« Alors, maître. Apprends-moi la magie tout de suite…… »
« Hé, attends, attends, attends un peu, mon disciple. Même si tu te presses comme ça, dans l'état actuel des choses, c'est impossible. »
Après avoir serré la main de Miradinga en disant « Ravi de travailler avec toi », celle-ci se redressa prestement et m'interrogea.
Mais je la stoppai d'un geste de la main pour calmer son enthousiasme.
« Qu-quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est vraiment impossible pour quelqu'un comme moi…… »
« C'est pour ça que je te dis de ne pas voir le côté négatif. Rassure-toi. Tu as bel et bien du talent ! Simplement, tu as utilisé la magie tout à l'heure, non ? Si tu continues dans cet état, tu vas t'effondrer de fatigue, donc arrête la magie pour aujourd'hui. »
Quand je pointai le doigt en riant derrière mon masque en disant « Are you okay ? », Miradinga, qui n'avait probablement pas compris le sens de mes mots, inclina la tête.
Mais je l'ignorai et me levai.
« En résumé, repose-toi. Les autres élèves sont rentrés, alors toi aussi, disciple, repose ton corps. »
« M-mais ! Je n'ai pas le temps ! Je dois maîtriser "l'atout maître" avant la présentation dans moins d'un mois…… »
« OK, OK. Je comprends bien tes sentiments. Laisse faire ce maître. »
"Je te l'ai dit, non ?" continuai-je vers elle qui s'était levée en haussant la voix.
« Tu as un talent merveilleux pour la magie spatiale. Si tu écoutes bien et que tu apprends correctement, tu pourras manier "Rupture" en moins d'un mois. C'est ton maître qui le dit, alors c'est certain. »
« ……Compris. Je compte sur vous. »
« Oui, oui. Mon disciple est honnête, c'est bien. »
Cela faisait longtemps que je n'avais pas affaire à un gamin qui m'écoutait, et en pensant aux visages de mes connaissances récentes, je ne pus m'empêcher de sourire amèrement derrière mon masque.
D'ailleurs, tout ce que j'ai dit vient du cœur.
Pour manipuler la magie spatiale, la capacité la plus importante est la perception spatiale.
Savoir ce qui se trouve où, quelle est sa position, sa distance. Cette capacité de jugement précis devient cruciale.
Dans mon cas, cette capacité venait en bonus avec mes dons, donc je n'ai pas eu trop de mal, mais pour Miradinga, il aurait peut-être fallu l'entraîner pendant ce mois.
Mais sur ce point, on peut avoir une certaine confiance.
'(Ces pierres éclatées tout à l'heure... elles ont bien touché les cibles de gauche et de droite respectivement. Sa capacité à saisir les distances et à contrôler sa puissance magique pour les toucher n'est pas du tout nulle.)'
Il ne reste plus qu'à combler le côté connaissances comme les coordonnées, et après, c'est juste de la pratique répétée.
« Bon, pour aujourd'hui, c'est fini. Et concernant cette affaire et moi-même, le secret absolu jusqu'à la présentation est une condition sine qua non. Si ça n'est pas respecté, je ne pourrai malheureusement plus t'enseigner rien du tout. »
« Compris. Je le graverai dans ma mémoire. »
« Bien. Surtout, ne le dis pas à ce prof, Fail... Fail Morgan ou je ne sais quoi ? Absolument pas ? Ce n'est pas une blague ? Pas un mot, d'accord ? »
Quand je le dis avec insistance en y mettant du poids, mes sentiments durent lui parvenir, car Miradinga, tout en gardant une expression perplexe, hocha la tête verticalement.
« C-c'est bon, j'ai compris même sans tant insister...... Alors, quand sera la prochaine fois ? Demain ? »
« J'ai appris en enquêtant sur l'école que demain tout le monde est en congé... mais tu n'as pas envie de te reposer ? »
Pour elle, chaque minute, chaque seconde jusqu'à la présentation doit être précieuse.
Probablement, quoi que je dise pour la calmer, ça ne changera rien.
« Non. C'est un fait que je suis inférieure aux autres. Alors si je ne bouge pas plus qu'eux, je ne ferai que me faire distancer. »
« ...Alors faisons comme ça. Demain, attends dans ta chambre du dortoir. Ce sera après le coucher du soleil, mais j'irai te voir. »
Je lui propose cette solution.
En réalité, comme c'est quelque chose qu'on ne peut pas trop rendre public, je ne peux pas louer le terrain d'entraînement aussi souvent qu'aujourd'hui.
Il y a le risque que Marine, cet enseignant idiot obsédé par les attributs, ou d'autres élèves nous voient, donc si possible, je veux faire l'entraînement spécial dans un endroit hors de vue de tous.
En pensant cela, je jette un coup d'œil à Miradinga, et pour une raison quelconque, elle est encore plus perplexe et décontenancée qu'avant.
'...Pourquoi ?'
« Euh, maître. C'est impoli, mais... maître est un homme, n'est-ce pas ? »
« Ma voix devrait le faire deviner, mais c'est exact. »
« C-ce... venir dans ma chambre la nuit... ça veut dire... en échange de l'enseignement, tu demandes mon c-corps... c'est ça... ? »
« ...Pff !? »
Je me disais qu'elle avait le visage bizarrement rouge, mais qu'est-ce qu'elle imagine, cette fille !? pensai-je, mais en repensant bien à mes propres paroles, c'est aussi ma faute de n'avoir pas envisagé qu'on puisse les interpréter ainsi.
'...On parlait de lui apprendre la magie, comment aurais-je pu prévoir ça ?'
« Attends, attends, disciple idiote. Arrête tes fantasques délires. Je me suis mal exprimé. En attendant, porte des vêtements faciles à bouger... oui, reste en tenue comme maintenant. »
« Ma tenue actuelle, c'est ça ? »
Miradinga baisse les yeux sur ses vêtements en disant cela.
Elle porte un uniforme à base blanche avec des motifs bleus et dorés.
Mais cet uniforme semble avoir subi divers enchantements magiques.
Apparemment, l'hihi'irokane utilisé dans la broche bleue qui couvre son épaule gauche collecte automatiquement la puissance magique de l'élève, et en plus de maintenir la température corporelle et d'empêcher la salissure, il confère une résistance à la magie.
"C'est quoi cette tech de ouf ?" avais-je demandé à Marine, et il paraît que la robe grise qu'on m'a offerte a des effets similaires.
'Pas étonnant que ce soit cher.'
En revanche, la noire n'a rien. Bon sang de dieu...
« ...Vous aimez l'uniforme ? »
« Bon, dégage de là, disciple idiote. »
Face à Miradinga qui me demande ça en serrant fort le bas de son uniforme et en levant les yeux vers moi, je lui lance un regard froid derrière mon masque avant de quitter les lieux par « Transfert ».
***
« Je suis de retour. Le prof Fail n'était pas là, mais tu ne saurais pas où il est ? »
« Hm, bienvenue. Moi, je sais pas. »
Aux mots de Marine qui m'accueillait à mon retour à notre base de vie, je laisse échapper un "Ah bon..." déçu.
'Disons que j'ai mis du temps parce que je cherchais un peu partout.'
« Tōri, Tōri. »
« Hm ? Qu'est-ce qu'il y a, Marine ? »
Je m'affaisse sur le canapé en soupirant, et Marine, assise à côté de moi, tire sur le bas de mes vêtements.
Je regarde ce qui se passe, et ses yeux bleus habituels sont braqués droit sur moi.
« Pour le prochain cours, Tōri pourra venir ? »
« Le prochain... celui après les vacances ? Si je me souviens bien, c'était après mon cours. »
En rappelant l'emploi du temps après les vacances et en le disant, Marine acquiesça avec satisfaction.
Jusqu'ici, mon cours sur l'« Enveloppement » avait lieu après celui de Marine, donc je n'avais pas pu le voir jusqu'à aujourd'hui, mais l'emploi du temps après les vacances ne devrait pas être comme ça.
« Alors j'irai voir la prochaine fois. Ce sera probablement depuis le fond de la salle, mais bon. »
« À côté de moi, c'est bien aussi. »
« Non, c'est pas possible. »
Quand je pousse son front avec mon doigt, elle se met à tenir son front et s'effondre avec une mine mécontente.
'Même sans rapport avec le cours, si je me tiens devant les élèves, ça ne fera que les déranger.'
« Au fait, Marine. Pour demain, je vais faire un tour dans la ville universitaire vers le soir, donc je rentrerai tard. Si je ne suis pas de retour avant ton coucher, ne t'en fais pas pour moi et dors avant. »
« Moi, je te guide. Je connais bien la ville universitaire aussi. »
"Laisse faire", dit-elle en se relevant illico et en bombant le torse fièrement.
Mais si j'accepte, tout mon plan tombe à l'eau, alors je refuse : « Non, c'est bon. »
« Cette fois, j'ai envie de me promener à ma guise, à mon rythme. Je ferai appel à toi une autre fois pour le guide. »
« ...Muu... »
« ...Euh, Marine. Pourquoi tu fais si évidemment la tête ? »
« ...... »
« Et pourquoi tu me pinces le bas du vêtement et tu me donnes un coup de tête ? »
Marine, figée dans sa posture bombée, révèle une humeur encore plus mécontente qu'avant et me donne de petits coups de tête sur l'épaule.
Ensuite, pendant le dîner à la cantine, on s'est assis côte à côte au lieu de face à face, et sa mauvaise humeur passa quand je lui cédai mon dessert.
Je note ici que la manière de le céder fut le fameux « aah ».