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Taming The Villainesses

Chapitre 11

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Chapitre 11

Chapitre 11

Chapitre 11/2055%~6 min de lecture1 163 mots

Si je devais résumer le protagoniste de « Villain Hunter » en une seule phrase, ce serait celle d’un héros sombre.

Ce protagoniste psychopathe anéantit les méchants débordant du monde au nom d’un mal supérieur. Au passage, il se fit des alliés, vainquit ses adversaires et récolta d’innombrables avantages.

Cette évolution particulièrement stylée, qui marquait l’apogée du héros méchant, avait connu un succès fou. C’est pourquoi j’en avais entendu parler par hasard.

À une époque, alors que la série était en pleine diffusion, un commentaire avait été posté.

« Pourquoi ne pas éliminer “ce type” en même temps que les autres ? »

Il s’agissait d’un personnage antagoniste. Ce méchant nommé Tae-oh faisait systématiquement exploser le nombre de commentaires chaque fois qu’il apparaissait.

Certains hurlaient même pour sa pendaison, sans se soucier qu’il figure ou non dans le chapitre en cours.

C’était moi…

« Déchiquète ce salaud ! »

… Putain.

Peut-être que cette phrase, « Un jour, Tae-oh fut exécuté selon sa propre loi du karma », avait-elle été ajoutée au roman à cause de moi…

Peut-être était-ce vraiment du karma.

On me punissait ?

Non, mais pour quoi faire ? Qu’avais-je bien pu faire de mal ?

Je vivais ma vie, je bossais dur. Y avait-il quelque chose de répréhensible à lire et commenter des romans pendant mes temps libres ?

Désormais, cette existence précédente semblait irréelle, pareille à un rêve.

C’est sur ces réflexions que je me couchai.

Naturellement, avant de fermer les yeux, je vérifiai que les fenêtres et les pierres barrières installées à l’entrée de la maison fonctionnaient correctement.

Je ne serais nullement surpris de mourir subitement ici ou là, un jour donné.

D’autant plus qu’un assassin pouvait très bien être caché sous mon lit, à cette seconde même.

« …… »

… N’était-ce pas une possibilité ?

Grincement, grincement-

En prêtant mieux l’oreille, j’entendais nettement quelque chose qui glissait sous le lit.

Après avoir franchi tant de limites depuis que mon corps avait changé, je savais pertinemment que ma sensibilité égalait celle d’un faon assoiffé buvant dans une eau infestée de crocodiles.

Il y avait bel et bien quelque chose qui se cachait là-dedans !

Je sortis un poignard glissé sous l’oreiller, du côté de la tête de lit.

━Pour neutraliser quelqu’un, visez toujours le cou ou les yeux. Ne jamais hésiter.

Tandis que me revenaient les conseils d’Elga pour apprendre à tuer, mes pieds descendirent lentement vers le sol.

Frôlement, frôlement-

Mais lorsque mes pieds nus touchèrent le tapis tiède, rien ne se produisit. L’assassin voulait-il me laisser dormir un peu ?

J’y restai nerveux un instant.

━Couic-couic.

« Ah ! »

Ce bruit provenant du sol détendit mes muscles crispés, comme un élastique qui retrouverait sa forme après avoir été fortement tiré.

« Quoi ? Tu n’es pas un assassin. »

Bien sûr, aucun assassin n’aurait pu franchir les protections magiques de la demeure. Ma vigilance était simplement exacerbée par une charge de travail intense cette journée.

J’inclinai la tête sous le lit et distinguai deux yeux noirs qui me fixaient.

« Quand es-tu arrivé ? »

━Couic !

En tendant la main, une petite silhouette surgit. L’identité du petit être qui aboyait correspondait exactement à ce à quoi on pouvait s’attendre : un écureuil.

Oui, un écureuil.

Dans ce monde, les écureuils gazouillaient et gémissaient. Je n’en connaissais pas la raison, mais c’était ainsi.

Après tout, comment criaient originellement les écureuils ? Étaient-ce des petits cris ou des gloussements ?

… Peu importe.

« Viens ici. »

En écartant les paumes, je sentis un petit poids s’y poser : un écureuil, un peu plus petit que ma main, qui y grimpa précipitamment.

━Couic.

Ce bout d’homme, marqué d’une cicatrice autour de l’œil gauche, était un écureuil rayé vivant dans un arbre de la rue voisine, qui venait régulièrement squatter chez moi.

« Tu m’as suivi quand j’ai ouvert et refermé la porte ? »

━Couic.

Il était plutôt intelligent, alors je lui donnais parfois à manger. Désormais, il était assez familier pour venir me voir de lui-même. Du coup, je m’en occupais souvent.

« Attends… »

Je pris une amande sur la table de chevet en bois et la lui offris. Le minot la saisit et commença à grignoter, avant de remuer ses pattes de devant comme pour en réclamer davantage.

━Couic !

« Plus d’amandes pour le moment. Tu veux goûter ça ? C’est à la menthe. »

━Grommellement !!!

« D’accord, mon petit. T’es pas difficile, toi. »

En voyant cet écureuil adorable aux joues bouffies, je sentis tous les problèmes complexes qui me tourmentaient s’évaporer.

Comme prévu, les animaux valaient du prix.

Ils ne tramaient aucune conspiration et ne nourrissaient aucune rancune.

Ils mangeaient, dormaient, gambadaient dans les champs ou escaladaient les arbres. Vivant paisiblement, guidés par leurs instincts, ils m’inspiraient une tranquillité naturelle.

Avec eux, je n’étais plus un méchant. Je redevenais juste un homme ordinaire, loin de Tae-oh.

« Toi seul es de mon bord, n’est-ce pas ? »

Je levai l’index et caressai la tête de l’écureuil.

━Grommellement !

Puis, comme pour me donner tort, il décrocha une nouvelle collation avant de s’esquiver et de disparaître dans la nature…

Sale ingrat.

Tu me prenais pour une machine distributrice de nourriture ?

Néanmoins, je fus soulagé de constater qu’il ne s’agissait pas d’un assassin. Une fois la tension retombée, la fatigue m’engloutit littéralement.

Il fallait que je dors, demain m’attendrait avec son lot de tâches.

Qui savait si le héros débarquerait bientôt ?

J’avais signalé à Aira mon intention de prendre ma journée demain. Je devrais me lever tôt pour filer directement au marché.

La ville Royale, siège de la Cour Angmar, s’étendait sur une superficie comparable à celle de Séoul à l’époque moderne.

Elle accueillait une population nombreuse, à l’image de son étendue.

Si mes souvenirs étaient bons, on la décrivait comme « une ville entourée de hautes montagnes et traversée par un large fleuve ». Ça rendait effectivement l’idée de Séoul.

Mais si je tentais d’affiner mon tableau avec ce modeste bagage…

Ne ressemblait-elle pas plutôt à Hanyang avant la chute de l’ancien empire coréen, qu’à la Séoul moderne ?

Mis à part le quartier central impeccable où résidaient les hauts gradés, les rues restaient rarement propres.

Car la ville Royale était le terreau idéal pour la misère, les voleurs, toutes les fripes ainsi que les tyrannies pseudo-religieuses qui y régnaient en maître.

Lors de mes congés, j’en profitais généralement pour arpenter la cité. Des artères centrales immaculées jusqu’aux faubourgs en désordre.

L’air frais permettait d’apprendre beaucoup de choses. Rien ne valait d’ailleurs une marche sur le marché pour saisir l’humeur publique et le cours des événements.

━Regarde ça ! C’est un Champion qui passe !

━Hé, c’est une Sainte Arme sur son dos ? Ça a l’air intéressant.

Un Champion ?

En longeant la route boueuse, capuche relevée, je tournai la tête automatiquement.

Là-bas, je distinguai un homme qui se démarquait nettement de la foule affairée.

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