Aller au contenu principal

Tensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga Shitai

Chapitre 121

Tensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga ShitaiTensei Kyuuketsuki-san wa Ohirune ga Shitai
Chapitre 121

Chapitre 121

Chapitre 121/20160%~6 min de lecture1 094 mots

« Arrête de te foutre de moi… »

Une multitude d'armes dirigées vers nous sans la moindre considération pour nos vies.

La capture pour Argento, l'attaque pour nous. Cette différence de traitement démontrait clairement l'intention du maître des golems.

… C'est pas une blague !!

Qu'il s'agisse de l'esprit du grand coffre-fort ou de je ne sais quoi, je ne livrerai pas Argento.

D'ailleurs, Argento et la personne qu'elle recherche sont différents. Ils peuvent se ressembler, mais Sylph et Argento sont indubitablement deux individus distincts.

… Tu devrais le comprendre.

Elle a sûrement compris quelque part qu'Argento n'est pas la bonne personne.

Et pourtant, elle ignore cela pour essayer de s'approprier Argento. Une histoire aussi ridicule, hors de question.

« Imposer ses propres émotions… essayer de tromper même les souvenirs, c'est absurde !! »

Je ne sais pas si mes mots l'atteignent. Même s'ils l'atteignent, cet esprit borné les ignorera sûrement. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de crier.

Il y a plein de choses au monde qui sont irremplaçables. Les choses qu'on perd et qui ne reviennent pas, il y en a une infinité qui traînent.

Et pourtant, elle balaye même les précieux souvenirs qu'on lui a laissés, ces récits d'autrefois qu'elle racontait avec tant de joie, pour s'accrocher maintenant à quelqu'un comme simple substitut.

« Dégage ! »

Canalisant ma colère dans mon épée, je tranchais les golems au gré de mes émotions.

C'est embêtant qu'ils ne s'arrêtent qu'après avoir été passablement découpés, mais ce n'est pas comme s'ils étaient invincibles.

Je ne pige pas bien ce que Zeno appelait des « machines », mais bref, si ce ne sont pas des êtres vivants, pas besoin de se retenir.

Des ennemis qui misent sur le nombre, j'en ai affronté maintes fois à l'époque où j'étais chevalier. En ce sens, pour moi, ce ne sont que des « monstres un peu coriaces ».

« Zeno, de ton côté !? T'as besoin d'un coup de main !? »

« Ç-c'est bon, je gère ! »

Celui à qui j'ai parlé riposte désespérément, mais à vue de nez, il gère correctement les attaques des golems.

Il esquive au strict minimum, contre-attaque parfois à la dague ou par la magie, et ne s'acharne pas.

Son mouvement est honnêtement inférieur au mien, et lui-même doit probablement se battre au bord du gouffre.

Pourtant, comme il le dit lui-même, c'est encore dans la zone du « ça va ».

… Elle en a vu, des scènes.

Les mouvements de Zeno sont hasardeux, mais jamais au point de m'inquiéter.

Au contraire, on sent qu'il donne tout, qu'il se débat pour survivre.

On devine l'intention de juger correctement sa propre force pour tenter d'ouvrir une brèche.

Marchand itinérant, c'est un métier plus dangereux que chevalier, si on fait les choses de travers.

Ils appartiennent à la guilde commerciale, qui leur permet d'entrer dans n'importe quel pays à condition de ne pas agir pour le profit d'une nation précise.

Neutres, sans l'appui d'aucun État. Ce qui signifie : « nulle part pour te garantir si t'arrive quelque chose ».

En plus, entre marchands, c'est pas l'entente cordiale : un monde où on n'hésite pas à évincer un confrère pour le profit.

Il a dû traverser maints ponts périlleux et en réchapper. Ceci dit, il a ses côtés mous, mais c'est son caractère.

Au début, je devais le protéger jusqu'à ce qu'il rencontre Argento, relation employeur-mercenaire, mais notre association s'est prolongée bien au-delà du prévu.

C'est lui qui le dit, alors je le crois. S'il dit que ça va, je n'ai qu'à me fier à lui et regarder devant moi.

« Les chevaux sont attachés au niveau inférieur, le chemin est encore long ! »

« C'est bon, je vous ralentirai pas… »

« Bonne réponse, on y va !! »

Faut vite vérifier que les chevaux vont bien et aller prêter main-forte à Argento. On n'en est encore qu'au tout début du début.

… Ceci dit, je doute qu'ils tuent les chevaux.

Si le but est de couper la fuite, il suffit d'isoler Argento.

De toute façon, l'ennemi n'a d'yeux que pour Argento. Pour cette raison aussi, les chevaux sont probablement sains et saufs.

Mais il y a le « au cas où ». Perdre nos montures ici serait un coup dur. Dans notre groupe, y a une elfe noire pas du tout économe pour les longs voyages, et une vampire flemmarde qui dormirait jusqu'à la fin du monde si on la laissait faire.

Surtout, ce cheval noir qu'Argento avait avec lui, c'est son favori.

Ce râleur lui donne à manger et à boire, le brosse même parfois. Son nom, c'est Bedhead ou un truc débile comme ça, mais c'est Argento, c'est pas surprenant. Cette gamine, on sait pas si elle le fait exprès ou pas, mais elle a un sens unique.

Bref, que lui en ait conscience ou non, en tout cas, de ce que j'en vois, Argento chérit Bedhead. Sa perte le peinerait.

Un Argento peinant, je veux pas voir ça.

« … En gros, ça suffit pas. »

Je repense à la nuit dernière.

Pour la première fois, Argento m'a sucé le sang directement.

C'était au poignet gauche, j'ai l'impression d'en garder encore la sensation.

Bien sûr, la magie de soin d'Argento a refermé la plaie, donc ce que je ressens n'est que douleur fantôme.

Pourtant, en y repensant, ma poitrine s'embrase.

C'est dire comme la nuit dernière fut un bon moment pour moi. Rare de pouvoir être aussi proche d'Argento, encore plus qu'avant.

Ce que j'ai ressenti en me faisant sucer, c'était une émotion proche de l'apaisement. Ma poitrine s'est réchauffée, j'aurais voulu que ça dure éternellement.

Pas de douleur, et pourtant, alors qu'on me prélevait mon sang, je me sentais comblée. C'était ce genre de morsure.

C'est bien. Mieux que bien. Tous les jours, ça me va. On peut même dire que c'est le top.

Le regret, c'est ce qui a suivi.

« J'aurais voulu qu'il me gâte encore plus !! »

« Fernote-san, de quoi vous parlez !? »

« Rien, fais pas attention ! »

Ce qui vient de m'échapper, c'était un cri du cœur, bref, un monologue.

Si Kuzuha ne s'était pas réveillée à ce moment-là, on aurait dormi dans le même lit.

Je n'en veux pas à Kuzuha, bien sûr, mais j'aurais voulu qu'elle dorme encore un peu.

Pour évacuer cette frustration sans issue, je brandis ma lame.

J'ai pas de rancune contre les golems, mais ceux qui sont devant moi ont tort.

Consciente de m'en prendre à eux par dépit, j'accélère encore.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.