme une quasi-séparation depuis longtemps, juridiquement parlant, j’étais toujours un mineur sous la protection des Baumeister et le cinquième enfant dans l’ordre de succession.

Ce qui rendait la situation encore plus épineuse.

Le seul réconfort consistait peut-être à voir que ma famille ne bronchait pas, même quand je ne venais même plus chercher mes repas.

« Verl-kun, tu reçois une lettre d’Erich-san. »

« Je te remercie, belle-sœur. »

De retour tardivement la nuit venue, je tombais toujours devant ma chambre Amalie-san, l’épouse de Kurt-san, qui me tendait le pli.

À vrai dire, elle était celle avec qui j’échangeais le plus de mots au sein de la résidence Baumeister.

« L’écriture est fort soignée. Et tu utilises des kanji. »

Ma belle-sœur Amalie-san contemplait l’en-tête de la missive manuscrite d’Erich-san avec admiration.

Bien que sortie d’une ancienne famille chevaleresque de province, elle maîtrisait effectivement la lecture et l’écriture des textes mêlant caractères chinois.

Étant la cadette, ses parents l’y avaient astreinte par crainte qu’elle ne contracte un mariage avantageux dans le commerce.

« Erich-san est fonctionnaire, après tout. »

Par le passé, j’avais expliqué que les phrases en hiragana et katakana seulement s’adressaient au menu peuple, tandis que l’ajout de kanji, de lettres romaines ou de mots anglais relevait de l’aristocratie ou des documents officiels.

Sur un plan plus personnel, glisser des kanji dans des correspondances privées donnait aussi l’impression d’intellectuel aux yeux de l’entourage.

On pourrait appeler cela une simple manipulation d’image, non ?

C’était surtout un artifice de vanité, voire un moyen de faire étalage de soi.

Sur cette enveloppe, seuls quelques termes comme « Express » ou « Région sud » se voyaient en kanji.

Puis venait un avantage plus pragmatique : si le courrier était intercepté, nul à la maison excepté moi ne saurait déchiffrer son contenu.

Sauf qu’Amalie-san représentait désormais une exception notable ces dernières années.

« Les lettres, ici, c’est presque uniquement toi et moi qui en recevons, Verl-kun. »

Elle recevait parfois des nouvelles de sa famille natale, mais il était courant qu’elle y réponde moins souvent que le flux entrant n’exigeait.

Un service postal existait bel et bien dans ce monde.

Les grandes villes abritaient des guildes commerciales disposant de bureaux dédiés, où le tarif, payable d’avance, dépendait de la distance.

Cela coûtait au minimum cinq pièces de cuivre, soit l’équivalent de cinq mille yens environ.

Si le destinataire était fiable, on pouvait expédier vers l’Empire sacré d’Arcate voisin, mais franchir les frontières passait par cinq pièces d’argent, dépassant largement cinquante mille yens.

En outre, le délai de livraison s’étalait habituellement sur plusieurs mois.

L’envoi express existait pour accélérer les choses, mais alourdissait mécaniquement la facture.

Pour information, notre fief ne possédait aucun bureau de poste.

Notre unique liaison reposait sur les caravanes annuelles qui transitaient par la guilde commerciale de Braiburg, trois fois l’an.

À l’inverse, pour envoyer un pli, il suffisait de remettre la somme aux caravanes arrivées dans nos terres.

Naturellement, une commission s’appliquait aux transports de caravanes, gonflant artificiellement les prix.

Comme seule ma belle-sœur et moi échangeions ainsi du courrier, le dérangement restait minime.

D’ailleurs, lorsqu’Amalie-san écrivait chez elle, les frais de transport inclus lui coûtaient deux pièces d’argent.

Pour une femme mariée, cela constituait un plafond annuel réaliste.

De mon côté, n’ayant jamais reçu d’argent de poche depuis l’enfance, on considérait que je n’en avais point sur moi.

Je laissais donc mon père avancer la somme, puis je lui remettais ultérieurement le gibier capturé grâce à mes sorts pour payer ma dette.

Ajoutant régulièrement à mon père que, puisque les caravanes ne passaient que trois fois par an, Amalie-san devrait avoir le droit d’envoyer autant de lettres. Je lui compensais alors avec une portion supplémentaire de prise magique.

S’il ne répondit rien, il admit tacitement la demande dès lors que ma belle-sœur put déposer son courrier à chaque passage de caravane.

Depuis cette époque, peut-être ?

Amalie-san n’avait-elle commencé à davantage initier la conversation ?

« Les lettres d’Erich-san regorgent de kanji, après tout. »

« Est-ce une maladie professionnelle, à ton avis ? »

On attribuait officiellement ce trait à la routine administrative, mais en vérité, il surestimait volontairement la proportion de caractères chinois afin de dépasser la moitié.

Mon père et mes frères aînés étant illettrés dans ces signes, la missive servait de véritable code secret si elle était interceptée.

Heureusement ou malheureusement.

À ce jour, personne ne l’avait toutefois ouverte.

« La capitale royale... Ça doit être magnifique, non ? »

La famille d’origine d’Amalie-san résidait également à la campagne, quoique dans une mesure moindre que la nôtre.

Elle considérait donc la métropole impériale comme une destination de rêve.

« Quand je serai majeur, je veux absolument m’y rendre. »

« Moi aussi, avant de mourir, je désirerais y mettre les pieds. »

Après avoir bavardé quelque temps avec elle des sujets du quotidien, je regagnai ma chambre.

Jadis partagée entre quatre frères, cette pièce étroite me semblait aujourd’hui étrangement spacieuse et austère, reléguée à une stricte fonction d’endormissement.

J’ouvris aussitôt l’enveloppe après m’être assis sur le lit.

Au fond, j’avais sollicité les conseils d’Erich-san concernant l’affaire Klaus.

« Tu traverses une sale période, Verl. En fait, j’ai connu une expérience similaire par le passé… »

‘Ce salaud…’

D’après la missive d’Erich-san, il s’était vu soumettre exactement la même proposition avant de quitter le foyer parental.

On lui aurait certifié que Kurt-san, incapable même de rédiger des kanji, serait écarté au profit de lui pour gérer stratégiquement les richesses territoriales.

« Mais c’est son arme favorite. Ne te laisse pas abuser par sa fausse humilité et ses discours mielleux. »

Selon Erich-san, cet intendant nommé Klaus-san méritait une surveillance étroite.

« Ayant servi sous les drapeaux et exécutant parfaitement les obligations de son rang, il fait preuve d’une réelle compétence… »

Toutefois, il arborerait aussi une soif insatiable de profits.

« Bien que d’autres intendants exercent dans nos terres, il offrit sa propre fille en concubine à notre père pour se démarquer nettement de ses pairs. »

Cette démarche lui valut d’aller et venir librement au manoir et de superviser l’intégralité des comptes fiscaux régionaux.

Rien d’étonnant à ce que ses confrères entretiennent une rancune tenace envers lui.

« J’émets maintenant une hypothèse personnelle : quel bénéfice Klaus-san tirerait-il du choix d’un héritier parmi les Baumeister, comme toi ou moi ? Son écrit indiquait qu’il avait introduit ses demi-frères et sœurs cadettes. »

Imaginons que les frères aînés soient écartés et que je prenne le relais territorial.

Nos liens avec les enfants du même ventre se dégraderaient fatalement, compromettant toute coopération future quant à la gestion des terres.

Concernant le deuxième fils Helmut-san, il semblerait qu’il accepte déjà sa nouvelle condition : « Je fais partie intégrante d’une lignée distincte désormais. »

« Logiquement, il orientera ses alliances matrimoniales vers les foyers adoptant les enfants issus d’autres unions. Klaus-san y trouvera des avantages colossaux. »

Erich-san insistait sur le caractère spéculatif de ses dires.

Néanmoins, si Klaus-san avait tenté le même pitch envers lui, les soupçons se confirmeraient irrémédiablement.

« Ses analyses restent cependant justes. »

Au vu de l’étendue considérable de nos territoires vierges.

Ignorer strictement la primogéniture pour favoriser le développement sous l’égide d’un seigneur compétent permettrait d’élever la maison Baumeister au rang de vicomte, puis marquis et baron.

Ce programme prévoyait probablement que ses propres descendants porteurs du sang paternel bénéficieraient de positions appropriées.

Ainsi, prospérité territoriale et ascension sociale de la famille Klaus-san étaient inextricablement liées.

« Face à cette menace, ta priorité absolue reste d’éviter toute rencontre physique avec Klaus-san. »

Il était difficile de nier l’existence d’alternative viable.

« Te montrer fin mouche en informant papa ne ferait qu’exposer une catastrophe totale s’il peinait à saisir l’ampleur de la situation. »

Pour notre géniteur, Klaus-san jouait alors le rôle d’un traître pur et simple.

Ses sanctions correspondantes s’abattrait inévitablement sur lui.

Sauf que sans Klaus-san, notre fief peinerait même à chiffrer correctement les impôts.

À mon sens, prétendre qu’une telle configuration permettrait une élévation nobiliaire future ressemblait à une farce.

« Papa et mes frères considèreraient qu’il faut couper la tête du serpent Klaus-san si l’affaire éclatait. Mais cette purge engendrerait la pagaille dans le bailliage. Une fraction de ces rancoeurs naîtraient naturellement envers Verl. »

Bien que je n’en sois nullement responsable, ils finiraient par s’en prendre à moi en murmurant : « Si tu n’étais pas là… ! »

Ces perspectives futures paraissaient particulièrement injustes.

« Penses-tu contrer cet impact accru de communiquer davantage avec les tiens ou le paysannerie ? Non, ce serait contre-productif. »

La nouvelle de mes facultés magiques s’était déjà répandue jusque dans les moindres recoins.

Apparaître soudainement auprès du peuple ne manquerait pas d’élever artificiellement leurs espérances vis-à-vis du nouveau seigneur Wendelin.

Une telle dynamique provoquerait paradoxalement leur rejet familial.

À cet instant précis, Klaus-san viendrait proposer le soutien de ses enfants nés d’autres femmes.

Simplement y penser suffirait à donner des frissons.

« Verl, crois-moi, partir de ce train-train en conservant ton statut de cadet errant et paresseux refusant de s’impliquer dans les affaires du domaine reste ta meilleure option. »

Croiser Klaus-san physiquement ou simplement affronter son regard deviendrait impossible.

Il convenait de maintenir cette existence actuelle tout en organisant rapidement mon émancipation définitive.

J’optai pour suivre les recommandations d’Erich-san.

Erich-san se révélait un frère admirable me prodiguant spontanément du soutien ; mon instinct reconnaissait indubitablement en lui mon unique lien sanguin vivant actuel.

Je rédigeai une réponse empreinte de gratitude, glissant discrètement un cristal brut récolté dans les terres sauvages en guise de compensation pour les frais d’expédition express.

Quant à la question centrale de mon départ anticipé, la solution se cachait finalement plus proche qu’imaginé.

Cette manœuvre était d’une simplicité enfantine, au point de me surprendre de ne l’avoir pas vue venir plus tôt, mais peu avant mes douze ans, je pus enfin accomplir ma sortie de la demeure familiale.

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