« Purisu ! Tu dois t'enfuir d'ici tout de suite. Cette maison a une trappe sous le plancher qui mène à l'extérieur. Dépêche-toi ! »
« A-attends un peu ! Qu-que va devenir maman... ! ? »
« C'est bon, maman est forte malgré tout ! Et puis papa l'a dit. Si tu t'enfuies d'ici, à la fin, vous serez tous les deux sauvés ! »
La mère, souriant avec vigueur en faisant un biceps, tapota doucement l'épaule de sa fille en lui disant d'y aller.
La fillette, acquiesçant à ces mots, serra sa mère de toutes ses forces avant de passer par la trappe du plancher.
« En vrai, je ne veux pas partir... mais si papa l'a dit, moi aussi je le croirai. »
« C'est bon. Puisque maman sait mieux que personne que papa ne ment pas. »
La mère étreignit sa fille en l'enveloppant, mais entendant des cris venus de l'extérieur, elle la relâcha.
Et la fillette sauta dans le sous-sol comme sa mère le lui avait dit.
Vers son dos, la mère lança un dernier mot.
« Purisu. Toi, tu y arriveras sûrement... non, absolument. Fais confiance à papa. »
Avant que la fillette ne puisse répondre, la trappe se referma.
Immédiatement après, on put voir par l'interstice plusieurs hommes faire irruption dans la maison du dessus.
Et parmi eux, la fillette vit un homme d'une corpulence particulièrement imposante...
« ! ? »
D'un trait, elle s'enfuit en courant sans faire de bruit.
Elle courut, courut, s'enfuit comme on le lui avait dit, et passa plusieurs jours cachée dans une petite ruelle, mais son petit corps ne put supporter la fatigue mentale et la faim.
Elle tenta de quitter la ruelle en titubant pour chercher quelque chose à manger, et c'est à ce moment-là qu'on lui jeta un sac sur la tête d'en haut.
Mais au final, elle fut sauvée.
Et ce qu'elle vit en ouvrant les yeux, c'était une puissance colossale qui semblait percer les cieux.
***
« ...nn... hã... ici, c'est où... nanoda wa... » Matin
La fillette entrouvrit les yeux à la lumière du soleil qui filtrait par la fenêtre, et en regardant le paysage autour d'elle, elle marmonna doucement.
Se relevant lentement du lit dans une pièce qu'elle n'avait jamais vue, elle tenta de se rappeler pourquoi elle se trouvait là.
Mais au moment où elle porta inconsciemment la main à son front qui battait douloureusement, elle se souvint.
« C'est ça, nanoda wa. J'ai cogné la tête... et après ça... »
Soudain, le visage d'un homme lui revint à l'esprit.
« ! ? Ne me dis pas que j'ai été enlevée, nanoda wa... ! ? »
Ce n'était pas impossible.
C'était un fait qu'elle avait été sauvée une fois, mais n'était-ce pas un piège tendu pour la mettre en confiance ?
Une stratégie pour lui faire croire que cette personne était sûre parce qu'elle l'avait aidée.
Si c'était le cas, cet endroit était sans aucun doute la planque de ses ravisseurs.
« C-c'est grave, nanoda wa ! Il faut que je m'enfuie d'ici tout de suite... ! »
La fillette tenta de bondir du lit en urgence, mais s'arrêta en grimacant face à son front qui la faisait à nouveau souffrir.
Cela aussi, c'était sûrement l'œuvre de cet escroc d'épéiste. Qu'importe qu'ils soient des ravisseurs, quel genre d'individu assène un coup assez violent pour faire perdre connaissance à un enfant ?
« Tsã~ ! Yappari, les menteurs c'est non ! C'est moi qui suis idiote d'avoir essayé de me fier à lui, ne serait-ce qu'un peu, nanoda wa ! Pendant qu'il n'y a personne, je vais m'enfuir d'un endroit pareil-- »
*Katan*, un bruit retentit de l'autre côté de la porte.
« ! ? »
À cet instant, la fillette se boucha la bouche de sa propre main.
Et simultanément, elle regretta son action.
Elle allait tenter de s'enfuir de ce lieu, et voilà qu'elle avait fait trop de bruit toute seule. Si cet homme se trouvait de l'autre côté de cette unique porte, il était naturel qu'il ait entendu sa voix tout à l'heure.
« (Que faire, nanoda wa... ! M-mais, si je fais semblant de dormir maintenant... m-mais mais, si le fait que je sois réveillée est déjà découvert, ça n'a plus de sens non plus, nanoda wa... !) »
La fillette faisait tourner ses pensées dans tous les sens, mais aucune idée ne lui venait.
Son front douloureux et ses pensées emmêlaient la faisaient presque tourner la tête.
Mais le temps n'avait pas l'intention de l'attendre.
Finalement, lentement, la porte s'ouvrit.
Et de l'autre côté de la porte apparut un visage plus jeune que le sien, et la fillette — Purisu — ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux.
*Bachiri*, un regard rouge et un regard rose se croisèrent.
« Ah ! Elle est réveillée ! Papi ! Mami ! Cette enfant, elle s'est réveillée ! »
En voyant la fillette crier cela en courant de l'autre côté de la porte, Purisu ne put que rester stupéfaite.
Il ne restait que quelques minutes avant que Martha ne dissipe son malentendu.
***
« Bonjour, Martha-san. »
Après m'être réveillé et avoir pris mon petit-déjeuner, je me rendis chez Rip-chan avant d'aller à la guilde.
C'était pour vérifier comment allait la fillette que j'avais confiée hier soir.
Si elle s'était réveillée après une nuit, ce serait bien. En attendant devant la porte, celle-ci s'ouvrit avec un *Gii*, et une ampoule en sortit par l'entrebâillement.
« Tu es venu, gamin. »
C'était Goza-san, éclairé par le soleil levant.
« Oui. Bonjour, Goza-san. Comment va-t-elle depuis ? »
« Hmm. Mon petit-fils est encore mignon aujourd'hui. »
« C'est pas ça. »
« Tout est sincère. ... L'enfant d'hier s'est réveillée ce matin. C'est Martha qui s'en occupe maintenant. »
Je laissai échapper ces mots sans réfléchir, pensant un instant « zut », mais Goza-san ne s'en formalisa pas... ou plutôt, il était sérieux.
Quoi qu'il en soit, apprenant que la fillette s'était réveillée, je poussai un soupir de soulagement.
« C'est bon... Des séquelles ? Perte de mémoire, ou malaise à cause du coup à la tête... »
« Calme-toi, gamin. Pour l'instant, rien de tel. Pas d'amnésie, juste une bosse sur le front. »
« Monte alors. » Invité par Goza-san, j'entrai dans la maison, et Rip-chan, me voyant, accourut vers moi.
Elle s'accrocha à ma jambe et, *nikori*, me sourit en relevant la tête.
« Bonjour ! Onii-san ! »
« Bonjour, Rip-chan. Tu es en forme aujourd'hui aussi. »
« Un ! Ce matin, mami a fait un bon repas ! »
Alors que Rip-chan me le racontait joyeusement, je lui caressai la tête en disant « C'est bien. »
« Tu as l'air de t'amuser pas mal, gamin. »
« Ha ! ? »
Guéri par Rip-chan qui plissait les yeux comme un chat à mes pieds, je fus rappelé à la réalité par la voix derrière moi.
En me retournant, Goza-san était là, les yeux écarquillés, d'un air grave.
On aurait dit que la lumière sur son sommet de crâne s'était assombrie.
« ... B-bref, Rip-chan. Tu as pu parler à l'enfant d'hier ? »
Pour cacher le Shura derrière moi, je changeai de sujet et demandai à Rip-chan à propos de la fillette amenée hier.
Rip-chan répondit « Écoute écoute ! » en sautillant *pyon pyon* et en tirant ma robe.
« Une enfant qui ressemble exactement à Rip, elle s'appelle Pyurisu-chan, parait-il ! »
À ces mots de Rip-chan, je pris ses deux mains en disant « Je vois, je vois », et tout en l'aidant à sauter plus haut, je réfléchissais.
Je n'avais même pas pu apprendre son nom tout seul. La communication irait plus rondement si je laissais Martha-san et les autres s'en occuper.
Après tout, on m'avait traité de menteur, et Pyurisu-chan avait même tenté de s'enfuir. Mieux valait peut-être ne pas lui montrer mon visage.
« Ahaha ! Takai takai ! »
« ...... »
« ... Ha ! ? »
Rip-chan sautait haut en riant, Goza-san me regardait comme pour dire « C'est mon rôle », et moi qui avais inconsciemment fait le « grand frère ».
Trois personnes, trois réactions. L'une des trois ignorait les sentiments des deux autres et s'amusait juste à sauter.
« Ara, Tōri-san. Tu étais là ? »
« ! Doumo, Martha-san. Je vous dérange. »
À ce moment-là, Martha-san apparut de la pièce du fond.
Saisissant l'occasion, je posai Rip-chan et saluai Martha-san, puis lui demandai : « Et elle, comment va-t-elle ? » au sujet de Pyurisu-chan.
« Elle s'est calmée maintenant. On l'a lavée et elle a beaucoup dormi. Au début, elle a un peu paniqué, mais ça va bien maintenant, et le malentendu à ton sujet est dissipé. »
« Mon... malentendu ? »
« Elle te prenait pour un ravisseur, semble-t-il. »
À ces mots, « Ah », je compris.
Elle s'était évanouie et s'était réveillée dans un lieu inconnu. Tout de suite après, c'était une conclusion logique.
« Le front, on le refroidit en ce moment. Mais d'après ton récit, tu l'as cogné violemment... mieux vaut qu'elle reste au repos encore un moment. »
« Compris, merci. À part son nom, avez-vous appris autre chose la concernant ? »
À cette question, Martha-san secoua la tête.
« Mis à part son nom, juste qu'elle est arrivée en ville récemment. Pour le reste, elle ne veut rien dire... ne serait-ce que le nom de ses parents, ça aiderait... »
« Récemment arrivée... Dans ce cas, l'enquête auprès des gens du coin sera difficile aussi. »
« C'est ça. C'est embêtant... »
Pendant que moi et Martha-san nous taisions en réfléchissant, seule la voix de bonne humeur de Goza-san qui jouait avec sa petite-fille résonnait dans la maison.
Et après avoir laissé Goza-san, assommé par un « À un moment pareil, toi ! » de Martha-san, nous nous assîmes à trois — moi, Martha-san et Rip-chan — pour discuter.
« Pour l'instant, je vais à la guilde, alors je vérifierai s'il n'y a pas de demande de recherche de personne. »
« Moui... Moi aussi je demanderai à mes connaissances. Même si elle vient d'arriver, personne ne l'a pas vue du tout, c'est peu probable... »
« Je compte sur vous. »
« Rip aussi ! Rip aussi fera quelque chose ! »
Devant Rip-chan qui levait la main d'elle-même pour s'avancer, moi et Martha-san sourîmes tendrement et décidâmes de lui confier une mission.
« Rip-chan, tu ne pourrais pas aller lui parler un peu ? »
« Parler ? »
« Oui. Pyurisu-chan doit avoir peur, toute seule, et être anxieuse. J'aimerais que Rip-chan lui parle. »
Bien sûr, il y avait le calcul que face à Rip-chan, elle pourrait se détendre un peu.
Mais être seule dans un lieu inconnu, la charge mentale doit être forte. Si c'est Rip-chan, plus jeune qu'elle, qui lui parle, cela pourrait l'alléger un peu.
« Tu peux le faire ? »
« Compris ! Rip, fera de son mieux pour parler ! »
« Yoshi, bonne fille. »
Quand je lui ébouriffai la tête *washa washa*, Rip-chan poussa un « Kyaa ! » de joie.
Martha-san regarda notre échange avec un sourire attendri et dit « On dirait de vrais frère et sœur. »
« Mami, c'est pas vrai ! Rip va devenir la femme d'onii-san ! »
« Ara ma... »
« Na ! ? Quoiii ! ? C-cela, papi ne le permettra pas -- buhera ! ? »
Je crus voir Goza-san se relever, mais juste après, quelque chose lancée par Martha-san me frôla, fit *Kakōn*, et le grand-père s'effondra à nouveau.
En jetant un œil, un bouton gisait juste à côté du visage de Goza-san.
« Fufu... Je ne rate pas ma cible. »
« C-c'est ça... »
« Fuooo ! Mami ! Rip aussi ! Rip aussi veut faire ça ! »
« Ara, alors on s'entraînera la prochaine fois ? »
« Un ! » Rip-chan acquiesça joyeusement, Martha-san lui tendant les boutons qui lui restaient, la future gunwoman.
J'appris que Martha-san travaillait dans la confection, et qu'elle allait encore aider par-ci par-là.
Au passage, Goza-san est charpentier.
« Bon, je vais y aller. Je repasserai après la demande. »
« Compris. »
« Onii-san, itterassha~i ! »
« Un, merci. Martha-san, je lui confie son cas. »
Je sortis de la maison avec mes affaires, et Martha-san et Rip-chan vinrent me raccompagner.
Alors que j'échangeais des salutations avec elles deux, la porte du fond s'entrouvrit légèrement.
En regardant, les yeux roses vus hier soir nous observaient.
« À plus tard. »
« ... »
Je ne sais pas si ma voix l'a atteinte.
Mais quand je lui fis un signe de la main, elle se retira immédiatement au fond de la pièce. Apparemment, la communication avec moi reste difficile.
C'est bien compliqué, pensai-je avec un sourire amer, et je me dirigeai vers la guilde.